Michel Mellet

 

 

(France)

 

 

 

Qu’est-ce que l’Âme ?

 

 

 

I

 

(Contusions & Confusions philosophiques)

 

Comme cela n’existe pas où est tout simplement le principe vital de toute chose vivante, inutile de se plonger dans les innombrables définitions données depuis l’origine de l’humanité. Cette notion est dépourvue de tout sens pratique, inconciliable non seulement avec la vie moderne, car non monnayable, mais aussi et depuis toujours, avec la morale des peuples. Cette morale en fait grand cas (parler de rien est vraiment pratique, occupe le menu peuple, le détourne de ce qui est vraiment important) tout en en faisant fi dans la pratique. Il est important de garder présent à l’esprit cette différence : inexistence dans les faits, existence dans l’imaginaire personnel et collectif. Il est quand même plus valorisant pour chacun de pouvoir se dire qu’il vaut mieux que ce caillou dans lequel il vient de taper, que cette goutte d’eau qui le fait se réfugier (sa vie en dépendrait ?) au plus vite sous un abri. Si l’âme existait, je suis prêt à prendre le pari qu’elle serait côtée en bourse. L’est-elle ? Non ! Ce n’est pas que l’on n’a pas essayé…[1] Mais passons… Donc elle n’existe pas. Et pourtant, il faut discourir, en parler si souvent. Parlons-en donc !

 

Que de confusion à propos du mot "âme" ! En hébreu : [נפׁש] en grec : [ψυχή] ; en latin : anima. Je ne sais qui a choisi ce mot pour en faire la racine ! Pas la moindre ressemblance. Je préfère penser au mot latin "ama" ou "hama",  c’est à dire "le seau"[2]. Bref, quelque chose où l’on met tout et n’importe quoi. Il est en effet difficile de faire remonter l’étymologie du mot "âme" au latin "anima" puisque selon Descartes (voir infra) et les Pères de l’Eglise, les animaux sont dépourvus d’âme. Même les femmes en ont été privées jusqu’en 585 (Concile de Macon), c’est tout dire…

Ce n’est que très tard, avec l’apparition de la médecine post-hippocratique, dans la droite ligne de Abu Al-Quasim[3] en Espagne sous les Omeyyades, et, plus tardivement, d’Ambroise Paré[4 en France, que l’on a essayé de localiser l’âme. Localiser comment ? Personne n’en avait la moindre idée, mais tous ont tenté de le faire. 

On savait alors, depuis Platon, que l’âme devait nécessairement avoir une symétrie ternaire[5]. Aristote[6] avait même confirmé la chose. D’où l’étonnement de Descartes[7], en constatant la symétrie d’ordre 2 de l’épiphyse ou glande H rapportée par son assistant[8] en 1632.

L’assistant de Descartes est le personnage en haut à droite avec la feuille en main (NDA)

 

En effet, si nous regardons attentivement l’épiphyse, voir dessins ci-dessous :

 

 

Localisation de l’épiphyse :

 

 

 

Forme de l’épiphyse

 

C’est une petite boule grise, d’un quart de pouce de diamètre (6 millimètres), de 150 mg de poids moyen et ne possédant pas le moindre intérêt visuel. Elle est pourvue de nombreuses ramifications en direction de l’aqueduc de Sylvius.

 

 

 

 

Note : la couleur ci-dessus est due à l’éclairage et ne reflète pas la couleur réelle de l’ "âme"

 

 

Nous pourrions constater qu’elle est grossièrement symétrique par rapport à un plan sans posséder le moindre axe de symétrie ternaire ou supérieur.

 

L’histologie même des tissus ne permet pas de mettre en évidence la moindre géométrie.

 

 

 

 

Qu’en conclure ?    Que nous n’en savons rien ?   Ce serait trop facile !

 

Pourtant, ce sont les courants ésotérique[9], positiviste, puis les adeptes du new age américain qui vont donner le coup de grâce à l’idée d’une géométrie particulière de l’âme. En effet, le retour aux sources mythologiques du Yoga entraîne l’association de la pinéale avec le troisième œil ou chakra Ajna[10]. Toute notion de symétrie ou de géométrie compréhensible est ainsi perdue. Toutefois, comme certains pourront le faire remarquer, cela pourrait être considéré comme un retour aux idées grecques avec cette découpe en trois partie : la partie gauche, la partie droite et le troisième œil…

 

Les explications successives de Sigmund Freud[11] et de Carl Gustav Jung[12], à propos de l’âme, n’abordent en aucun cas la question de sa géométrie. Nous pouvons donc passer sous silence leurs contributions.

 

L’imprécision des balances du début du XX° siècle ne nous permet pas plus de conclure à un poids réel de l’âme. En effet, la différence de poids est bien trop importante entre les cent cinquante milligrammes des anatomistes et les vingt et un grammes mis en évidence en 1907 par Duncan MacDougall. Et de toute façon, un poids n’a pas de géométrie, un pois si.

