Michel Bénard

 

 

(France)

 

 

 

 

 

 

Par l’inexplicable destinée

Voici revenu le temps de l’éblouissement,

De l’étonnement d’une chute de feuille.

Géniteur de bulles de savon,

Mon rêve s’oriente vers l’apparence

D’un monde dédoublé, inversé,

Sous le masque des illusions

Voilé par les brumes feutrées

D’un automne naissant.

 

 

 

Le silence s’habille

D’une chasuble de prières,

Mains jumelées,

En voute de cathédrale,

Gardiennes de l’unique

Point de lumière

Seul relai d’espérance

Au cœur de la nuit.

Le silence se met dans l’attente

Du miracle comme passage

D’un point de dérobade,

Franchissant et rapprochant

Des rives troubles de l’absence.

 

 

 

Surgissant des brumes blanches,

Des ombres de silence

Glissent mystérieusement

Sur le miroir automnal des eaux.

Ce sont des lettres et signes

De lumière diaphane,

Qui nous habillent

De songes et de promesses

Aux transparences de porcelaine.

 

 

 

Aller, jusqu’à se soustraire

Des ombres et de l’opacité,

Redécouvrir la trace d’écriture

Des parchemins amoureux.

Se laisser secrètement effleurer

Par le souffle mystique

De la lumière des « Grisailles », (1)

Ralentir le temps

Placé en observance

Sous la flèche d’un ange

Au sourire narquois.

Aller, archéologue des ténèbres,

Jusqu’aux confins éblouis

Des ors d’une grande icône.

 

 

______

 

(1) Vitraux de Brigitte Simon – Cathédrale de Reims.

 

 

 

« L’homme marchant » de Liliane Caumont.

 

 

 

C’est un passage d’extase

Où l’on s’abandonne

Aux appels du désir,

Ce sont les derniers feux

Du soleil sur l’horizon,

Le livre  où se patinent

Les mots des pèlerins d’amour,

Qui habillent leurs âmes

Du voile intemporel,

Des lumières d’un vitrail.

 

 

 

L’incertitude d’un noir

Se révèle par une simple

Touche de blanches nuances.

Silencieuses fragmentations,

Secrètes calligraphies,

Vagues caresses lumineuses

Où s’écoule l’oubli,

Sur le fleuve du temps.

Abyssal et insondable

Un reflet en transparence

Se met dans l’attente

De l’apparition naissante

D’une lumière nouvelle.

 

 

 

Effleurement

 

               à une jeune Roumaine inconnue…

 

Providentielle inconnue

Puissiez-vous me pardonner,

Mais croisant furtivement

La transparence limpide de vos yeux

J’ai soudain ressenti ce besoin d’ébaucher

Une histoire festonnée de beauté.

L’ultime scintillement de la nuit

Etait contenue dans une goutte de pluie,

Et dans la naissance de l’aube

Sur un fil ténu de lumière,

Nous respirons des parfums d’herbe fraîche,

De drapeaux percés pour le vent des libertés

Et des terres nouvelles à ensemencer.

Puissiez-vous me pardonner

Belle ombre si vite estompée,

Mais cette transparence limpide de vos yeux

S’est en moi métamorphosée,

Me faisant prendre conscience

Qu’au terme d’une page de vie,

Nous ne sommes seulement parvenus

Qu’à effleurer la surface du monde

Avec ses paillettes d’imaginaire symphonie,

Et que tout pouvait être à refaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

BIO

Né à Reims le 17 Novembre 1946. Lauréat de l’Académie française, chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres, Poète, peintre abstrait, essayiste, ex-animateur radio culturelle ( + de 1000 émissions) conseiller culturel et responsable d’expositions dans divers organismes nationaux et européens, rédacteur de nombreuses revues, fondateur de prix littéraires, il a mené des actions avec Amnesty International, Poètes sans frontières etc, pour la liberté d’expression des artistes et écrivains dans le monde. Titulaire de nombreux prix, dont le Prix européen Jean Monnet, le Prix Jean Cocteau, le Prix de poésie du Festival d’Avignon, le Prix Wilfrid Lucas, le Prix Michel-Ange, l’Orphée de la poésie, etc. etc.
Il a édité plus d’une trentaine d’ouvrages et livres d’artistes, dont en bilingue français-roumain, traduits par la poétesse et femme de lettres Manolita Dragomir-Filimonescu, « Fragilité des signes » éditions Augusta 2011, « Encres mêlées » éditions Marineasa 2003, « L’alphabet de silence » éditions Augusta 2007 et très récemment « Le regard du miroir » éditions ArtPress 2011.
D’après lui, l’objet de langage en poésie est lié à celui de la musique intérieure : le « miracle » de la poésie réanime la vie, c’est peut-être encore la seule espérance possible encore offerte à l’homme. Il y a dans la poésie le sens d’une imprégnation d’infini et d’éternel. La poésie tisse ses rêves, jusqu’à croiser l’extase.

http://michelbenard.eklablog.net/

Articles similaires

Tags

Partager