Jean-Louis Dhermy

 

Jean-Louis Dhermy

 

(France)

 

 

 

Quelques propos concernant mon approche d’une composition à partir d’un poème

 

 

Lorsque je découvre ou lorsqu’on me propose un poème, je commence par le lire de nombreuses fois afin de m’assurer que je suis en résonance. Dans le cas contraire, je ne compose   pas.

En résonance, c’est à dire que, quant à la signification ou de la musicalité (rythme ponctuel, allures), je vais pouvoir exprimer à ma manière les images qui sont développées (au sens photographique, lorsque peu à peu, à partir de la surface blanche, sous l’effet du révélateur, apparaissent des formes, des zones d’abord foncées puis davantage de détails plus subtils).

Il s’agit pour moi d’amplifier ce que je perçois de la création poétique. Je sais que la surprise peut être grande pour le poète car il (elle) découvre un éclairage sans doute insoupçonné, en tous cas inattendu. Cela s’est produit à chaque fois que j’ai fait  entendre à Jamel Eddine Bencheikh, à Roget Gonnet, à Fiona Simson cette nouvelle interprétation. C’est comme si le (la) poète découvrait une nouvelle œuvre en miroir non symétrique, avec une exploration lente et détaillée de ses intentions premières.

Lorsque Eva-Maria Berg pourra entendre « Beim Schreiben », je suis dès à présent certain de son étonnement devant ce nouveau paysage sonore comprenant ses propres mots.

Le rythme des mots est une première donnée, mais le texte peut être interprété et acquérir une nouvelle forme, à la fois en mélodie, en sonorité, en prononciation. Je me souviens de la sidération de Jamel Eddine Bencheikh lorsque, pour les 12 Miniatures, je lui ai demandé d’interpréter lui-même sa poésie en déformant sa voix, dès la prise de son, dans le sens que je lui ai indiqué, afin d’aller beaucoup plus loin dans la direction expressive de ses images. Et quelle a été sa réaction en écoutant plus tard le résultat ! Car, avec les moyens électroacoustiques, machines et processus divers, j’avais encore amplifié les modifications. Tout cela dans le seul but qui est le mien de provoquer une nouvelle révélation (photographique en mouvement) avec une nouvelle mise en scène, un nouvel espace dont le texte poétique est le point de départ. On peut entendre dans le fichier-son joint (Une vague de terre – 3°partie) un équivalent avec Roger Gonnet.

 

 

 

Ballad Singer (2007 – pour soprano, violon et saxophone soprano – 3 min 20)

Poème de Fiona Simson.

Voir la partition (PDF)

 

C’est pour le Festival franco-anglais de poésie que cette musique instrumentale a été écrite.

Des visions étranges, sombres, un état suspendu de conscience, des vers très courts, un rythme incertain, toujours interrompu… Le déroulement sonore en est issu. Sans être systématiques, les évolutions de sonorités sont bien présentes. L’absence de partie acousmatique électronique me fait à nouveau penser la diversité acoustique instrumentale.

 

 

 

Elle (2007 – pour soprano, violoncelle et saxophone baryton –   3 min 10)

Poème de Fiona SimsonVoir la partition (PDF)

 

C’est pour le Festival franco-anglais de poésie que cette musique instrumentale a été écrite.

Des images un peu surréalistes mêlées de désespoir, alliant « l’infortune » et l’espoir.

Là encore, et même davantage, les instruments suggèrent un désarroi par leurs interventions ponctuelles et effacées, ou a contrario  par des ponctuations brutales que la voix vient parfois interrompre avec douceur, ou effarement.

 

 

 

Beim Schreiben (2013 – pour saxophone soprano, alto et ténor, piano et mezzo-soprano – 4 min) Poème d’Eva-Maria Berg.

Voir la partition (PDF)

 

Ecrit également pour le Festival franco-anglais de poésie.

Un texte extrêmement sensible que j’ai ressenti comme le chemin d’une hésitation, de quelques pas de l’esprit qui essaie de saisir les  mots ou les images qui peuvent ou pourraient se présenter, survenir.

Les sonorités sont légères, si légères que les saxophones se mettent à sonner comme des souffles de flûte. Des mouvements fugitifs  au piano, des sons chantés un par  un.

Un mystère.

