Rahmani Abdelghani

 

RAHMANI  ABDELGHANI

 

(Algérie)

 

 

 

DIALOGUE   AVEC   LA   ROSE

 

Je  te  parle, daigne et réplique,

Je crois que tu es timide.

Eh oui ! Suis une parure authentique

Etre timide, ma raison  d’être  limpide.

 

Elle hésite un moment.

Puis comme si quelqu’un l’a éveillée.

Elle se ressaisit, lentement

Me répond, voix douce, émaillée

 

Je ne m’adresse pas à  l’homme,

Mais à son cœur, à sa sensibilité,

Pour que son âme s’embaume

Et l’amour retrouve son accessibilité.

 

D’un pas nonchalant, elle se lève,

Se rapproche de moi, fit une confidence :

Ma vie n’est pas un rêve,

Eternel épanouissement, félicité par excellence.

 

 

 

LE  CRABE

 

Invasif, le crabe tatillon,

Du bruit, il n’en est rien.

A la hâte, et d’aucun soupçon,

Il se terre tel un acarien.

 

Dans l’infinitude du temps,

Nul ne sait sa trace

Ou sa chute d’émerveillement,

Encore, amertume à sa place.

 

La douleur au bout de l’âme,

Paupières dans l’obscurité,

Oreilles sans enthousiasme,

Le cœur, la peur l’a sollicité.

 

Tel un naufragé en pleine mer

Criant sa désespérance ;

Le temps devient plus amer,

Ne voyant que déchéance.

 

Cela fait belle lurette.

Aujourd’hui je l’ai vécu hier

Demain accompagne la disette,

Sans renoncer, sa façon de vicier

 

Chaque instant s’échappe

Emportant mon sourire.

Mon triste rêve happe

Toute image de survivre.

 

La nuit semble interminable,

Et ma douleur qui l’enlace

Jusqu’à l’aube exécrable,

Défaite de plus belle s’annonce.

 

Des voix mêlées au miroir  hagard

Abasourdies ne font que prier

Car la douleur par son regard,

Les guette pour les approprier.

 

J’entends des mots écartelés

Discrets, animés de compassion,

Suivis de pas sur le sol martelés

Comme pour dominer la passion

Traces longent le triste couloir

La senteur scrute une fin qui couve

Accentuant le reflet du mouroir

Où le trépas patient s’y trouve

 

Cette âme qui a tant souffert

En usant de ce corps agonisant

Toutes les avancées de concert

Destin, caresses, pensées, baignent gisant.

 

Elle ne demande que tirer révérence

En criant à l’injustice de s’enterrer

Elle a vécu toujours en absence.

L’ennemi aurait juré de faire pleurer.

 

En embarquant sa proie désirée,

Sans qu’elle se débatte, ni rechigne

Pour rejoindre une lointaine contrée

L‘âme eut enfin le repos qu’elle assigne.

 

 

 

A  MA  FILLE

 

De joie ma demeure auguste fût comblée

A l’aube de ta mise au monde

Une fine lueur présage d’emblée.

Le bel oiseau qu’on le mette à la mode

 

De ton nid doux, bercé par  tant  d’amour

Tel un rossignol emplumé, enchanteur

S’élève ta voix pour un serein contour

De ton corps frêle, frémissant et rêveur.

 

Un parfum discret retrace ton passage.

Le gazon où tu t’assoies, en souvenir,

Grave l’ombre de ta silhouette vierge,

Comme pour t’implorer d’y revenir.

 

Prends l’éternel, haut étendard  ancestral

Plane au-dessus de l’horizon, vers l’infini

Sache la Science, l’héroïsme n’ont point d’égal

Princesse bénie, l’envieux est banni.

 

 

 

ERRANCE

 

La sueur, le silence en a bue

En regardant sa silhouette imbue

Qui emprunte la route sineuse

Orientée par l’étoile, la marche sournoise

 

A flétri mon jeune bel âge

Seule, la lune me sert d’éclairage

L’âme se vautre d’un vent l’autre

Des saisons sont une, malgré quatre

 

Enjolivant la nature, notre belle maison

L’errance a connu la célébrité

Pour les uns, elle est une raison

Car de toute vie, nait une finalité

 

 

 

NOSTALGIE

 

Fini l’exil, halte à l’errance

Cette fois, le retour est plein d’espérance

Car le bercail attend avec impatience

Et mon coeur ne sera que réjouissance

 

Ma vie ne sera plus brimades, ni mépris

Je ne serai plus perplexe, ni triste

La séparation , le déchirement m’ont appris

Qu’en ces temps, seule la vérité résiste.

