Şerban Foarţă

 

t

 

(Roumanie)

 

 

 

OFFRANDE MUSICALE

 

 

 

OFFRANDE MUSICALE

 

 

 

À Mihail Vîrtosu, compositeur  

 

 

 

Nous exprimons de cette autre façon

dans notre simple prose quotidienne

notre gratitude et notre dévotion pour

la musique des sphères et les grillons

(aussi exsangues et analgésiques que les dieux,

et bien plus mélophiles qu’eux) ;

pour l’octave entre Soleil et Lune,

évoqué par Platon,

ou celui entre Or et Argent,

évoqué par Nerval :

« une perle d’argent brillait dans le sable ;

une perle d’or étincelait au ciel… Le monde

était créé », –

pour l’octave entre Vénus et Mars,

évoqué par Platon,

pour celui, nervalien, « du sein

des ténèbres muettes », où « deux notes

ont résonné, l’une grave, l’autre aiguë…

Sois bénie, ô première octave

qui commenças l’hymne divin ! »

pour cet hymne (le temps qu’il durera) ;

pour l’octave qui mène

d’un samedi à l’autre,

ou d’un dimanche

à l’autre ;

pour (Paulus Claudeliensis dixit),

« l’immense octave de la Création » ;

pour le cercle des quintes : horloge

de la musique, en même temps que zodiaque

(preuve en est, notamment, de l’analogie

entre précession des équinoxes et comma

diatonique) ;

                     pour le rossignol :

en l’écoutant, à l’aube, derrière le rideau

des paupières baissées,

tu entrevois en toi des prismes de cristal ;

pour The Blackbird (et sa guitare) ;

pour la trompette des éléphants et pour

leur oreille de forme et de dimensions semblables

à un haut-parleur de gramophone

cannelé de bleu ;

                     pour le trombone darwinien :

celui-ci, comme le rouge, excite l’apathie du lombric ;

pour l’accord du rouge avec les cuivres ;

pour la tonalité fa majeur

qui évoquait l’eau à Erwin Fischer ;

pour V. Jankélévitch, selon qui

« le simple do majeur

est la gamme du quotidien » ;

pour le hennissement chevalin :

celui-ci représente, semble-t-il, une gamme

chromatique descendante ;

                     pour le quadrivium,

ancien mode d’enseignement,

où la musique n’était pas vue comme une simple technique

(à la différence de la gymnastique ou du dessin) ;

pour Damon, maître de Périclès,

et pour Empédocle, selon qui

notre oreille serait à la semblance d’une cloche ;

pour le dessin de la clef de sol et pour les lignes

de la harpe ;

                     pour la flûte double

de l’Aulète sur la Tombe

des Léopards (à Tarquinia) ;

pour l’opinion de Mlle Boulanger

sur une étude de Bach, partagée

un beau matin monégasque

avec le poète Paul Valéry :

« ce la bémol est presque un sol » ;

pour notre propre (fausse ?) opinion,

à savoir que : nihil est in Richard Wagner

quod non prius fuerit in Liszt

nisi Richard Wagner ipse ;

pour Cosima Wagner, née Liszt :

vieille femme en larmes (dans la loge

où la vit Cocteau) au cours d’une représentation

de La Belle Hélène d’Offenbach ;

pour la spirituelle, l’immaculée,

la merveilleuse généalogie : Joseph

genuit Wolfgang Amadeus,

Wolfgang Amadeus genuit

autem Ludwig ;

                     pour

les trois rois-mages de Mathieu, qui « s’agenouillèrent

devant l’enfant qui allait être Mozart[1] » ;

pour l’énigmatique commanditaire

du Requiem de Mozart

devenu requiem pour Mozart ;

pour l’escalier de la Lacrimosa,

qui, une fois gravis les quinze degrés

entre les Ve et VIIIe mesures, atteinte

la dernière marche, celle du la, s’effondre

soudain dans l’abîme, une octave plus bas ;

pour Friedrich der Große, auteur

caché de l’Offrande musicale ;

pour le nom même de Bach : B-A-C-H,

cause occasionnelle

de son ultime et inépuisable fugue

a tre soggeti ed a quattro voci ;

pour la cantate dite « du café »,

preuve éclatante de l’humour des dieux ;

pour les cantabile, glissando, stretto,

allegro, andantino, piano,

pour, autant dire, l’italien des partitions ;

pour l’écriture musicale,

exempte, à en croire Mallarmé, « de tout regard profanateur »

pour la belle écriture musicale

qui permit à Jean-Jacques

de gagner quelque temps

son pain quotidien,

avec dignité et à force de labeur ;

pour la Poule de Rameau, sœur (un peu plus âgée ?)

