Ian Duhig

 

 

(Angleterre)

 

 

 

Le Travailleur du mois d’Août                    

 

traduit par Paul Casey

 

Après la foire, j’avais encore le coeur léger

et la bourse lourde, il était si bon marché

Et les vaches l’adoraient: pendant son service les miennes

n’ont mis bas que des génisses, grasses comme la crème

Les rendements ont doublé, je me suis pris d’affection

pour cette compagnie qui savait à quel moment se taire. Puis,

 

une nuit, dérangé par les rêves de ma chère défunte épouse

J’ai pourchassé sa voix déchirée, sa forme pâle

Pétrifié d’horreur dans la lumière de la lanterne sombre,

Nu, à l’exception d’une botte ensanglantée par le piège à renard,

J’ai vu en lui le sorcier, une vache aux cornes de cuir.

Devenir lièvre vous rend tellement triste,

 

La sagesse populaire le dit, et tellement soucieux.

J’ai visé, et l’aube lui a crevé le cœur.

La lune est apparue. À son jaune témoin lumineux, j’ai vu

la fourrure le couvrir, comme la mousse le fait d’une pierre

Sa belle tête amincie. Sa lèvre supérieure pincée.

Ses yeux se sont levés comme le pain. Je l’ai porté

 

dans un sac devenant plus léger à chaque pas

et je l’ai laissé tomber d’un pont. Il n’y eut aucun

plouf. L’elfe de mon troupeau tué d’un coup. Je ne rêve pas,

je passe mes nuits à fondre des balles avec l’argent des demi couronnes

et mes jours ici. Bénissez-moi, mon Père, car j’ai péché.

Une heure s’est écoulée depuis ma dernière confession.

 

     with thanks to Valérie Rouzeau and Anne-Marie Glasheen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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http://en.wikipedia.org/wiki/Ian_Duhig

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