Judith Lefebvre

 

(Québec, Canada)

 
Infatigable mémoire audio

 

La remémoration en tilleul sous une voûte endormie chevauche les comètes qui se tiennent en équilibre sur des poutres chancelantes. Éveillée est-elle? Immense est-elle? Elle s’oublie peut-être sous la millionième tempête verdoyante lustrée de chansons divines inventées dans la ronde infernale des saisons. Nouvelles, ces dernières arrivent en chariot d’étain agrémenté d’opales opaques. Le paquet ensaché connaît le nombre de pensées fulminantes dans une boule d’idées. Des grenouilles agenouillées en silence dans les boyaux cervicaux à la mémoire infinie se portent volontaires pour produire le concept fumant avide de souvenirs. Tissée dans le cerveau musclé, la souvenance se rappelle son âge de préambule prédit en premier lieu.

 

Tout au début du commencement amorce un certain début d’un but. Il se commémore la fin déjà trop proche. Ce cervelet écervelé s’envole d’une lisière de cerf-volant en attrapant les grappes de mots imaginés, des non-dits mémorables. Marcher pour créer, pour essayer de capturer dans les filets pensionnaires de l’esprit. Les bouts de phrases puisent la source quelque part dans un puits embaucheur de création. Me délaisseras-tu si je te mets en captivité plus d’une semaine? Poésie sensorielle! Où ma mémoire recueille-t-elle les termes ignorés?

 

La mémoire-clé mnémotechnique des œuvres est complétée à l’heure des combats de lettres étonnées de renouveau. Elles dansent dans ma tête et se disputent incognito. Une voyelle contre une consonne. Une syllabe en échange d’une autre. Une sonorité en guerre avec les assonances et les allitérations. Un vers? Un pied? Qu’est-ce que ça change? Ils touchent tous les deux le sol tapé de l’hiver des mots.

 

La chute enneigée de paroles aromatisées tracasse les alarmes spatiospirites des consciences humaines. Le stade apprenti-alerte de la collectivité vivante s’assouvit de cette soif de monologue extérieur tachant le papier ou canal ou expression servant à transmettre un message. Un ouï-dire échancré aux doux murmures de septembre en passant par des bruissements de feuilles éventées, ils gambadent tous sur le conduit sonore précédé de la pensée réfléchie. Mûres sont les voix et à point seront les dialogues mijotés dans la soucoupe intelligente. Au-delà du son, porte une résonance interprétable en langage audio réverbérant. Les ondes, ces ultrasons en société communiquent entre eux entrouvrant leurs mandibules entrecoupées d’entre-deux de communiqués épelés lettre par lettre.

 

La requête réquisitionnée par des proverbes infatigables bruite les vibrations du tympan buccal. Les fatidiques chansons écoutent les conversations des mémoires sans fond. Les fables légendaires sonnent les cloches de l’apocalyptique fin méthodique prédéterminée par l’Ordre de la mémoire lettrée.

 

Le glas traqué étiré aux quatre coins de la pensée dépaysée fredonne les airs cognant les bruits absents : cillement des coups colériques. Les mots égorgés, extraits de l’intérieur de leurs bouches hurlent à la communication linguistique. Ô! Toi, prenant conscience de tous ces mots, le sens de cette œuvre m’a demandé d’être muet pour faire place à la conception des suites mémorisées.

 

 

 

Noir contradictoire

 

Le noir se contredit. Il nous rappelle la mort, mais aussi son contraire. Noire, elle me dévoile son côté positif, le rose! N’est-ce pas la couleur qui commence à s’infiltrer dans mon sang? Une fine tristesse rose, nouvelle énergie et clarté divine puisqu’il est Dieu. Je mélange le rose au bleu. Qu’est-ce que ça donne? Un violet tirant sur le noir! Son effet triste a disparu. Mon noir devient maintenant un noir vivant dans mon dictionnaire personnel. Pour moi, le noir a une signification positive. Il représente la force de la bataille. Je souhaite à tous les gens perdus de se retrouver. Pour ceux qui sont arrivés au bout de l’allée, entretenez-la bien! Il ne doit pas se refermer. Attention à l’incertitude!

 

 

 

Rougenoir

 

Colorant rouge ou éclat noir? Je dois choisir entre le sang et la nuit. Le velours doux touche le métal de mon bracelet en maillons. Ma bague reluit dans les veines de ma vie, comme si ma rivière se reliait. Je navigue sur les rues bleues de mon graphemonde qui tournoie en rotation irrégulière. Y circulent les nymphes sanguinaires et y flottent les anges déchus recréés à l’expérimentation de la biologie. Je tire un trait entre ces deux couleurs célèbres d’anonymat révélées à des intraterrestres. Les étiqueteurs les appellent gothiques d’identité. Ils les disent zombies de la création. Ces derniers marchent sur les os de la mort esthétique pour ne pas imaginer qu’ils dorment au pied de leur tombe. Glisseraient-ils à leur doigt la bague croquée de pierres tombales?

