Lydia Paul

 

Lydia Pau

 

(France)

 

 

 

UN MATIN FROID

 

La foule comme un cordon de bras

en guerrier de l’inconscient

forme une frontière  difficile à fendre

elle piétine  en cadence  sur le pavé

le regard vers l’infini…

 

Femme, fille, enfant, ont rejoint les hommes

La colère monte, les spasmes soulèvent les poitrines…

 

Le bar du temps est encore fermé

Le moment de boire, de rêver, de rire, est déporté…

 

En silence, l’œil glacé, la troupe avance

Un matin froid pour ce cortège

Les feuilles de neige

Font courir un bruit sur l’allée

Un souffle de vengeance

Un murmure de lutte :

 

Aucune peur face aux autorités

Le soir les ramènera-t-il  satisfaits

Triomphants, sans se bousculer.

La ville s’éveille

 

 

 

LE  SHAKER

 

Les idées se bousculent, se retournent dans la tête, les draps s’étirent, semblent former un toit sur nos secrets. « L’insomnie est la face sombre de l’imagination »…

Tout est permis : du réel à l’inventer, du gai aux plus infâmes pensées. La nuit permet de créer nos mensonges jusque dans les moindres détails. Elle organise minutieusement des plans de riposte, des représailles. La bataille du bien sur le mâle est enclenchée.

A cheval, à pieds, à vélo, sur les rails, tout y passe, rires larmes, le combat est acharné sur la volonté de rester couché et de dormir … Mais…

Le fil tendu, en équilibre, le funambule avance à petits pas, un coup à droite, rien, inspire–expire, est-ce pire ? Au milieu les yeux au plafond, le lit est le nid du désordre! L’agitation s’échauffe, à gauche palpitations, le sang s’exaspère dans les veines il bout d’impatience. La raison démesurée s’affole, CRIER, pourquoi pas, l’injustice, le supplice, les vices, les … les voisins on s’en fout !

– J’VEUX DORMIIIIIIIIIR !

C’est rien… Il inspire, il expire…

J’inspire, j’expire…

Est-ce pire ?

Les yeux au plafond ; le corps dans le lit. Ce  lit est le nid du désordre  où l’agitation s’échauffe : palpitations, pression dans le sang, veines exaspérées.

La raison démesurée s’affole. CRIER ? Pourquoi pas ? Dire l’injustice, le supplice, les vices, le tout ce qui ne va pas ?! En tout cas, on s’en fout des voisins…

Bref, pourquoi dormir ?

Calme, calme, inspire-expire, c’est pire ? COOL, facile à dire « passe -passe le temps ! Il n’y en a plus pour très longtemps  »  belle chanson.

La vie est une succession de souvenirs, de faits à faire et à refaire qui se collent à la peau, dans les tiroirs, bien planqués où jamais personne ne fait le ménage…

Bon, ce n’est pas le moment de trop y penser… Mais au lit, quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise, on réfléchit…

Et là l’air de rien, t’en ouvre un par hasard, t’entends la chanson, tu retrouves des photos, tu visites l’avant. Un peu de poudre de PERLIMPINPIN, vite, le tiroir se referme, le puzzle est constitué, chaque case est en place dans les souvenirs, les miens…« Les choses avaient une raison, un sens caché. »

La lassitude-attitude immobilise…

Je ne dors pas ! Les heures noires appuient sur les paupières comme un bandeau, le jour dissipe les lourdeurs sur l’estomac, il s’ouvre aux bruits et fait taire les torpeurs de la veille.

Je réfléchis à ça et à ça et à …, je deviens ON.

Tout est question de grammaire… On devient une autre personne.  On  conjugue qui on  veut être, au présent au futur. Dès le lever, ça y est, tu espères une douce nuit. Impossible. On se réveille pas pour dormir ou vice-versa…

 

DU SABLE, achetez du sable !!!!!

Le marchand de sable ne vole que rarement en nos contrées. Cela dissiperait les injures, les vilains potins, les espoirs et autres ingrédients du SHAKER, dont le cocktail est acidulé, voire explosif… Un goût aigre-doux-amer sur le sens du sommeil. La routine, la ligne tendue du funambule, l’ordre du jour .

Un goût aigre-doux -amer sur le sens du sommeil…

Je dois dormir !