Le mystère de l’imagination, du chemin de la création.

 

 

 

Une vague de terre (2008 – acousmatique) poèmes de Roger Gonnet

Ma découverte s’est faite peu à peu. Après une première lecture qui m’a intrigué, j’ai ressenti la profondeur de chacune de ces images-souvenirs et de ces états d’âme.

J’ai entendu les frémissements sous-entendus, les éclats de voix silencieux, le balancement d’une feuille, le mouvement d’un nuage imaginaire.

La voix se devait d’être à la fois proche, confidentielle, spatiale, naturelle, un peu étrange parfois. Mais aussi très transformée,

 

inquiétante, surnaturelle, à la limite de la compréhension, bruitée. Cela, c’est bien entendu mon interprétation, car l’auteur ne parlait que de gravité.

Des relations sonores ou thématiques peuvent être entendues avec certaines de mes récentes musiques, soit en citations, soit en évolutions.

 

Une citation, entre-autres, d’un thème issu de Le nuage aux galets qui est ici repris plusieurs fois avec une sonorité douce, légère, aiguë, résonante.

 

 

 

Une vague de terre

 

 

 

Pour aller plus loin et découvrir les autres créations, veuillez consulter le site web : jeanlouisdhermy.fr

 

 

 

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Einige Anmerkungen über meine Vorgehensweise bei einer Komposition zu einem Gedicht

 

 

Wenn ich ein Gedicht entdecke oder es mir vorgeschlagen wird, beginne ich zunächst, es viele Male zu lesen, um die sichere Überzeugung zu gewinnen, dass ich in Resonanz (Übereinstimmung) damit bin. Andernfalls komponiere ich nicht.

In Resonanz (Übereinstimmung), das heißt, bezüglich Bedeutung oder Musikalität (treffender Rhythmus, Tempo), auf meine Weise die Bilder zum Ausdruck bringen zu können, die sich entwickeln (im photographischen Sinne, wenn nach und nach von der weißen Oberfläche aus durch die Entwicklung Formen zum Vorschein kommen, zunächst dunkle Zonen, dann immer mehr subtile Details).

Es geht mir darum, das, was ich von der poetischen Kreation wahrnehme, zu erweitern. Ich weiß, dass die Überraschung groß sein kann für den Poeten, denn er (sie) entdeckt eine zweifellos ungeahnte Beleuchtung, jedenfalls unerwartet. So ist es jedesmal gewesen, wenn ich diese neue Interpretation Jamel Eddine Bencheikh, Roget Gonnet, Fiona Simson hören ließ. Es ist, als ob der Poet (die Poetin) ein neues Werk entdecken würde im unsymmetrischen Spiegel, mit einer langsamen und detaillierten Erforschung seiner ersten Intentionen. Wenn Eva-Maria Berg „Beim Schreiben“ wird hören können, bin ich schon jetzt überzeugt von ihrem Erstaunen über diese neue klingende Landschaft, die aus ihren eigenen Worten besteht.

Der Rhythmus der Worte ist eine erste Vorgabe, aber der Text kann interpretiert werden und eine neue Form entwickeln, sowohl in Melodie, als auch in Klang und in Aussprache.  Ich erinnere mich der Bestürzung von Jamel Eddine Bencheikh, als ich ihn in Hinblick auf die „12 Miniatures“ gebeten habe, seine Poesie selbst zu interpretieren, indem seine Stimme deformiert wurde, ab dem ersten Ton in dem Sinne, auf den ich ihn hingewiesen hatte, noch viel weiter zu gehen in der Ausdrucksrichtung seiner Bilder. Und welch eine Reaktion von ihm beim Anhören des Ergebnisses ! Denn durch elektroakustische Mittel, Maschinen und verschiedenerlei Verfahren hatte ich die Modifizierungen noch erweitert. All dies ausschließlich mit dem Ziel für mich, eine neue Entdeckung (photographisch als Bewegung) hervorzurufen mit einer neuen Inszenierung, einem neuen Raum, dessen Ausgangspunkt der poetische Text ist.

 

 

 

Ballad Singer (2007 – für Sopran, Violine und Sopransaxophon – 3mn20)

Gedicht von Fiona Simson.

Siehe Partitur (PDF)

 

Für das Festival franco-anglais de poésie ist diese instrumentale Musik entstanden.