 

 

 

Oeil bleu

 

De noir encadré, le visage craqué composte de rouge veine. L’œil bleu de la nuit se rue sur des toiles du dieu non existant. Des évadés hurlent dans le gris perdu : « Dormez! Videz l’enveloppe! Tuez les orfraies! Coulez la veinule de sang d’une langue de vipère! Marchez! Tombez vers la gueule ouverte béante du froid! Vous gelez? Vous cristallisez? Taillez la place de l’Y infantile entre le blanc fantomatique et les pétéchies en exhalaison! Repliez la dermatose sur l’épiderme! Les prurits de votre peau verte en morceaux, la chair fétide assoiffée, en mal, une boue pour faciès, la bouche benoîte et l’irrigation se frayent un chemin dans votre vie de profil ».

 

L’œil traverse les orbites encerclées de rondeurs rougeâtres. La circonférence trace des lignes rouges à leur plus simple inspiration. Cet organe visuel se promène sur les routes corporelles. Il crache à l’éternité et à la beauté qui se fane! À tout ce qui luit, à ce qui berce, il calme une destruction massive. Il s’oppose à la verticale des lèvres purpurines. La mort s’incline à l’extinction de voix. La vision terrorisée tranche la transe détrônée de l’observateur de contrastes violents.

 

La pupille regarde, le cœur en gorge la suspension de ses paupières malades aux pires impuretés. L’œil se lève, tel un cadavre, la tête détachée du buste dénudé d’ecchymoses. Il ne se tortille plus de pâleur. Il gît, debout cloué au sol, sous les flèches toutes dirigées sur les épaules en souvenirs amnésiques. Des frontières sur la peau te démarquent! Nous fendons les pierres! Les vapeurs de silence hantent et mordent la glace décomposée. À son dernier soupir, les cercueils vivants sortent à l’heure où de macabres sentiers de l’automne sont corrompus par les feuilles dentelées sur ses mains étendues. Cours autant que tu voudras! La cryptomanie te suivra! Or, tu ne pourras jamais vraiment te cacher de ta cryptose! Tu fleuriras la pestilentielle pluie, effluve petrichor! Nous compatirons en voyant le trouble de tes grands yeux! Nous te pleurerons du spectre de l’œil bleu!

 

 

 

Page blanche à l’œuf

 

La page blanche omise de mots ne parle pas, mais elle imagine que ceux-ci se positionnent sur sa feuille sans couleur. De ce papier, s’absorbent les phrases incomplètes brouillées ovoïdes. Elles cuisent dans les mains de l’écrivain et deviennent tournées un peu plus loin, surélevées et reculées à la hauteur des yeux. De ce rectangle en format portait on chante une formule de magie désenchantée. Il susurre une parole en île lettrée de sa langue analphabète. Le papier s’arborise. Son écorce pâlit.

Les notes de musiques de son incantatoire s’échappent de l’œuf. À son attrait pur, son originalité naît au commencement des végétaux pagés. Au temps de bébé arbre, il n’y a qu’une fleur blanchie pour devenir papier. Elle a besoin d’un substitut, voisin de la légumineuse d’où sa blancheur tire ses pigments recolorés.

 

Les teintures trouées de lettres comme son jaune écrivent l’histoire de la page blanche. Elle est réécrite en différents tomes déroutants. De cette histoire, l’œuf s’avance sur une coquille d’œil globuleux. La paupière tente de réveiller les lettres endormies sur la page qui ignorent comment chorégraphier un texte. L’iris observe le déroulement de la danse oxygénée aux couleurs des mots. Les crayons transcrivent sur les yeux des œufs l’alphabet surdoué pour s’inspirer de sa signification originale. Un air au refrain mélodieux revient errer aux bordures de la page pour motiver le roman de continuer malgré l’inspiration manquante qui rampe depuis des heures. Elles cherchent en vain une source d’aération pour éventer les mots discontinués.

 

La page s’illumine tout à coup et tourne dans le sens antihoraire dans une bouffée de combustion d’un blanc d’œil. L’œuf ayant combattu le globe de l’arbre-adolescent se rebelle contre l’autorité du gouvernement de l’île lettrée qui ne savait où placer leurs lettres pour qu’elles forment ou reforment des mots. La danse des couleurs ne suffit plus à inspirer la page blanche observée à l’état enfantelet de l’arbre. Elle lui jette un sort. La tournure que prennent les phrases enroule la feuille de calcium. Ces dernières végètent dans l’espace interdit de mots et virent au vinaigre blanc lorsque vient le temps de transformer la magie en inspiration. Des émissions-radio entrent maintenant dans la phase inspirante et atmosphérique des pensées lettrées. Le texte se dessine sous les yeux de l’albumine. La pupille distillée se numérise pour être l’encre contenue dans cette page hypothétiquement non blanchie.

