Martine Frequelin

 

C:\Users\rodica\AppData\Local\Temp\Photo Martine.jpg

 

 

Professeur de bureautique

(France)

 

 

                                 

 

 

 

DEVINETTE LITTERAIRE

 Play along !

 

En lisant, en écrivant, en usant et en abusant du mot comme (adverbe & conjonction), à travers des constructions idiomatiques, j’ai élaboré pour ceux qui aiment la littérature et les jeux créatifs, une devinette littéraire. C’est un jeu qui requiert à la fois de la mémoire, de la logique, de la créativité, et de la perspicacité.

Pour stimuler et co-intéresser les lecteurs qui vont jouer avec moi, j’utiliserai des mots-miettes, des interrogations, des citations, des extraits d’interviews, des aphorismes qui évoquent l’écrit/l’écriture/les enjeux de l’imagination, plus explicitement  le style d’un écrivain français contemporain.

Mon jeu a été conçu tout autour de cet écrivain, en vue de faire revisiter ses œuvres un peu tombées dans l’oubli.

J’inventerai une situation de jeu culturel. Je jonglerai avec les paroles et les syntagmes de l’écrivain choisi et je ferai du mot « comme » une sorte de phare vers les livres de cet auteur… Le « comme » vous ouvrira des portes lumineuses. Je jouerai à cache-cache avec les chercheurs/joueurs qui essaient de me suivre et de deviner le nom de l’auteur dont je vous parlerai progressivement, en inventant cette conjoncture, cette circonstance ludique!

Le cadre du jeu sera l’espace même de votre écran. Comme en plein air, mais cette fois-ci directement sur  l’écran de votre ordinateur, ou comme dans une grande maison pleine de meubles et d’objets, je cacherai pour vous (et de vous) de petites phrases ici et là, à la portée de votre œil et de votre main, des débris de phrases, bref : des indices, des repères vers le lieu où se trouve, caché, le nom de l’écrivain.

Un écrivain que je considère encore intéressant, bien qu’il soit un peu oublié du grand public.

Il est important de délimiter à l’avance le lecteur autorisé pour ce jeu.

Je désigne ainsi, de loin, comme joueur, toute personne qui aime lire des livres et qui, bien sûr, me lit en ce moment. La personne qui me lit partira avec moi tout au fil (et sur le fil) de mon histoire, à la recherche de l’identité de mon écrivain mystérieux ! Si la personne qui joue avec moi, trouve la réponse, elle pourra l’envoyer par écrit à l’adresse électronique de Levure littéraire. Si la réponse est exacte, la personne sera désignée gagnante et aura une petite surprise de la part du comité de rédaction de notre revue.

 

  MISE EN SITUATION :      

 

Et si on s’amusait au jeu des indices comme aiment le faire les enfants ? Mon jeu  consiste  à vous présenter un écrivain caché parmi mes propres mots et parmi ses propres paroles. A vous de le reconnaître ou de le découvrir en fin de partie. Comme  j’ai pris un certain plaisir à imaginer ce petit jeu, j’espère que vous n’allez pas vous ennuyer comme un rat mort.

 

Allez,  Prêts ? C’est parti !

 

Un  écrivain de sa génération, qui est aussi la mienne. Le plus doué, le plus original, le plus libre – à l’écart des modes, à l’écart de tout –, mais aussi le plus émouvant, le plus juste comme on chante juste, comme on juge juste.

 

L’un des rares qui nous aident à vivre, qui nous éclairent, qui nous élèvent, et parmi ceux-là sans doute le plus purement poète – c’est pourquoi il réussit moins dans les romans –, mais aussi le plus fraternel, le plus simple, le plus léger, au bon sens du terme (« sans rien qui pèse ou qui pose », dirait Verlaine).

 

Comme un peu d’angélisme le menace parfois, peut-être est-ce la raison pour laquelle ses livres ne se vendent plus comme des petits pains ? Dommage vraiment car il écrit au plus près du silence, au plus près de la solitude, au plus près de la mort, et c’est ce qui le rend tellement vivant, tellement bouleversant de grâce et de fragilité. Et puis, quelle vérité, le plus souvent, quelle profondeur, quelle force !

 

Pourquoi je l’aime ? Simple comme bonjour, pour sa clarté fraternelle, comme un sourire qui ne ment pas. Son œuvre sensible et poétique, nous montre le monde comme on ne  le voit plus.

