Hugues Eta Tsani

(CONGO)

 

 

Livre

Le sommeil me remplace au lit

La mort me manque au tombeau
Je fais tomber l’ombre
Je retiens la pluie m’a-t-on dit
Ma plume devient ainsi deux mains
Qui battent un tam-tam
Pour faire danser les sourds
La solitude reste la seule initiale
Que porte ma succulence
Quand je tente d’écrire la genèse
D’herbe de fruit mûr et de sang
Je tisse ma toile

Et mon livre revient souffler dans les cornes.

 

 

Ronce sans épine

 

Je tiens ta fossette entre les mains
Comme un cantique je l’étudie au pied du palmier
Je tiens ta main par le cœur
Pour la traversée des cendres

Sur le chemin où tu passeras
Seront célébrées les noces de fécondité
En voici des étoiles précoces
Avant la tombée de la nuit

Je reviens me coucher dans tes paumes
Boire dans ton puits de douceurs
Je récolterai le reste de mes jours au lever
Je retrouverai ma commensale
Je passerai par le chas de ton sourire
Etre la silhouette de ton adolescence mûre
C’est le chant, le sang d’une poésie éternelle.

 

 

Nuit équatoriale

 

J’ai vu le jour dès que la nuit est tombée
sans lune sans étoiles
une nuit qui a peuplé l’herbe fraîche
de cendre précoce

Je suis né dans l’ivresse du lever
quand mon souffle en haillons vêtu
voguait sur un Congo en crue

Le soleil baisse les paupières je me lève
La lampe bégaie je vois
Les cendres assiègent les flammes des bougies

Et la nuit succède à elle-même
En m’offrant du fumier

J’ai eu un signe d’astre des années après ma naissance
Quand les lucioles se sont noyées

Dans la nuit équatoriale
J’ai vu mes auteurs
Suite à la lecture interrompue des colombes.

 

 

Juvette Fleur

 

Juvette fleur fleuve d’une vie
De sa vie de fleurs Juvette rebâtit
Le coeur inhumé dans un corps enfin exhumé
Rime qui se mire dans les rides effondrées

J’ai plus d’ombre que d’arbres où me rafraîchir
Depuis qu’elle m’a tatoué dans les rêves
Juvette comme une mère qui tente de
mettre un enfant au monde
Comme une fleur la voici plantée
dans ma paume de main.

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