Nicole Hardouin

 

 

(France)

 

 

 

NÉGATION

 

J’ai voulu avec la laine de l’espérance

Etre tisserande du bonheur

folie

au creux de mes paumes réunies

je n’ai gardé que larmes.

 

J’ai voulu avec les fibres de mon désir

tisser le lit de l’amour

erreur

au fond de ton être impénétrable

tu as cassé tout l’entrelacement.

 

Fils de trame

Fils de chaîne

sur le métier de mes espoirs

les liens déchiquetés tremblent.

 

Tout est inachevé

Rien ne sera recommencé.

 

 

 

RIEN

 

Ce n’est rien

qu’un sillon

qu’une trace

encrés sur un sol dépavé

où errent les chats d’antan

ceux des caveaux secrets

des détours et des cimetières

les chats muets héraldiques

des déesses et des pharaons

des sorciers et des moribonds

ce n’est rien

qu’un pli

dessiné avec la pointe d’une faux

un sillage rapide

un trait d’eau

qui s’écoule dans les ricochets du silence.

 

 

 

ADULTÈRE

 

Dans le giron des ombres, le jour chuchote d’ultimes recommandations au crépuscule.

 

Lévres à lévres tous deux s’abandonnent à l’éclosion de leurs gémissements.

 

Sur les hanches de l’horizon s’instille le trouble doré d’Helios.

 

Lente pénétration dans la courbure de la nuit.

 

Adultére initial.

 

 

In Prométhée, Nuits et Chimères

Èdition  de l’Atlantique 2011

Nel grembo delle ombre, il giorno sussurra le ultime raccomandazioni al crepuscolo.

 

Labbra su labbra tutti e due s’abbandonano all’esplosione dei loro gemiti.

 

Ai fianchi dell’orizzonte si instilla il disordine dorato di Helios.

 

Una lenta penetrazione nella curvatura della notte.

 

Adulterio iniziale

 

 

Traduction  Francesco Casuscelli

Janvier 2018

 

 

 
BLESSURE

 

Vous m’avez laissée en cendres dans le gémir de l’extrême. Les mots saignent dans la coupe du crépuscule.

Je suis marquée aux fers de  vos débords.

 

La blessure est là qui floconne, coquelicots errants.

Morsures attisées

Souffrance dilatée.

 

Socle en débris.

 

 

 

 

 

 

 

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BIO

 

Nicole Hardouin vit en Bourgogne, fut enseignante,   respire en poésie, elle se qualifie volontiers de  jongleuse de mots, (qui en perd beaucoup), alors elle songe à la phrase du poète K. Gibran: «ce n’est que lorsque le jongleur manque d’attraper la balle qu’il séduit… »

A l’instar d’un salon virtuel où convergent plumes et pinceaux, l’antre artistique de N. Hardouin a catalysé nombre d’écrivains, tels P. Emmanuel, Luc Estang.

Elle a publié maints recueils de poèmes, des essais, des recensions, un roman, aime allier la plume et le trait en participant à des monographies pour divers artistes-peintres.

Elle est avant tout alchimiste du verbe, ses images sont flamme et source.

 

Site personnel: www.nicolehardouin.weebly.com

 

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