Sandrine Rotil-Tiefenbach

 

SANDRINE ROTIL-TIEFENBACH France

 

(France)

 

 

 

MARCHE OU CREVE

 

RESPIRATION AUTORISEE

de 6 heures à 8 heures (en courant)

de 13 h 01 à 13 h 59 (en courant)

de 19 heures et poussières supplémentaires à 22 h 59 (à peu près et si ciel dégagé uniquement)

Palpitations continues. Sachez que je vous aimais…

 

 

 

image003       attabl

 

 

 

EN VERITE

 

On ne sait jamais avec les larmes voyez-vous. On ne sait jamais, quand elles commencent, si, un jour, elles s’arrêteront, si, un jour, elles s’épuiseront…
Jamais, c’est un peu comme Dieu. On sait pas si ça existe.

 

 

 

image005      En vérité

 

 

 

Amour Déficient Naturalisé

 

je suis

tu suis

il sue

nous suivent

vous suites

ils somment

 

 

 

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Leçon de Moral

 

La morale m’emmerde, à l’instar de toutes les formes de contrôle. Je lui préfère la Justice. La Justice, c’est-à-dire, non forcément cette connerie conceptuelle nieuse des différences qui se veut prôner une inatteignable égalité pour tous, mais, simplement, l’équilibre adéquat à chacun.

‘Oui mais’ Le Nombre, tu dis ?

Bla bla bla…

Dans notre système de meute mammifère, donc hiérarchisé, c’est quand même un putain de monde que d’être toujours incapables de gérer les petites lignes en plus des grandes !

L’Humain est bien jeunot. Se laissera-t-il le temps de sortir de l’adolescence avant d’en crever ?

* * *

[les 2’ de la pause-clope méridienne]

 

 

 

image009       Chasse

 

 

 

Carnet de voyage

 

Les petites sont à l’armée. Je les ai croisées dans les wc publiques du Mur. Elles ont toutes leur bouteille d’eau fraîche à la ceinture. Parfois, l’une d’entre elles porte également une arme digne d’une Sarah Connor. L’on m’apprend que pour celle-ci, en cas de conflit, elle sera appelée sur le front, ainsi qu’elle l’a choisi. Elles font un boucan pas possible aux lavabos. Se recoiffent. Sont gaies comme des pinsons. Je songe à ma fille du [presque] même âge, qui s’éclate en colo théâtre quelque part dans le Jura…

[juillet 2015, Jérusalem, Israël]

 

 

 

image010       barbie

 

 

 

Beug

 

Ne comprends pas. On est tous d’accord depuis des temps sur le fait que le monde beugue. Et encore personne n’a pensé à l’éteindre et le rallumer ?

 

 
image012

 

 

Devoir d’information d’éducation et d’Oubli

 

Il faudrait que le Français, son Histoire, sa… (éternuement)… sa Laïcité, son Siècle des Lumières, ses valeurs, ses croyances et son ex-guillotine (surtout !) soient obligatoires (voire prioritaires !), aux programmes scolaires dans TOUS les pays du monde. Ceux-ci pourront toujours faire passer leur propre Histoire (et autres babioles secondaires du genre Racines, Mémoire et extinctions), en option facultative. S’il y en a qui résistent, on les tue (acte de mission). Qui marche avec moi pour travailler sur le texte d’une première pétition ?

 

 

 

image014       Du calme

 

 

 

REGARDER UN MATCH DE FOOT TUE

 

Il ne s’agit pas de souhaiter. Mais de constater. L’homme n’est pas le maître du monde. Son regard, donc, pas davantage. L’homme est paradoxal. Et le plus beau dans tout ça, est, qu’autant il serait stoïquement acceptable qu’il disparaisse, puisque n’étant pas maître cosmique, pas plus que les éléphants ou les termites, et même encore moins qu’eux ; en fait (rires !), mais qu’imaginer que son regard, lui, s’éteigne, oui, ça, ça fait mal. Je suis un homme (humain). Et il apparaît que mon regard, parfois, touche à la beauté. Dans ces instants-là, je trouve magnifique de vivre, et magnifique d’être un H. Je suis paradoxal. Je ne souhaite rien d’autre que la beauté. Mais il faut se rendre à l’évidence. Quelque chose en l’homme est plus fort et qui pousse à sa destruction. Nous ne souhaitons rien. Nous regardons juste…

 

 

 

image016       Aaaaaa !

 

 

 

APOCALYPSE

 

La Fin du Monde a déjà un an… Elle babille et fait ses premiers pas, mais refuse encore d’aller jouer avec les autres et reste bien sage au bord du bac à sable. Assistant là à une scène de violence terrible (l’une de ses camarades avait volé la pelle de sa voisine et l’avait mise en larmes), elle a haussé les épaules avec dédain et m’a regardée en faisant « Pfff… » !

 

 

(Memo-note : Il faudra tout de même songer à changer de chaussures avant de mourir…)

 

 

 

image018       Limbes

 

 

 

De l’inabolition de l’esclavage

 

Tristesse rosée pamplemousse… Certains choix n’en sont pas. Un vieux pacte intrinsèque de fidélité signé avec son âme, tu sais, la toute petite chose qui fait chanter les violons…

 

Et toujours en mitaines. Je crois que même le soleil en a marre de nos conneries… Je le comprends un peu. Tout réveil est une forme de déchirement en soi. Quel dommage qu’on ne puisse dormir* ensemble lui et moi…

(*dormir ? Un fantasme…)

 

(memo-note : penser à se faire cloner à des fins de remplacement salarial…

 

 

 

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Le problème avec l’homme, c’est sa passion du sang.

 

 

 

image021       Prochain

 

 
Entrer en dictature comme on entre en ligne de comptes…

 

 

 

image023       Lapidation

 

 

 

Si j’étais le Temps, je m’arrêterais.

 

 

 

image025       Verre libre

 

 

 

Il NE FAUX

 

Il ne faut pas dire

il faut

ou il ne faut pas

il faut fermer ce verbe-là

qu’ignorent les première et

deuxième personnes

de la grille académique des formes de

conjugaison

tierce abstraite, il

ne faut plus dire il faut

ou il ne faut pas

Il, n’existe pas

il ne faut pas dire il ne faut pas

il ne faux pas

il ne faut pas résister

 

aux

 

étoiles

 

 
image027       Wall

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sandrine Rotil-Tiefenbach, romancière, poète, illustratrice, peintre et photographe, est l’auteur de Sarah K. 477, roman (éditions Que); J’air, roman (éditions Michalon) ; Dernière fin du monde avant le matin, poésie & aquarelles (éditions Mélis) et Grise (éditions Sulliver). Elle signe également nouvelles, chroniques, poèmes ou images au sein de différents anthologies et collectifs, reconnus ou underground.

 

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