Michel Bénard

 

 

(France)

 

 

 

Présente :

 

 

«  Poésie état de grâce » par Luce Péclard – Editions du Madrier – Illustrations Ingrid Ulla Mehlart – (personnages poétiques) 122 pages – format 20 ½ x 14 ½ –

 

 

 

Poétesse confirmée, connue et reconnue, Luce Péclard nous propose pour notre plus grand plaisir de lecteurs fidèles son dernier ouvrage publié: «  Poésie état de grâce » un joyau déposé sur un écrin.

Ainsi que le confirme le vieil adage : «  Lorsque l’on aime on ne compte pas » mieux vaut alors de ne pas comptabiliser son œuvre poétique et littéraire, la liste est déjà bien longue. Quant aux prix couronnant son œuvre en sa globalité, ils sont nombreux. Cependant je n’en mentionnerai que quatre, le Prix Anna de Noailles de la Société des Poètes français, le Prix Henry Meillant et le Prix Luc Vuagnat de la Société des Poètes et Artistes de France et le Prix Léopold Sédar Senghor de poésie, du Cénacle européen des Arts & des Lettres.

Découvrons aujourd’hui à pas comptés son nouveau recueil : «  Poésie état de grâce. »

L’œuvre est aboutie, achevée et d’une parfaite maîtrise, charpentée de la plus solide maturité.

La seule introduction avec l’extrait d’un texte de Lanza del Vasto est des plus rassurantes.

L’intention est annoncée : « Réveiller le sens endormi des mots. » et provoquer quelques rencontres avec les autres. Transmettre, oser le passage du relais !

C’est Rabindranath Tagore qui nous accueille au seuil de ce recueil. Notons que le premier contact positif avec cet ouvrage nous vient d’une artiste plasticienne et costumière de la plus haute délicatesse  et détentrice d’un immense talent, Ingrid Ulla Mehlhart, créatrice de mannequins et personnes oniriques tout autant que précieux. Nous pourrions voir en elle : « La Dame aux étoffes enluminées. » « La génitrice des rêves de soies. »    

La poésie est une effervescence de bulles d’âme qui s’élèvent vers le ciel. La grâce étant une affaire de correspondance où chacun peut trouver sa correspondance. Alors le grand voyage peut commencer !

Cet ouvrage est celui de la liberté, de l’envolée libre comme l’est devenue la poésie.

Vivre la poésie comme une voie initiatique, un pèlerinage aux sources qui révèle l’évidence même du sens de l’existence.

Parfois nous sommes emprisonnés dans un souffle de nostalgie qui passe entre les murs des fermes d’antan où sommeille la mémoire des pierres.

Luce Péclard demeure attachée aux véritables valeurs humaines et spirituelles, elle attire l’attention sur les dangers d’un monde miné par la corruption, où tout est frelaté, même la pensée qui est manipulée. Elle s’indigne comme bon nombre d’entre nous de tant d’impostures.

Alors il faut faire vite son choix si l’on veut voir encore de vraies graines en plein miracle de germination, loin des espèces hybrides et des puces numériques préludant une génétique risquant bien de se diaboliser

Luce Péclard joue d’une certaine modernité de langage, qui parfois frôle une forme hermétique, pour réapparaitre soudain en pleine lumière.

Au détour d’un poème un questionnement soudain sur les amis qui vont, viennent et disparaissent. Notre poétesse se met en observance, elle veille sur les promesses et les racines du monde.

Le parcours se veut initiatique, sorte de grande communion incantatoire sous les feux du ciel et rituel entre le poète et la mère nature.

 

« …/…se recueillir longuement

Pour renaître au printemps

A la transmutation nouvelle,

Suprême initiation ! »

 

Interrogation encore, sur l’indifférence de l’objet qui traverse le temps de la superficialité des  événements, du quotidien, tout juste évoqué et déjà oublié. Tout n’est plus que fragilité de surface dans l’univers «  internet » et mensonges orientés avec  effets de sensations dans les «  médias »

Luce Péclard imprégnée de sagesse s’oriente :

 

« Vers l’aube émerveillée

De la Résurrection ! »

 

Tout en ayant besoin parfois de légèreté, pour retrouver son équilibre. Chez elle l’équilibre vient de la convergence, de la coïncidence des pensées où à ce point de jonction se construit l’harmonie, magie de l’imprévu.

