Paula Romanescu

 

 

(Roumanie)

 

 

 

Je sais

 

«Nu credeam sǎ-nvǎţ a muri vreodatǎ ».

(Mihai Eminescu)

 

Croire qu’un bon mauvais jour

J’apprendrai à mourir, toujours

Est-il que l’on aime faire le sourd

Et prendre la chaude larme pour un reflet d’azur.

Encore fait-on semblant de ne pas comprendre

L’éternel vol vers la cage liberté

Avec, au lieu des ailes, la pensée,

Y regarder les étoiles de plus près

(Mais à quoi bon,

Puisque la nôtre

Elle nous connaît,

On la connaît

Et, du grand large de l’univers

 

Elle en trouvera d’elle-même la voie

Vers nous sur terre…)

 

Oui, Il a dit «Je n’ai pas cru… »

Mais nous, on le prenait

Pour une fausse vérité

Que les poètes aiment répéter

Tout le temps en nous laissant

La liberté de faire autant…

 

Moi, je le dis sans trop le croire.

Serait-elle loin la douane ?

Tu la franchis facilement.

Moi, feuille tremblante, pour m’envoler

J’attends la neige pour qu’elle m’apprenne

Comment tomber

Même si maintenant je le sais bien…

 

 

 

Nos jeunes gens à New York étudient

 

La chasse à l’argent, à courre (pas à la bombe !)

Puis ils rêvent d’une assiette de ciorba*

À la livèche de leur très cher pays…

Si on leur parle boulot, ils rient: – Ça tombe

Bien de temps en temps, mais c’est de mal en pis…

Et, sans trop s’expliquer, humblement ils sourient

– Que voulez-vous, la chance ne courtise pas tout le monde…

Maintenant leur train de vie est loin du nôtre,

Les nuages de chez eux – du sky ; la voûte ronde

De notre Voronetz, ils la donneraient aux autres…

Le foyer du pays de cocagne est immonde,

Tout leur espoir – apprendre le langage des loups

Car la langue des ancêtres ils ne la connaissent plus.

 

 

* Ciorba = potage de légumes

 

 

 

Le quinze juin 1889

 

Ô, le jour noir où le poète passa

La frontière de chez nous vers nulle part

En nous laissant le tilleul fleurissant

Et l’astre de la nuit allumé sur la voie

Des étoiles filantes qui coulent éternellement

Au rythme des moutons sur les prés des cieux…

Et la Fleur Bleue semblable au souvenir heureux…

Et le buccin qui sonne à l’heure du soir tombant…

Ô, passèrent les années en emportant toujours

Avec elles nos histoires qu’on ne revivera plus…

Notre présent avive des étincelles d’amour

Des souvenirs du passé – doux Paradis perdu…

Il nous reste l’étoile qui se lève et encore

La chance d’ignorer la dernière maudite heure…

 

 

 

Le Premier Décembre à Alba

 

Les Roumains de partout se rassemblent

Car l’histoire les a trop dissipés

Aux quatre vents pour mieux réapprendre

À faire d’eux-mêmes l’histoire qui ressemble

À leur patrie promise toujours rêvée :

Même verbe,

Même chant,

Mêmes pleurs,

Mêmes rires

Même feu sacré :

Aimer !

Aimer la langue de leurs ancêtres,

Le son du cor dans la  forêt

Quand entre «être et ne pas être»

S’étend le no man’s land des lettres

De la perdue fraternité

Où tous les grands malentendus –

Fruits de la raison des fous,

Inventent de nouvelles frontières

Entre les frères.

 

De partout les Roumains se rassemblent

Sous le ciel de chez nous car les chemins

Mènent vers ces tant promis lendemains

Qui doivent chanter pour nous aussi

Dans cette vie trop éphémère

Au goût étrange de miel amer.

 

 

 

Histoire d’amour moderne

 

– Ô, le beau type que j’ai connu

Il y a …

– … Deux jours, ma chère…

– Mais non, c’était avant-hier…:

Avec ses yeux de feu…

– … Éteint !

– Il avait l’air …

– De faire le veau

Et toi, ma biche, tu l’ trouvais beau…

– … D’un prince du pays de chagrin…

– T’avait-il fait peur, le crétin ?

