Rhea Cristina

 

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(Roumanie)

 

 

Deux

 

Voilà le sentiment immaculé, sans couleur.
Voilà ma Croix, perçant le corps jeune, inconnu.
Une partie veut mourir, l’autre veut vivre.
Comme des loups désireux de flammes.
Nous sommes deux êtres confondus,
presque immobiles.
Une respiration trop profonde et l’un peut toucher 
la blessure de l’autre.
A quelle croix dois-je me soumettre?
Deux morts en larmes
vont parler.
Deux agaillardis de leur propre cœur
vendent la Lumière de la nuit
à ma blessure inconnue.

 

 

… où l’amour et la mort n’existent pas

 

Où l’amour et la mort n’existent pas
c’est moi.
L’âme assujettie, 
attendant Dieu.
Aimant le sens délivré de souffrance de l’abîme.
Cherchant à ne pas être
d’un côté et de l’autre en même temps.
Les flammes parlent à la Croix cachée dans mon âme durant mon absence.
Elles m’invitent au festin, à mon propre festin.
Quand le Sentiment dans lequel je suis née cessera d’être,
une douleur
commencera,
une douleur
sans mots.

 

 

Je suis

 


Je suis 
le plus triste sentiment que je suis.
J’aime jusqu’au désespoir 
ma mort qui
me laisse vivre.

 

 

La naissance

 


la blessure nourrissante
de la cellule me parle
pendant les jours et les nuits
qui arrivent
après toi.
Près l’un de
l’autre,
les sens du sang s’élèvent
en frémissant sauvagement.
Nous apprenons la naissance.

 

 

Jamais

 

Tous les jours je peux te dire, mon amour,
Combien  il est troublant l’automne.
Pourquoi tu ne frémis jamais
au battement 
de l’Instant.

 

 

Partage

 

Une partie de mort, une partie d’amour.
Orphelin d’amour ton Sang t’apprend la prière de moi.
Tu ne m’as jamais dit
que tu n’aimais pas les racines
recouvertes de neige 
les soirs  lorsque tu regardais par-dessus
mon épaule
en te reprochant
que j’ai froid.

 

 

Au-delà

 

Au-delà de moi
je suis allée là où les aveugles
font frémir le Ciel.
Le cri de la mort poussait sauvagement
en s’abreuvant troublant des fontaines. 
J’ai imploré la terre de le
protéger contre la Croix qui
s’élevait en moi pour son désespoir.
Les aveugles pleurent, inconnus. Le Ciel soupire plus doucement. Le soir
Je me recouvre de moi-même. Au-dessus de moi,  la mort comme
un candélabre veille.

Mes humains laisseront les fenêtres grandement ouvertes, 
de la Lumière vers
la peur de nous-mêmes. L’œil tourné m’apprend à. Je vois
le Ciel 
en s’allumant cruellement.
Naissance de ma naissance. Dieu de Dieu vrai.
Je combats et je m’y soumets.

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Rhea Cristina est une jeune universitaire, poète et journaliste de Bucarest (Roumanie), auteure de plusieurs livres.

 

***

 

Rhea Cristina – Unde dragostea si moartea nu exista/ Where Love and Death Do Not Exist/…où l’amour et la mort n’existent pas,poezie (poetry book), MUZEUL LITERATURII ROMANEPublishing House, Bucharest, 2006

 

*** 

Traduction par Mihaela Şinca, CIRNEA Paris

1e de couverture: Nicu Darastean  

 

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Copyright 2006 Rhea Cristina

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