Notre poétesse se met toujours en phase d’attente et d’espérance du miracle de la rose en Décembre.

Lorsque la société n’est plus que suspicion, mensonge, escroqueries, Luce Péclard bifurque et rêve de la grande délivrance, élan sublime du seul salut demeurant encore un peu crédible, l’art ou plutôt la création face à son secret. Car l’art lui aussi est devenu quelque peu douteux.

 

« Camisoles de forces vives

Et mort de l’esprit créateur…/… »

 

« Chacun cherche une issue

Pour ne pas éclater,…/… »     

 

« C’est alors la grande envolée

Des couleurs, des mots et des sons…/…

……………………………………………………..

« Du compositeur en extase ! »

 

Comme écrit précédemment Luce Péclard est en quête d’unité dans la vie comme en poésie.

Et si la poésie c’était de retrouver la position fœtale, le souffle initial ?

L’œuvre de notre amie laisse transparaitre une forte interrogation, une nécessité de réflexion, l’incertitude est sous-jacente, l’inquiétude bien qu’occultée est palpable.

 

« Je me construis un monde à part

Où je transforme en positif

Les événements négatifs. »

 

L’esprit de Rabindranath Tagore, de Krishnamurti, de Khalil Gibran, d’ Hafiz, de Lanza del Vasto, valeurs incontournables de la pensée universelle survolent les nouveaux textes. Son rêve est de vivre la poésie comme un miracle. Forte de sa foi et en poétesse accomplie, Luce Péclard poursuit avec opiniâtreté sa vie, sans omettre au passage d’attirer l’attention sur les risques de quelques expériences métaphysiques ou dérivées qui pourraient égarer le corps, mais aussi l’âme et l’esprit.

 

« Ils font fausse route à l’envers

Ceux qui croient pouvoir imposer

Une idéologie extrême. »

 

Au travers de ses vers Luce Péclard nous entraine sur une voie épurée, vers un monde différent à l’écart des rumeurs, elle nous suggère des chemins isolés préservant l’Amour et la Paix.

 

« Retrouver la confiance

De la vision élargie…/… »

 

Souvent nous sommes soumis aux vents contraires, mais cela n’est-il pas positif pour une remise en question de nous même.

Il nous faut lutter contre les incertitudes où nous nous sentons perdus dans les brumes du doute.

Il est cependant une évidence, la poésie de Luce Péclard bat au rythme des saisons, s’ouvre, se replie offre ses parfums et nuances à qui sait les révéler. C’est tout simplement une poésie donnant un sens à la vie en s’offrant aux splendeurs du monde dans la communion et qui nous met en « état de grâce. »

 

 

 

Christian Malaplate« Feuilles de route sur la chevelure des vagues. » Editions les Poètes français. » – 2016 –   format 15×21-  83 pages.

 

 

 

Indéniablement il s’avère nécessaire d’aborder l’ouvrage de Christian Malaplate «  Feuilles de route sur la chevelure des vagues. »  comme un long carnet de voyage où déferlent les images et émotions noyées de brume et d’écume.

C’est un livre de bord consignant les phases de vie et d’expérience.

Christian Malaplate joue sur la force et l’agencement des mots dont la trame révèle une richesse extrême.

Le verbe est ciselé comme un bijou d’Ispahan. L’écriture impose sa couleur, le langage est presque d’un autre temps. Nous voguons entre poésie, légendes et narration. Ce besoin de conter, cette volonté narrative en arrivent parfois à faire que la poésie se retrouve au second plan.

Environné des poèmes et textes de Christian Malaplate, je me sens dans la bibliothèque d’un érudit, d’un philosophe ou d’un moine copiste environner de parchemin enluminés.

L’allégorie même de l’esprit d’un lettré de haute connaissance.

 

« …/…parmi les enluminures et les sombres cloîtres. »  

 

«  Où s’agglutinent les tableaux familiers dans une bibliothèque pleine d’anticipation. »

 

Notre poète joue avec l’étrange, le mystère, les ambiances insolites en rendant hommage à la mémoire.

 

« Il y a des fleurs maladives qui chantent des poèmes d’amour mystiques. »

 

Le voyage se poursuit dans un univers fantastique, irréel ou l’on ne discerne plus la part du réel et celle de l’imaginaire. Nous côtoyons un mysticisme latent, la formule alchimique n’est jamais très loin.