Seltsame dunkle Visionen, ein Bewusstseinszustand, sehr kurze Verse, ein unbestimmter Rhythmus, immer unterbrochen….

Der Klang-Ablauf ist daraus entstanden. Ohne systematisch zu sein, sind die Klangentwicklungen präsent. Die Abwesenheit des akusmatischen elektronischen Teils lässt mich erneut die Vielseitgkeit akustischer Instrumente assoziieren.

 

 

 

Elle (2007) – für Sopran, Violoncello und Baritonsaxophon – 3mn10)

Gedicht von Fiona Simson.

Siehe Partitur (PDF)

 

Für das Festival franco-anglais de poésie ist diese instrumentale Musik ist entstanden.

Bilder, ein wenig surrealistisch, gemischt mit Verzweiflung, verbindend „Unglück“ mit Hoffnung.

Dort noch, und sogar mehr, suggerieren die Instrumente eine Verzweiflung durch punktuelle und ausgelöschte Einsätze, oder im Gegenteil durch brutale Interpunktionen, die die Stimme manchmal unterbricht mit Sanftheit oder Bestürzung.

 

 

 

Beim Schreiben (2013 – für Sopran-, Alt- und Tenor-Saxophon, Piano und Mezzo-Sopran – 4mn)

Gedicht von Eva-Maria Berg.

Siehe Partitur (PDF)

 

Ebenfalls für das Festival franco-anglais de poésie geschrieben.

Ein äußerst sensibler Text, den ich wie einen Weg des Zögerns empfunden habe, irgendwelche Schritte des Denkens, das die Worte und Bilder zu fassen versucht, die sich zeigen können oder könnten, plötzlich erscheinen.

Die Klänge sind leicht, so leicht, dass die Saxophone zu klingen beginnen wie Atmen von Flöten. Flüchtige Bewegungen auf dem Piano, Töne jeweils einzeln gesungen.

Ein Mysterium.

Das Mysterium der Imagination, des Weges der Kreation.

 

 

 

Une vague de terre (2008 – Akusmatik) Gedichte von Roger Gonnet

Meine Entdeckung ergab sich ganz allmählich. Nach einer ersten Lektüre, die mich aufhorchen ließ, habe ich die Tiefe jeder Einzelnen der Bild-Erinnerungen und der Seelenzustände wahrgenommen.

Ich habe das unterschwellige Zittern gehört, die Ausbrüche stiller Stimmen, das Schaukeln eines Blattes, die Bewegung einer erdachten Wolke.

Die Stimme musste die Aufgabe haben, zugleich nah, vertraulich, räumlich, natürlich, manchmal ein wenig sonderbar zu sein. Aber auch sehr transformiert, beunruhigend, übernatürlich, an der Grenze des Verstehens, lärmend. Dies ist selbstverständlich meine eigene Interpretation, denn der Autor sprach nur von Ernst.

 

Klangliche oder thematische Bezüge können in einigen meiner neuen Musikstücke gehört werden, sei es als Zitate, sei es in Weiterentwicklungen.

 

Ein Zitat, unter anderem, von einem Thema aus Le nuage en galets das hier mehrmals wieder aufgenommen wird mit einem zarten, leichten, durchdringenden, resonierenden Klang.

 

 

 

Une vague de terre

 

 

 

Darüber hinaus und um weitere Kompositionen kennenzulernen, siehe meine Homepage:

jeanlouisdhermy.fr

 

 

Übersetzung: Eva-Maria Berg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BIO – Français

 

 Jean-Louis Dhermy

 

Etudes de Professorat de Musique, d’harmonie et de direction d’orchestre à la Schola Cantorum de Paris.

Membre de l’équipe de Paysaginaire (jusqu’en 1998) de Futura (2000, 2001) et du Forum Ircam (jusqu’en 2001).

 

Il se consacre désormais à la composition électroacoustique (aussi bien en acousmatique qu’avec soliste et électronique) et instrumentale. Ses créations et concerts sont le plus souvent liés à d’autres domaines, que ce soit avec des peintres, sculpteurs, poètes, vidéastes, plasticiens. tous ces artistes s’associant dans un souci d’événement lié à une part d’improvisation, de valorisation de l’instant, de tout ce qui peut provoquer l’émotion à un moment donné, dans l’éphémère.