 

Vous avez une idée ?

Non pas encore ?

Normal, ce n’est pas encore clair comme de  l’eau de roche.

 

 

Autres indices : quelques réflexions lors de ses interviews :

 

 "Chez moi. Je ne prends pas de notes. Je n’ai pas de carnets dans mes poches, je n’ai pas de regard à vif ou avare sur la réalité des jours. Je me contente de vivre comme peut le faire chacun de nous. Il y a des choses dans cette vie qui tout d’un coup m’éblouissent, m’arrêtent. Celles-ci, je ne les oublierais pas".

 

"Je n’invente rien. Écrire est peut-être juste une manière de noter sous la dictée des choses. L’idéal serait des livres comme une volière en papier à l’intérieur de laquelle l’oiseau chanterait et dont la porte serait ouverte jusqu’à la fin des temps."

 

"Au moment, où je vous parle, je vois un vent un peu coléreux qui vient saisir des feuilles de vigne vierges empourprées et secouer le feuillage d’un chêne brunissant. Ce sont des choses comme ça qui sont passionnantes et très difficiles à saisir avec des mots mais qui sont tellement fragiles qu’elles disent quelque chose de l’éternité".

 

"Je me suis trouvé dans un hiver et devant la fenêtre : près de la table d’écriture, j’ai vu passer une petite neige, ce genre de neige qui meurt à peine a-t-elle touché le sol. J’écrivais à ce moment-là sur Port-Royal, j’ai pensé que c’était « comme si » une religieuse mourait au matin même de sa prise d’habit".

 

Commencez-vous à voir de qui je parle ?

 

Lancez-vous, s’il vous plaît !

Y-aurait-il parmi vous des paresseux comme un loir ?

Ne soyez pas timides comme un soupir.

Dites moi quelque chose mais ne restez pas muets comme une carpe !

Tant pis, je continue mes petits indices.

 

Que dire sur lui ou sur son  écriture ?

 

Il coule comme l’eau sans mémoire autre que celle de l’amour. Son écriture va à l’essence des plus petites choses pour les capter dans leur simplicité originelle et les faire émerger de l’insignifiance où elles se perdent habituellement. L’infini est en lui comme chez lui. Abandon, générosité, absence et amour, tout cela finit par sourdre de ses livres, comme des  « boîtes à musique remplies d’encre ».

 

Difficile de vouloir trop rendre compte de ses mots car il a la fragilité colorée  comme celle des ailes de papillon. Alors simplement, tentez de le lire un jour long comme un jour sans pain pour peut-être devenir sensible comme Mozart.

 

Il fait partie de ces rares écrivains qui donnent une puissance de rêverie et d’attention au réel stupéfiant. Il n’invente rien, ne cherche pas à nous épater à coups de grandes phrases, se contente de porter le regard autour de lui, d’observer le monde qui l’entoure et les gens qui s’agitent ou ne s’agitent pas, c’est selon.

 

Une écriture humble, économe, qui suggère plus qu’elle n’assène quand il ausculte ses contemporains au travers d’une prose brève comme un éclair de lucidité.

 

C’est un homme en retrait par ses pensées si lumineuses et comme il sait si bien parler de sentiments infimes avec des mots diaphanes !

 

Alors ? Vous commencez à avoir une petite idée ? Juste une petite idée.

Chut…

Attendez encore la suite pour être sûrs d’avoir la bonne réponse.

Quelques unes de ses citations pour vous aider :

 

« Le jour de notre mort traverse chaque jour de notre vie comme une eau sombre dans l’eau limpide, mais nous sommes trop agités pour le voir et saluer comme il convient notre proche disparition dans toutes les présences du monde. »

« Nous n’habitons pas des régions. Nous n’habitons même pas la terre. Le cœur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure ».