 

« Parmi les teinturiers de la lune et leur étrange alchimie. »

 

Christian Malaplate sait souligner les aspects fragiles de la vie, les humbles instants de bonheur et de plaisir, le souffle léger de la femme aimée sur l’épaule dénudée, le jus parfumé des fruits de l’amour.

L’amour recèle ici des effets de magiques métamorphoses.

 

« L’amour, dans nos moments intimes, modelait nos corps. »

 

Une poésie nourrit de réflexion qui nous transporte haut et loin. Sorte de panthéisme latent, la proximité avec la nature est évidente, je dirais même incontournable, car que serait l’homme sans elle, sans cette fabuleuse fusion universelle ?

Rien ! Il n’existerait même pas.

Cependant son orgueil et sa suffisance aveugles font qu’il a tendance à oublier l’enjeu, sciant dans son acte irresponsable la branche sur laquelle il est assis, tout en piétinant le jardin qui le nourrit.

Il est fréquent chez Christian Malaplate d’écrire sur les traces du rêve, de nourrir son encre de symboles universels, des sèves de  la nature, il tente de fixer l’éphémère en quelques vers.

Il demeure attentif aux chuchotements de la nuit, aux chants des étoiles et aux murmures des arbres séculiers. Il s’exile tel un poète ermite dans ses grands espaces de paix et de solitude intérieure:

 

« Je pars en suivant les empreintes de la terre et le baiser du vent…/… »

 

« Pour retrouver la confiance du monde extérieur. »

 

La nuit occupe une place prépondérante dans la poésie de Christian Malaplate, elle est révélation, se fait vectrice d’images indéfinies, le noir devient lumière, éclat d’écume et sel légendaire. Par la poésie ce dernier retour à la substance mère, il y poursuit sa voie initiatique, une quête conviant à l’harmonie.

Bien au-delà des religions, des dogmes infantiles, des semons aliénants, il caresse la philosophie, la sagesse indienne afin de se préserver au mieux des apparences et du paraître.

Christian, Malaplate côtoie les interrogations métaphysiques, interroge l’universel et les lois cosmiques autant que puisse.

Sans oublier la question suprême et incontournable de la création, du mystère de l’humanité.

Est-ce « Dieu » qui créa l’homme ou plutôt l’homme qui s’inventa des «  dieux » ou un « Dieu » ? Par nécessité de référence à des forces supérieures.

L’interrogation demeure en suspend ! Qui en possède la clé ? Les poètes peut-être par instinct ou intuition.

Avec humilité Christian Malaplate ouvre une voie, qu’importe la finalité, il chemine. Le carnet de route à la main avec l’extrême conscience de notre fragilité humaine. L’interrogation oscille entre le Taj Mahal une des merveilles universelles et l’ombre d’une grande âme indienne Rabindranath Tagore rôde, la symbolique ésotérique du Khajurâho interroge, ainsi que le mystère sacré de Bénarès qui nous ouvre les portes du nirvana.

Retour aux sources de la sagesse, du bon sens des philosophies indiennes. Force est de constater que pour l’heure depuis Ghandi, Tagore, Aurobindo, Krisnamurti, notre siècle est en perte de valeurs, d’idéaux et de repères identitaires dont nous aurions de plus en plus besoin.

Devenu porteur de mémoire Christian Malaplate cherche le vrai «  dieu » d’amour, l’espoir demeure il porte en lui un futur à construire, mais pourra-t-il réellement l’ériger.

En ce temps d’éveil et d’interrogation une réponse possible se trouve-t-elle peut-être dans le symbole eucharistique.

En mémoire de son grand père ayant perdu toute certitude en l’homme après un passage en enfer de quatre ans 1914-1918 sur le tristement célèbre «  Chemin des Dames. » que je connais très bien et où l’herbe un siècle plus tard n’a pas toujours repoussée partout.

 

«  J’ai surtout perdu mes certitudes en l’homme et je cherche toujours un dieu d’amour. »

 

Mais confiant en l’acte de poésie notre porteur de mémoire, Christian Malaplate poursuit ses rêves et chimères.

L’œuvre continue, le meilleur restant à venir et nous l’attendons !