–  J’avais soif d’un amour sacré…

– Ouais, laisse tomber ! Fini le vin.

Vas vite en prendre à la russe

Apporte aussi un peu d’herbe douce

Et une grande louche de caviar.

Car…

– C’est de ta faute ne l’oublie pas…

– Quand tu entras dans ma villa

Ton vif regard bâtit le phare

De la Mer Noire…

– Mais tout l’amour que j’ai pour toi,

Mon p’tit chéri…

– Ouais, j’ai compris,

Cette fourrure-là, ouais, tu l’auras …

– T’es le meilleur, t’es le plus grand…

– Non, l’anneau d’or pas maintenant !

 

 

 

Si je n’étais que…        

 

Si je n’étais que triste figure

et ombre grise

qui brise

toute gaîté,

si à jamais mon rire cessait

son éclat

à l’appel de ta voix

de silence et d’absence,

Comment pourrais-tu, mon amour,

me reconnaître dans mille ans,

quand je serai éparpillée

dans l’herbe des prés

et dans le chant

des oiseaux bleus

de tous les cieux –

ombre sonore

du bonheur qui

eut pour abri

ton cœur ?

Toi, tu devins ma nuit sereine.

Faut-il encore

que je devienne

Étoile du Nord ?

 

 

 

Étoile filante

 

À la mémoire de S.

 

Jour de novembre.

Le vent joue

Des branches un requiem

Et ton regard s’attarde

À l’orée d’un chagrin.

 

Tombe la neige.

Le vent écoute

Le blanc silence qui crie.

Sous le ciel neutre

La déroute

D’une âme qui s’enfuit.

 

Nuit de novembre.

Déchirante.

La faux du temps est là.

Sous la voûte une étoile filante

Illumine ta voie.

 

Le 29 nov. 2000

 

 

 

Mon frère semblable

 

Mon frère, je te connais déjà,

ta voix, je la connais aussi,

ton âme ressemble à la mienne –

un puits d’amour, un seau de peine ,

fini qui rêve d’infini

comme si la mort n’existait pas.

 

Je ne sais plus vraiment : ta peau

Serait-elle blanche, noire ou jaune ?

Je n’en retiens que la chaleur

Et la lumière de tes yeux

Tellement troublante pour mon cœur

Et ton sourire d’enfant heureux.

 

Je sais que sur terre, quelque part

Il y a la guerre. Mon frère semblable

Donne-moi de tes nouvelles, le vent

Pourrait bien me les apporter

Mais surtout ne fais pas semblant

De n’en rien savoir… Là-bas

J’entends comme un écho minable –

L’éclat de cendres de ta voix…

 

 

 

Jour de neige

 

À Anina Vasile

 

Il neige sur terre.

Le blanc, combien étrange !

Pourtant parmi les gens

Je ne vois plus des anges.

 

Je souris simplement et, soudain

Mon âme s’enivre de saveur du pain.

 

Je chante et sur une branche un moineau

Se met à gazouiller : Le monde est beau.

 

Me voilà responsable de son chant

Sinon comment

Le monde savait-il combien beau

Le vit un petit oiseau couleur de sable

Qui me ressemble

Du moins par le chagrin

Qui me hante de ses eaux

Aux larges vagues murmurantes…

 

Tiens ! Le ciel me neige

De blanches étoiles filantes !

 

 

 

Je crie ton nom

 

Puisque le monde est, me dit-on,

Aveugle, sourd, et sans souci,

Je crie ton nom.

 

Puisque l’écho d’une chanson

D’automne déchire mon âme ravie,

Je crie ton nom.

 

Puisque je n’ai plus l’illusion

D’atteindre un jour le Paradis

(D’ailleurs ce n’est plus de bon ton

De l’espérer dans cette vie…),

Je crie ton nom.

 

Et puisque avec ou sans raison

Je tais ton nom, mon bel amour,

Tout le chagrin

Crie le mien.

 

 

 

Combien de millénaires ?

 

Combien de millénaires

La terre

Dont l’homme fut créé

Avait-elle mis pour faire

De tes yeux la lumière,

Du sourire –  la tendresse,

De ta peau – la chaleur

Puis la forme de ton cœur –

Fontaine d’infini

Où je creuse pour mon âme un abri ?

