Martine Cros

 

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(France)

 

 

Portée onirique de l’étreinte

 

Poèmes

 

***

 

 

 

I

Hors de portée

 

Irréelle à la frontière des terres

retenue en lancinante tombée

 

Du jour

          Des feuilles

                          Des voiles

                                        Des masques

 

A rapprocher les mains, sans prier,

et recueillir le fruit de l’union 

 

L’abîme et la grâce

              L’envie et l’étoffe

                          L’innocence

                                       Et l’entaille des couteaux.

 

 

Les douleurs d’enfant

assiègent les fardeaux. 

 

Quitter leur oubli

 

Le doigté déshabille

la chrysalide

rescapée des barbelés

Quitte à déchirer quelque lambeau de pluie

 

Dans ce nouveau pays

Où la chaleur sera l’unique robe

Je sens mon corps à la dérobe

Car sur ce quai désert j’attends ton baiser.

 

 

 

 

***

 

II

Lumen

 

Les tombeaux des luminaristes me lisent la portée du jour.

En lumière co-existent — le monde paré des hymens

— ténèbre et lumière exorcistes — enluminures d’amour.

Là-bas l’abat-jour rabat-l’ombre, ici chante Lumen.

 

***

 

III
J’en rêve.

 

Ethérique,
Automniesque,
Hivernales…
Printempéries.

Maléfique,
Angélique,
Simiesques
boréales
en vie.

*

Feu tout flamme,
en enfer
comme au Paradis,
J’hérésie.

J’apologe
Je féline
J’envole loin,
Jeux câlines,
Je gamme symphonique
et danse

…j’abondance.

*

…Féérique,
Orgiesque,
Je m’on irise.

 

***

 

IV

Chœurs déliés

 

Je ne me lasse    de me laisser immiscer    sous la lune que la rousseur revêt    par le tissu des pensées    qu’exhume    un non-temps sans coutume    passé cloué à l’enclume    je préfère les secrets qui rompent et dissonent    sous les arches indociles    du cachot de la vérité    seule de ma petite voix    même ma voix ne m’entend pas    les chœurs déliés rallient    sous la lune que le soleil revêt    l’éclipse chantante des ténèbres.                 

 

***

 

 

 

 

V

D’amore

 

Dans l’encoche de la fenêtre

elles se sont avouées

tremblantes comme l’orée

d’une fête

L’une et l’autre part de l’être.

 

En bas de l’escalier

des coups percutants

heurtent le heurtoir huant   

déchiquetant

L’une et l’autre part du temps.

 

Elle unie désunie d’elle

(occhi soli d’amore murmurant)

à la meute/à la porte          crie – arrêtez maintenant

à l’un à l’autre des battants.

 

Elle hurle la détresse

Elle hurle la ruelle      la nacre fissura

Les murs bavent la pierre

et l’eau les toits.

 

Emporte la boue

Escorte la colère

En haut elle vibrante

mourante de ses peurs

 

dans les bras d’elles, s’éteint.

 

La mansarde se geint

— n’auraient-elles su chanter

leur Lacrime estreme

avant la fête —

 

( L’une ou l’autre part de l’être

doit mourir pour que l’autre soit )

 

***

 

VI

Voix

 

Le rêve du monde

appartient à ceux

ceux-là

croient que l’homme

peut  être seulement

meilleur.

 

Ce soir, il est barbare et

meilleur

bon et facétieux

danse et tue

donne       pleure.

 

Bientôt dès l’aube

il peut  être meilleur

         à part entière,

                   matière

                    vouée

à l’amour dont

rêve le monde.

 

***

 

VII

Lever de veille

(Lucidité)

 

A peine

nous dévêt-elle

 

       Elle va      claire-voie

sur les moussons passées

Ferme les volets

 

Vers les sables dormants

S’enlise

 

       Aile               miroie

Des poèmes avalés par la vague

Le soleil la pavane

 

Etreinte ondoyante

 

te reflèteras-tu

contrainte

sur les faunes nus

si le rêve meurt

 

 

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De ton arc bandé

ta flèche d’écume t’emporte

                  tu fonds

                 

aux portées fécondes

se forme le monde

de rayons

                    où

il aime au lever se lover

 

Nos songes

t’ont perdue de vue

                   

ils respirent la

              matière première.

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

Note : Les deux premières aquarelles sont l’oeuvre de  Turner ("Sur le grand canal", et "Près de l’Arsenal"), la troisième peinture,  "Les vitraux de Notre Dame d’Aubin", appartient à  D.Coulet/J.D.Fleury, et  les dernières sont l’oeuvre de Martine Cros.

 

 

Martine CROS est née le 12 juin 1963, à Berlin, d’un père biterrois venu du sud de la France danser avec sa mère berlinoise tout au nord de l’Europe. Elle a vécu de nombreuses années à Nancy où se déroule sa scolarité ; à Metz, elle passe 3 années à l’institut de travail social. Depuis plus de 20 ans, elle s’est installée en Bourgogne, vers Dijon.

 

Elle a toujours écrit des poèmes depuis sa tendre enfance. C’est son fil conducteur, de funambule, sa colonne vertébrale, sa pensée permanente, les pulsations de son cœur.

 

Sa passion est d’écrire, son rêve est de peindre à nouveau, et elle souhaite se remettre au piano. Rien que cela…

 

 

Son blog de poésie :

http://allerauxessentiels.over-blog.com/

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