Séverine Le Burel

 

 

(France)

 

 

« J’en étais alors à me regarder pousser les cheveux. Le soleil commençait à m’emmerder sérieusement, et la pluie aussi. Je m’étais spécialisé dans le cynisme bon marché et le chapeau négligé, j’en avais des dizaines, des gris, des mous, des recourbés. J’étais dans mon domaine, j’en aurais presque gagné ma vie. Je traînais sur les grands boulevards, dans les anciens faubourgs, je vivais de petites magouilles, de tourne-la-rue. Si on ne me voyait pas aux terrasses, c’est parce que mon café je le buvais moleskine, le bras sur la banquette, m’entortillant la barbe à la lecture inattentive des quotidiens. Paris commençait à me donner la nausée, ses faux airs, ses rues blanches. »


 

 

 

 

 

 
C’est l’histoire d’un homme en quête de vérité et d’amour, qui cherche à s’éloigner de la solitude du quotidien. C’est moderne, onirique et presque même philosophique par moment. Ce livre nous fait réfléchir sur le pourquoi de notre existence triste et ravive nos rêves enfouis, nos rêves/envies/espoirs d’autres chosesd’ailleurs.

 

P. est Monsieur Tout-le-monde et Monsieur Personne. Paul, Patrick, Pierre, Pajino,………. Il va et vient dans Paris. Tandis que dans sa tête, c’est Lola qui va et vient. Réelle ? Rêvée ? Que sais-je d’autre encore ?… Qui est Lola ? Songe, Dieu/Déesse ou ange ? Plus qu’une femme en tous cas…

 

Le roman en lui-même est entrecoupé de passages en italique ; des nuits. Qu’elles soient blanches, indiennes ou à cordes, elles représentent chacune un pan précis de la vie de P. et de la vie du monde, des gens en général.

 

Une des questions que l’on se pose durant cette lecture est : « Rêve ou réalité, doit-on forcément choisir ? ». En fait, peut-on décider de vivre dans un rêve, de se couper de la réalité, juste pour rêver ?

Le rêve au premier sens du terme, c’est les images que le subconscient nous envoie durant notre sommeil.

Mais ici, il est question du rêve de la vie. D’une espèce de transe/évasion dans lequel on peut se mettre (dans laquelle se met P.) pour vivre ses envies jusqu’au bout, avec Lola, avec son songe.

Qui sait ? Peut-être est-ce possible… Mais il n’est pas forcément bon de se perdre dans les rêves en oubliant de vivre.

 

Quoi/qui croire ? Que faire ? Que penser ? Que lit-on ? Cela a-t-il un sens ou non ?

 

Si la vie n’est faite que de portes, entrouvertes ou closes, ce livre est une fenêtre ouverte sur l’Esprit. Aux poètes dans l’âme, aux troubadours à la vie morne et solitaire, aux tourtereaux pleins d’espoir et d’amour dégoulinant (les transis n’étant pas exclus), bonne lecture.

 

 

Requiem pour Lola rouge – Pierre Ducrozet–  Grasset (septembre 2010)

 

 

 

 

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A 18 ans, elle a déjà participé en 2007, à la 5e édition du Festival International de Poésie « Teranova » de Metz, au Festival national « Lire en Fête » en région Lorraine, ainsi qu’à la première édition du Festival International de Jeune Poésie  « Dante Alighieri » à Nancy.

Entre 2007 et 2009, elle a fréquenté un atelier d’écriture/lecture à la médiathèque Jean Morette d’Amnéville. C’est ici qu’elle a développé sa plume auprès d’adultes de tout âge.

Elle a collaboré en 2008 à la revue poétique Saltimbanques et au magazine RAL,M des éditions Le Chasseur abstrait.

L’informatique, la lecture et ses études occupent tout son temps.

 

http://s.ecriture.over-blog.com

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