Michel Bénard

 

 

 

(France)

 

 

Du Sens & de la Forme dans l’acte de la Poésie

 

 

« Il y a dans la poésie le sens d’une imprégnation d’infini et d’éternel. »

 

 

Nous ne pouvons prétendre donner un sens à la poésie que par un retour à l’étonnement, à l’onirisme par le maintien d’une permanence au jardin de l’enfance et la forme d’une volonté à resacraliser la beauté du monde et de son humanité par l’acte de poésie.

Le poète est un enfant de l’esprit qui navigue sur les eaux transparentes de l’éblouissement dans le terroir des candeurs, il se fait quêteur des sens, il possède le regard de la clairvoyance qui pénètre les essences subtiles, il vibre aux appels de l’intangible et de l’ineffable, mais il sait également redevenir l’homme de l’avertissement qui révèle l’unité fondamentale de la création depuis le chaos originel, il formule par résonnance métaphorique et symbolise ses visions prémonitoires, en décryptant les signes de l’informel.

Il se métamorphose aussi en semeur de mots tout en rêvant à l’hypothétique récolte d’une possible beauté intemporelle sertie d’un possible amour universel.

La poésie est peut-être une flamme d’espoir, plus que jamais une possibilité de devenir, pour l’homme contemporain en quête d’identité et de repères sociaux, car la poésie demeure dans l’attention d’un acte d’amour universel et de création multidimensionnelle, reposant sur le sens et la forme des fondamentaux.

L’objet du langage en poésie est le plus souvent lié à celui de la musique, du rythme laissant naître des images qui distillent du rêve.

Ce langage se veut essentiellement humaniste, car le « miracle » de la poésie réanime le souffle de vie, et c’est peut-être encore l’une des seules espérances possible de métamorphose qu’il reste à l’homme.

Une authentique poésie doit être écoutée pour être perçue comme la grande résonance d’une plume d’airain, celle qui vibre aux tréfonds de l’homme pour éveiller son âme assoupie, pour l’inviter au noble essor en lui restituant ce sentiment d’ennoblissement de son état d’individu vulnérable, imprégné de l’incertitude, du doute, sur ce long chemin chaotique et solitaire qu’est la vie.

Cette poésie doit être l’acte révélateur qui nous redonne le sens du sacré par conclusion d’une réelle forme de promesse de liberté.

Et ici j’en oserai l’apologie, afin de donner la forme et le sens de la poésie !

La poésie est un acte premier un crédo, un combat, au jour le jour afin de redéfinir le sens de la beauté en restituant au verbe sa fonction primordiale de contemplation et sa notion du sacré.

Le poète doit tourner son regard vers le monde afin de mieux s’imprégner des secrets de la genèse, de ses rythmes respiratoire et de variation des chants de la terre qui accompagnent la musique des sphères.

Ainsi le poète dialogue avec le temps et tous les éléments constituant notre environnement.

Le poète franchit la grande passerelle où communiquent deux mondes du temporel et de l’intemporel, de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.

Telle est la transmission de la parole séculaire !

La poésie c’est nommer ce qui procrée l’avenir et perpétue l’éternel.

Comme l’amour la poésie implique la participation des cinq sens, d’un sixième même, lorsqu’elle se fait prophétique.

Comme la danse elle se fait lien et union avec le corps, tout en permettant de reconstruire un dialogue entre les hommes, la poésie par la signification de son acte reprend la forme d’un langage d’espérance positive en ces périodes incertaines, de remise en question de tous les systèmes, de toutes les certitudes, de tous les principes, politiques, religieux, sociaux, économiques qui sont en situation d’échec et d’impuissance, plus grave encore certains de ces systèmes distillent le plus souvent la haine, le mépris, la xénophobie, l’obscurantisme, l’intégrisme et l’ignorance.

La poésie est une flamme d’espérance, un possible devenir pour l’homme, car elle demeure vivante dans l’attention d’un acte d’amour universel en rémanence des fréquences célestes.
La poésie est une fleur délicate qui s’harmonise aux méandres rythmiques et se présente à nous comme les lueurs d’un premier matin de printemps sur le monde.

Par la poésie nous prenons conscience de la beauté et nous osons toucher à l’essence même de la vérité.

Par la poésie nous sortirons du désespoir pour aller vers l’amour, seul sens et seule forme possible.

La poésie est toujours porteuse de mystères et nous ouvre les portes sur mille paysages nouveaux où la source limpide du sens et de la forme reste encore à découvrir.

Laissons ici le sens libre de sa forme et la forme ériger la liberté de son sens.

 

 

Dublin, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

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Né à Reims le 17 Novembre 1946. Lauréat de l’Académie française, chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres, Poète, peintre abstrait, essayiste, ex-animateur radio culturelle ( + de 1000 émissions) conseiller culturel et responsable d’expositions dans divers organismes nationaux et européens, rédacteur de nombreuses revues, fondateur de prix littéraires, il a mené des actions avec Amnesty International, Poètes sans frontières etc, pour la liberté d’expression des artistes et écrivains dans le monde. Titulaire de nombreux prix, dont le Prix européen Jean Monnet, le Prix Jean Cocteau, le Prix de poésie du Festival d’Avignon, le Prix Wilfrid Lucas, le Prix Michel-Ange, l’Orphée de la poésie, etc. etc.

Il a édité plus d’une trentaine d’ouvrages et livres d’artistes, dont en bilingue français-roumain, traduits par la poétesse et femme de lettres Manolita Dragomir-Filimonescu, « Fragilité des signes » éditions Augusta 2011, « Encres mêlées » éditions Marineasa 2003, « L’alphabet de silence » éditions Augusta 2007 et très récemment « Le regard du miroir » éditions ArtPress 2011.

D’après lui, l’objet de langage en poésie est lié à celui de la musique intérieure : le « miracle » de la poésie réanime la vie, c’est peut-être encore la seule espérance possible encore offerte à l’homme. Il y a dans la poésie le sens d’une imprégnation d’infini et d’éternel. La poésie tisse ses rêves, jusqu’à croiser l’extase.

 

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