Rolande Scharf

 

 

 

(France)

 

 

s’exprime sur

GRAPHIES, NUE NOIRE,

Editions Tetras Lyre

http://www.editiontetraslyre.be/catalogue/?139-graphies-nue-noire

 

 

livre de poésie appartenant au poète belge Eric Brogniet.

 

 

Illustrations : Marianne Grimont

 

 

Un projet marqué par des coïncidences troublantes.

 

 

 

 

description technique:
60 pages, 22cm x 22cm Composé en caractères Caslon pro 13 Papier de couverture : Basix Verger 220gr, Papier intérieur : 120gr Bichromie 15 € ISBN : 978-2-930685-06-9

 

 

L’ouvrage que j’ai entre les mains propose de courts poèmes illustrés avec des photos en noir et blanc.

Ces images, à première vue, sont déconcertantes car elles ne représentent rien. L’œil s’habitue aux dégradés de blanc, de gris jusqu’au noir mat et, se perdant dans les mouvements d’une matière innominée, il finit par construire ses propres significations graphiques. L’image est-elle une vue macroscopique ou la fixation d’éléments microscopiques vus au travers d’une lentille? Sommes-nous dans le cosmos, en train d’observer une météorite qui laisse une trace de sa fuite hallucinante ou bien pénétrons-nous dans la structure d’une éponge, d’une travée osseuse ou encore d’un infiniment petit en décomposition ? Il n’y a pas de légende sous ces images, et nous sommes invités, si nous y consentons, à leur donner un sens ou bien, si notre œil s’y refuse, à tourner la page et à aller confortablement nous reposer sur l’écriture bien familière à notre entendement.

Très vite, la musique des quatrains d’Eric Brogniet nous séduit : la limpidité du vocabulaire nous aide à pénétrer dans cette poésie dont le sens, encore lui, se fait jour à qui veut bien ouvrir les vannes de l’imaginaire.

C’est de philosophie qu’il est question dans ces strophes qui, de métaphores en allusions nous initient au monde de l’artiste fait d’interrogations au sujet des limites entre ce qui est, ce qui est vu et ce qui n’est plus :

« Le visage vu dans la pierre

Ombres et clartés cristallisant

Il n’est plus d’apparence

L’apparition seule »

L’absence de ponctuation en même temps que le rythme impulsé par la répétition des quatrains laissent à l’esprit la liberté de poser ses propres limites, s’il en trouve, ou à rester dans l’indistinct ainsi que le poète le suggère :

« L’éphémère fixé

La trace comme un passage

Où de l’indistinct

Brûle la langue »

Et de même que les limites du temps sont imprécises, celles de l’homme se diluent :

« Quand le lien s’abolit

Comment savoir

Qui est « je »?

A-t-il été ? »

La seule ponctuation qui surgit est le point d’interrogation, comme si tout le poème ne se soutenait que par la question.

La question de la mort, mort de l’autre, mort du lien avec ce qui n’est pas soi, à condition de savoir qui est « je », se poursuit par celle de l’identité du poète en tant que tel :

« La nuit étant blanche « et » noire, le poète

Vivra toujours dans ses étranglements

Que nul ne pourra jamais comprendre

Sauf s’il s’est « pendu »

Curieusement apparaît une virgule après « noire » comme si le poète cherchait à s’individualiser par rapport à cette nuit; et finalement, devant cette aporie, il lui faudrait se pendre pour espérer sortir de ce qui l’étrangle.

A ce sujet la lumière est comme un fil conducteur de la réflexion et éclaire le mystère de la naissance et de la mort tout en lui conservant son opacité mystérieuse :

« Fixant l’éphémère elle meut le figé

Met au monde ce qui fut sa parturiente

A travers – et par – cette osmose

Entre le su et l’ignoré »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rolande Scharf est médecin spécialisé en psychiatrie. Après des études secondaires à Metz et des cursus universitaires à Nancy et Strasbourg, elle travaille actuellement, à l’Hôpital de Jury, en Lorraine.

Comme beaucoup de ses confrères, elle est attirée par les arts et, de temps en temps, elle pratique la peinture, l’art dramatique, le piano, et l’écriture.

 

Intéressée par l’archéologie, la paléontologie et en général tout ce qui concerne la préhistoire, Rolande Scharf est tout à fait passionnée par l’étude et la préservation de la vie animale.

 

Écrire est la seule activité qui puisse se pratiquer avec un minimum de matériel, sans contrainte de lieu ou de temps, affirme Rolande Scharf. Il lui arrive souvent de prendre quelques notes entre deux consultations, lorsque ce qu’elle vient d’entendre puisse (re)devenir l’amorce d’une histoire ou l’esquisse d’un portrait sous forme de vignette. Sa plume et son pinceau s’invitent ainsi à un voyage- réflexion, hors des sentiers battus.

 

Elle aime imaginer des pièces de théâtre et des contes, ainsi que des poésies ou des nouvelles.
Les dernières années, Rolande a participé à divers festivals de poésie et a vu certains de ses textes littéraires publiés dans des revues franco-espagnoles, belges et françaises.

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