Jacques Estager

 

Jacques Estager

 

(France)

 

 

 

Eric est disparu
 
 
 
 
 
la route, l’asphalte, la blanche se rejoint, se croise elle-même et de silencieuse d’elle-même, jamais on n’est à l’orée, toujours à un moment, à tout moment, la route longe lisière et clairières, au ciel et on ne peut pas capturer, on ne peut pas à soi le ciel, parti, de dans l’air,
 
comme la musique, de dans le souffle
 
 
 
dehors,
l’air et le ciel aiment les arbres transparents, dans les clairières, l’au-delà : pas un bruit des heurts et silences heurts et soudains, et coulées et déchirures : Eric, in the air, dans l’au-delà disparu de l’ici,
 
disparu avec Eric, disparu d’avec Eric
 
 
 
apparu… Eric dans le seul calme, bien après la vie, dans des hauts et c’est hier pendant la vie, hauts et Eric; pendant une immobilité moi et, ici le lieu blanc, de clair, là la nuit disparue de la, dans le sentiment moi de la …
 
 
 
vont haut,
les chants, dans les fleurs blanches, elles-mêmes noires et phrases et heurts et transparences, et notes basses, notes et notes heurtées et coulées, hautes et profondes filées et ouvertes, loin dans le seul bruit (là ici et au-delà seuls autres chants) que Eric, la seule autre musique au-delà de la musique
 
 
 
je suis seul calme loin et seule Echo est moi, allongée, tissue et déchirée de Son apparent silence et dans Ses oiseaux, de Son retour aussitôt dans l’Oiseau, ciel et oiseau et cris, douceur,
 
 
 
phrases paroles,
cris aussitôt heurt, aussitôt chant,
 
on entre la forêt (nos forêts, leurs claires célestes lisières) et la route, la route aux croisements, la route;  et heurts, que cris et le heurt et la douceur, quelles autres rondeurs et revenues et criées, de Eric
 
 
 
la terre s’approche et s’éloigne d’au-delà,
Eric s’éloigne et s’approche de la lumière allongée là,
 
Eric s’appuie au creux du ciel, de la lumière à la lumière entre sur le creux dans la douceur dans l’au-delà et allongée de sa déchirure et déchirures et phrases de Eric
 
 
 
la déchirure alors que la lumière ;
pas un silence alors que sans la nuit et avec la nuit, du ciel et d’un creux du ciel : sur la poitrine de Eric au ciel découvert la musique s’approche de quand la musique s’éloigne et  tant s’éloigne,
 
 
 
raccompagnée,
de l’au-delà au creux universel sentimental, par Eric tant que la nuit noire de l’autre côté s’éloigne : alors quand tant on s’éloigne de la nuit de noire et pour l’autre côté du monde, Eric revient, on est à de nos pas sur la neige, nous la suivons d’étendue là et de toute et des pas de perdus et de nous dans la neige, à son retour et sur les lèvres de Eric seul qui ne s’éloigne,
seulement, Eric est disparu

 

j’
 
 
la note basse
 
 
après la séance d’enregistrement de Lover Man (1946, et sur Youtube), Charlie Parker entre à l’hôpital, pour désintoxication;
il enregistre Lover Man dans un état second (il reprochera à son éditeur de la séance sa publication, plus tard ré-enregistrera Lover Man, bien plus splendide, comment dire, léché, pour faire oublier sa dérive de 1946).
 
 
Il y a dans Lover Man de 1946 une note que j’appelle ainsi : « note basse », et qui m’a fait entrer dans certaines musiques de Jazz; une note !, des musiciens… …, Parker au commencement et pendant la suite; la note basse de Lover Man est mon entrée, au profond, dans le monde, la personne, la musique Charlie Parker (la proximité totale, sans retours).
 
 
dans l’ambiance de calme que le piano installe et continue (attente du premier solo de Charlie Parker), un temps là et l’hésitation de Parker : et soudaine, et lentement pourtant (le monde sonore paraît), cette note tout en bas (à 1’56) :
 
 
une  note bizarre à en voir le tracé visuel sur ordinateur, et qui est le fin fond,l’ atteinte de la rondeur du fond du monde de la parole de Parker; dans cette rondeur l’ici-même et partagé, sans vision, sentiment ou ressentiment mêmes:
 
 
au bas et au rond de la note elle-même, autour d’elle-même et là je suis; douceur au piano, douceur hésitée du saxo (ou quoique rien de vue, rien de lui…, des pas dans la neige noire); douceur dans on n’a pas son propre corps, on a son propre corps de l’autre, enfin de lui !
 
 
on est nu et l’Autre est proche et la nuit au bas autour n’y est plus rien que où recevoir l’âme et son corps,  ceux ici de la musique et du souffle de Parker
 
 
la musique, écoutée et ré-écoutée : ressentie…, d’entrée et monde d’elle-même en sa rondeur; la musique est toujours l’étrange et la familière quand on l’admet autre que silence-soi : elle est toute l’autre monde ici; elle donne qu’on n’ait pas son corps, et on a son propre corps ! au corps de l’autre, Charlie Parker, ou Eric Dolphy, John Coltrane, saxos contemporains; arrivée heureuse… en mineur, en bas, au loin
 
 
ce qu’il y a ?, c’est ce et qui va sans retour que le revenir-même; le profond recueil, horizon courbe de terre en ciel…
 
 
je cherche les notes basses…, et, chez Charlie Parker, j’entends dans le cours fluide de l’heureuse Donna Lee de 1947 (aussi sur Youtube) ces deux passagères autres notes basses à 1’02 et 1’34 dans l’en allée, l’en avant de la musique… …
 
 
j’

 

 

 

 

 

 

 

 

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présentation j’acques estager

 

né en Franche-Comté (mais France), et dans plusieurs villages… ? et né dans les mots, et les lieux, et l’horizon…, où je reste, cependant vis en Haute-Loire; j’ai publié surtout dans deux périodes séparées de quelques 25 ans; chez Hachette, collection P.O.L., surtout Histoire Cent; un livret pour une chorégraphie de Michel Hallet-Eghayan : Pour Giselle; collaborant avec comédiens, chorégraphes ou musiciens (dont mon frère, Jean François); et récemment trois livres chez Lanskine, à Nantes (je ne suis plus l’absente; deux silhouettes, Cité des Fleurs et Douceur, en collaboration avec le photographe Jean-Luc Meyssonnier (et voir photo); collaborations fructueuses avec des revues dont les remarquables Carnets d’Eucharis (numéros en numérique, numéros papier), bientôt à Cordes sensibles, numéro 1, L’Autre, à paraître et à qui Eva-Maria Berg collabore; enfin Bruno Loisel, cinéaste, et moi venons d’achever un film, moyen métrage, Iris, à partir d’un texte de moi (Iris, le film au-delà de Iris, poème),

 

j’ e

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