Pierre Scanzano

 

 

(Italie – France)

 

 

XXII    Rivés aux Rives des Rêves 


(extrait du recueil S.A.V.  2012/2013)

 

Nietzsche l’écrivait dans  »Humain trop humain »

« la mort continue à vivre; car il apparaît aux

vivants dans le rêve »

 

 

Quoi que  rêver n’épuise pas le rêve nous sommes

dans l’obligation de penser à quoi rêver car le rêve

est la boue vaginale que le sommeil malaxe et le

sommeil le béton sexuel que le rêve durci à la base

de l’existence Mais sans doute quelque chose se

trame et nous tire au cordeau en quoi exister réels

comme résine à l’étanchéité affective dans ce blanc

qui fait que ce blanc en neige est aux rêves ce que

le rêve est à la neige à rêver et il va de soi que nous

sommes subjugués emportés par l’avalanche des

sentiments et la prouesse atavique de faire durer

chaque rêve proportionnellement à la durée d’un

sommeil réparateur en ce qui nous troue nous cabosses

nos carcasses malmenées par le tangage épuré d’un

plaisir rémunéré qu’il nous déchiquette la chair l’os

 

Il y a un centre une cible et l’âme porteuse d’un fleuve

un rêve ça court les rues les quais des songes qu’on use

aboutissant au loin au large avec ces arômes démentielles

d’aventure prédestinée à l’outre mer dans ces couleurs

lapis-lazuli énervants d’un ciel dont la beauté biblique

n’ajoute rien aux merveilleux crustacées de la raison nous

sommes abrutis par la violence des rêves ils nous ouvrent

la bouche nos dents nous déglacent et digèrent tout tombe

à l’eau du désespoir là au fond de l’abîme circonstancié du

monde qui nous entoure Commis nous en sommes là sur

le paquebot des désirs adaptés au transat de l’envie là

à glisser vers l’aube sur le filet océanique de l’histoire

c’est ça le rêve ! S’engouffrer se venger du temps le

récupérer en ce qui reste de griffes psychiques de là

l’énigme saute aux yeux Juste ciel !voyez c’est un

tournebroche métaphysique à rêver sur les braises à

nous cuire et rôtir dormants bienveillants de comme

un accord tacite Enfin rêve ou roue de secours quoi que

l’on puisse rêver d’universel Amas de rêves comme amas

de constellations de nos nuits de cavale étoiles au feu

au feu de l’idée d’une nuit calcaire arche bâtisse sacrée

du corps et acmé du temps immuable à l’arrachement

jusqu’à la souche du coeur a l’incandescence et la maîtrise

de la violence d’un besoin de rêver quel qu’il soit le rêve

qu’il nous habite et ronge et intercale la nuit et le jour

ad libitum…insensé

 

 

 

 

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Brève Notice Bio :

 

Pierre Scanzano, né en Italie en 1952, études primaires et artistiques en Italie. Écriture de poèmes dès l’âge de 10 ans, puis, un silence de 45 ans. DEUG d’Italien à l’Université de Paris III. Plusieurs métiers effectués. Et, en même temps, dans une autre vie, artiste Peintre, exposant dans quelques galeries parisiennes, entre autre, dans les banques, mairies, hôtels. Enfin, exposant aux Salons d’Automne et des Indépendants au Grand Palais à Paris.

Depuis 2008, intense activité sous le feu de l’écriture. A son actif, plusieurs recueils de poèmes, en vers et en prose, jamais publiés. Exception faite de quelques poèmes dans les revues comme: Décharge, Poésie sur Seine, Écrit-vain.

scanzano.jimdo.com

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