Victor Ivanovici

 

 

(Grèce)

 

 

 

De la « traductologie » à la « traductosophie »

Borges et l’ontologie de la traduction

 

1.Un bilan initial

 

Dans le domaine de la traduction, l’œuvre « visible » de Borges reste plutôt exiguë. Elle se réduit, en effet, à quelques versions espagnoles d’auteurs étrangers, dont quatre publiées en volume (entre 1937 et 1969) et à trois autres contributions « traductologiques » inclues dans ses trois principaux recueils d’essais, à raison d’une par livre (entre 1932 et 1952). Ajoutons-y quelques notes, ainsi que les bons-mots épars que l’auteur a, de temps en temps, émis à ce sujet, et… c’est tout.

Certes, parmi les ouvrages qu’il a abordés en praticien on peut compter quelques chefs d’œuvres de la modernité,[1] dont chacun représente un vrai défi pour n’importe quel traducteur et exige de sa part un vrai tour de force. Certes, en théoricien explicite,[2] Borges a toujours su viser au cœur même de la problématique de la traduction.

Ainsi, il souligne quelque part le paradoxe de la fidélité, son statut ironique duquel on déduit le caractère factice de maints dilemmes postulés par les théoriciens actuels:

 

Traduire l’esprit est un dessein si énorme et d’une nature si spectrale, qu’il peut très bien passer pour inoffensif; traduire la lettre relève d’une précision si extravagante, qu’il n’existe pas le moindre risque qu’une telle tâche  soit assumée par qui que ce soit.

«Los traductores de las 1001 Noches»  (Borges 1992 : 113).[3]

 

Cela veut dire que là où, de Mounin à Ladmiral, l’on voyait des dichotomies, il n’y a en réalité que les deux volets d’une démarche unique. Ce qui fait, par exemple, que le respect le plus religieux envers la « lettre » mène à la version la plus libre possible :

 

Au XIIIe ou au XIVe siècle une traduction littérale risquait de paraître ridicule et gauche. Je suppose qu’une telle conception dérive de la crainte de modifier, ne soit-il que très légèrement, la syntaxe du Saint Esprit.

(« Nota sobre Ezra Pound traductor », Borges 1987-1988).

 

Notons le fait que Borges a eut également l’intuition d’un problème bien spécial comme celui de l’épithète homérique,[4] dont les conséquences d’ordre « traductologique » ont affaire avec

 

la difficulté absolue de savoir qu’est-ce qu’y appartient au poète et qu’est-ce qu’appartient au langage. Heureuse difficulté, car à elle est redevable la possibilité d’avoir tant de versions, toutes sincères, authentiques et divergentes.

   En ce sens, je ne connais aucun meilleur exemple que celui des adjectifs homériques (…) ces fidèles épithètes n’étaient que (…) des sons obligatoires et modestes que l’usage ajoute à certains vocables, et sur lesquels il est impossible d’exercer toute originalité.

Las versiones homéricas », Borges 1983 :  91).

 

Par delà ces aspects particuliers, notre auteur réserve une place centrale à ce qu’aujourd’hui l’on appelle les « études sur la traduction » (Translation Studies) dans le cadre de la théorie et de la critique littéraire, en général :

 

   Aucun problème (écrit-il) ne s’identifie si complètement dans son essence avec celui de la littérature et son humble mystère, que le problème que pose la traduction (…) La traduction (…) paraît destinée à illustrer le débat esthétique

(«Las versiones…», loc. cit.: 89).

le métier du traducteur est plus subtil et plus policé que celui de l’écrivain: évidemment, le traducteur arrive après l’écrivain. C’est pourquoi la traduction représente une étape plus avancée.

(Charbonnier 1970 : 6).

