Michel Mellet

 

 

 

(France)

 

 

Moto : Il ne faut pas écrire pour les fâcheux, bilieux, cacochymeux, vétilleux, scrofuleux, encéphalobulbeux, psychotrolleux. (MM)

 

LES AD-VERBES DE MANIERE

ne dérangeront plus. Exercice d’extermination.

 

Présentement, je sais également  vous narrer un épisode de ma vie.

C’était évidemment une fille superbement attirante. Certainement une de ces filles des iles qui, conformément à leur éducation, savent parfaitement se servir de leurs attraits pour que les pauvres ères que nous sommes, vivant petitement nos vies occidentales ne puissent que les admirer immensément, éperdument. Dès mon arrivée, mon regard avait été irrésistiblement attiré vers sa silhouette fine et brillamment mise en valeur. Ses gestes avaient suffisamment de grâce pour damner un saint. Je m’avançais lentement vers le cercle des hommes qui lui faisaient assidument la cour. Elle trônait gaiement sur son tabouret de bar en sirotant goulument son apéritif et riait bêtement aux propositions grivoises. Poliment je me frayais un chemin parmi ceux qui l’entouraient et lui adressais courageusement une œillade. De négligemment accoudée au bar, son attitude se transforma du tout au tout. Elle se redressa prestement, profondément vexée que je puisse l’aborder aussi effrontément. Elle s’avança vivement vers moi qui avais tellement peur d’avoir commis un impair que je me reculais prudemment. Vraiment une maîtresse femme ! Elle était devant moi, me toisa insolemment du haut de son mètre cinquante, leva violemment le bras et me gratifia gentiment d’une pichenette. Ma femme qui arrivait précisément à cet instant s’élança aveuglément vers sa rivale, ce qu’elle faisait couramment, et méchamment l’apostropha. L’inconnu encaissa aisément  et plus qu’élégamment ses remarques ce qui plût énormément à l’assemblée. Comme un seul homme, le cercle d’admirateurs fit corps et l’intruse, ma femme, fut puissamment éjectée. Je ne pouvais que la suivre, honteusement.

Le reste de la soirée, je me retournais souvent vers la belle inconnue dont j’avais injustement été privé.

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Ma petite enfance a été hantée par les mensonges, les abus de pouvoir des adultes, les incohérences de la radio. Je n’avais que 5 ou 6 ans".  Dès lors Michel Mellet s’enferme dans son monde de réflexion et observe les Hommes. Observation minutieuse, acerbe, trop tôt cynique. L’enfermement en collège religieux exacerbe le sentiment de solitude, de sa différence avec les autres, d’être le borgne du royaume des aveugles. La rencontre à 18 ans avec celle qui devait devenir sa femme lui permettra de se réconcilier un peu avec le monde et fera naître un autre regard.

Prenez une grande dose de lecture, de solides études scientifiques, ajoutez-y beaucoup de réflexion et de comparaisons, la compagnie des philosophes, un divorce incompris, des voyages un peu partout et vous obtenez le Michel d’aujourd’hui. Celui qui continue à hurler sa colère, qui va chercher la petite bête dans chacune de ses lectures mais qui, au fond, se moque bien de tout cela et observe, amusé, en retrait, ses contempteurs et l’humanité.

Le hasard des rencontres le fait participer à un atelier d’écriture et il se met à rêver d’écrire, de bien écrire… s’il en a le temps. Il continue en effet ses voyages dans les pays de l’Est, l’Océan Indien… Son approche humaniste n’est pas toujours bien comprise des industriels.

Ses écrits font feu de tout bois et plus particulièrement d’ouvrages accessibles à tous : réflexions à partir des journaux, de racontars, d’absurdités de la vie. Il cherche à remettre de l’ordre, à donner du sens, dans / à un monde qui n’en veut pas. Il le sait et persiste. Pour s’amuser : Je ne savais pas que c’était impossible, c’est pour cela que j’ai réussi. Admirable formule.

Epicurien, stoïcien, cynique ? Choix impossible. L’Homme est bien plus que cela ou bien moins : la [fameuse] liberté [de pensée] de l’Homme est celle du poisson qui frétille au bout de sa ligne… les gènes gouvernent tout. Devant un tel discours, ses amis font de leurs index une croix et rejettent ce démon en riant aux éclats.

Ses lectures ? le grand cycle de Dune. De la science-fiction bien sûr. Pas celle d’Albator ou de Star Wars. Seule la vraie science-fiction permet actuellement une réflexion imagée de ce que pourraient devenir notre monde.  Ce ne sont pas les fusées qui importent dans ces récits mais l’avenir de la pensée humaine. Et cette pensée va mal, très mal. Qu’importe… Il en a été ainsi de tout temps. "Et pourtant elle tourne" que disait l’autre…

 

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