Interview de Oswalde Lewat

 

 

FILM ET PHOTO

 
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OSVALDE  LEWAT,

 FEMME ENGAGÉE AU SOMMET DE SON ART

 

(Congo-France)

 

 

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Osvalde Lewat, photographe et réalisatrice d’origine camerounaise, n’a pas un parcours typique. Diplômée de Sciences Po Paris, elle a suivi des stages de formation en audiovisuel à La Fémis dans la capitale, et à l’Institut National de l’Image et du Son (INIS) à Montréal au Canada. C’est une femme dynamique qui, au travers de ses documentaires engagés, questionne la politique et le social en Afrique, prône la tolérance. Citons Land rush ; Sderot, last exit ; Une affaire de nègres ; ou encore Un amour pendant la guerre.

Primée plusieurs fois pour son travail à travers le monde, elle s’investit depuis quelques années dans sa passion pour la photographie. Et cela lui réussit plutôt bien. Après un passage remarqué au salon Livre Paris 2016, où elle est venue parler de son livre photographique Congo couleur nuit, elle a pris part le 7 avril dernier à une table ronde à la maison de vente Piasa à Paris. En compagnie des artistes Olivier Sultan, Soly Cissé et Bruce Clarke, elle a apporté son regard sur l’image de l’urbanité en Afrique à travers différentes approches artistiques.

L’artiste chevronnée, qui aura deux photos de la série Congo couleur nuit mises aux enchères le 9 juin 2016 au Piasa lors de la vente d’art contemporain africain, a bien voulu se prêter à nos questions.

 

 

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Comment vient le déclic photographique ?

 

O.L – En 2012, vivant à Kinshasa, j’ai eu envie de découvrir la partie la moins aseptisée de cette grande capitale en Afrique centrale. J’ai opté pour des pérégrinations nocturnes, mon appareil photo en bandoulière.

 

En faisant cela, quelle était votre idée première ?

 

O.L – Je souhaitais capter les beaux moments, rencontrer des personnes et voir des paysages que je ne voyais pas forcément dans mon quotidien de la commune bourgeoise de la Gombe. Et de fil en aiguille, j’ai commencé à photographier la série « Congo couleur nuit ». Cela m’a pris trois ans et demi, jusqu’en 2015.

 

La première exposition de vos œuvres intervient à quel moment ?

 

O.L – Elle date de 2014 sur la place du 30 juin à Kinshasa, qui est un carrefour entre les quartiers populaires et résidentiels. Cette expo a permis la rencontre d’univers qui ne se croisaient pas souvent et a été un véritable succès. Les photos ont beaucoup plu. Après cela, mes œuvres ont été exposées à Lubumbashi, Paris, New York…

 

Quel a été l’élément qui vous a encouragée à poursuivre dans cette voie ?

 

O.L – C’est la surprise heureuse lisible sur les visages des visiteurs et dans leurs propos. J’aime bien cette phrase de Picasso qui a dit : « If everyone likes your work, it means something don’t walk. » À vrai dire, j’étais très embarrassée, car l’essentiel des retours était très positif. De plus, les gens étaient très touchés du fait qu’en tant que femme africaine je puisse m’intéresser et mettre en lumière la société congolaise, alors que je ne suis pas originaire de ce pays. Les gens m’ont dit : « On nous montre souvent une Afrique fragile et dans la précarité. Toi, tu nous la montres différemment. »

 

Que visez-vous à travers vos photos, quel est le message principal véhiculé ?

 

O.L – Mon objectif est de dire à l’autre par la photo que même si nous venons d’endroits ou de continents différents, même si nos cultures sont différentes, toi c’est moi. En fait, l’autre c’est nous. J’aime l’idée que les gens s’identifient à travers mon travail, même s’ils ne sont jamais allés dans ces lieux exposés.

 

Qu’apporte de plus votre travail dans le champ de la photographie mondiale ?

 

O.L – S’il faut dire les choses comme je les pense, lorsqu’on prend parfois des photos d’un Européen en Afrique, il y a dans l’idée de départ un renforcement de l’altérité. Alors que moi, ma démarche est celle qui consiste à trouver des points d’identification.

 

Quel est votre agenda immédiat ?

 

O.L – Sans évoquer les activités encore en discussion, je pars au Portugal et serai déjà de retour à Paris pour la vente de mes photos le 9 juin au Piasa. Un second livre-photo actuellement en finalisation paraîtra au mois de juillet. Suivra une expo/installation à Douala au Cameroun ainsi que d’autres expos à l’automne, dont les dates et lieux seront précisés ultérieurement.

 

Propos recueillis par Franck Cana.

 

 

Source : Magazine Mito revista cultural n°33 du mois de mai 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

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BIO

 

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(Congo- France)

 

 

Ecrivain, journaliste français, Editeur, Président du Cercle des Ecrivains et Artistes des Afriques (CE2A). Auteur des ouvrages :

« L’aube de l’odyssée » (essai), éditions La Bruyère, Paris,

« Opération restore hope » (roman), éditions La Bruyère,

« Mission accomplie », biographie, éditions Cécile Langlois, Paris

« Dieu est bon », biographie, éditions Cécile Langlois,

« Anthologie des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013) : Noces de diamant », ouvrage collectif, éditions l’Harmattan, Paris,

« Pour un monde meilleur : Liberté, Egalité, Fraternité », ouvrage collectif, Ella éditions / publié en France et au Canada,

« République Démocratique du Congo 2016 : Vital Kamerhe est recommandable », politique, co-auteur Joseph Tshiatumba, éditions Cana, Paris,

« Sortir pour Entrer », témoignage, éditions Cana, Paris.

« Dans trois jours », théâtre, co-auteur Jorus Mabiala, à paraître prochainement aux éditions Cana.

« Auteur de plusieurs publications dans la presse internationale.

 

Contact : franckeditionscana@gmail.com

 

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