du Canard de Monsieur de Vaucanson ;

pour les victimes innocentes

de la musique – parmi lesquelles, en premier lieu,

le soprano Carlo Broschi Farinelli ;

pour le supplice de la vierge Cécile,

pour le magnétisme de la musique

per se, à l’entour de quoi (comme à l’entour

d’un feu) se forme invariablement un cercle ;

pour le Mundharmonika :

lui qui évoque les wagons de marchandise humaine ;

pour les bugles qui bouclent l’air

sans le recourber ;

pour le rabbin Samuel de Fez

converti par scrupule musical :

« le chant de la Synagogue s’étant tu » ;

pour Gottfried Wilhelm Leibniz, selon qui

la musique représentait l’algèbre de Dieu ; et pour

le violonophile Albert Einstein, pour qui

la mort signifiait ne plus

pouvoir écouter Mozart ;

pour le chant du cygne et le clairon

du Jugement Dernier ;

                     pour N. Steinhardt[2],

lui qui affirme que s’il était donné

à mortel d’en jouer un jour,

ce serait Louis Armstrong ;

                     pour Antonio

Salieri (celui de Pouchkine), Caïn

de la musique : ses parfums

ressemblent aux fumées d’une offrande refusée ;

pour la Gamme des Parfums

(d’un certain M. Mesnard) – suivant laquelle

entre le do du Jasmin et celui

de l’Ananas, se rangent en ordre croissant

la Bergamote, le Cédrat, l’Ambre,

le Magnolia, la Lavande, la Menthe ;

pour une telle audition parfumée ;

pour Rimbaud, véritable précurseur,

avec ses A, E, I, U, O,

du système pentatonique

en Europe ;

pour « Do, mi, sol, mi, fa », vers verlainien

que Georges Brassens n’employa pas en vain ;

pour The Entertainer, ragtime

tout aussi élégant que le menuet

de Boccherini, que Plaisirs d’Amour

ou que l’idyllique Schön Rosmarin – expression

de « l’insoutenable légèreté de l’être » ;

pour les porteurs de piano : leur tâche

est bien plus pénible, encore que moins sale,

que celle des porteurs de cercueils ;

                     pour la viola

d’amore, comme pour le violon d’Ingres ;

pour Man Ray et les musiciens du dimanche,

Rousseau et Hoffmann, Ezra Pound et Nietzsche,

intransigeants et touchants

comme seuls peuvent l’être les autodidactes ;

pour la sonate d’Urmuz[3] :

dont il ne nous est resté qu’une portée ;

pour les martinets et les moineaux : eux qui convertissent

les fils du télégraphe en portées

(ce qu’ils ne pourraient faire, à ma connaissance,

avec des barbelés) ;

pour le Mundharmonika : lui qui évoque

les longs wagons de prisonniers ;

pour Marlene Dietrich chantant Lili Marleen ;

pour le carillon des machines à écrire :

celui-ci compensant en fin de ligne et in extremis,

leur crépitement de mitraillette ;

pour Fekete zongora (d’Ady), rime

unique à Góngora (y Argote) ;

pour Satie (lequel discutait musique et art culinaire

avec M. Maritain,

s’émerveillant des repas

que lui offrait Brâncuşi) ;

                     pour la saveur

et l’appétit de Rossini ;

pour Serge Blanc, élève d’Enescu :

une fois l’an, celui-ci jouait à son professeur

au Père Lachaise, une suite de Bach (étudiée

avec lui autrefois) particulièrement ardue ;

pour Enescu : voilà bien des années

qu’il accompagnait au piano

les films muets, dans la pénombre

d’une salle de cinéma de ma cité natale

(fait que je tiens de ma mère,

et dont je ne vois aucune raison de douter) ;

