Valter Martins

 

lEVURE-

 

(Luxembourg)

 

 

 

ANGEL ou le chat qui mangeait un poisson !

 

 

 

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D’après le proverbe La faiblesse des uns fait la force des autres.

Motto : L’imagination s’inspire du réel…

 

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Angel, et qui, depuis ses premiers jours de vie, n’a pas eu un destin facile. Sa jeune mère l’a abandonnée à la maternité. Heureusement que son père a décidé de la garder. Le bébé donc est resté grandir avec son père et avec Violette, une belle-mère avec un drôle de caractère. Comme Violette avait déjà son propre enfant, une fille un peu plus âgée qu’Angel, l’ambiance à la maison n’était pas harmonieuse, la jalousie faisait rage et la tension montait vite. Angel devenait belle, sage,  et surtout douce, ce qui expliquait l’énervement quotidien de l’égoïste et méchante belle-mère. Violette punissait tout le temps Angel pour n’importe quelle maladresse…, elle la disputait seulement pour se procurer du plaisir, pour montrer le pouvoir qu’elle avait sur elle. Chaque jour, la situation d’Angel s’empirait et la pauvre fille commençait à se taire de plus en plus, à se réfugier dans son propre  monde intérieur, dans son tout petit univers fictif. Angel ne trouvait plus de lien avec le monde réel, son malheur était si profond que son âme se refugiât dans un silence profond et très douloureux ! Angel n’avait plus les pieds sur terre, elle y était présente seulement avec le corps mais pas avec l’esprit.

Son père, Val, se rendait compte que sa fille n’allait pas bien mais il ne voulait pas trop en savoir, il s’imaginait que sa fille subissait quelque chose d’étrange, qu’il y avait un problème lié au comportement froid et colérique de sa nouvelle femme qui se vengeait souvent de sa fille. Ou peut-être, qui peut savoir, ce serait l’âge bête de l’adolescence. Angel, non plus, ne voulait pas raconter ses malheurs et sa déprime à son père, pour ne pas provoquer un scandale entre son papa et sa belle-mère ! Père et fille prenaient distance l’un de l’autre, chacun restait dans son chagrin, sans se parler beaucoup dans la journée.

Angel se transformait et pas en bien. Elle devenait de plus en plus fragile, de plus en plus faible, de plus en plus grise dans l’âme, pensive, et très  solitaire. Même dans son école, on ne la reconnaissait plus. Elle ne parlait plus, ne partageait plus rien avec ses camarades de classe. Les amis et les professeurs s’étonnaient tous de ce changement lent mais certain. Son visage semblait vidé d’émotions et de sentiments. Ses yeux étaient si tristes et si froids, que les gens avaient commencé  à la prendre pour une éperdue…

Le professeur principal, inquiet, a invité à l’école sa belle-maman, pour demander des renseignements sur leur vie de famille et sur les raisons qui auraient pu contribuer à la dépression de cette gamine.

Et voilà que Violette est arrivée à la réunion avec le  professeur principal, sans qu’Angel le sache et lors de ce rendez-vous… Elle a dû raconter un tas de choses spéciales, puisque le visage du professeur se faisait de plus en plus livide et ses sourcils montaient et descendaient en fonction des énormités  débitées par la bouche de Violette !  Bonne actrice, Violette a bien mis en scène ses mensonges.  Une fois la réunion terminée, Angel a été conduite en voiture dans un lieu secret, loin de la ville et de son père, dans un endroit  plus sûr, où de bonnes mains s’occuperaient de toi, pauvre fille ! – fit Violette, en se dirigeant vers un grand hôpital situé sur une colline, en plein forêt, un bâtiment sale et abîmé, dont les fenêtres avaient des barreaux, pour que les résidents  puissent guérir mieux leurs maladies, expliqua Violette d’un air affairé.

Une fois arrivée à l’hôpital psychiatrique, Violette a appelé un numéro sur son portable et tout d’un coup, deux femmes en blouse blanche sont venues leur ouvrir la porte de la voiture et elles ont aidé Angel à descendre et … même pas au revoir …, juste un rire jaune…  Les deux dames l’ont prise par les bras et l’ont obligée à entrer dans le grand bâtiment qui sentait odieusement, qui puait comme un nid de souris. Violette faisait semblant de leur courir après, avec des regrets bien dissimulés, elle voulait poser un bisou final et aigre sur le front d’Angel. Les deux blouses blanches  se sont arrêtées pour attendre Violette. Après le bisou du diable, Violette est repartie à la maison…

Angel s’est retrouvé dans une petite pièce de couleur blanc puant, avec des murs tagués, où il n’y avait pas de  lumière, la nuit. Dans le noir,  le noir laissait des bleus…et des larmes.

Un soir, un vieux médecin est venu voir son état de santé avec une lanterne et il lui a donné une boîte pleine de médicaments à prendre toutes les 4 heures. O-bli-ga-toirement.