 

Enfin, c’est de la pratique traduisante elle-même que Borges extrait une idée sans doute fondamentale pour l’ensemble de son œuvre, tant de fiction que de pensée : en espèce, qu’ au fond la littérature relève d’un sujet unique. Par exemple, en parlant des Rubaiyat d’Omar Khayyam dans la version anglaise d’Edward Fitzgerald, l’Argentin constate qu’ils « exigent que nous les lisions comme si nous étions des Perses, et comme si ils étaient vraiment anciens ». La conclusion qui s’ensuit est la suivante:

 

   Toute collaboration est en quelque sorte mystérieuse. Celle-ci, entre l’Anglais et le Persan, le fut plus qu’aucune autre, car les deux étaient fort différents entre eux et, de leur vivant, ils ne seraient absolument pas devenus amis. Il fallut attendre la mort, et les vicissitudes, et le temps, pour que l’un apprît l’existence de l’autre et que les deux fussent le même poète.

(«El enigma de Edward Fitzgerald», Borges 19663: 112-113).

 

 

2. Vers une ontologie du Livre

 

Jusqu’ici l’examen de l’apport explicite de notre auteur au domaine théorique qui nous occupe, et je ne vois pas qu’ajouterait-elle d’inédit une nouvelle fouille dans le bref corpus initial. Par conséquent, un sujet comme « Borges et la traduction », de par son périmètre quantitativement insignifiant, court le danger de ne s’avérer rien qu’une petitio principii. Pour amender une impression pareille, force est d’élargir, à la fois, le concept de référence et le domaine où l’on suit ses manifestations et transformations.

 

2.1.- Loin de se borner à une opération ponctuelle de « transcodage » (décodage / recodage), la traduction, si ce n’est pas « l’événement le plus complexe qui a eu lieu durant l’évolution de l’univers » – comme le soutint à un moment donné I. A. Richards (apud Steiner 1983 : 76) -, elle représente, fort probablement, la fonction langagière par excellence. Selon Steiner, c’est elle qui constitue le modèle de toute communication (soit entre des langues différentes soit à l’intérieur d’une seule), et même celui de la compréhension au sens le plus large du mot (cf. ibid. : 17-77).

À ce « pan-traductionnisme » couvrant surtout l’aire de la connaissance, l’Argentin juxtapose une teinte résolument ontologique, dont le principe central devient le Livre. Pour comprendre ce phénomène il convient de faire un détour par la métaphysique de Borges.

Là, le Livre, emblème notoire de ses désirs et craintes les plus secrets, devient aussi la clé de sa vision du monde. Rien de moins surprenant, s’agissant de quelqu’un qui, aveugle, ne cessait de se figurer le Paradis « sous la forme d’une bibliothèque » (« Poema de los dones », Borges 1960), tout en prêchant que ces deux entités n’étaient en effet qu’une seule (cf. «La biblioteca de Babel», Borges 19661 : 85). Le cosmos libriforme est « illimité et périodique » (ibid. : 95) et (comme nous assure l’auteur) il actualise plus d’une fois toutes les combinaisons possibles des vingt-six symboles capables de tout exprimer. Dans ce Babel livresque chaque livre est unique parce qu’il existe dans un nombre illimité de variantes et de versions.[5] Par conséquant, la traduction en fait partie intégrante, en tant que domaine du multiple, où les modulations de l’Un rendent possible la multiplication des livres.

Mais cette dialectique n’est guère sans reste. Comme nous l’avons déjà vu, le platonicien impénitent qui est Borges est très enclin à flairer la présence d’un auteur unique derrière la grande Poésie du monde. Huit siècles après avoir scandé ses Rubaiyat en perse, celui-ci se dédouble et réitère ce même exploit en anglais. Une autre fois, en tant que Kafka, il se multiplie par avance au sein de ses précurseurs.[6] Mais l’« extraordinaire poète » né «de la conjonction fortuite d’un astronome persan qui condescendit à composer des vers, et d’un Anglais loufoque qui feuilletait, peut-être sans vraiment les comprendre, des bouquins orientaux et hispaniques » («El enigma…», loc. cit. : 112), est différent tant de Khayyam que de Fitzgerald. Mais les « prodromes » kafkaïens, bien que ressemblant à celui qu’ils annoncent, ne sont guère semblables entre eux (cf. « Los precursores…», loc. cit. : 147). Ce hiatus infime et irréductible, comme celui qui sépare Achille de la tortue, est le même qui s’étend entre l’archétype et sa réalisation. Pour le combler, il nous faut un nouvel archétype qui justifie ce que les deux ont en commun, sans cependant pouvoir éviter une nouvelle situation de déphasage, qui rende à son tour nécessaire un nouvel archétype…