pour la mère de Pablito Casals :

celle-ci refusa le présent d’un bijou

de valeur que lui fit ce dernier, au motif

qu’elle était la veuve d’un homme pauvre ;

pour la statue héliosonique

de Memnon ;

                     pour le dulcimer

et les autres instruments, dont le nom

suffit à convoquer la musique,

sans que nous songions à intervenir ;

pour la meilleure définition

hédoniste de la musique : « cette affaire-là

qui nous va chatouillant l’oreille

d’une bien fameuse manière[4] » ;

                     pour l’oreille

diachronique des anciens hellènes,

selon qui l’harmonie était fonction

de la succession des sons ;

                     pour

leur oreille même, avec laquelle, hormis

celle dite « de Denys »,

la docile, masochiste ouïe

contemporaine n’a pas grand-chose en commun ;

pour Bacovia[5] :

on ne sait

s’il pensait à Chopin

en écrivant sa plus juste didascalie :

« avec une gracieuse indignation » ;

pour Ravel et sa Valse archétypale ;

pour le tango des

aveugles – d’Al Pacino ;

pour les divers concerto pour

 

la main gauche ;

                     pour celui qui

tourne les pages d’une partition,

jouant le rôle, en musique, de la troisième main,

et ressemblant a celui qui surveille,

d’en bas, un exercice aux anneaux :

un rien, mais sur quoi tout repose ;

pour les absents de ce catalogue

fatalement incomplet ;

pour les silences de Webern ;

pour Cesare Brandi : celui-ci démontrant

de façon tout à fait convaincante l’asémantisme

de la musique (entre le mot et la note,

aucune similitude, – si l’on excepte

les dernières harmoniques, que l’on peut

assimiler à des connotations) ;

pour le vent qui, tournant

les pages d’une partition (ou d’un livre),

ne peut être tout à fait comparé

à un âne jouant de la harpe ;

pour diabolus, – tant qu’il ne prend, in musica, que la forme

d’une bénigne quarte augmentée ; pour le trille

de ce dernier, dans le rêve de Tartini ;

pour l’absence quasi-absolue

de trilles dans les douze Préludes

de Debussy ;

pour le damné,

le si tant persécuté, par le biais duquel,

conjoint au fatal fa, pénètre

le diable en musique – notes pourtant acronymes

de Sancte Johannes…

                     Pour

l’ambiguïté en soi

de cet art ;

                     pour les clowns

musicaux et pour Friedrich Schiller :

celui-ci rapprochant Laure au clavecin

du prestidigitateur Philadelphia ;

pour l’Ode à la joie du même auteur :

nul chœur laïque ne donnera jamais sa voix

à une telle utopie millénariste ;

pour la Sonate « pour Hammerklavier », qui résume

la passé de la musique et son avenir

sur un plan, tout au moins, pianistique.

pour l’inénarrable rumeur

précédant chaque concert :

elle qui marque si nettement la différence

entre le préformel et la forme en soi

qu’elle précède et contient tout entière ;

pour la définition borgésienne

de la musique : « forme secrète

du temps », – et pour Borges lui-même,

sans lequel cette Offrande musicale ;

n’aurait été possible ;

pour la mélodie infinie,

en ce qu’elle évoque cette

Offrande musicale, — achevée

un dimanche de mai alors

que nos harpes étaient pendues aux

saules (Psaume CXXXVI).

 

 

 

_____________________________________________

[1] Allusion, accompagnée d’une citation, au roman pittoresque et initiatique Craii de Curtea Veche (Les Rois de la cour d’autrefois) de Mateiu (ou Mathieu) I. Caragiale (1885-1936). (N. de l’A.)

[2] Remarquable auteur d’essais et penseur roumain (1909-1989). (N. de l’A.)

[3] Pseudonyme de Dem. Demetrescu-Buzau (1883-1923), qui fut, en Roumanie, le père de la littérature de l’absurde, un des précurseurs d’Eugène Ionesco. (N. de l’A.)

