Patricia Scholtes

 

 

 

(France)

 

                      

Prose poétique

 

 

TROIS

 

                       

Craies blanches, craies de couleur, un mur de jardin, converti en tableau noir, l’espace d’un moment.

 

Trois petits génies bouclés, inspirés, qui crient, rient et dessinent sur la pointe des pieds, des graffitis éphémères.

 

Craies blanches, craies de couleur, graffitis éphémères.

L’espace d’un moment, trois petits génies inspirés et bouclés qui crient.

Un mur de jardin converti en tableau noir, ils rient et dessinant sur la pointe des pieds.

 

Un mur de jardin en tableau noir, converti. Craies de couleur, craies blanches.

Trois génies inspirés et bouclés qui dessinent sur la pointe de leurs pieds, des graffitis éphémères.

 

Riez et criez, petits.

 

Jardin, mur, enfants, craies, trois, couleur, blanc, boucles, génies, rires, cris, tableau, pieds, graffitis et ciel bleu.

 

Mur noir, jardin, graffitis, trois craies, cris, sur la pointe des pieds, tableau blanc, ciel couleur bleu, rires des génies, boucles d’enfants.

 

Que peut-on rêver de mieux ? Quand on a juste deux, ou trois ans ?

 

 

IL

 

Est venu. Je ne sais plus quand…

m’a dit : "quand je serai grand, je serai artiste, j’irai à New York ".

Il est parti. Je ne sais plus quand…

Un soir, il a tout jeté : ses pinceaux, son tabouret …

m’a laissé ces quelques mots griffonnés sur le papier :

 " Fini la peinture, maintenant, je veux parler à la lune."

 

Il est venu, et m’a dit. je ne sais plus quand…

Fini la peinture, quand je serai grand, je veux parler à la lune,

Un soir j’irai à New York, jeté mes pinceaux, mon tabouret,

m’a laissé ces quelques mots griffonnés sur ce papier :

l’artiste est parti, je ne sais plus quand !

 

la peinture, les pinceaux, le tabouret, la lune, un soir…

L’artiste est venu à New York. Je ne sais plus quand…

Finir ces quelques mots griffonnés sur le papier,

Je ne sais plus quand, je serai grand  …

Et il est parti.

 

Je ne sais plus quand il est venu, un soir il m’a laissé

sur ce papier les quelques mots griffonnés : je ne sais plus quand !

J’ai jeté mes pinceaux, mon tabouret. J’irai à New York et…

Quand je serai grand, je serai l’artiste de la lune…

 

Venir, ne plus savoir quand,

Dire : quand être grand, être artiste, aller à new york,

Partir ne plus savoir quand,

Un soir, tout jeter : ses pinceaux, son tabouret,

Laisser les quelques mots griffonnés sur ce papier.

Finir la peinture, aller parler maintenant à la lune.

 

Ne plus savoir s’il veut aller à New York maintenant ou partir un soir sur la lune, jeter tout : pinceaux, tabouret, finir par laisser quelques mots griffonnés: ne plus savoir qu’on est artiste !

NEW YORK, un soir, l’artiste, le grand, le je ne sais plus quand a tout jeté : pinceaux, tabouret – sur la lune et il est allé griffonner des mots sur ce papier : Je veux te parler depuis je ne sais plus quand !

 

Artiste revenu de la lune, stop, racheté pinceaux et tabouret, stop, pour peindre au gré de la vie, les mots, stop, griffonner sur la toile stop, nous sommes encore à New York depuis je ne sais plus quand. Stop, je lis : mots, stop, soir sans lune ; et je me souviens. Je t’écris pour que tu sois le même :

 

 

              h !

 

 

Une

 

Lettre sur le pare-brise de la voiture, qu’est-ce donc ? Qu’y a-t-il à l’intérieur ? Pas de bourrelets sur le papier, pas d’odeur, ni couleur…

 

DES MOTS DOUX? LES MOTS DE TOUS LES JOURS ? DES MOTS ? LES MOTS DES MOTS DOUX?  

 

DES MOTS DURS ? LES MOTS DURS DE TOUS LES JOURS ? LES MOTS  DE QUI ? LES MOTS DES MOTS DE CES MOTS ? POUR QUI ?

 

Est-ce une invitation ? Et dedans une fleur séchée ? Une immortelle ? Ou le plus traditionnel des boutons de rose ? Est-ce le papier rose de la vie en rose ? Est-ce le bleu de la vie en gris-bleu ? Est-ce le rouge ? Rouge – flamme – coquelicot ?

Tes mots ? Les mots des « oh ! » pour moi ? As-tu encore un « quelque chose à me dire ? »  Pour moi la chose, as-tu encore un « quelque chose à m’écrire ? »

As-tu écrit ces mots pour moi, la femme-chose rose-grise?

 

 

 

 

Cette lettre, je l’ouvrirai demain. Le soir, je veux que. Et j’espère que. Le soir. Ce soir… Je ne sais plus. J’aime t’espérer … le soir.

 

L’invitation au futur. Mots. Tes mots d’odeur, de couleur. Ces mots traditionnels, quelque chose, la lettre, le vouloir du demain, et de la chose, autre chose, espérer, la vie en bleu clair. Et la lune rose ou rouge. Rouge flamme, immortelle ….

Une femme. Un homme. Deux pour une autre fois. L’homme de la femme .Et inversement. Papier rose.

 

 

(Mai 2011)

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Née au fin fond de la vallée de l’Orne, Patricia Scholtes a été élevée au coeur de la sidérurgie lorraine. Longtemps ces cieux ont été pour Patricia couleur de " poussière", rose grise marquant de ses parfums et de ses poudres toute sa jeunesse. Après des études secondaires dans la région, Patricia Scholtes s’oriente très vite vers la vie active, devenant fonctionnaire dans sa ville natale. Grande rêveuse, pendant son temps libre elle peint et écrit. Souvent, elle a le privilège d’intervenir, artistiquement, sur de grands et vastes sujets,  dans les écoles de sa ville. Primée à l’occasion de divers concours de peinture et d’écriture, exposant ici et là, dans de petites galeries, Patricia Scholtes se qualifie d’autodidacte passionnée !

Articles similaires

Tags

Partager