 

2.2.- On reconnaît ici l’argument « du troisième homme », à l’aide duquel Aristote réfutait la doctrine de Platon. Ce regressus in infinitum semblerait acceptable même du point de vue platonique, si, d’archétype en archétype, on arrivait tout de même à un point terminus qui s’identifiât à Dieu. C’est ce qu’apparemment suggère Borges, lorsqu’il nous fait contempler un créateur contemplant sa créature pendant qu’il est contemplé par son propre Créateur:

 

En le dévisageant avec tendresse

et un certain effroi, se demandait

comment put-il ce chétif engendrer,

quittant de l’inaction toute la sagesse?

 

Qu’est-ce qu’il le prit d’encore un ajouter

aux signes, et leur chaîne infinie

qui se déroule dans toute l’éternité,

grossir d’ encore une cause, d’un effet, d’un souci?

 

À l’heure de l’angoisse, de la lumière vague,

sur son Golem son regard longuement s’arrêtait.

Mais qui pourra nous dire que sentait

Dieu même, en voyant son rabbin, là, à Prague ?

(«El Golem», Borges 1989 : 28).

 

Néanmoins, il ne faut jamais oublier que Borges aborde les thèmes mythiques en « déconstructeur » (cf. Ivanovici 2011: II, 31 sq.) Le mythe du Golem n’en fait pas exception. En l’occurrence, si ce poème prend ironiquement l’aspect d’un essai, si      par exemple il commence par citer des sources et des références bibliographiques[7] et il utilise ensuite la déduction et la conjecture (rien que pour «deviner» la présence d’un chat soupçonneux et craintif envers la créature de son maître[8]), que serait-ce alors de supposer que l’existence de la voix qui prononce l’interrogation finale place Dieu même sous la férule de l’argument « du troisième homme » ? Cette inquiétante question mène l’auteur à un corollaire non moins inquiétant:

 

C’est bien nous (ou plutôt l’indivise divinité à l’œuvre dans nous) qui rêvâmes ce monde. Et nous le rêvâmes solide, mystérieux, visible, omniprésent dans l’espace et stable dans le temps; mais consentîmes que son architecture inclût aussi des interstices ténus et éternels de déraison, pour qu’ils nous rappelassent qu’il est faux.

(«Avatares de la tortuga», Borges 19663: 156).

 

La traduction est doublement responsable de ces interstices : elle en constate l’existence en tant que lecture et les crée en tant qu’écriture.

 

2.3. Pour commencer, souvenons-nous que dans la pratique traduisante (qui constitue, comme c’est bien connu, l’une des lectures les plus complètes possibles) est impliquée la vision d’un sujet unique. Mais, dès qu’on l’envisage, cette idée déclenche le vertigineux repli de tout sujet vers son archétype, tous les deux requérant sans délai un second archétype… – chacun d’eux déphasé par rapport à l’antérieur, en vertu de l’argument «du troisième homme».

Quant à l’écriture, pour Borges elle n’est jamais primaire, parce que toujours précédée par une autre écriture. Vue comme un acte ou comme son résultat, elle ne saurait donc être qu’une version : glosse, interpolation, commentaire, traduction (cf. Madrid 1987 : IIe partie, passim). Par conséquant, chaque texte relève d’un original, dont l’existence suscite le besoin d’un autre original… – et ainsi de suite, toujours plus en arrière, selon (pour ainsi dire) l’argument « du troisième texte ».