 

« Les maisons sont comme les gens, elles ont leur âge, leurs fatigues, leurs folies. Ou plutôt non: ce sont les gens qui sont comme des maisons, avec leur cave, leur grenier, leurs murs et, parfois, de si claires fenêtres donnant sur de si beaux jardins. » 

« La joie c’est de n’être plus jamais chez soi, toujours dehors, affaibli de tout, affamé de tout, partout dans le dehors du monde comme au ventre de Dieu. Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu’un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l’âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel. »

« Je lui parle en souriant, comme il convient de parler à ceux que l’on aime. Mourir, c’est comme tomber amoureux : on disparaît, et on ne donne plus de nouvelles à personne. »

 

« Vouloir ce que l’on aime, et il faut le vouloir d’une volonté profonde, pure de toute impatience, comme obscure à elle-même. C’est fou ce qu’on peut dire comme bêtises pour retenir les gens – et c’est fou comme les gens croient aux bêtises qu’on leur dit. »

 

« Le besoin de créer est « dans l’âme comme le besoin de manger dans le corps ».

 

« J’ai toujours craint ceux qui partent à l’assaut de leur vie comme si rien n’était plus important que de faire des choses, vite, beaucoup. »

 

« Celui qui attend est comme un arbre avec ses deux oiseaux, solitude et silence. Il ne commande pas à son attente. Il bouge au gré du vent, docile à ce qui s’approche, souriant à ce qui s’éloigne. »

 

« La lecture, mes amis, c’est comme la parole d’amour ou comme Dieu le Père : jouissif en diable, charnel d’abord. »

 

« La vérité, vous la dites, et elle vous attire des claques ou des félicitations. Et le pire c’est que, dans un cas comme dans l’autre, personne ne vous croit plus».

 

« Faire l’amour en cachette, c’est comme voler des bonbons à l’épicerie. C’est délicieux ».

 

« Les mots sont comme les gens. Leur manière de venir à nous en dit long sur leurs intentions. »

« Écrire et voir, c’est pareil, et pour voir il faut la lumière. Le paradoxe, c’est qu’on peut trouver la lumière dans le noir de l’encre. C’est comme de la nuit sur la page, et c’est pourtant là-dedans qu’on voit clair. »

« Marcher dans la nature, c’est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles. »

« Le courage n’est pas de peindre cette vie comme un enfer puisqu’elle en est si souvent un : c’est de la voir telle et de maintenir malgré tout l’espoir du paradis. »

 

« Vouloir expliquer le monde, c’est comme vouloir faire entrer des roses dans un vase à coups de marteau… »

 

« Ce que j’attends d’une conversation, c’est de l’air. »

 

« Il y a un critère de la vérité, c’est qu’elle vous change : ça bouleverse comme un amour, la vérité. »

 

« Quand enfin quelqu’un se débarrasse de ses épaisseurs qui sont de pauvres armures : le savoir, la conscience de soi, la bienséance parfois, l’habitude, toutes ces choses qui servent d’écrans, de murailles, de vêtements lourds que l’on met sur soi. »

 

 

Vous avez trouvé ?

Oui ?

Non ? 

Presque ?

 

Dernier indice :

 

Né au Creusot, Saône et Loire, le 24/04/1951. Après avoir étudié la philosophie, il a exercé divers métiers, dans des bibliothèques, des musées, des librairies; il a également été infirmier psychiatrique.

 

Ami du philosophe Comte Sponville. Le premier écrit publié dans le début des années 80 dit ceci : "Tu me demandes si j’écris encore…"  Il a célébré le peu, le moindre et le presque rien.

 

Ses titres le résument mieux qu’une confession : il cherche "le Très-bas", prône "L’éloignement du monde", n’est inspiré que par "L’enchantement simple", exalte la "Souveraineté du vide", compose "l’Eloge du rien" confie sa plus grande douleur comme  "La plus vive", hommage à son amie, morte à 44 ans d’une rupture d’anévrisme.

 

Il n’a qu’une ambition : "Ressusciter"

 

J’espère que vous n’avez pas trouvé ce jeu d’indices ennuyeux comme un jour de pluie ou "comme ci comme ça"…

 

Peut-être qu’une personne parmi vous, fera partie de cette sorte de club d’amateurs, des amoureux de (…) pour s’arrêter un instant de s’agiter en tous sens comme nous le faisons tous et faire silence pour goûter aux mots. Si cela était, sans être fière comme  Artaban,  je serais  gaie comme un pinson pour avoir su vous donner envie de le lire. Sinon, comme je serais déçue !

 

Alors ? Vous avez trouvé ? Levure littéraire attend votre réponse…

 

 

A + ! 

Articles similaires

Tags

Partager