 

 

 

A. Racine Senghor. «  Dessous la lampe » – Abis éditions – 2015 – format 12×20 59 pages.

 

 

 

« Dessous la lampe hissée haut, d’où veille le Serviteur Maître de la plume…/…» R.S

 

 

Ce fût fin Juillet 2016 à Dakar à la Fondation Léopold Sédar Senghor que j’ai eu le privilège de rencontrer, de découvrir et de partager avec le poète et intellectuel Racine Senghor.

En réalité ce jour-là j’ai croisé un authentique poète comme l’Afrique a souvent su nous en offrir et qui porte son regard sur le monde tout en revendiquant sa source identitaire liée au petit paradis des Bolongs, lieu des plus favorables à l’âme éthérée d’un poète.

La composition d’un recueil, chez un poète africain n’est jamais anodine, le plus souvent il s’adresse aux anciens, aux défricheurs, aux âmes en voyage dans l’autre royaume.

Mais il s’adresse également à ses contemporains, aux proches de la famille ou aux amis.

Avec son recueil dernier né «  Dessous la lampe » Racine Senghor n’échappe pas à la règle.

Son préfacier Raphaël Ndiaye (1) le situe bien comme étant le poète des Bolongs, du Siné Saloum, de la Somone, paysages magnifiques entre terre, mer et ciel où se reflète son identité poétique que se perpétuera naturellement au fil du temps et de l’œuvre.

Raphaël Ndiaye voit en Racine Senghor un poète quelque peu semblable à une étoffe spongieuse qui absorbe les rumeurs et nuances du monde avec constance avant de les réinterpréter.

Racine Senghor est un poète attentif, à l’écoute, interrogatif, aux aguets un peu comme un grand fauve dans la savane.

Il poursuit son périple avec opiniâtreté et discrétion  sous le regard complice de ses grands ainés, Léopold Sédar Senghor, Aimée Césaire, Léon Gontran Damas, Birago Diop etc.  dont il perpétue l’esprit. Il en déjoue les arcanes et en décrypte les codes.

Au fil de mon errance clandestine dans l’imagerie poétique de Racine Senghor j’ai l’impression de me confondre entre le sable, le sel et l’eau des lagunes du Saloum, n’ayant que les rêves en mirages d’une vieille pirogue à l’abandon pour me rattacher.

Le poème liminaire est une forme de déclaration d’amour posthume à ses sœurs encore jeunes, belles et trop tôt disparues pour devenir des anges-fleurs dans les grands jardins célestes.

Certes nous sommes ici confrontés à la poésie d’un érudit, d’un lettré, mais tout au long de ses vers libres ou libérés nous sentons battre le rythme de son héritage et il s’en fait le porte étendard du Sahara aux Caraïbes.

Racine Senghor appartient à ces voix de la jeune Afrique qui pérennisent l’engagement, l’émancipation des grands et vénérables ainés.

Avec de semblables poètes rassembleurs à la volonté fraternelle et humanistes l’Afrique surpassera la belle image de sa «  négritude » avec pour but initial de :

 

« ../…redonner vie au mouvement de toute chose,

irriguer toutes les artères du monde

du sang palpitant de notre cœur. »

 

Oui, les poètes sont bien les élus de leur race.

Ce n’est sans doute pas un hasard, car il me semble qu’il n’existe pas, que Racine Senghor soit entre autres hautes fonctions officielles, allant de l’ Harmonisation des enseignements secondaires dans les pays francophones d’Afrique, Directeur des Arts, ainsi que Directeur du Cabinet au Ministère de la Culture et actuellement administrateur du fameux monument de la Renaissance africaine à Dakar, monumentale et symbolique sculpture dominant la mer et abritant un musée d’ art africain ancien et contemporain.

Racine Senghor a pour crédo ce vers ;

 

« Paix sur vous, mes sœurs, mes frères, Paix ! »

 

qui correspond parfaitement à ce cri d’espérance et d’enthousiasme :

 

« Debout parmi les hommes pour demain ! »  

 

Bien que nourrit de son bel idéal humaniste, Racine Senghor est aussi, hélas rattrapé par l’horreur de la société au quotidien, l’inqualifiable de la cruauté de certains «  hommes. » D’ailleurs peut-on encore nommer ainsi de semblables monstres ?

