Horia Gârbea

 

Le café de Monsieur le Ministre

 

Pièce de théâtre en trois parties (extrait)

Version française : Brândusa Prelipceanu

Les personnages
Le Ministre
Jenni, son assistante
La Patronne, tenancière de bordel

Le lieu et le temps
Dans le cabinet d’un ministre, lors de la Journée de l’Europe

 

I

Le bureau d’un ministre. Jenni, son assistante, s’affaire dans la pièce, tandis que le Ministre est las, inerte: il peut feuilleter un journal, se curer le nez ou faire un jeu de patience. Après quelques instants de jeu muet, le silence sera rompu par la sonnerie du téléphone. Jenni va décrocher, puis raccrocher et sa première réplique marquera le début de son dialogue avec le Ministre. L’auteur a renoncé aux recommandations, dans l’idée que le metteur en scène saura créer tout seul le cadre et le mouvement qui lui conviennent. Il est à supposer que lui et les acteurs sauront compléter les répliques de gestes censés imprimer aux scènes une progression naturelle, depuis la normalité jusqu’au paroxysme de la démence et inversement. De temps en temps, il y aura des moments de jeu muet. Un décor intéressant et une musique appropriée seront d’une grande aide.

 

JENNI: Monsieur le ministre, vous avez à poser une gerbe.

 

LE MINISTRE: Où ça, ma chère?

 

JENNI: Je n’en suis pas sûre. C’est le protocole qui vient d’appeler.

 

LE MINISTRE: Et qu’est-ce qu’on a?

 

JENNI: C’est la Journée de l’Europe, Monsieur le ministre.

 

LE MINISTRE: Il faut donc poser la gerbe au cimetière des Européens tombés pour notre indépendance.

 

JENNI: Possible. Ou bien au cimetière de nos héros tombés pour l’indépendance de l’Europe.

 

LE MINISTRE: C’est du pareil au même, puisque nous faisons maintenant partie de l’Europe. Parfait. Va appeler pour commander la gerbe.

 

JENNI: C’est déjà fait. La gerbe vous attendra au cimetière. C’est l’usage.

 

LE MINISTRE: Tu as raison. J’espère bien que ce ne seront pas des lys. Sinon, je vais éternuer et les caméras vont filmer mon éternuement, qui sera dans tous les journaux télévisés. Lorsque je regarde la télé, j’éternue de plus belle,  les caméras seront braquées sur moi et mon éternuement passera aussi à la radio. Pour les arrêter, je devrai me pincer le nez et je serai dans tous les magazines d’humour. C’est quoi, mon nez? La Cour des Miracles? Pas de gerbe. Fous-moi le camp!

 

JENNI: Mais, monsieur!

 

LE MINISTRE: Dehors!

 

JENNI: Mais, monsieur, ce sera une gerbe d’œillets. C’est l’usage. Des œillets blancs, symbole de la pureté, des œillets rouges, symbole du sang versé au champ d’honneur, des œillets roses, symbole de l’innocence, des œillets jaunes, symbole du pétrole, des œillets bleus, symbole du ciel sans nuages, des œillets verts, symbole du dollar, et des œillets orange, symbole des œillets orange.

 

LE MINISTRE: Des œillets orange, ça n’existe pas.

 

JENNI: Mais si, Monsieur le ministre. C’est une variété nouvelle, un hybride.

 

LE MINISTRE: Bon, mais alors, s’il y a tant d’hybrides d’œillets, pourquoi me fais-je toujours livrer des gerbes de lys, putain de merde!

 

JENNI: C’est par erreur, sans doute.

 

LE MINISTRE: Erreur mon cul. Pourvu qu’elle ne soit pas lourde à porter. Bon Dieu de bon Dieu, ce qu’elles pouvaient être lourdes, les dernières, impossibles à porter, et même à soulever. J’en étais éreinté. Comme si les fleurs étaient de plomb. Tiens, je dois avoir lu ça quelque part: des fleurs de plomb. Terrible. Je pense que c’était une poésie. «Des fleurs de plomb, et ta-ta-ti, et ta-ta-ta… au vent». L’horreur. Sinistre, quoi.

 

JENNI: Non, monsieur le ministre, ce n’était pas une poésie. C’étaient probablement des fleurs blindées.

 

LE MINISTRE: Blindées?

 

JENNI: Oui, c’est ça. Des fleurs pare-balles. Ne vous cassez plus la tête. Vous n’aurez rien à porter. La gerbe sera portée par deux officiers de la marine. Vous n’aurez qu’à arranger les rubans.

 

LE MINISTRE: J’espère que les rubans ne seront pas de plomb, au moins.

 

JENNI: Je vais me renseigner.

 

LE MINISTRE: Ça me rend malade, ce plomb.

