Michael O’Keefe

 

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(USA)

 

 

L’acteur Michael O’Keefe a été nominé à Golden Globe et aux autres Prix importants de l’Académie de films américains.
Il a joué dans les films suivants :
Michael Clayton, Frozen River, The Pledge, Ironweed, The Great Santini and Caddyshack.
Beaucoup de collaborations avec la Télévision américaine: Parmi d’autres, le rôle de « Fred » dans Roseanne.
Apparitions dans: The West Wing,
Law and Order, House M.D., The Closer and Brothers and Sisters.
Il a joué sur Broadway dans: Reckless, Side Man,
The Fifth of July and Mass Appeal, pour ce rôle il a reçu le prix de théâtre: Theater World. Comme écrivain, il a souvent compose pour la chanteuse rock Bonnie Raitt, son exfemme.
Il a eu une très belle collaboration avec le chanteur irlandais Paul Brady et avec beaucoup d’autres auteurs de musique.
Ses textes sont publiés BOMB, Lake Affect and Chaparral.
Il est licencié en littérature, après des années d’études et un travail final, dans le cadre du Bennington College.

 

 

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RD: – Cher Michael O’Keefe, vous êtes un acteur américain connu, acteur de cinéma, producteur de télévision, artiste complexe. Vous êtes nominé à plusieurs prix importants, vous avez obtenu des prix et des récompenses remarquables, vous vous intéressez au bouddhisme, vous respirez, on peut dire, l’air magique des cimes cinématographiques… Dites-nous, s’il vous plaît, comment êtes-vous devenu acteur?

 

MO: – Enfant, j’ai été très actif, je voulais apprendre et faire beaucoup de choses. Je suis allé à l’école, j’ai étudié, j’ai vécu de belles expériences comme jeune homme, parmi d’autres, j’ai même donné un coup de main au lancement d’un théâtre à New York, dit « Le Laboratoire », le Théâtre Colonnades.
J’ai travaillé sur des séries TV et des films, déjà depuis l’âge de dix-neuf ans. A l’heure actuelle, presque cinquante ans plus tard, je me sens très à l’aise sur les plateaux de tournage.

 

 

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RD: – Quelle est votre plus belle satisfaction dans ce monde du « dire », de l’art oratoire? Un monde très compétitif, où il faut se battre pour retenir l’attention des régisseurs et metteurs-en-scène …

 

MO: – Franchement, je ne suis pas entièrement satisfait en tant qu’artiste, peut-être que c’est ici la raison qui me pousse à continuer. Je pense toujours qu’il ya quelque chose d’autre que je désire et que je n’ai pas obtenu dans ma vie d’acteur. Donc, pourquoi m’arrêter ? ! Je continue à chercher ce que je n’ai pas eu.

 

RD: – On dit de plus en plus souvent que le monde d’un acteur ressemble à celui d’un athlète. Doit-il, l’acteur, être toujours jeune et en bonne forme, comme un sportif, pour faire face aux nouvelles vagues de talents qui arrivent de partout?

 

MO: – Ah, je ne crois pas que ce soit nécessaire ou utile de s’entraîner comme un athlète pour être et rester un acteur dans le vent. Je me sens en bonne forme, c’est vrai, mais cela juste parce que je tiens à vivre dans un corps en bonne santé. Il y a des merveilleux acteurs qui ne sont pas en très bonne forme et pourtant ils ont du succès.

 

RD: Comment vous sentez-vous parmi vos personnages de film ? Comment vivez-vous avec et dans les sentiments de vos personnages? Il y a beaucoup de mots à apprendre, à mémoriser, à sentir, il y a des dialogues à rendre vivants, et puis, en dehors de la scène, il y a la terre ferme qui vous attend, le monde réel, rapide, concret et différent de celui d’un rôle cinématographique.

 

MO: – Je trouve qu’il y a des choses importantes dans la vie de tous les personnages que j’ai joués. Parfois, je m’identifie à mes personnages et alors, je me coule dans l’eau de leurs sentiments, j’y nage et me modifie et me fortifie. Mais quand je rentre chez moi, dans ma vie privée, j’essaie de ranger cela sur « les étagères du travail », je ne mêle pas théâtre et vie personnelle. Dans le monde réel, en dehors de la scène, au-delà des caméras, je veux être moi-même, dans le monde réel et seul avec ce monde.