La réalité dépasse souvent la fiction, alors le poète blessé, torturé, affligé, rend hommage à une très jeune fille, Selbé, victime du mal, de la géhenne, qui symbolise malheureusement d’autres faits similaires, et qui fût terrassée par la bête, le violeur, l’assassin !

 

« Qu’aucun enfant plus jamais ne gise ainsi

Violée, immolée sur l’autel de la Bête. »

 

Ce poème à bien y réfléchir n’est qu’un épiphénomène signifiant toutes les autres recrudescences des haines aveugles, des ignorances réductrices et des pandémies obscurantistes abolissant l’humain et l’amour au profit du glaive triomphant sur l’autel des dogmatismes.

Par ce texte émouvant « Sang de Selbé, » Racine Senghor nous invite à demeurer vigilants et à lutter contre la barbarie omniprésente, à prendre garde aux masques des faussaires de la politique et des religions.

L’espérance, la foi demeurent cependant et dans une extrême sensibilité nous retrouvons dans les douceurs parfumées d’une nuit sur la Somone le miracle de la naissance, donc celui de la vie !

Racine Senghor glorifie et protège la mémoire de ses maîtres à penser, il les questionne afin sans doute de mieux retrouver son harmonie, ses convections.

 

« Dis-moi, Mandela, quelle foi a maintenu ton esprit. »     

 

Telle est sa façon à lui d’évoquer les icônes de l’identité africaine, de l’indépendance, de la liberté !

Il est des poèmes que j’associerai volontiers aux chants des piroguiers de Raphaël Ndiaye glissant en silence dans la nuit vers la mémoire des anciens.

En tant qu’occidental, certaines subtilités ethniques ou expressions m’échappent, mais l’âme du texte est immuable et s’exprime dans sa transcendance, jusqu’à me révéler ses liens et sources, là où sommeillent les germes de l’origine.

Le poète Racine Senghor progresse avec sagesse et prudence sur les pas des élus, des prédécesseurs, il recherche ses terres, ses sources, celles de la première heure qui le conduirons vers un meilleur avenir.

Face à la mer, sur ses hautes marches il vibre sous les effets de la renaissance.

Il en fera l’observatoire du monde et se nourrira de la force du baobab millénaire.

Si nous retenons notre souffle, si nous demeurons attentifs, les roulements des tam-tams sur le monde, déferleront jusqu’à nous pour nous transmettre le rythme de la vie.

Le langage est riche, personnel avec ici et là une nuance hermétique où le symbole prend la parole. Il en est pour ce voyage en compagnie du griot Guewel.

Il refait l’expérience du monde, peut-être veut-il ralentir le temps, voire revenir en arrière, reprendre une position fœtale, au péril de sa vie lorsque la mer se démonte.

Il s’agit bien là d’un voyage initiatique.

Le texte se veut également un hymne d’Amour, à la Paix, à l’Harmonie, au transcendantal au travers de la liberté du verbe et de son expression.

Il transmet et perpétue la parole du griot en situation.

Racine Senghor à l’instar  de nombreux intellectuels, poètes, écrivains, philosophes, artistes, est attaché au renouveau des lettres et des arts, il est un homme de la renaissance qui porte haut son regard bien au-delà de l’incontournable élan de la «  négritude » cher à ses grands initiateurs et visionnaires.

Racine Senghor est bien le poète de la renaissance, cependant pas à n’importe quel prix.

Il veut le partage, la lumière, l’équité, la vérité, la liberté et l’Amour en talisman:

 

«  Totalité d’une Afrique Une dans sa diversité

Riche de la diversité

de ses cultures convergentes

Tendues vers le même commun idéal

d’Amour

Et de Paix sur tous les espaces

des enfants d’Adama. » 

 

Peut-être est-ce cela la Néo-Négritude si chère à Jacques Rabémananjara.

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

 

 

PS : «  Que la poésie, indéfiniment, nous comble de sa magie et ne cesse d’engendrer, pour mieux nous inspirer, des rêves toujours plus beaux sur des sites sans référence !

Jacques Rabémananjara. Paris le 24-02-2004.

 

(1) Raphaël Ndiaye – Directeur Général de la Fondation Léopold Sédar Senghor.

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Michel Bénard

Ecrivain, Peintre,

Lauréat de l’Académie française,

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres

Site personnel : 

 

http://michelbenard.eklablog.net/

 

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