Après avoir pris les premiers médicaments, la tête de la fille est devenue si floue…. et son cerveau s’est perdu complètement du monde normal. Dans le noir de la nuit, ses pensées commençaient à s’inventer des situations, des pensées, des personnages, des hallucinations. Drôles. Moches. Méchantes. Gentilles. Folles. Ses hallucinations se métamorphosaient en diverses créatures et ceux-ci se changeaient plusieurs fois par nuit, entre eux, leurs habits de parade. Et des fois, quelques  humains se changeaient en animaux !

Plus le temps passait, plus Angel planait, flottait, en quittant totalement les contours de la réalité… Tous les personnages de ses pensées se transformaient, chaque nuit,  en animaux  aimables! Au moins cela lui plaisait, car elle aimait les bêtes  plus que les humains.

Après la première semaine de sommeil forcé, Angel a fait connaissance, lors des ballades matinales et  « guidées » dans la cour de l’hôpital, avec les employés et les autres malades-pensionnaires. Le directeur de l’hôpital, Monsieur ROI NOIR, un homme immense, cruel et chauve, est même venu ; un matin, la voir. Il lui a parlé deux minutes. Il s’est adressé en même temps,  à elle et à une autre fille, assise sur un banc, à côté.

La voisine de banc, était une fille hyperactive, nommée Lapiny, une gamine plus jeune qu’elle. Mais Angel n’a rien compris de ce que monsieur Roi Noir leur avait dit. Pour elle, le langage des humains n’avait plus de contenu, plus de signifiocation. Les mots avaient l’air d’être de petits bruits de lèvres et rien d’autre. Après le petit message bruyant et pour cela incompréhensible du directeur, une sorte de jeune infirmier maigre, moche et dégoutant, est venu l’appeler à l’ordre. Il l’a pris par ses longs cheveux et l’a poussée  à marcher plus vite vers le local de sa punition matinale. Ses punitions matinales se passaient dans la cave de l’hôpital, où Le Chat-Souris abusait d’elle. Personne n’entendait rien. Le Chat-Souris était silencieux et secret. Angel ne comprenait pas trop ce que le Chat noir lui faisait subir. Elle sentait seulement un chat qui mangeait un poisson sur son dos.

Un matin ensoleillé, au mois de mai, quand les fleurs resplendissaient de bonheur, Angel a réussi à casser les quatre barreaux en bois de sa fenêtre, avec les pieds d’une chaise en métal.

Dehors, le ciel était serein, calme, d’un bleu splendide et un gros papillon bleu rôdait autour de sa fenêtre.

Les employés de l’hôpital étaient tous fêter l’anniversaire du directeur. Leurs cris alcoolisés montaient jusque dans la cellule d’Angel. Une musique infernale rendait les murs encore plus gris et plus dingues. Voilà pourquoi Angel a pu terminer sans se soucier de rien  la cassure des barreaux. Une fois la voie libre, elle a pu remarquer que le papillon avait tissé un long tunnel lumineux entre le gros trou de sa fenêtre et les nuages du ciel. Il y avait juste un peu d’écart entre l’entrée du tunnel et le bord de sa fenêtre mais … les yeux de ce papillon étaient si maternels que dans l’âme d’Angel l’envie de sauter et de partir pour le joindre fut si puissante que… Avant d’essayer de toucher les ailes du papillon, Angel a dit une petite prière…    l2

 

Le lendemain, le père et la belle-mère ont appris la nouvelle du départ d’Angel sous la forme d’un sms commun.

 

 

 

 

 

 

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Je suis un jeune homme de 19 ans, je m’appelle Valter Martins. Le français ce n’est pas ma langue maternelle et je l‘apprends mieux en écrivant des histoires pour ceux qui aiment lire ou écouter de telles histoires. Je suis encore élève au lycée luxembourgeois BEL-VAL. Le don d’écrire, d’inventer des situations imaginaires, de faire revivre des mots et des pensées, je l’ai reçu de je ne sais pas qui… mais je sens que dorénavant cette passion fera partie de moi. Ne pas avoir une belle vie, ne pas vivre dans la facilité c’est peut-être la bonne explication d’un tel don. Ne pas être heureux, des fois cela peut apporter de belles choses. Pour m’enfouir du quotidien douloureux, je me cache dans mes pensées et dans mes soupirs, j’essaie de projeter un monde à moi, créatif, où la force du bien domine le mal. J’aime écrire et dessiner. Grâce à Rodica  D. M., et à Madame Pascale Diederich, dans le cadre de cours d’écriture et de maîtrise de la langue française, j’ai renforcé mon envie de m’exprimer librement. Merci à ces deux dames d’avoir cru en moi et de m’avoir aidé à trouver une belle voie…

A part l’écriture, mes autres passions sont : la lecture (les bons livres d’aventure), la musique.

Parfois, je compose de la musique, pour moi-même. J’adore travailler avec les personnes âgées. Je leur apporte de la paix intérieure, du respect et je leur en viens en aide. J’aime défendre et transmettre la paix et l’amour entre les gens.

 

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