 

RD: – Comment choisissez-vous vos rôles dans un film? Ce sont les paroles de vos personnages, les dialogues qui vous charment? L’action? Les caractères à incarner ? Ou c’est autre chose qui détermine vos choix?

 

MO: – Mes rôles ? Oui, j’ai choisi certains rôles et en revanche, on peut affirmer qu’il y a des rôles qui m’ont choisi. Comme tout acteur, je prends d’autres rôles, pour des raisons financières, puisque je suis payé pour …

 

RD: – Est-ce que la vie d’un acteur a des éléments en commun avec celle d’un pécheur à la ligne, qui attend au bord d’un fleuve, et regarde avec patience et espoir, le « je »(u) mouvementé de la ligne. Avez-vous une autre métaphore pour expliquer les états d’âme d’un acteur dans l’attente de ses rôles?

 

MO: – Je ne sais pas…, la vie d’un acteur ressemble-t-elle à la vie d’un pécheur sur une rive !? Je connais un vieux dicton zen sur le métier de l’enseignant. Que dit ce dicton-ci ? Il dit que l’enseignant vend de l’eau sur le bord d’une rivière. D’une certaine manière c’est ce que font les acteurs. On leur donne à s’imaginer une vie, une autre, et quand ils la jouent, ils sont payés pour ce « je »u à /de la vie.

 

RD : – Avez-vous un rôle préféré dans votre palmarès d’acteur?

 

MO : – Lorsqu’on me demande quel est mon rôle préféré de ma carrière d’acteur, je dis que je n’ai pas de rôle préféré. Mon rôle aimé c’est d’être un bon acteur, un rôle que j’ai toujours voulu.

 

RD: – Quels rapports entretenez-vous avec vos personnages de film, une fois les années passées? Deviennent-ils de bons souvenirs? Vous suivent-ils encore?

 

 

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MO: -Tout dépend du rôle. Certains rôles sont très significatifs, comme par exemple le rôle de Ben Meecham dans « The Great Santini. » Jeune à ce moment-là, j’ai travaillé avec Robert Duvall et nous avons fait quelque chose de mémorable ensemble, je pense. Ce bon souvenir m’est resté en tête des années et des années. D’autres rôles ne sont pas AUSSI significatifs, mais quand même, je suis toujours reconnaissant de les avoir eus.

 

RD: – Cette édition de notre magazine est dédiée à l’ENFANT. Nos invités, écrivains et artistes, nous ont parlé de leur enfance. Pourriez-vous nous dire, également, quelque chose sur « Comment était RAYMOND MICHAEL, enfant? » Heureux? Rêveur? Amusant? Récalcitrant? Timide? Philosophe? ? Ambitieux? Comment se sentait-il dans le monde des grands/adultes?

 

 

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MO:- Franchement, je n’ai pas été un enfant gâté par la vie, j’ai plutôt été un enfant en difficulté. Une raison pour laquelle j’ai reçu le rôle dans « The Great Santini », EST- puisque je savais ce que c’était d’être élevé dans une famille nombreuse. Je suis l’aîné de sept enfants. Dans notre famille, tout le monde réagissait différemment. Moi, personnellement, ouf, je ne m’entendais pas bien avec mes frères et sœurs. Et un jour, lorsque j’ai eu dix-huit ans, j’ai pris la décision de partir, de prendre mon envol et j’ai déménagé.

 

 

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RD: – Qu’est-ce qu’il reste encore de ce gamin dans le corps et la pensée de l’adulte que vous êtes, maintenant?

 

MO:- Ce qu’il en reste ? J’utilise souvent mes souvenirs d’enfance comme source d’inspiration dans mon travail d’artiste. Mon livre de poésie a de nombreux poèmes sur ma relation avec mon père, ma mère et ma famille, au fur et à mesure que j’ai grandi. Vous savez, la jeunesse est un terrain fertile pour la vie artistique de l’adulte.