 

JENNI: C’est le saturnisme.

 

LE MINISTRE: Le quoi?

JENNI: Le sa-tur-nis-me. C’est l’intoxication au plomb. C’est pourquoi les gerbes que doit poser Monsieur le Président de la République ont des rubans d’aluminium.

 

LE MINISTRE: Eh oui, c’est bien normal. Il est si fragile, le pauvre petit chéri. Comme moi, d’ailleurs. Comme nous autres. C’est la politique qui est tellement fragile! Ouf, ces gerbes, j’en ai vraiment marre, elles m’ont brisé l’échine!

 

JENNI: Je pourrais vous faire un peu de massage.

 

LE MINISTRE: Vas-y. Et dis-leur quand même de ne plus en faire de si lourdes. On est des politiciens, non des haltérophiles.

 

JENNI: Mais, monsieur, vous avez de nouveau oublié. C’est aux officiers de la marine de la porter.

 

LE MINISTRE: Mais pourquoi la marine, puisque nous n’avons pas de navire? C’est vraiment le bordel!

 

JENNI: Mais nous avons des marins! C’est pour leur donner du travail. C’est dimanche, ils pourront sortir, voir du monde.

 

LE MINISTRE. Enfin. Ça ira comme ça. L’autre fois, on a fait venir des officiers de cavalerie. J’ai dû marcher derrière les chevaux. Comme si j’avais suivi le char mortuaire. Pouah! Et un des chevaux a lâché sa crotte pendant l’hymne.

 

JENNI: Tous les chevaux sont des ânes.

 

LE MINISTRE: Ça, c’est sûr. Arrête, tu me fais mal!

 

JENI: Vous ne voulez plus de massage?

 

LE MINISTRE: Non, ça suffit. Fais-moi un bon café. Ces gerbes me rendent nerveux.

 

JENNI: Le café va vous rendre encore plus nerveux.

 

LE MINISTRE: Fais-en, quand même. Sans sucre.

 

JENNI: Tout de suite.

 

LE MINISTRE: Attends. Dis-moi: pourquoi ces gerbes me pèsent si lourd, du moment que ce n’est pas moi qui les porte?

 

JENNI: C’est parce que vous en portez la responsabilité. C’est beaucoup plus lourd.

 

LE MINISTRE: T’as raison. Fais-moi du café. Bien sucré.

 

JENNI: Impossible. Vous aviez dit sans sucre.

 

LE MINISTRE: Et alors? Sans sucre, mais sucré. Je n’y vois aucune contradiction.

 

JENNI: Voulez-vous du café au miel?

 

LE MINISTRE: Oui, au miel. Beaucoup de miel. Et du décaféiné.

 

JENNI: Mais pourquoi diable demandez-vous du café?

 

LE MINISTRE: Pour me rafraîchir. Le café, ça rafraîchit. Tu n’as pas vu la pub? «Une seule gorgée et vous êtes frais comme une rose». Un autre homme. Allez, va.

 

JENNI: Compris. Du noir, sucré et décaféiné.

 

LE MINISTRE: Non. Pas de noir. Le noir, ça déprime. Je vais déjà au cimetière, ça suffira, merde! Fais-moi du rose. Ou du mauve. Ce sera mieux.

 

JENNI: Bon, ce sera comme vous voulez. Mais je me demande toujours  pourquoi diable vous appelez ça du café!

 

LE MINISTRE: Parce que. Et si je te demande d’y mettre du cyanure, tu y mettras du cyanure. Écoute-moi bien, mademoiselle…

 

JENNI: Madame.

 

LE MINISTRE: Tiens-tiens! Tu t’es donc mariée? À la bonne heure. J’en suis vraiment content.

 

JENNI: Merci. Mais je ne suis pas mariée.

 

LE MINISTRE: Je te demande pardon. Je pensais…

 

JENNI: Je ne suis pas mariée, mais je n’ai plus l’âge de me faire appeler «mademoiselle». J’ai mon orgueil, moi.

 

LE MINISTRE: Toutes mes excuses. J’aurais dû faire attention. C’est la fatigue. Ces gerbes… Et puis les popes… Tout est si triste. Y aura-t-il des popes, à la cérémonie? Qu’est-ce que tu en penses?

 

JENNI: Oui. Il y en aura plusieurs.

 

LE MINISTRE: Mon Dieu, quelle poisse! Mais pourquoi plusieurs?

 

JENNI: Parce qu’il y en aura plusieurs. Beaucoup! Tout un cortège!

 

LE MINISTRE: Un seul ne peut pas l’affaire?

 

JENNI: Un seul? Et pourquoi donc? Et les autres, qu’est-ce qu’ils vont bien mettre sous le nez? Je vous demande pardon, monsieur le ministre, mais je trouve votre attitude révoltante.

