Michel Mellet

 

 

 

(France)

 

 

Un petit poème en souvenir de la déportation de ma famille maternelle depuis la gare de Metz et à mes nombreux oncles et tantes que je n’ai jamais connus et qui ne sont pas revenus.

 

Attention au départ

 

Hall glacé, sonore

Impérial et  immense

Quais vides emplis des

Fantômes de Lorrains chassés

 

 

 

 

Feldgrau et chiens de guerre

Foule silencieuse, sombre, grise

Aux valises bourrées à la va-vite

Têtes basses, écrasées

Vers la France de l’intérieur

 

En un refrain éternel

Dans les hurlements

Les hordes de réfugiés

Hantent les gares

Sous l’œil des fusils

 

 

 

 

Gare aimable, pimpante,

Flonflons de bienvenue

Géraniums aux fenêtres

Fleurs aux revers

 

Femmes et hommes séparés

En cohortes amusées

Vers la douche salvatrice

Marchent soulagés

 

Au loin les cheminées crachent

Les fours rougeoient

Invisibles mais si présents

A nos morts en sursis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Ma petite enfance a été hantée par les mensonges, les abus de pouvoir des adultes, les incohérences de la radio. Je n’avais que 5 ou 6 ans".  Dès lors Michel Mellet s’enferme dans son monde de réflexion et observe les Hommes. Observation minutieuse, acerbe, trop tôt cynique. L’enfermement en collège religieux exacerbe le sentiment de solitude, de sa différence avec les autres, d’être le borgne du royaume des aveugles. La rencontre à 18 ans avec celle qui devait devenir sa femme lui permettra de se réconcilier un peu avec le monde et fera naître un autre regard.

Prenez une grande dose de lecture, de solides études scientifiques, ajoutez-y beaucoup de réflexion et de comparaisons, la compagnie des philosophes, un divorce incompris, des voyages un peu partout et vous obtenez le Michel d’aujourd’hui. Celui qui continue à hurler sa colère, qui va chercher la petite bête dans chacune de ses lectures mais qui, au fond, se moque bien de tout cela et observe, amusé, en retrait, ses contempteurs et l’humanité.

Le hasard des rencontres le fait participer à un atelier d’écriture et il se met à rêver d’écrire, de bien écrire… s’il en a le temps. Il continue en effet ses voyages dans les pays de l’Est, l’Océan Indien… Son approche humaniste n’est pas toujours bien comprise des industriels.

Ses écrits font feu de tout bois et plus particulièrement d’ouvrages accessibles à tous : réflexions à partir des journaux, de racontars, d’absurdités de la vie. Il cherche à remettre de l’ordre, à donner du sens, dans / à un monde qui n’en veut pas. Il le sait et persiste. Pour s’amuser : Je ne savais pas que c’était impossible, c’est pour cela que j’ai réussi. Admirable formule.

Epicurien, stoïcien, cynique ? Choix impossible. L’Homme est bien plus que cela ou bien moins : la [fameuse] liberté [de pensée] de l’Homme est celle du poisson qui frétille au bout de sa ligne… les gènes gouvernent tout. Devant un tel discours, ses amis font de leurs index une croix et rejettent ce démon en riant aux éclats.

Ses lectures ? le grand cycle de Dune. De la science-fiction bien sûr. Pas celle d’Albator ou de Star Wars. Seule la vraie science-fiction permet actuellement une réflexion imagée de ce que pourraient devenir notre monde.  Ce ne sont pas les fusées qui importent dans ces récits mais l’avenir de la pensée humaine. Et cette pensée va mal, très mal. Qu’importe… Il en a été ainsi de tout temps. "Et pourtant elle tourne" que disait l’autre…

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