 

RD: – On dit, en général, que notre enfance influence beaucoup la « devenance », ce qu’on devient plus tard. Est-ce vrai dans votre cas?

 

 

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MO: – « Devenir adulte » est, en quelque sorte, un devoir de l’enfant et vice-versa, si je peux dire. Constamment, nous devenons quelque chose. Moi, je suis en train de devenir moi-même.

 

RD: – Quels étaient les modèles de la vie de tous les jours, les idéaux, les idoles de l’enfant que vous avez été?

 

MO: – Hélas, je n’ai pas été un très bon élève jusqu’à ce que je sois devenu adulte. Pas de modèles de professeurs ou de mentors dans ma vie de jeune garçon. Mais bon, comme tout adolescent, je regardais la télé : je voyais pas mal de films classiques, c’est vrai que j’aimais regarder des films. Ensuite, j’ai beaucoup fréquenté les théâtres à New York, essayant de comprendre comment les acteurs ont fait ce qu’ils ont fait. Cela fut ma plus belle leçon, mon plus beau cours de théâtre, j’apprenais tout simplement en observant avec attention et passion un bon travail.

J’aime aussi écouter de la musique. Mes compositeurs préférés sont, sans aucun ordre particulier, Patty Griffin, Stephen Sondheim, Jackson Browne, Jonatha Brooke, et Paul Brady et je pourrais en citer d’autres. Qu’est-ce qu’ils ont tous en commun ? Des airs mémorables et des merveilleuses paroles.

 

RD: – A part votre travail d’acteur de Télé et de Cinéma, vous pratiquez l’écriture, vous écrivez des livres. Vous aimez écrire…

 

MO: – Oui… j’écris par plaisir. A Bennington College, j’ai obtenu une maîtrise en 2006. Ma thèse fut publiée dans un livre: « Swimming From Under My Father. »

 

 

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Depuis, à part la poésie, je me suis mis à écrire des romans. Poésies et romans. En même temps, je me préoccupe de l’écriture de quelque chose de nouveau : je prends des notes pour concevoir un mémoire.

 

RD: – Quelle relation y a-t-il entre votre travail d’acteur et l’univers de votre poésie?

 

MO : – A part le fait que je suis la même personne qui écrit que celle qui dit et agit en mon nom d’acteur, je ne pense pas que mon travail d’écrivain ait grand chose à voir avec mon travail d’acteur, ce travail destiné aux caméras n’influence pas mes sensations lyriques. J’aime me perdre dans le « là-bas » de la poésie, lorsque je quitte les plateaux de cinéma.

 

RD : – Quelles sont vos sources d’inspiration lyrique?

 

MO: – La vie de tous les jours, ma vie à moi. J’écris comme je vis…

 

RD: – Qui vous a donné le goût de l’écrit ? Qui vous a transmis cet amour pour la parole écrite ?

 

MO: – Moi-même. J’ai commencé à m’intéresser à la poésie comme adolescent. La lecture des Beats, Ginsberg, Kerouac. Plus important encore pour moi fut Gary Snyder, qui est moins connu mais qui est tout aussi important que les autres et qui écrit encore aujourd’hui. Snyder est même allé au Japon pour étudier le Zen. Cela pendant douze ans et Gary Snyder, c’est quelqu’un de très significatif pour la propagation du bouddhisme en Amérique, pendant les années 60. Autres poètes américains qui m’ont inspirés sont : Whitman, Emily Dickinson, William Carlos Williams, Théodore Roetke, et Robert Lowell.

 

RD : – Vous aimez la poésie française ?

 

MO : – Oui, je lis surtout Paul Eluard, Apollinaire et René Char.

 

RD: – Quel est le plus important message de vos écrits? Un message engagé, peut-être…

 

 

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MO: – Je n’ai pas à délivrer de très importants messages. J’écris sur des choses ordinaires et j’espère pouvoir transmettre, à travers mes écrits, l’exceptionnalité du quotidien. En tout cas, j’écris beaucoup. J’aime écrire.

 

RD: – Et le bouddhisme? Que symbolise-t-il pour Vous? Une autre forme de poésie, le besoin d’une paix intérieure?