Il va de soi que tout cela efface la possibilité d’un principe hiérarchique, soit-il le sujet écrivant ou son écrit d’origine. Car, si le recul des sujets n’épargne même pas Dieu – supposé d’être le suprême « troisième » -, aucune raison ne nous oblige à croire qu’en reculant de version en version on pourrait un beau jour atteindre le maillon ultime de la chaîne des textes, celui qui, en jargon derridien, représenterait une forme quelconque de « Parole pleine ».

Par contre, une telle possibilité constituait le grand pari des romantiques. Eux aussi croyaient que leurs poèmes étaient des traductions, plus ou moins imparfaites; mais ils n’avaient guère perdu la foi en un « original » ontologiquement investi. Sur cette croyance s’appuyait toute une philosophie ayant comme noyau dur la doctrine de l’« analogie » universelle (cf. Paz 1974 : chap. V, passim), dont l’expression authentique ne saurait se retrouver que dans le langage de l’Univers même. Transposer en langue humaine l’idiome de l’être ne peut se faire sans un reste quelconque ; ce qui, certainement, relève de l’imperfection du réceptacle, sans pour autant porter la moindre atteinte à la plénitude d’une Parole originale et originaire.

En ce sens, la conception de l’écriture comme traduction est, chez Borges, sinon le contraire, du moins la variante « faible » de la même idée, formulée par le Romantisme en registre « fort ».[9] Apparemment, il ne met pas en question la dimension transcendante du langage:

 

Si (comme le Grec l’affirme dans son Cratyle)

le nom est l’archétype de toute chose,

la rose se trouve, donc, dans les sons de « rose »

et tout le Nil dans le vocable « Nil ».

Alors, fait de syllabes qui s’enchevêtrent,

y aurait-il un Nom, qui pût l’essence

de Dieu garder, et toute l’ Omnipotence,

dans ses consonnes, ses vocales et ses lettres.

 

Quelle ironie, cependant, que le contraste entre tout l’appareil cabalistique et platonique déployé ici et le résultat dérisoire qu’il produit!

 

Le rabbin lui expliquait l’univers

(« Voila une corde; et mon pied; et le tien »)

et il parvint à peine que le pervers

le temple balayât tant mal que bien.

(«El Golem», loc. cit. : 26-27).

 

Par rapport à l’espace où le langage est effectivement actif, la dimension respective apparaît dans la posture d’un Deus otiosus. Sans explicitement la nier, Borges la gardera dès lors comme une hypothèse de travail quasiment superflue. La pratique traduisante n’en a aucun besoin pour se constituer en écriture (qui, par ailleurs, est la seule possible, et se déroule en marge de toute transcendance):

 

Quelle fut la sorte de cet homme,

Dieu seul, peut-être, le dirait.

Quant à moi, Messieurs, je chante

ce que dans un nom s’est chiffré.

(«Milonga de Jacinto Chiclana», Borges 1989: 52).

 

 

3. De la « traductosophie » (un bilan final)

 

Le moment est venu de donner une description plus complète de ce que j’ai appelé le « pan-traductionnisme » borgésien.

 

3.1.- La traduction est, pour Borges, le rapport par excellence qui s’établit dans l’ordre du langage.[10] D’autre part la même traduction, loin de son cratylisme initial, relève d’ores et déjà d’une sémiologie de l’arbitraire. Car, si depuis longtemps « les signes, lisibles, ne sont plus à la ressemblance du monde visible » (Foucault 1966 : 61),[11] encore moins ressembler ont-ils à un original introuvable. Sans un sujet individuel et sans une transcendance sémantique donnés d’avance, tout équivaut ici à tout.