La routine, la ligne tendue du funambule, l’ordre du jour ;

– JE DORS , JE DORS – JE DORMIRAI.

Non, mais   JE DORMIRAI !

 

 

 

LES DESAIMES

Motto : La liberté d’être seul…

 

Rideau d’où s’exhalent des vapeurs,

les gouttes tombent raides,

comme une rupture,

la pluie cache le paysage,

efface les couleurs que seul  anime  le soleil.

 

«   Au bout de combien de temps oublie-t-on l’odeur de celui qui vous a aimé? »

Combien de chambres à vide servent de refuges aux désaimés ?

Peut-être plus que vous le croyez…

Vous souriez, mais

un jour, un matin d’une saison incertaine ou

un soir d’un hiver prononcé, le froid se fera sentir pour vous.

« J’aime être avec toi, parce que je ne m’ennuie jamais  »

Me  résonne cette phrase qui semble fausse par sa simplicité, son évidence  à présent.

Tous ces jeux stupides, nos taquineries, nos complicités criaient de vérité.

Tes discours, nos discussions, les contraintes, les concessions sur mes défauts,

L’acceptation des tiens.

Nos qualités s’unissent dans les climats d’états,

elles soutiennent les mouvances des afflictions douloureuses.

Aujourd’hui si j’appuie là, je ne sens rien,

au pire cela fait un bleu si je pince pour vérifier.

Il m’en faut plus pour altérer mes convictions,

toutes ces questions ont une même réponse ;

POURQUOI ?

Je sais pas,   je cherche.

Depuis les vitrines, les miroirs, dans les articles des journaux,

partout où je me reflètes, je ne vois pas l’erreur.

Est-ce bien moi ?

Je ne reconnais plus, avec cette tronche,

tu t’ étonnes ?…

eh oui, oui je m’étonne quand même !

Il ne faisait pas le difficile certaines nuits,

Et aux repas à se goinfrer …

Et puis mes oreilles qui l’écoutaient ronfler.

Maintenant, le silence…

Le silence s’installe, com ’ le calme après une tempête insoupçonnée,

rien ne bouge, RAS , rien à secouer, rien à te demander. Surtout pas d’aller te laver, de t’habiller, d’ enlever ces pantoufles ridicules .

 

Je me parle pour me dire :

Allez, bouge ! Sors de ton corps

Surtout ne va pas te laver, t’habiller, n’enlève pas ces pantoufles ridicules.

 

Tiens…

la pluie a cessé, le temps s’éclaircit,

De ma bouche en  O  , sort un halo de fumée,

le soleil s’y met ,

ça a du bon , la liberté d’être seule…
 

 

 

 

 

 

 

 

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BIO

 

En passant par la Lorraine, région  où Lydia Paul est  née, comme dit la chanson, cette auteure a connu sur le fil de ses plus jeunes années, une période de « je me cherche et je ne me trouve plus », où la lecture était une perte de temps, une écrit-attitude mais par contre, la rédaction scolaire était pour Lydia, une belle occasion de mettre en jeu son imagination ! Lydia Paul a découvert les livres et la lecture, comme passion, grâce à l’écrit littéraire.

Aujourd’hui, elle active les mots, touille dans la marmite, l’alphabet. Malheureusement, à tout dire, elle n’est pas tombée dedans quand elle était  petite, surtout parce que dans sa famille les livres n’occupaient pas une place vitale.

Lydia dit de son parcours :

J’aimais la danse, le théâtre, le chant, le dessin. Bien plus tard, jeune fille, j’étalais mes états d’âme, remuant le sentiment sur le papier.

A présent, j’ai beaucoup plus d’ouverture pour le monde des livres et de l’écrit. Mes mots mijotent doucement. Les vapeurs d’histoires s’élèvent en tous sens. J’ai envie d’écrire des poésies, des écrit-dules  incrédules  pour moi, pour vous, chers amis lecteurs.

La popote papote, les papillotes libèrent un goût acidulé sur le bout des lèvres. Sorti de ma bouche en vain les cris, l’écrit en vain, des pensées à lire, c’est le délire, je me berce aux phrases, me délecte à l’idée, secrets, regrets, joie, désirs, tout y passe pour que l’écrit dure et perdure.

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