 

Combien de millénaires

Me faudrait-il pour que

Je devienne lumière

Sous le ciel dont tes yeux

Empruntèrent leur clarté

Pour me la rendre toute

À l’heure de la déroute

Quand le moulin du temps

Nous caresse sans tendresse

En prenant nos sourires

Pour des rides de vieillesse

Et nos larmes pour des sources

Qui coulent vers la Grande Ourse ?…

 

Combien de millénaires

Me faudrait-il pour que

Je redevienne lumière

Dans tes yeux

Et que toute triomphante

Je réinvente

Sourire – sérénité,

Tendresse – chaleur,

Pour les  faire chanter

Dans le vide de ton cœur ?

 

 

 

Écho verlainien

 

…Et je m’en vais

au vent mauvais

comme tu le fis aussi, Verlaine,

pourtant

la nouvelle feuille en peine

qui est mon âme

crie son bonheur

dans tous les vents

quand sonne l’heure

et librement

elle s’envole

au large sans pleurs

de tous les temps.

 

Mais quel est ce

déluge de pluies

qui me poursuit

pareil à la

couleur sans voix

de la nuit ?

 

 

 

Trop tôt, trop tard

 

Nous, on s’est rencontré trop tard,

me disais-tu ;

J’en ai souri :

trop tôt – la mare de l’ennui,

trop tôt – la saison du brouillard,

trop tôt – le gris de tous les jours,

trop tôt – le temps du sans amour,

trop tôt – la perte de l’espoir.

 

Pourtant, sur ce court fil de vie,

nous pourrions faire à contretemps

le plus resplendissant trop tard.

 

 

 

PENSÉES                                                

 Quatrains

 

Avant que je vienne sur terre, le monde

Ne se rendait pas compte de mon absence…

La terre deviendra-t-elle un peu moins ronde

Lorsque je quitterai cette existence ?

 

*

 

J’ai visité un temple en ruine:

Lui – ombre du passé, moi –  clair des jours

Insouciante sous le ciel, faisant mine

D’ignorer que sous l’herbe la source coule…

 

*

 

Sème et cueille de l’amour autour de toi,

Habille-toi d’un sourire, réjouis-toi d’exister,

Ce qu’il faut advenir un jour adviendra,

N’abrite pas dans ton âme la meute des regrets.

 

*

 

À la mort de la feuille l’automne ne pleure pas.

Les branches se déchirent dans le vent et puis

Le feuillage s’envole vers une rive sans éclat

Où tout n’est qu’ombre déguisée en nuit.

 

*

 

Quand la lune argentée caresse l’onde claire

Et de fragrance s’en enivre l’été,

L’éternité sourit à l’éphémère

Et les dieux ont mare d’éternité.

 

*

 

Lorsque mon âme va quitter à jamais

Ce corps qui lui servit longtemps d’abri,

Une pierre qui de carats n’en connaît rien,

Pourrait-elle dire l’histoire de ma vie ?

 

*

 

Pour le hibou, le soleil c’est  la nuit,

Royaume c’est le ciel pour le vautour

Mais pour le sage la lumière du jour

Et la nuit noire c’est du même acabit.

 

*

 

Lorsque la vérité est toute nue,

Elle ne présente la moindre importance.

Voir chez l’autruche la tactique saugrenue

D’enfuir dans le sable sa tête pleine d’ignorance.

 

*

 

Le grand bonheur – la petite mauvaise affaire –

N’est pas à la portée de l’être humain,

Il nous arrive (peut-être) sous les couleurs d’hier

Sans pourtant nous faire voir… les chants de lendemain.

 

*

 

La raison des humains cherche depuis toujours

Le sens du grand néant et celui de l’être

Comme d’un coup de rasoir on dessine le contour

De ces deux inconnus qui un jour peut-être…

 

*

 

Quand la nuit pointe son nez et que les ombres

Se changent en lumières couleur de sang,

La ligne entre être et ne pas être

C’est un bord où l’on tait la même langue.