Ainsi, un même symptôme, l’identité ponctuelle de signifiant entre deux textes, peut relever tantôt de la soumission totale à un modèle, tantôt d’une volonté radicale de différence. Dans un cas, il s’agit de « répéter (…) un livre préexistant » («Pierre Menard, autor del Quijote », Borges 19661 : 55), sans pour autant calquer, de la façon que ce soit,  la biographie et/ou la personnalité de son auteur, mais continuer d’être qui l’on est et mener à bout son exploit à travers ses propres expériences. Il en résulte un « faux-ami » prémédité, un homonyme intertextuel qui, en laissant intact le signifiant premier, traduit le signifié vécu du texte dans les termes d’un vécu différent. La situation contraire consiste en « copier minutieusement » un écrivain, mais d’une manière « impersonnelle ». Ce genre de traduction s’appuie sur une double substitution : d’un côté le vécu propre s’efface au profit du vécu d’autrui, et de l’autre, cet autrui s’efface lui-même, pour s’identifier « avec la littérature » (« La flor de Coleridge », Borges 19663 : 23).

La moralité des exemples précédents est qu’il ne faut surtout pas se figurer la traduction comme le domaine de l’alléatoire et/ou du chaotique. En tenant compte du fait que, dans la théorie linguistique, ‘arbitraire’ signifie ‘conventionnel’, mieux vaut penser que les rapports intertextuels se déploient suivant une certaine convention, et obéissent à une certaine règle, mais que l’une et l’autre changent vertigineusement en tout moment. Cette constatation, quelque peu rassurante, suscite, néanmoins, une nouvelle inquiétude concernant cette fois le support matériel, et notamment les voix qui soutiennent les textes et leur rapports.

 

3.2.- En l’occurrence, la doctrine borgésienne de la traduction se clôt sur quelques grandes questions, tout en s’ouvrant ainsi vers une « traductosophie ».[12] Dans la polyphonie générale, comment distinguer les timbres individuels, comment savoir d’où ils viennent et où ils vont? Sur la face et surtout dans l’abime du palimpseste qui est tout texte, comment déchiffrer les traces laissées par l’une ou l’autre main? Qui nous dira qui traduit qui et quoi, et de quoi en quoi?

À mon avis, la seule réponse raisonnable serait qu’on traduit. Car, quand il est possible de passer, dans le délai le plus bref, « du français à l’anglais et de l’anglais à un mélange énigmatique d’espagnol de Salonique et de portugais de Macao » (« El inmortal », Borges 19662: 7), on voit très bien que ce sujet unique (auquel Borges a longuement songé) a, s’il existe, une voix plurielle. Son nom est le langage et, nullement par hasard, il adopte à son tour le pseudonyme du plus sagace héros qui ait jamais vécu dans l’ordre du langage :

 

Moi j’ai été Homère; bientôt je serai Personne comme Ulysse; bientôt je serai tous : je serai mort.

(…) Quand la fin est déjà proche, écrivit Cartaphilus, aucune image du souvenir ne subsiste plus; il n’en reste que des mots. Des mots, des mots disloqués et mutilés, des mots d’autres : c’est ça la pauvre aumône que lui laissèrent les heures et les siècles.

(ibid. : 27-28).

 

Si en cela il faut voir un motif de soulagement – comme le personnage borgésien – ou d’angoisse, c’est à chacun de le juger.

 

Références bibliographiques :

 

1. Livres de Borges (cités dans le texte) :

 

Borges, Jorge Luis (1960) : El hacedor. Emecé Editores,  Buenos Aires.

– » – (1966[1944]): Ficciones. Emecé Editores, Buenos Aires.

– » – (19662 [1952]): El Aleph. Emecé Editores,  Buenos Aires.

– » – (19663  [1952]) : Otras Inquisiciones. Emecé Editores, Buenos Aires.

– » – (1983 [1932]): Discusión. Emecé Editores & Alianza Editorial, Buenos Aires -Madrid.

– » – (1987-1988 [1965]) : « Nota sobre Ezra Pound traductor », in Cervantes/Θερβάντες (revue bilingue hispano-grecque), Vol. II-III. Athènes.

– » – (1989 [1968]): Nueva Antología Personal. Siglo XXI Editores S.A.,, México-Madrid-Buenos Aires-Bogotá.

– » – (1992 [1936]) : Historia de la Eternidad. Emecé Editores & Alianza Editorial, Buenos Aires-Madrid.

