Michel Bénard

 

 

 

(France)

 

 

Présente :

 

 

Stella VINITCHI RADULESCU, A l’écoute des ombres,  éditions L’Harmattan – collection Poètes des cinq continents. Présentations en 4 ème de couverture de Laurent Fels & Denis Emorine. 83 pages.

 

 

 

 

D’emblée, Stella Vinitchi Radulescu nous transporte dans l’espace où tout éblouis encore que nous sommes par la vie, il s’avère nécessaire de trouver le chemin étroit et escarpé de son cœur.

 

Ici nous sommes confrontés à une espèce de retour vers l’essentiel, purification du verbe pléthorique par un état, un passage proche d’une forme minimaliste.

 

La question demeure en suspens : Où est «  dieu » dans tout cela, nous aurait-il abandonné ?

Stella Vinitchi Radulescu jongle avec les mots, les organise, les met en situation, en résonance. La pensée même y est fragmentée pour mieux se reconstruire et nous mettre face à : «  l’évidence de l’amour. ».

 

Stella Vinitchi Radulescu nous resitue devant le mur de la vie qu’elle reconsidère au travers des fragilités de l’expérience dans : «  un geste de tendre solitude. »

 

Ce recueil singulier : «  A l’écoute des ombres » peut être lu sur deux niveaux, comme un seul long texte continu sur le déroulement de la vie, ou fractionné en de multiples textes courts en forme parcellaire existentielle.

 

La mort règne, elle se tient silencieuse derrière la porte, pourtant la lumière de l’espérance est toujours présente se déroulant jusqu’à nos pieds.

 

Stella passe sans transition de la symbolique de la rêverie au retour pratiquement instantané à la rugosité épineuse du réel.

 

Des images furtives reviennent, un lit défait, un temps de sable, un monde d’enfance, une trace d’amour. Tout juste un souvenir ! Finalement la vie n’est qu’un jeu, une étrange parade.

Chaque poème de Stella Vinitchi Radulescu s’impose à nous comme une image révélatrice, un conte sépia rongé peu à peu par : «  un temps de rouille. »

 

La ponctuation est elle aussi réduite à l’essentiel. Les vers s’organisent d’eux même simplement, naturellement d’une implacable logique !

 

Notre poétesse recense parfois ses rêves ou désirs de femme, d’odalisque, d’amour charnel et d’éternité, de ventre en gésine où poussent les graines des voyelles, qui verront naître les extases de la chair.

 

L’ouvrage se ponctue de notes bleues, du bleu du ciel où s’élance la « Colonne infinie » de Constantin Brancusi, ou la silhouette de la  «  Femme bleue » de René Magritte.

 

Notre amie voudrait repeindre l’univers avec son sang aux couleurs du printemps et guérir comme un chaman ce monde par le miracle des mots.

 

«  je te touche du bout de ces paroles »

 

Les textes les plus courts sont souvent ceux contenant la plus forte densité expressive et poétique, ceux où les images explosent comme une tache de sang sur les vieilles cathédrales.

Simple ajustement de quelques mots et tout est dit ! «  Démêler une vie » avec l’alphabet du désir.

 

Textes à la fois symboliques et initiatiques, poétiques et iconographiques.

Mais tout est si fragile derrière ce masque de vie où la mort est tapie. Alors à la seule fin de conjurer la camarde, je ne peux que suggérer à Stella Vinitchi Radulescu, de reprendre sa plume comme on tient un calame, pour encore longtemps nous calligraphier d’aussi intenses poésies en hommage à l’espérance, à l’amour, à la vie toute nuancée de bleu.

 

«  je cherche le petit mot le bleu astral

   l’œil qui se plie »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Michel Bénard
Ecrivain, Peintre,
Lauréat de l’Académie française,
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres
Site personnel : http://michel.benard.over-blog.com/

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