 

*

 

Sous un tapis de feuilles mortes, un brin

De petit roseau trouva son port d’attaches…

Tombent dans mon cœur des chaudes neiges blanches,

Avec d’étranges parfums d’amour serein…

 

*

 

Comment peut-il le corps de l’homme tenir

L’architecture de l’âme et son mystère ?

Qui jette sur le brasier du monde l’arbre lyre

Avec des fruits de chair au goût de miel ?

 

*

 

Être ou bien avoir – le grand dilemme

De l’homme qui voudrait laisser sur terre

Trace de lumière dans ce monde de misère,

Gravée sur des richesses qu’on ignore bien…

 

*

 

Victoires, défaites, il y en a tant sur terre !

Qu’elles seraient les miennes ? Qui me les a choisies ?

Celle que je fus ne me ressemble guère.

Serais-je une eau à la quête d’un puits ?

 

*

 

De tout ce qui m’appartient sur terre

Je me demande que va-t-il me rester.

Peut-être ce qui reste de la bruyère

Mise sur le feu avant de bourgeonner…

 

*

 

Il te faut beaucoup plus pour passer

En vrai sage, que rides et cheveux blancs :

Les actes de tous les jours t’inscrivent dans le temps

Tantôt bon grain des champs, tantôt mauvaise ivraie.

 

*

 

Se tromper c’est le propre de l’homme.

Persister en erreur c’est de la pure folie ;

On ne casse pas la branche pour en cueillir la pomme

Et ensuite se plaindre de cette chienne de vie.

 

*

 

Souvent par l’insouciance on nuit au bien.

Le regret – inutile esprit de l’escalier :

On ne peut pas couper par l’ombre l’onde claire

Comme on ne caresse pas le cœur avec l’épée ?

 

*

 

Il n’y a que les bêtes, les simples et les petits

Qui donnent leur amour sans le moindre intérêt ;

L’instinct le leur apprend de sa loi inouïe

Et ils lui obéissent avec fidélité.

 

*

 

N’insultez pas une femme qui tombe, disait Hugo,

Et il savait bien ce que cela veut dire.

Sait-on jamais pourquoi se jette-t-elle dans les eaux

Troubles du manque d’amour dans une nuit de délire ?

 

*

 

Atteindre l’infini ce n’est pas la mer à boire.

On n’en a pas besoin de hautes études ;

Il vaut mieux franchir le mur de solitude

Et apprendre à marcher sur l’eau du désespoir.

 

*

 

Entre ciel et terre – rien. Sinon peut-être

Le chant de rossignol en ce printemps nouveau…

Le Sylphe –  cette ombre claire qui rode à ma fenêtre –

Voudrait-il m’emmener dans le royaume des cieux ?!

 

*

 

Si mal placé le néant pour les hommes !

Ils en viennent, ils y rentrent ensuite…

On dirait qu’ ça fait deux, mais en somme

La vie n’est que le court refrain d’un trop long  rite…

 

*

 

Pour arriver jusqu’au bout de le terre,

Il y a mille voies mais la seule qui

Mène tout droit au plein cœur du mystère

Est celle qui nous conduit chez Lui.

 

*

 

Juste au plein cœur du Verbe, la Vérité

Dès l’aube du monde s’y réfugia,

Il y eut ensuite une pomme et son sacrée

Histoire, un Paradis que l’on nous refusa…

 

*

 

La femme, la vérité, auraient bien tort

De se montrer toutes nues devant nos yeux.

Un habit d’ombre leur va beaucoup mieux ;

La flamme attire toujours les papillons…

 

*

 

Les perles à son cou blanchissent la nuit

Mais moi, je ne veux guère de leur éclat.

Si je pouvais, de la chair de coquille

J’en enlèverais le sable d’autrefois…

 

*

 

Victoires, défaites tour à tour répétées,

Humiliations, fierté, où en êtes-vous ?

Entre hier encore et plus jamais,

Combien lourd le pas qui n’avance plus !

 

*

 

Le chemin de ma vie, Dieu, Vous le savez bien

Mais moi, sous Vos larges cieux, comment choisir

Ma route la meilleure pour tous les lendemains

Qui chantent et qui taisent bien mon avenir ?

 

*

 

Si j’avais toute la terre à mes pieds,

À quoi bon cette victoire où la vaincue

N’était que moi – Ubu Reine absolue

Que souverainement tout le monde haïrait ?