 

 

 

Cœur de piment

 

Cœur de piment, tu saignes de jaune, de vert, mais pas de rouge, car tu proviens du poivron, ta maison première. Tu habites dans une grotte légumière. Tu as toujours su vivre de bébés en devenir. Tu t’expatries de ta demeure à l’extérieur du monde. Tu t’élèves au podium du dictionnaire. Tu veux te redéfinir. Citrouille de Cendrillon, ton carrosse plein de fruits pimentés se bat encore pour les futures générations de courges. Tu as relevé le défi dérivé de crier ton identité, aberration de la nature ou le contraire, nain à la peau ratatinée le lendemain de la cisaille du cordon ombilical?

 

Comment gardes-tu toujours ces mêmes couleurs en toi, arrivées à terme de pigmentation? Tu tires sur l’orange Halloween. Ton rouge s’est mutilé. Ton vert se jaunit. Ton jaune se blanchit. Tu ne sais plus si tu deviens un adulte. Inscrit sur un de tes cartiers, dans les replis de ta pelure se dissimule la vieillesse de ta jeunesse prématurée. Quel âge tranches-tu?

 

Tu mènes ta vocation aux aurores boréales multicolores. Tu te caractérises d’un point blanc fixé à ta lumière rougie de feu. Un rond sinueux te borde d’épingles froissées. Tu te rides sous l’éclat doré. Tu planes au-dessus de ta tête endormie. Tu te reposes sur carton tâché d’encre de Chine. Déréliction aux couleurs chaudes, tu refroidis le désir de t’exempter de solitude.

 

Tu te laisses emporter par ton état de ta transe occidentale. De la musique d’amour pétré mouvemente ton quotidien depuis deux jours. Tu écoutes sans pouvoir parler cette même musique sans que ton maître humain se lasse.

 

Logé sur le dictionnaire, tu ne cherches pas tes mots pour trouver ta voix. Tu éblouis la couverture d’arbre transformé par tes colorations naturelles. Ton automne revigore la société de la nourriture. Cyclope bridé, tu lis ton cœur. Tu le feuillettes sous les battements de ton émotion de sang caillé bleu. Il se retourne contre ta puissance dérougie de ton visage.

 

 

 

La fille fantôme

 

Jouer aux cartes comme s’amusent des croissants de Paris sur la scène de la dame de pique s’apprend à l’échiquier des pions laveurs de vitres. Les chemises et les blousons solaires habillent les Filles du roi au sommet de la tour de Pise faisant la grue à la tour Eifel. Il pousse des petits pains dans la mer d’une cave à vin. Le spectacle en échec mat d’une pièce entame l’hymne pat à la partie. Un slogan pensé depuis hier n’égale pas les simagrées d’une fille en catimini. Les doigts repliés sur l’enfance. Elle attrape des bulles pour étirer son âge. Elle vend des billes au marché de glaces. On feutre un masque au théâtre berné. La jonglerie en bouteille encercle quelques pas de souris d’une gêne adéquatement gérée. Les gloussements rarissimes tintent les cloches d’une patinoire de larmes sur l’incompréhension des passants miséreux de l’invisible. Sous une coutellerie au sens caché gît une colère au signal tranche-tête. Il pleut des lacs de fourmis dans les tiroirs Nantes. Le cheval de la campagne verte revient au marché. Les étoiles ne grincent plus des dents. Les lunes ne se moquent plus du temps. Les astres ne désertent plus le plancher. La ceinture de Jupiter se resserre pour normaliser le sens de l’assimilation écolière. L’infant de beaux lieux chanterait une comptine si les pigeons se taisaient pour l’avant midi. Il se meurt un fruit dans le casseau à sardine grouillant de vie un pas dans le plat à petits pieds de cannelle. Les Jellybean s’habillent avec leurs pattes d’insecte substance du corps l’étant déjà. Ils vagabondent en escaladant les parois de la texture sur des crampons de mixture extraterrestre.