 

Heureux de retrouver mon sol clément

Qui en hiver m’offre le doux printemps

L’émigration n’est que peines et désagrèment

Nos prédécesseurs l’ont vécue, hélas vainement.

 

 

 

L’ EXIL

 

Invasif, l’exil tatillon

Du bruit, il n’en est rien

A la hâte et d’aucun soupcon

Il se terre tel un acarien

 

Dans l’infinitude du temps

Nul ne sait sa trace

Ou sa chute d’émerveillement

Encore, amertume à sa place.

 

La douleur au bout de l’âme

Paupières dans l’obscurité

Oreilles sans enthousiasme

Le coeur, la peur l’a sollcité

 

Tel un naufragé en pleine mer

Criant sa désespérance

Le temps devient plus amer

Ne voyant que déchéance

 

Cela fait belle lurette

Aujourd hui je l’ai vécu hier

Demain accompagne la disette

Sans renoncer sa façon de vicier

 

Chaque instant s’échappe

Emportant mon sourire

Mon triste rêve happe

Toute image de survivre

 

La nuit semble interminable

Et ma douleur qui l’enlace

Jusqu’à l’aube exécrable

Défaite de plus en plus s’annonce.

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Natif de Bejaïa, ville côtière d’Algérie, marié, père de 5  enfants, l’auteur est titulaire d’un diplôme d’études supérieures  en gestion.

 

Il a  exercé en qualité de cadre dans une Entreprise Nationale où il a contribué à la rédaction de la revue interne par des articles concernant la santé du travailleur.

 

Il a également publié de nombreux articles dans la presse nationale.

 

Depuis qu’il est à la retraite, il se  consacre à la poésie.

 

RAHMANI a, à son actif,  un recueil  de poèmes  paru  chez  les Editions SOKRYS  – La Baule/Loire Atlantique.

Le livre a été bien reçu par la presse française, il a fait l’objet de quelques articles élogieux signés par BERNARD  DELATTRE, écrivain et  journaliste (« Nouvelles  de Rambouillet ») et  d’HENRI CACHAU, poète, écrivain essayiste, artiste.

 

Extraits de presse :

 

Nous  citons :

 

« Un cri pour la  renaissance  de la  francophonie »

 

« Dans son très beau  recueil de poèmes, Abdelghani RAHMANI nous rappelle  que les êtres humains sont partout semblables, pétris de chair, de sang et de  sentiments, n’importe où que l’on se  trouve  au bord de la Méditerranée ou dans un coin du  vaste Monde – Il chante ainsi avec bonheur  les  joies universelles de l’amour, de la famille et de fraternité que ressentent tous les humains. Les souffrances  aussi du deuil ou de la séparation que nous  connaissons tous  et  toutes  sur  cette  belle planète. Tout comme Jean de la Fontaine ou La Bruyère, il utilise les  animaux pour démontrer, à travers des contes philosophiques, les  grandeurs et les faiblesses des caractères humains. Seules l’intelligence et la compassion nous permettent de nous élever au-dessus de l’animalité et de la barbarie.

 

Merci à Abdelghani RAHMANI pour ce message d’espoir venu de l’autre côté de cher bassin méditerranéen que nous aimons tous tant et qui est la source de toutes nos civilisations… »

 

BERNARD  DELATTRE

 

 

« La poésie s’est dépouillée de ses rimes et jambages, des règles et lois de la versification. Est-elle devenue informe pour autant? Non à condition qu’elle ne devienne pas illisible, qu’elle ne verse pas dans un tricotage facile et abscons. Aujourd’hui elle s’insère dans la prose, le graffiti, la chanson, lance  ses  racines dans les entrailles  de l’humain, chaque poète lui prêtant ses intuitions, sa magie, ses rythmes, sa quête d’absolu… Abdelghani  RAHMANI doté d’une capacité rare de tous-terrains! Tant sa palette se veut large, s’essaye d’en produire une personnelle  car  il a beaucoup à nous dire, à nous faire partager : ses joies, ses peines, relevant d’un vécu dont il nous  transmet ses  expériences, amères ou non, propres d’une philosophie découlant d’un quotidien  qu’il éclaire… »

 

HENRI  CACHAU

 

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