 

*

 

Le cœur rempli de haine, comment chanter la vie ?

Peut-on rire aux éclats les dents serrées, les yeux

Rivés farouchement à l’infini des cieux,

Prisonnier d’enfer rêvant de Paradis ?

 

*

 

« La vengeance la plus cruelle c’est d’aimer son ennemi ».

Je le sais, on l’a trop dit,

Mais j’aimerais pour toute conquête

Que mon ennemi s’apprête

À se venger de moi lui aussi…

 

*

 

Tout est inscrit dans le Livre, c’est vrai !

Tout est réglé dès le commencement

Mais puisqu’en ce temps-là je n’y étais pas,

Pourrais-je vous dire maintenant mon petit chant ?

 

*

 

Tu te crois grand ? Prends garde, la terre est ronde

Et la roue du destin tourne sans cesse…

Tu te crois petit ? Toute grandeur du monde

Ne vaut rien sous un sourire qui blesse.

 

*

 

Pitié, Seigneur ! J’ai tant souffert sur terre

Mais la haine je l’ai bien ignorée

En cherchant à savoir, du verbe aimer

Comment pourrais-je en faire un solitaire…

 

*

 

Toute chose sur terre a bien son temps :

Trop tard, trop tôt – variations

Sur le même thème : regrets, pleurs, vent…

Peut-on refaire des cendres le chant du rossignol ?

 

*

 

Le monde ne t’aime pas ? Et tu t’en plains ?

Regarde-moi, ne fais pas le blessé,

Ton cœur n’est pas une coupe de mauvais vin !

Le monde, comme je l’aimerais si tu m’aimais !

 

*

 

Le mal, le bien – mes ennemis les meilleurs :

Servir l’un c’est ravir de  mon cœur

Le charme de l’autre mais les vivre à la fois

C’est refaire de plein gré le chemin de la Croix.

 

*

 

Les enfants – couronne de fleurs sacrées

Sur le front plein de rides des parents

Et ceux-ci à leur tour ils devraient

Garder dans leur cœur des diamants…

 

*

 

Un bon conseil, accepte-le d’où qu’il vienne

Même si parfois peut-être te semble-t-il amer.

Le suivre ensuite, c’est une toute autre affaire :

À qui perd gagne… La vie est la tienne.

 

*

 

L’automne a pris un coup d’hiver.

Si la vie n’était pas amère,

Je chanterais le bon vin car

C’est bon de le faire à la Khayyâm.

 

 

 

À toi…

 

Aux réveils de soleil de notre été,

Aux cris de la mouette sous les cieux,

Aux vagues de la mer à la crinière bleue,

À l’insouciance que l’on appelle vacances

Et puis à toi, mon joli port d’attaches

Où mon âme jette son ancre grise sans plus

Rêver d’autre départ vers l’inconnu

Qui hante souvent le cœur des malheureux

Qui partent pour partir vers les cieux

En espérant y trouver du nouveau !

 

À toi mon île ouverte à tous les vents

Du monde des vagues aux éclats ondoyants !

À  tous ceux qui refusent d’oublier

Qu’après la fin il y a un autre après !

 

 

 

Toi, tu me blesses…

 

Toi, tu me blesses de ton sourire tremblant,

Je te le rends par la fleur du regard.

 

Tu me caresses de la flamme de tes yeux,

Je te le rends de mes mains, sans dire mot.

 

Tu me souris. Comment peux-tu le faire ?

Je brise une larme brûlante sous la paupière…

 

L’amour nous fut soleil, Étoile du Nord…

Ô, mais la mort…

 

 

 
Et si l’amour avait raison ?…

 

L’amour, l’amour, l’amour ! Toujours l’amour !

Chacun le cherche dès le premier soupir.

Mais l’amour vient quand on ne l’attend plus

Et puis s’en va sans jamais avertir.

 

A-t-il raison de jouer à cache-cache

Avec notre âme ? De nous ouvrir les cieux

Lorsque la terre est trop petite pour nos yeux

Et, qu’il nous prend pour dernier port d’attaches ?

 

Ou bien encore

Aurait-il tort

De nous apprendre que la mort

Serait la toute dernière saison ?