[4] Citation du discours d’un personnage ridicule de I.L. Caragiale (1852-1912), grand prosateur et dramaturge roumain (père de l’écrivain évoqué dans la première note ci-dessus). (N. de l’A.) Le personnage en question est un professeur (« le pédagogue »), dont le caractère comique tient à un pédantisme bon marché contredit par son fort accent provincial.

[5] Pseudonyme de George Vasiliu (1881-1957), dont les poèmes illustrent un apogée du lyrisme roumain; le vers dont est extraite la citation suivante étant : « L’orchestre attaqua avec une gracieuse indignation. ») (N. de l’A.)

 

 

 

NOTES & LIENS:

 

 

1

Serban-Foarta

 

 

 

2

Serban-Foarta2

 

 

 

Cf. Portrait souvenir, Éd. Bernard Grasset, Paris, 1989, pp. 53-24.

 

 

 

I. e. al XVIII-lea.

 

 

 

Cf. Jacques Maritain, Réponse à Jean Cocteau, Éd. Stock, Paris, 1926, p. 71. 

 

 

 

Serban-Foarta3

 

 

 

7

Serban-Foarta4

 

 

 

Cf. Colombine

 

 

 

 

9

Serban-Foarta4

 

[Le violon dingue d’un angrymanray]

 

 

 

Traduction du roumain:

Benoît-Joseph Courvoisier

 

 

Șerban FOARȚĂ – ABC D’air:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Né en 1942, à Turnu Severin, sur le bord du Danube.

 

Études de philologie (roumain et allemand) à l’Université de Timişoara.

Doctorat ès lettres en 1978 (avec une thèse sur la poésie d’un grand écrivain roumain, Ion Barbu).

 

Directeur du Théâtre National de Timisoara (1990–1991).

 

Professeur à l’Université de Timisoara (1992–2005).

 

Il a fait paraître de nombreux (à peu près 80) volumes de poésie, essais, thèâtre, deux petits romans, traductions, critique d’art.

 

Il pratique, en amateur, le piano et la peinture.

 

 

Şerban Foarţă a traduit en roumain des textes de : François Villon (et autres poètes du moyen âge: Philippe de Beaumanoir, Bertran de Born, Bernard de Moralais, Eustache Deschamp, Charles d’Orleans, ou de l’époque de la Renaissance: Joachim du Bellay, Jehan Régnier, Amadis Jamyn, etc.), Victor Hugo, Nerval, Banville, Charles Cros, Verlaine, Laforgue, Jarry, Claudel, Max Jacob, Apollinaire, Paul Valéry, Giorgio Baffo, Edward Lear (Limericks), Joachim Ringelnatz, T.S. Eliot, Salvador Dalí, Hans Bellmer, Raymond Queneau, Pierre Louÿs, Georges Perec (La Disparition), Leonard Cohen, Serge Gainsbourg et, surtout, Mallarmé.

 

Il a publié un livre, ABC D’AIR (Éd. Vinea, Bucarest, 2012), et quelques poèmes directement écrits en français: v. Poésie 2003, revue trimestrielle de la poésie d’aujourd’hui, Théâtre Molière/Maison de la Poésie, Paris, septembre 2003, pp. 57–59 ; Le Blanc & le Noir ou La Craie & le Crayon, v. Le Blanc en Littérature, EST, Samuel Tastet éditeur, Bucarest, 2006, pp. 119–123 ; Ô maisons, ô gâteaux, Les Éditions Transignum (Salon du Livre Nord-Sud), Paris, 2010 ;

 

 

Livres traduits:

 

 

Paul Valéry, Degas Dans Desen/Degas Danse Dessin (Ed. Meridiane, Bucureşti, 1968)

 

Paul Valéry, Introducere în metoda lui Leonardo da Vinci/Introduction à la méthode de Léonard de Vinci (adnotată de trad., Ed. Meridiane, Bucureşti, 1969; ediţia a II-a, revăzută şi adăugită, Ed. Paralela 45, 2002)

 

Francis Carco, Prietenul pictorilor/L’Ami des peintres (Ed. Meridiane, Bucureşti, 1970)

 