 

 

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MO:- De mon point de vue, le bouddhisme ne symbolise rien. Au moins, il ne représente pas quelque chose de particulier pour moi. Je l’étudie pourtant. Le Zen a de nombreux aspects et il m’aide dans mes efforts artistiques. Peu importe combien de temps je l’étudie, je n’y perds pas l’intérêt.

 

RD: – Est-ce qu’un acteur, vraiment, peut rester ZEN, quand il joue, par exemple, un rôle d’amoureux, de révolté ou de subversif? Ou, disons, de provocateur… Il y aurait-il un vrai contraste entre l’esprit calme, serein, pacifiste de la philosophie bouddhiste et le monde agité, fou-furieux et surtout glamour du cinéma?

 

MO:- Être zen dans la vie de tous les jours ne signifie pas que vous devez l’être aussi pour et sur l’écran. Être ZEN veut dire être détendu. Être speed ou calme comme acteur, jouer des personnages dramatiques, excités, ou dangereux, tout en maintenant votre propre santé mentale, grâce à votre esprit ZEN, oui, cela aide, cela protège. Donc, pas de conflit entre être un praticien zen et être un acteur qui joue des personnages l’un plus différent que l’autre et des caractères antagonistes.

 

RD: – Et votre poésie ? Que vous apporte-elle ?

 

 

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MO: – Ma poésie pourrait être considérée comme une poésie personnelle, sortie de mes confidences (confessionnelle ?!), comme celle de Robert Lowell ou de Sylvia Plath, auteurs qui ont eu une grande influence sur moi. Et l’écriture, en général, me donne la chance de me retrouver dans ce que je ressens et pense, elle m’offre le droit à la profondeur de l’intime. Donc, j’écris pour mieux me connaître, pour savoir comment je me sens, comment je vis… Parfois c’est de la poésie, parfois, non… Mais c’est vital de m’écrire et de me décrire.

 

RD: – Dans vos moments de solitude, vous méditez à l’avenir? Ou?

 

MO: – Je n’en sais rien. Quand je médite, je ne médite pas à l’avenir… J’aime agir… En écrivant, je médite à ce «maintenant » changeant.

 

 

 

 

 

 

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MICHAEL O’KEEFE primé pour/ Advanced Praise for

Michael O’Keefe’s
Swimming From Under My Father

 

 

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Thomas Carlyle wrote, “Mirth resting on earnestness and sadness, as the rainbow on black tempest: only a right valiant heart is capable of that.” Michael O’Keefe’s Swimming From Under My Father gives us narrative poems that bring humor and loss into wondrous relation. There’s an ease of voice here, and a reverent irreverence that evokes the Beat Poets’ vibrant, jivey spiritual energy. (“Burn your maps Baby. The path: ashes.”) Alcoholism, deceit, love, forgiveness, regret, death; Noah’s Ark in the California desert, goofball Zen koans and an octogenarian Romanian rabbi hitchhiking: it’s all here, handled with a hard won sense of the absurd. Never ponderous, the poems are buoyed by clarity and candor. This book contains some of the best poems about losing a parent I have read, poems from “a right valiant heart.” -Amy Gerstler « The poems in Michael O’Keefe’s collection, “Swimming From Under My Father” are a testimony to the double edge of trying to navigate a way out while also attempting reconciliation. While his music is borne out of the
observed life–the larger project is of whatever one can make out of the dance between souls, kin or otherwise. Ultimately, and despite some harrowing relationships, it is O’Keefe’s own voice that carries the day’— his response to Pound’s “Poetry is news that stays news” is “You are the news!” -Sophie Cabot Black These are compellingly accomplished, earned poems that reveal a world both precisely felt and observed, the product of a distinctly disciplined perspective and a wealth of experience. Michael O’Keefe’s poetry is a genuine gift for which I remain deeply grateful. -Sam Hamill

Michael O’Keefe’s poems are agreeably cosmopolitan and witty, and his voice is authentic/contemporary. I’m particularly impressed by a sequence of father poems which is both unusual in its compositional strategies and very moving. -Ed Ochester

 

www.michaelokeefe.com
www.pasadenaplayhouse.org

 

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Reporter : Rodica Draghincescu (France)
www.draghincescu.com

 

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