Charbonnier, Georges (1970 [1967]) : El escritor y su obra, entretiens avec J. L. B. (trad. espagnole). Siglo XXI Editores S.A., México.

 

2. Références théoriques et critiques :

 

Alazraki, Jaime (1983 [1968]) : La prosa narrativa de Jorge Luis Borges. Temas – estilo. Gredos / Biblioteca Románica Hispánica, Madrid.

Foucault, Michel (1966) : Les mots et les choses. Gallimard / NRF, Paris.

Gallego Roca, Miguel (1996) : Poesía importada. Traducción poética y renovación literaria en España. Servicio de Publicaciones, Universidad de Almería.

Ivanovici, Victor (19961) : Surréalisme et «surréalismes». Grèce, Roumanie, pays hispaniques (en roumain). Hestia, Timişoara.

– » – (19962) : Surréalisme et «surréalismes». Grèce, Roumanie, pays hispaniques (en grec). Polytypo, Athènes*.

– » – (2011): « De la ‘ficción’ al mito y de vuelta », in Disquisiciones y divagaciones, 2 vols. Casa de la Cultura Ecuatoriana, Quito (II, 31-44).

Madrid, Lelia M. (1987) : Cervantes y Borges: La inversión de los signos.. Pliegos, Madrid.

Paz, Octavio (1974) : Los hijos del limo. Del romanticismo a la vanguardia. Seix-Barral S.A., Barcelonne.

Scholem, Gershom (1996 [1960]) : La Cabale (trad. roumaine). Humanitas, Bucarest.

Steiner, George (1983 [1975]) : Après Babel (trad. roumaine). Univers, Bucarest.

Vattimo, Gianni & Rovatti, Pier Aldo. éds. (1997) : Il pensiero debole. Feltrinelli / Idee, Milan.

 

 

 

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[1] Orlando de Virginia Woolf (1937), Un barbare en Asie d’Henri Michaux (1941), Wild Palms de William Faulkner (1941) et un florilège des Leaves of Grass de Walt Whitman (1969). En guise de précédent il faut aussi mentionner ses versions juvéniles – publiées au début des années 20 dans les revues « ultraïstes » espagnoles Grecia et Cervantes – de poètes contemporains, anglais (E. R. Dodds, Henry Mond et Conrad Aiken), allemands et autrichiens (Jichlinski, Heynicke, Klemm, Stadler, Becher, Scheyrer, Hahn, von Stummer). Par ces traductions de l’Allemand, en passant soit dit, Borges essaya, avec un succès mitigé, d’apporter au « canon » de l’avant-garde hispanique quelques éléments de poétique expressionniste (cf. Gallego Roca 1996 : 197-207 et Ivanovici 19961 : 52 ou Ivanovici 19962 : 79).

[2] « Les versions homériques » dans Discussion (1932) (Borges 1983 : 89-95); «Les traducteurs des 1001 Nuits » dans Histoire de l’Éternité (1936) (Borges 1992 : 107-138); et « L’énigme d’Edward Fitzgerald » dans Autres inquisitions (1952) (Borges 19663 : 109-113).

[3] C’est moi qui traduis les citations non françaises.

[4] Et cela lorsque le problème en question était loin d’être élucidé comme tel, car justement à ce moment-là (début des années 30) et à partir d’observations pareilles à celles de Borges, les « oralistes » américains (Milman Parry, Albert Lord etc.) initiaient leurs recherches autour de l’oral performance.

[5] Y compris dans… «un dialecte samoyédo-lithuanien du guarani, aux inflexions d’arabe classique» (« La biblioteca… », loc. cit. : 89).

[6]  En devenant tour à tour Zénon d’Élée, le narrateur chinois (du IXe siècle !) Han Yu, Kierkegaard, Léon Bloy et Lord Dunsany.  (cf. « Los precursores de Kafka », Borges 19663 : 145-148).

[7]  Le Cratyle de Platon et surtout le livre sur la Cabale de Gershom Scholem, dont le cinquième chapitre traite justement du Golem (Scholem 1996 : 176-218).