 

La France ne comprend plus rien à cet imbroglio. Ça culbute des fers à repasser en cacophonie de Bermudes d’arrache-pied qui prend l’avion pour CupCake City. Ensuite une hôtesse de l’air cherche la petite fille entre Washington et Sydney. Au secours on cogne une porte de grange. Un  mouton désire saluer quelqu’un. L’espace sidéré lance des boules de poils pour procéder aux retrouvailles. Des bérets chapeautent la  profondeur de l’atmosphère comme un bonbon élastique. Des rivières de minuits décollent le goudron de la négation à la tyrannie d’un événement-choc.  Un radotage de radio rappelle des heures de partance aux quatre coins de la perdition. Un vol en direction des îles Mouc Mouc s’est coincé entre deux grillons gélatineux. La célébration contre-indiquée urbaine ne rit plus d’une ruralité implantée à la puce magmatique. Les belles-de-jour et les belles-de-nuit se rêvent l’une de l’autre à échéance. Le zénith atteint l’apogée de sa culminance. Il fait un froid de canard même sur les plumes d’un dindon. Les kangourous-seringues tentent de guérir la panique de l’international avis de recherche. Sur le toit d’une église en dernier recours on tente de retrouver une trace de présence cumulée au fil des jours. Une bonbonne d’ozone compactée d’air frais fuse de la fenêtre ouverte. Le réservoir à énigme prescrit une médication de bon vouloir à la dame de carreau. Une plaque de sable se baigne dans le bol de suspense jusqu’à demain matin.

 

Un as des résolutions prend en main l’affaire le chat dans le sac pour être bien certain de ne pas le perdre de vue un seul millième de seconde. Les affaires ben encadrées au télétravers de l’avenir on électrise des minutes pour aller plus vite. Le travail des homospatients transactionnent les homologues pour un peu d’accalmie. Entre bayer aux corneilles et dormir au gaz il n’y a pas beaucoup de différence. Le temps perdure des jours et avale des semaines. La France commence à comprendre le déroulement d’une escapade qui discarte un 4 de cœur séparé d’amour. On rayonne un ultrason. On avance un répondeur. On installe un micro. On amène une caméra. On n’en sait pratiquement rien sur la nature de l’enquête comme une chèvre qui broute de l’herbe dans la cour de l’inconscience. Les résidents comprennent un symbole de clarté informative pour transmettre des bribes de trouvailles de punaises dans le sac au chaton né d’un entrecroisé et d’un mot mystère dans la case de l’indépendance locale. On injecte des souvenirs dans les peaux de mollusques-hommes pour pallier le manque de main-d’œuvre qualifiée jusqu’à ce jour.

 

 


 

 

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Je suis poète surréaliste depuis 2005. J’ai été poète-invitée à Solovox et j’ai lu au micro ouvert. J’ai été lue à Radio Centre-Ville et à CHOQ FM entre 2007 et 2011. J’ai été poète-invitée à CHOQ FM et à Radio Centre-Ville entre 2007 et 2011. Je me retrouve sur le disque de poésie sonore << Ce qui reste en nous… >> du Tremplin d’actualisation de poésie (TAP) pour mon poème << Culturimusikeaux >> sorti en novembre 2008. J’ai participé au cabaret Martimots, dits en août 2011. J’ai gagné le 1er prix au concours << Dire le monde en français >> de la Francofête en éducation 2007 et le 2e prix au concours << Dix mots pour se rencontrer >> de la Francofête en éducation 2008. J’ai participé au Festival des voix d’Amérique en mars 2011. En novembre 2011, j’ai été publiée dans la revue << Les écrits >> aux côtés de Suzanne Jacob, André Roy, Lionel Ray, Jean Pierre Girard, Marie-Josée Charest, Bertrand Leclair, Benoît Jutras, Diane-Ischa Ross, Jacques Abeille, Hélène Dorion, Yannick Haenel, Jean-Marc Fréchette, Maurice Henrie, Gilles Cyr, André Lamarre et Henri Deluy.

 

Je vous invite à visiter mon site Web : http://poetikju.voila.net/

 

Prix et réalisations

  • ·Participation aux Jeudis culturels à la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) (Montréal) – 2012
  • ·Publication de 10 pages de poèmes dans la revue Les écrits Numéro 133 – 2011
  • ·Participation aux Cabarrets Martimots, Dits au Bistro de Paris à Montréal – 2011
  • ·Conception de mon site Web personnel de poésie Poétik Ju – 2011
  • ·Participation au Festival des Voix d’Amérique (FVA) – 2011
  • ·Lecture de ma poésie à Solovox à l’Escalier de Montréal – 2007-2011
  • ·Lecture et entrevue sur ma poésie à CHOQ FM et à Radio Centre-Ville – 2007-2011
  • · Participation au cd Ce qui reste en nous du Tremplin d’actualisation de poésie (TAP) – 2008
  • ·2e prix au concours Dix mots pour se rencontrer de la Francofête en éducation – 2008
  • ·1er prix au concours Dire le monde en français de la Francofête en éducation – 2007
  • ·Finaliste pour la mise en ligne d’un site Web, CPA Saint-Lambert

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