 

…Et si l’amour avait raison ?
 

 

 

 

 

 

 
 

____________________________________________

 

BIO

 

Paula Romanescu

 

Née le 20 octobre 1942, Ţuţuleşti, Argeş, Roumanie

Membre de l’Union des Écrivains de Roumanie

Le Mérite Culturel en grade de Chevalier – Roumanie

Membre de l’Académie Centrale Européenne des Sciences, des Lettres et des Arts – Paris – Sorbonne – France

 

Etudes :

Université de Bucarest, Faculté des Langues Romaines et Classiques, 1967

 

  • Livres parus :
  • Editions TipoMOLDOVA, Iaşi,
  • « Et si l’amour avait raison? »… (Poèmes), 2016 

– «  Întâmplarea ca o viaţă de om »  (Essais contemporains), 2014

  • – « Poeme » (col. Opera omnia), 2013;
  • Editions BETTA,  Bucarest:

– « Zăvor de iarbă /  Verrou d’herbe » (I-II) 2012

  • Editions Dorotea,  Bucarest :
  • « Ecoul Umbrelor / L’écho des ombres », 2011
  • Editions SEMNE, Bucarest :

– « Dar noi, iubire, noi ? / Mais nous, mon âme, nous ? » 2007

  • Editions SIGNATA, Timişoara :

– « Însorit regat / Empire ensoleillé », (bilingue roumain-français), 2004

  • Editions ALCOR, Bucarest :

– « Pensées / Cugetări » (quatrains, bilingue roumain-français), 2001

– « Haïga » (bilingue roumain-français), 1998

– « Dialogue » (bilingue roumain-français),  1998 ; 2006

– « Chant à la francophonie » (10 chansons sur des poèmes de Blaga, Eminescu, P. Romanescu, CD (voix – Liana Lungu ; Musique L. Profeta), 1998

– « Sens / Sens »( poèmes) (bilingue roumain-français) 1997

  • Editions HELICON, Timişoara :

– « Hypocrite poète, mon semblable, mon frère » (poèmes), 1995

– « N’insistez plus ! » (Poèmes), 1997

  • Editions  SEMCO, Dijon, France :

– « Avril de ma jeunesse en fleur » (Poèmes), 1993

 

Traductions du / en français :

  • Editions Vinea, Zona Publisher :Vasile Burlui, « Concerto brandebourgeois», 2016
  • Editions TIPOMOLDOVA, Iaşi:
  • – « Trecea un cântec peste veacuri» (Antol. de poezie franceză), 2016

– Ion Minulescu, « Romances de douces amours amères» (sélection de poèmes) ; 2015

– Tudor Arghezi, « Pourquoi serais-je triste ? » (Sélection de poèmes), 2015

– J. Brel, « Sosesc ! », 2015

– Valeriu Câmpeanu, « Voyageur sur le chemin des retrouvailles », 2015

– « Poètes, vos papiers ! » (Anthologie de poésie roumaine des 25 dernières années (1989-2014) : 2014

– Anthol. de poésie roumaine « Poètes, vos papiers ! ». 2014

– Mihai Eminescu, Passe le temps, vienne le temps ! (125 poèmes), 2014

– Paul Verlaine, « Cântec de toamnă » (Poeme) , 2013

  • Editions Ortoepia

– Ovidiu Vasilescu, Poèmes, Deva, 2014

  • Editions RAVEX, Râmnicu Vâlcea :

– Emil Lungeanu  « Singur în noapte / Seul dans la nuit », 2013

* Editions TAIDA, Iaşi,

– Paul-Mircea Iordache, « Ochiul Bufniţei / Les yeux du hibou » ;

– « Jocul umbrelor / Le jeu des ombres », 2013

  • Editions BETTA, Bucarest:

– « Unde sunt cei care nu mai sunt ?/ Où sont-ils ceux qui n’existent plus ? » (Anthologie de poésie des prisons communistes), 2012

  • Editions Cartea RomÂneascA, Bucarest :

– Ion Horea, « Versuri şi reversuri / Vers et revers », 2010

V. Smărăndescu, « L’éternelle seconde », 1996

  • Editions Dunarea de jos, Galaţi:

– George Lixandru, « Întunericul luminii / La nuit de la lumière», 2010

  • Editions Arhiepiscopia ArgeŞului Şi Muscelului, Curtea de Argeş:

– Trilogie – « Mioritza, Maître Manoli, Hypérion », 2012

– « Meşterul Manole, Maître Manoli », 2009

* Editions ART XXI, Galaţi, Paul Sân-Petru, « Alchimia muzelor / L’alchimie des muses », 2009 

Editions Mihai Eminescu, Bucarest, « Treimea cea de o rostire / La Trinité du même langage – Eminescu, Arghezi, Blaga »- 90 poèmes, 2008

– Al. G. Croitoru, « Poèmes d’amour », 2000 ; 2012

– Florin Vasiliu, « Les cendres bleues d’un vol », 1997

* Editions ANAMAROL, Bucarest :

 – Horvath Dezideriu, « Spaţii şi câmpuri / Espaces et champs », 2008

  • Editions MUZEUL LITERATURII ROMÂNE, Bucarest :

– George Bacovia, « Viori şi clavire / Violons et claviers », 2007

  • Editions Viata MedicalĂ RomÂneascĂ, Bucarest :

– Manuela Horopciuc, «Umbra absenţei / L’ombre de l’absence», 2007

Editions ORION, Bucarest : – R. Cârneci, « Dorador » (Sonnets), 1997 ; 2006

* Ed. MAIASTRA, Tg. Jiu, Louise Labé, « Sonnets / Sonete », 2007

 * Editions Continent XXI, Bucarest: – Ovidiu Predescu, À l’ombre de la pensée, 2006

* Ed. M.M. EUROPE, Hergé, Insula Neagră, 2006 ; Crabul cu cleşti de aur, 2007

* Editions Napoca Star, Cluj, Vasile Ponea, « Au fil des mots », 2005

* Editions ALCOR, Bucarest, Omar Khayyam, «Quatrains », (sélection illustrée), (bilingue roumain-français), 2014 ; 2005; 2002; 2000 ; 1997 ; – Spiridon Popescu, Eseu despre glorie / Essai sur la gloire, 1998

     * Editions HAIKU, Bucarest, Dan Florică, « Poeme într-un vers / Poèmes d’un vers », 2004; 2002; 2000

     * Ed. DOROTEA, Bucarest, Charles Maurras, « Amanţii din Veneţia », 2004  

     *  Editions SPICON, Tg. Jiu – I. L. Caragiale, « Une Lettre perdue », 2002 ;

 Lucian Blaga, « Si la mort n’existait pas », 2001 ;  Poésie enchainée (anthol. de poèmes des prisonniers politiques roumains), 1999 ; Tudor Arghezi, Entre la prière et la malédiction, 1999 ; Mioritza (édition bibliophile), 1997

* Editions FUNDAŢIA CULTURALA ROMANA, (I.C.R.) Bucarest: « La Roumanie vue par les Français d’autrefois », 2001; 2012 (seconde édition)

* Ed. V. CARLOVA, Bucarest, M. Mureşan, « L’étoile de Murano », 2000

* Editions STEFULESCU, Tg.-Jiu : – Ion Popescu, « Poèmes », 1999 ;

 Gelu Birău, « Poèmes », 1999

*Ed. CRATER, Bucarest. G.Apollinaire, « E corn de vânătoare amintirea / Le souvenir est cor de chasse », 1999 ;- J. M. Carré, « Viaţa lui Rimbaud », 1998

  • Editions HELICON, Timişoara :

– Mihai Eminescu – « Retrouvailles », 1998, 1996

– Lucian Blaga – « 65 poèmes », 1995 ; 1998 ;(Version en thai par Montri Umavijani), 1998

– Paulina Popa, « Nimbe ame », (poèmes) 1997

– Ioan Ţepelea, « Quelque part en Normandie », 1997

– Ioan Iancu, « Chant du cygne », 1996

– Constanţa Marcu, « Fleurs et fontaines du silence », 1996

– Omar Khayyâm, « Rubaiate / Roubaïates » (bilingue roumain-français), 1996

– « Flori rare de poezie franceză » (anthologie, vol. I-II), 1996 ; 1993

– « Univers poetic francofon » (anthologie, vol. I-III), 1995

  • Editions NICULESCU, Bucarest :