[8]  Y avait-il quelque chose de louche dans le Golem, / puisque, à son passage, le chaton du rabbin / courait se cacher. (Ne le dit point Scholem ; / mais, dans le temps, je le devine enfin). « El Golem» (loc. cit. : 27).

[9]  J’utilise les concepts ‘fort’ et ‘faible’ dans l’acception réservée aux termes respectifs (forte et debole) par les philosophes italiens du post-modernisme (cf. Vattimo-Rovatti éds. 1997 : passim).

[10]  Lequel rapport, en ce sens-ci, devient un synonyme de l’intertextualité. Dans l’un des appendices de son étude sur Borges, Jaime Alazraki effectue un examen détaillé (inspiré par Genette) des modalités, procédures et techniques intertextuelles que notre auteur utilise pour « traduire » les textes d’autrui dans son propre système narratif. (Alazraki 1983 : 428-456). Cependant, la portée d’un tel rapport est beaucoup plus large, voire nettement philosophique. Cf. par exemple: « Peut-être l’histoire universelle n’est que l’histoire de l’intonation diverse de quelques métaphores » (« La esfera de Pascal », Borges 19663 : 17).

[11] Ce n’est guère par hasard que la sentence de Foucault a été formulée à propos de Don Quichotte. Car, comme c’est largement connu, Cervantes représente pour Borges l’« interlocuteur » préféré à ce sujet (cf. Madrid 1987 : 159 sq.)

[12]  Cette heureuse expression appartient à J.-R. Ladmiral.

* Les deux versions sont accompagnées par des résumés en français.

 

 

 

 

 

 

 

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BIO

 

Victor Ivanovici

 

Né le 24 août 1947 à Tulcea, Roumanie.

 

Études générales au Lycée grec de Bucarest (1962-1966) et supérieures à la Faculté de Langues et Littératures Romanes, Classiques et Orientales de l’Université de Bucarest (1966-1971). Spécialisation postuniversitaire à l’Université de Málaga (Espagne): « Curso Superior de Filología Española ». Doctorat à l’Université de Cluj (Roumanie), avec une thèse sur l’oeuvre de Gabriel García Márquez (1993).

 

De 1971 à 1984, a enseigné la littérature espagnole et hispanique à l’Université de Bucarest. Depuis 1985, vit et travaille en Grèce. En 1993, est devenu membre du corps des enseignants auxiliaires de l’Université d’Athènes et en 2003, a occupé par concours un poste de professeur de littérature hispanique à la Faculté de Philosophie de l’Université de Salonique. Au présent il est professeur émérite de la même université.

 

Il est membre de l’Union des écrivains de Roumanie et de la Société des auteurs grecs, de la Société hellénique de Littérature générale et comparée, membre fondateur (et vice-président) de la Société des hispanistes de Grèce, membre de l’Association internationale des hispanistes et de la Société des cervantistes. A été décoré par l’État espagnol avec l’Ordre du Mérite Civil, grade d’ « Encomienda ».

 

Il a  publié jusqu’à présent 13 livres d’auteur et participé à plusieurs volumes collectifs. De nombreux articles et études ont paru en Roumanie, en Grèce, en France, en Espagne et dans quelques pays de langue espagnole.

 

Domaines d’intérêt: études hispaniques, roumaines et néo-helléniques, littérature comparée et théorie de la traduction.

 

Il écrit ses essais en roumain, grec, espagnol et français. Il traduit du grec, du roumain, de l’espagnol, du français, du portugais, du catalan et de l’italien, vers les langues qu’il maîtrise très bien, comme le roumain, le grec et l’espagnol.

 

A traduit entre autres: Odysseas Elytis (en roumain et en espagnol); Octavio Paz (en roumain et en grec); Paul Celan – poèmes roumains (en grec et en espagnol); Gellu Naum (en grec et en espagnol), N. Stanescu (en grec), Ion Vianu (en espagnol), Norman Manea (en grec et en espagnol).

 

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