Stéphane Mallarmé, Album de versuri/Album de vers (cu glose şi iconografie, Ed. Univers, Bucureşti, 1988; ediţia a II-a, revăzută şi adăugită, Ed. Institutul European, Iaşi, 2002; ediţia a III-a, definitivă, Ed. Art, Bucureşti, 2010)

 

Serge Gainsbourg, Evghenii Sokolov (adnotată de trad., EST, Bucureşti, 1996)

 

Salvador Dalí, Încornoraţii vârstnicei picturi moderne/Les Cocus du vieil art moderne (adnotată de trad., EST, Bucureşti, 1997; 2001)

 

Paul Verlaine, Invective/Invectives (Caietele Teatrului Naţional, Timişoara, 1998)

 

Guillaume Apollinaire, Cântecul celui neiubit/ La Chanson du Mal-Aimé (adnotată de trad., Ed. Brumar, Timişoara, 2000)

 

Victor Hugo, Balade/Ballades (cu adnotările traducătorului, Ed. Pandora, Târgovişte, 2002); ediaţia a II-a, revăzută şi adăogită, sub titlul de Balade şi alte poezii/Ballades et autres poèmes, Ed. Institului Cultural Român, Bucureşti, 2006)

 

Blazoanele anatomiei feminine/Les Blasons de l’anatomie féminine. Poeţi francezi ai Renaşterii (Gilles d’Aurigny, Eustorg de Beaulieu, Victor Brodeau, Lancelor Carle, Claude Chappuis, Maclou de la Haye, Clément Marot, François Sagon, Mellin de Saint-Gelais, Maurice Scève) în traducerea lui ~ (Ed. Humanitas, Bucureşti, 2004)

 

Hans Bellmer, Mică anatomie a imaginii/La Petite anatomie de l’image (adnotată de trad., Ed. EST, Bucureşti, 2005)

 

Charles Ferdinand Ramuz, Povestea soldatului/L’Histoire du soldat (traducere şi adaptare a libretului operei lui Igor Strawinsky, – Teatrul de Operă din Timişoara, stagiunea 2006-2007; spectacol experimental, Teatrul Odeon, Bucureşti, stagiunea 2008-2009)

 

Philippe Lechermeier, Prinţese date uitării sau necunoscute/Princesses oubliées ou inconnues (Ed. Vellant, Bucureşti, 2007)

 

Philippe Lechermeier, Seminţe de cabane/Graines de cabanes (Ed. Vellant, Bucureşti, 2008)

 

Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, Ars flatulatoria sau Meşteşugul bunei pârţâieli/L’Art de péter (Ed. Art, Bucureşti, 2008)

 

Pierre Bayard, Cum se ameliorează operele ratate?/Comment améliorer les œvres ratées (Traducerea prozei, Nicolae Bârna; traducerea versurilor, Ş. F. – Ed. Art, Bucureşti, 2008)

 

*** (Philippe de Beaumanoir, Watriquet Brassennel de Couvin, Jean Molinet, Guillaume Flamant, Pascal Kaeser), 33 de fatrazii/33 Fatrasies (Ed. Art, Bucureşti, 2008)

 

Georges Perec, Dispariţia/La Disparition (Ed. Art. Bucureşti, 2010)

 

Sonete XXX, traduceri din poeţi francezi, cu o serie de ilustraţii de Tudor Banuş, Ed. Eis Art, Iaşi, 2013

 

Raymond Queneau, O sută de mii de miliarde de poeme/Cent mille milliards de Poèmes (Ed. Art, Bucureşti, 2013)

 

Pierre Louÿs, Femeia (1889-1891)/La Femme (Ed. Adenium, Iaşi, 2014)

 

 

Extraits de presse :

 

 

  • E. M. Cioran (despre traducerea-i din Mallarmé, Album de versuri, Ed. Univers, Bucureşti, 1998) : « Un [livre] admirable. […] Şerban Foarţă s’est attaqué à l’impossible et a réussi grâce à son talent et aux vertus poétiques de la langue roumaine. »

 

  • Nicolae Manolescu (v. Istoria critică a literaturii române, Ed. Paralela 45, Piteşti, 2008, p. 1097) « Unicul mare manierist din literatura română, Şerban Foarţă este un poet extraordinar şi inventiv. »

 

 

 

(mai 2010)

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