Pascal Boulanger

La jeune femme

 

Il ne faudra pas confier à
ses beaux yeux sombres & lumineux
mes rêves pénibles

Mais debout, effacé par
l’univers qui va trop vite
veiller de loin sur
les diamants de son cœur
sur sa voix
sur ses paupières chaudes

Quand sa bouche soulèvera
une autre lumière
plus légère
plus cachée

entre les fenêtres de sa chambre.

 

 

L’escalier

 

La distance
pour mieux l’entendre
à travers moi

&
pas à pas l’escalier qui mène
aux pages blanches
de ses lèvres

Pourtant
je n’ai plus de force
le vent seulement me soutient
sous la roue du temps

Même si par moments
un feu inonde encore les toits.

 

 

Absence

 

Il faut que je lui parle
– plus bas encore –

afin d’être l’absent
qui n’a rien vu, rien su

& qui poursuit le tracé du labyrinthe
sans porte
sans fenêtre

En sachant que personne ne viendra
même en silence
sonner aux murs de ma maison.

 

 

L’amour

 

Quand le rideau se lève
l’épaule nue qui traverse la scène
perd sa voix humaine

Aux heures du jour le persécuté
se cache d’Hérode en fureur
le messager vérifie
l’attelage de ses chevaux

La femme douce qui s’allonge
& appelle au silence
ne sait plus choisir
entre l’amour long
ou l’amour à vif.

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