Sylvie Simonelli

Trop-plein de trottoir

 

(fiche technique)

 

Repérer une pile de pont princière,
Fixer y un domicile.
Placer un Chien, près d’une vie de Rien.
Couvrir d’ouvertures poreuses,
Ouvrir et couvrir un cimetière aux des conserves.
Visser éviscérant la misère.
Laisser décanter la lie sociale,
Scier les passants persifleurs.
Insérer une météo précaire,
Camoufler l’engelure de l’ange déchu,
Glacer le sang du sans-logis.
Ensuite, lécher le crachat de la révolte,
Poser les barbelés d’une solide indifférence.
Maintenir dans l’étau de la déshumanisation,
Poncer la couche de mauvaise conscience,
Passer le halo ordurier au lavage.
Pour finir, prendre une photo sépia, pour la postérité.

 

 

Voyelles

 

Nuit A, flocon E, sang I, feu U, eau O. Voyelles.
Promeneuse cherchent syllabes à aimer.
A nuit, amasse absence aveuglante
Sagas adamiques pare-décibels.

E neigeux est heureux! Euphonie déglaçante,
Émeut l’euphorie de jeux. Je sans modèle.
I, irrigue. De vie le parvis du label.
Irise. Limite ou idylle gluante.

U, hume les brûlures d’esprit acide,
Enfume la plume des honneurs limpides.
Fabule et circule. Murmure, son soyeux.

O, outremer du mot, colore, démange
Le flot sonorisé dans l’ordre des échanges.
– O, évoque le duo de Ses Yeux.

Articles similaires

Tags

Partager