 

La vie étant un perpétuel recommencement, il semble que le problème de la géométrie de l’âme ne soit pas toujours réglé définitivement. Ainsi, un certain Paul Foster CASE, assimile l’âme, c’est-à-dire la glande pinéale, à la montagne de la Bible où Moïse a sa communication avec le Très Haut. Et, comme chacun le sait, Moïse, prince égyptien, était un grand admirateur des pyramides[13] (symétriques selon deux plans verticaux passant par leurs arrêtes ce qui donne 4 faces équivalentes).

 

A chacun de choisir… sera le mot de ma FIN.

 

 

 

 

 

 

1 Un certain Aĉetanto De A. l’a bien proposé en 1986, suite à la dérégulation imposée à la City par Margaret Thatcher. Sa proposition a été refusée par la grande finance internationale comme contraire à l’éthique anglicane (explication officielle ; l’explication réelle étant que la majorité des âmes étaient bien trop frelatées pour être commercialisables).

2 Cat. Ag 135, 2 ; PLIN. Ep 10, 42, 2 ; Juv. 14, 305

3 940-1013 à Cordou. Voir sa fameuse somme : كتاب التصريف لمن عجز عن التأليف ; "La méthode en médecine" en trente et un volumes.

4 1510-1590

5 Phédon, 82 ; République, IV, 449-441

6 Dans son traité De l’âme (vers 330 av. J.-C.), Aristote fait effectivement la distinction entre la threptike, l’ aïsthétikon, et le noûs.

7 DESCARTES, qui était plus connu comme philosophe ou mathématicien que comme anatomiste s’intéressait tout de même à la médecine et il étudiait déjà les possibilités de prolonger la vie. Il avait quant à lui, décrit l’épiphyse comme la glande "H" qui selon lui était le siège de l’âme…….

8 Il venait d’assister à la "leçon d’anatomie" immortalisée par Rembrandt

9 Robert Fludd au XVIIe siècle

10 Bien qu’une dissidence penche plutôt pour une association avec le chakra de la couronne ou Sahasrara.

11 Voir ses premiers écrits.

12 1875-1961

13 Voir le film "les dix Commandements" où, suite à une erreur manifeste du metteur en scène, Moïse procède a un brain storming si épuisant avec un buisson ardent situé sur une montagne (et pas une pyramide) sans la moindre géométrie descriptible sinon par les fractales de Benoît Mandelbrot qu’il en ressort avec les cheveux blancs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ma petite enfance a été hantée par les mensonges, les abus de pouvoir des adultes, les incohérences de la radio. Je n’avais que 5 ou 6 ans". 

Dès lors Michel Mellet s’enferme dans son monde de réflexion et observe les Hommes. Observation minutieuse, acerbe, trop tôt cynique. L’enfermement en collège religieux exacerbe le sentiment de solitude, de sa différence avec les autres, d’être le borgne du royaume des aveugles. La rencontre à 18 ans avec celle qui devait devenir sa femme lui permettra de se réconcilier un peu avec le monde et fera naître un autre regard.

Prenez une grande dose de lecture, de solides études scientifiques, ajoutez-y beaucoup de réflexion et de comparaisons, la compagnie des philosophes, un divorce incompris, des voyages un peu partout et vous obtenez le Michel d’aujourd’hui. Celui qui continue à hurler sa colère, qui va chercher la petite bête dans chacune de ses lectures mais qui, au fond, se moque bien de tout cela et observe, amusé, en retrait, ses contempteurs et l’humanité.

Le hasard des rencontres le fait participer à un atelier d’écriture et il se met à rêver d’écrire, de bien écrire… s’il en a le temps. Il continue en effet ses voyages dans les pays de l’Est, l’Océan Indien… Son approche humaniste n’est pas toujours bien comprise des industriels.

Ses écrits font feu de tout bois et plus particulièrement d’ouvrages accessibles à tous : réflexions à partir des journaux, de racontars, d’absurdités de la vie. Il cherche à remettre de l’ordre, à donner du sens, dans / à un monde qui n’en veut pas. Il le sait et persiste. Pour s’amuser : Je ne savais pas que c’était impossible, c’est pour cela que j’ai réussi. Admirable formule.

Epicurien, stoïcien, cynique ? Choix impossible. L’Homme est bien plus que cela ou bien moins : la [fameuse] liberté [de pensée] de l’Homme est celle du poisson qui frétille au bout de sa ligne… les gènes gouvernent tout. Devant un tel discours, ses amis font de leurs index une croix et rejettent ce démon en riant aux éclats.

Ses lectures ? le grand cycle de Dune. De la science-fiction bien sûr. Pas celle d’Albator ou de Star Wars. Seule la vraie science-fiction permet actuellement une réflexion imagée de ce que pourraient devenir notre monde.  Ce ne sont pas les fusées qui importent dans ces récits mais l’avenir de la pensée humaine. Et cette pensée va mal, très mal. Qu’importe… Il en a été ainsi de tout temps. "Et pourtant elle tourne" que disait l’autre…

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