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(France)

 

 

 

VILLAGE

 

respire mon chéri,

 

les briques fumées

au bois

te font face,

en silence elles

transpirent, un cœur

les bat, les rougit

dans la nuit

de fer.

sur l’enclume chaude,

les briques t’entourent, te couvent, noires

dans la chambre sans porte, dans la chambre

où la fenêtre te livre nu au regard

du vieux clocher

noir.

 

tu sais,

le vieux clocher,

évadé de sa pauvre campagne,

baise la lune, douce louve.

et là haut, la croix sent fort le désert,

brûle les nuages de soie, impulsive.

se soulèvent alors tes cuisses perdues au cœur

des draps blancs, et les draps blancs lévitent,

ondulent comme un serpent saoul

dans le parfum des fleurs

mourantes.

 

poignée

de cent roses, iris et lys

semés dans le lis du parquet

noir.

 

poignée

de tiges livrées à la porte

de ton petit appartement,

cinquième étage,

numéro dix-sept,

hier soir.

 

respire mon chéri,

tes poignets blancs,

fins comme une plage,

sont attachés d’une corde rêche

aux barreaux noirs et humides du lit.

écoute les fleurs mourir,

elles livrent leur plus doux parfum.

exalte mon chéri,

les fleurs transmettent aux briques le secret

qu’elles ont toujours cru devoir garder.

 

fleurs, jeunes agonisantes au sol noir,

laissent filer, émues, leurs dernières pétales.

briques, témoins centenaires, impassibles,

du va-et-vient des parfums et pétales.

 

marée basse,

marée haute,

 

oh, baise la lune, douce louve,

brûle, ôte la croix et sens fort le désert des nuages de soie.

et alors,

immenses comme deux royaumes de poussière, les yeux

du chat de pierre tremblent, tambours de la bataille

des cent roses,

iris et lys.

 

marche dans la rue, en velours,

pas à pas belle sentinelle,

il est tard, personne

ne doit trop te voir.

sinon…

 

marche dans la rue,

à l’amble jeune paladin,

longe les grilles de fer,

refuge des chiens errants et des carcasses

fumantes.

 

attention mon chéri, on te regarde,

derrière le chèvrefeuille grimpant

on rôde, on te suit, à l’odeur,

on te traque, gibier saignant

errant au vent,

tes cuisses s’allongent,

le trottoir fume,

sur les eaux

troubles et

tropicales, ton corps navigue

vers les carrefours déserts,

au rythme des tambours

du chat de pierre…

 

poignée

de tiges rouges

livrées à la porte de ton appartement,

 

au VILLAGE.

 

les briques fumées

te font face,

en silence

transpirent, un cœur

les bat, les rougit

dans la nuit

de fer,

et ton torse tourne au cœur

des draps blancs, doux comme un quartz,

se débat, doux comme les ailes

d’un papillon de cendres,

pense un instant.

 

chaque nuit le vieux clocher te regarde

et susurre à tes oreilles la sagesse des feuilles

mortes, les feuilles mortes qui pourrissent

et livrent la myrrhe au sol noir.

 

tu es beau mon chéri,

descends les escaliers salis par les chiens,

le secret des fleurs imbibe tes yeux chaque matin

à la lumière blanche.

oh, et délaisse

les cordes rêches

aux barreaux du lit,

car maintenant

tu dois chercher la danse

et célébrer la douce louve.

 

tiges coupées fraîches

à la porte du village

de briques rouges,

 

gonfle tes veines, vives,

et bois le ruisseau des fleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

BIOGRAPHIE

 

 

Né en 1990 à Metz, France. Découvre la scène au sein d’une troupe de théâtre, la poésie dans un atelier d’écriture et la musique au conservatoire avec obtention d’un premier prix de piano. En 2008, entre en classe préparatoire à Metz puis étudie le commerce à Reims pour se spécialiser dans le management du luxe. Depuis 2012, fait des missions dans des maisons de couture.

 

 

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09 2014

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