Michel Mellet

GOUTTE DE ROC

 

Voyager à l’infini
Affronter des tempêtes sans frémir
Se ruer vers l’aventure, se battre à volonté
Echapper à son destin
Etre Simbad le marin
Apercevoir une côte inconnue, rêvée
Avancer dans ses chaudes eaux turquoises et poivrées
Se frayer un chemin entre les pétales anacardiennes
A la cadence molle des vagues
Aborder le paradis espéré
Avoir sa récompense
Vivre dôlement, manger goulûment, boire à en tomber
Se perdre dans les voluptés,
S’engloutir dans des bras noirs et soyeux
Se noyer dans des cons profonds
Les faire suinter et rougir de plaisir
Etre ses compagnons de félicité
Palabrer sans fin, parler pour ne rien dire
Parler à en oublier de parler
Dormir son soul
Savourer son plaisir
Se réveiller sous une ombre
Courir fous de terreur
Redevenir ses compagnons d’infortune
Voir le Rukh, voir l’oiseau-roc
Admettre l’inimaginable
Enfoncer ses ongles dans le désespoir
Voir dépecer, avaler l’impensable
Ne pas mourir ; vivre
Imaginer le pire et se rebeller
Se battre, se défendre
Exacerber ses sens
Deviner la parade
La créer, la bâtir, la terminer, viser
Rester englué par la peur puis tirer.
Amalgamer le métal à la chair, la percer
Voir l’exsudation du cœur fondre le trait
Lentement, lentement, creuser son sillon
Fumant et rouge sur la poitrine
Brûler les pattes et enfin tomber
Lave geignante au milieu des fleurs
Les roussir, les fondre
Et éructer son panache sulfureux
Sous un ciel impassible, de marbre,
Avant de reprendre son périple.

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