– George Beza, « Între două lumi » (Mémoires), 1994

 

Théâtre :

  • Anca Visdei, « Donna Juana », mise en scène au Théâtre d’Etat de Oradea, 1995
  • Françoise Dorin, « Până la capăt (Le tout pour tout) », pour Radio-Roumanie-Culturelle, 1996

 

Dans des anthologies, histoires littéraires, dictionnaires:

  • Editions GRAI ŞI  SUFLET – CULTURA  NAŢIONALA, Bucarest :

– Lucian Blaga, « Poèmes choisis / Poeme alese » (édition bilingue), 1998

–  Mihai Eminescu, « Poèmes choisis / Poeme alese » (édition bilingue), 1998

Editions ORION, Bucarest: « Poezia pădurii », 1999; Cinegetica », 2003

  • Editions Litera • David, Chişinău : – « Peste nemărginirea timpului »,

tome IX, traduit en français, 2000

  *   Editions NICULESCU, Bucarest :

– Ion Rotaru, « O istorie a literaturii române », tome V, 2000;

  • Editions HAIKU, Bucarest:

– « Poeţi români, 10 ani de Haïku » (anthologie), 2000

  • Editions MUZEUL LITERATURII ROMANE,

– « Une anthologie des femmes poètes de Roumanie », 2000

  • Editura TEMPUS, Bucarest :

– Ion Rotaru, « O istorie a literaturii române », 2009, 2006

*    Editions TipoMoldova : Ion Holban, “Un Dictionar al scriitorilor români contemporani” vol. I, 2016

 

Collaborations à la presse :

Interférences (Revue de la LCCSRF), Magie Rouge; Jef (Revue de la Fondation Jacques Brel), (Belgique), Terpsichore, Les Nouvelles de Roumanie, (France), Revista Romană de Drept Umanitar, Viaţa Medicală, Pasărea Măiastră, Azi, Caietele Columna, Gând Românesc, Acasă, Poesis, Steaua, Pietrele Doamnei, România literară, Curtea de la Argeş etc.

 

Récitals de poésie :

Radio România Cultural : Dicţionar de personaje, (1998-2012) Patosul Confesiunii, Poezie universală, Poezie românească, Atlas cultural, Arta poetică, Pagini de jurnal, Viaţa cărţilor, Memoria drumului ; Radio România Internaţional ; Institut Français de Bucarest ; Muzeul Naţional Cotroceni ; Muzeul Colecţiior de Artă ; Muzeul Aman; Asociaţia Culturală România-Franţa – Sibiu, TVR Cultural : Clipa de poezie, TVRM (Confluenţa Artelor ;)TVR Cultural Braşov (emisiunea Interferente culturale), TVR Piteşti,  TV Sigma (Întâlnire cu scriitori); Biblioteca Metropolitană „Mihail Sadoveanu”, Bucureşti; Biblioteca Judeţeană „Dinicu Golescu”, Argeş; Université Alma Mater , Sibiu ; Maison Mémoriale „Arghezi”, Bucureşti; Maison Mémoriale „Minulescu”, Bucureşti; Maison Mémoriale „Bacovia”, Bucureşti; Musée de la Littérature (Bucarest & Iaşi); Centre Culturel „George Apostu”, Bacău; Mémorial „Mihai Eminescu”, Botoşani; Bibliothèque Christian Tell, Tg. Jiu; Serile de la Brădiceni; Mairie  de Domneşti; Clubul Iubitorilor de Cultură, Curtea de Argeş etc.

 

Prix et distinctions :

  • « Prix de l’Europoésie », France, 1997; 1996; 1994 ; 1993
  • « Prix du Menhir de poésie », France, 1996
  • « Prix de l’Académie Carpatica  – Grandes poètes de Roumanie », 1998
  • « Prix d’Excellence de traduction », Société Roumaine de Haïku, Roumanie, 1997
  • « Prix Eminescu » de traduction (Festival International M. Eminescu, Turnu Severin), Roumanie, 2004; 2005
  • « Prix Blaga de traduction », (Festival International L. Blaga, Sebeş-Alba, Roumanie), 1996; 1998; 2004

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