 

Presque toutes ses compositions (une soixantaine) ont été créées ou jouées lors des concerts en France de Paysaginaire à Paris, d’ Acousmatica à Arras, de Visages du Saxophone à Paris, du Festival International FUTURA à Crest (Drôme) et à Paris, de Nova Musica à Paris, au Festival International de Bourges, au GRM (Groupe de Recherche Musicale) de Radio-France, en Italie à Musica Infinita de Rome, à Madrid, Lisbonne et Berlin, du Minimalist Ensemble de New York, à Londres avec Transignum, à Bucarest avec l’ensemble instrumental Marc Sieffert et au Festival franco-anglais de poésie.

 

Quatre échos du Père Lachaise, Cinq thèmes et variations de la dynastie des Tang et Affleurements ont été diffusés par France-Musique (Radio-France) dans les émissions du GRM (Groupe de Recherche Musicale – Radio-France).

 

Affleurements (2006) a été programmé en mai dans le cycle de concerts acousmatiques du GRM à Radio-France

 

Emission Radio-France d’1h30 sur France-Culture du 26 avril 2002 Surpris par la Nuit consacrée à l’activité de composition

 

Shalom Salam (partition et acousmatique) est éditée par Fuzeau – Paris

 

Depuis 3 ans il compose pour le cinéma expérimental, contemporain et du début du siècle avec Faust (Murnau), Le cabinet du docteur Caligari (Peter Wiene), Nosferatu (Murnau), La Roue (Abel Gance).

 

 

jeanlouisdhermy.fr

 

 

 

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BIO – Deutsch

 

Jean-Louis Dhermy

 

Studien zum Lehramt für Musik, Harmonie und Orchesterleitung in der Schola Cantorum Paris.

Mitglied der Gruppe Paysaginaire (bis 1998), Futura (2000,2001) und des Forum Ircam (bis 2001).

 

Er widmet sich seither der elektroakustischen Komposition (sowohl in Akusmatik, als auch mit Solist und Elektronik).- Seine Werke und Konzerte sind meist verbunden mit anderen Domänen, so mit Malern, Skulpteuren, Poeten, Videasten, Bildhauern. All diese Künstler nehmen Anteil an der Sorge um Geschehnisse, verknüpft mit einem Teil an Improvisation, der Wertschätzung des Augenblicks, all dem, was das Empfinden hervorrufen kann zu einem bestimmten Moment, im Ephemeren.

 

Fast all seine Kompositionen (etwa sechzig) sind entstanden und aufgeführt worden zu Konzerten in Frankreich von Paysaginaire in Paris, von Acousmatica in Arra, von Visages de Saxophone in Paris, vom Festival International FUTURA in Crest (Drôme) und in Paris, von Nova Mucica in Paris, auf dem Festival International de Bourges, im GRM (Groupe de Recherche Musicale – Gruppe zur Musikforschung) von Radio-France, in Italien bei Musica Infinita von Rom, in Madrid, Lissabon und Berlin, vom Minimal Ensemble New York, in London mit Transignum, in Bukarest mit dem Instrumentalensemble Marc Sieffert und auf dem Festival franco-anglais de poésie.

 

Quatre échos du Père Lachaise, Cinq thèmes de  la dynastie des Tang et Affleurements wurden gesendet von France-Musique (Radio-France) in den Sendungen der GRM (Groupe de Recherche Musicale – Radio-France).

 

Affleurements (2006) war im Mai-Programm im Zyklus der akusmatischen Konzerte der GRM in Radio-France.

 

Emission Radio-France von 1h30 auf France-Culture a, 26 April 2002 Surpris par la Nuit der Kompostitionstätigkeit gewidmet

 

Shalom Salam (Partitur und Akusmatik) ist veröffentlicht von Fuzeau-Paris

 

Seit drei Jahren komponiert er für das experimentelle Kino, für das Zeitgenössische und für Stummfilme vom Jahrhundertbeginn Faust (Murnau), Le cabinet du docteur Caligari (Peter Wine), Nosferatu (Murnau), La Roue (Abel Gance).

 

 

jeanlouisdhermy.fr

 

 

 

Übersetzung : Eva-Maria Berg

 

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