 

LE MINISTRE: Ça va, ma chère. Te révolter, c’est ton droit. C’est le droit de tout citoyen.

 

JENNI: Merci. Je voulais vous dire que votre égoïsme est parfois révoltant. Et vous autres, les ministres, pourquoi vous êtes si nombreux? Et les comédiens, pourquoi jouent-ils à plusieurs? Nous devons tous gagner notre pain quotidien, monsieur. Les footballeurs, ils sont onze. Voilà. Et ce n’est pas un problème. Les joueurs de rugby, ils sont quinze. Sans plus compter les réserves. Ni les entraîneurs, ni les masseurs. Et vous, vous n’avez même pas de masseur. Vous vous faites masser par moi.

 

LE MINISTRE: Là, je dois te contredire. Tu vas m’excuser, mais on n’est pas une équipe de football, pour se permettre d’avoir un masseur. Nous vivons sur le budget. Nous devons nous en tenir à des limites fixes. L’État est pauvre. C’est impossible. Et les popes, ma chère, ça nous coûte un os. Sans plus dire qu’ils me donnent le cafard.

 

JENNI: Et lorsque vous serez mort?

 

LE MINISTRE: Qui, moi?

 

JENNI: Oui, vous-même. À moins que vous ne vous croyiez pas immortel! Vous n’aimeriez pas vous faire conduire sur le dernier chemin par deux ou trois popes? Voire quatre? Et je dirai que vous pourriez très bien trouver que cinq ne sont pas suffisants. Un grand, à la barbe blanche. Un autre petit et rouquin. Un troisième brun et costaud.

 

LE MINISTRE: Arrête! Je n’y ai pas pensé.

 

JENNI: En bien, pensez-y.

 

LE MINISTRE: Je n’en ai aucune envie. Je ne veux pas mourir.

 

JENNI: J’en ai connu beaucoup, comme vous, pour avoir travaillé avec, et aucun ne voulait mourir.

 

LE MINISTRE: C’est on ne peut plus normal.

 

JENNI: Et pourtant, il y en a qui sont morts. Je vais faire ce café.

 

LE MINISTRE: T’as raison. Fais ce café. Pas de sucre, pas de crème. Et pas de préjugés non plus. Fais-en pour toi aussi.

 

JENNI: Merci. Vous êtes vraiment trop aimable.

 

LE MINISTRE: Je voudrais me mettre d’accord avec vous, madame…

 

JENNI: Mademoiselle.

 

LE MINISTRE: Comment ça, mademoiselle?

 

JENNI: Je vous disais tout à l’heure que je n’étais pas mariée.

 

LE MINISTRE: Oui, c’est vrai… Mais tu vas te marier… Tu vas avoir des gosses… Pourquoi te montrer si méchante? Je veux qu’on s’arrange, nous deux… Comment faut-il t’appeler?

 

JENNI: Appelez-moi Otilia. Ou bien Vénéra.

 

LE MINISTRE: D’accord, Otilia. Tiens! Ça fait un bon bout de temps qu’on travaille ensemble et j’ignorais que vous vous appelez Otilia.

 

JENNI: Ou Vénéra.

 

LE MINISTRE: Oui, c’est ça, ou Vénéra…

 

JENNI: À vrai dire, mon nom est Jenni. C’est peut-être pour ça que vous ignoriez que je m’appelle Otilia.

 

LE MINISTRE: Oui, peut-être bien. Quel est donc votre nom, déjà?

 

JENNI: Jeanna. Lorsque j’étais enfant, ça pouvait encore aller. À l’école, au début, les enfants avaient fait une poésie. Ils me criaient après: Jeanne, Jeanneton/Laboure la campagne».

 

LE MINISTRE: C’est con. Y a pas de rime.

 

JENNI: C’est ce que je leur disais: «C’est con, y a pas de rime». Mais toutes les fois que je leur balançais ça, ils me tapaient dessus. Ils me frappaient avec une baguette sur les doigts.

 

LE MINISTRE: Les enfants, c’est des bêtes sauvages. Tu auras tes bêtes sauvages à toi, un jour. Qui peut bien savoir ce qu’ils vont trouver pour se moquer de ton nom!

 

JENNI: Mais à partir du moment où j’ai commencé à travailler comme secrétaire-dactylo, on m’a appelée Jenni. Ne trouvez-vous pas que c’est un nom convenable?

 

LE MINISTRE: Tout ce qu’il y a de plus convenable.

 

JENNI: Eh bien… Et puis, lorsque je suis devenue l’assistante d’un ministre, le nom de Jenni ne collait plus. Où était ma dignité? Pour ne plus parler de la vôtre. Un ministre qui ait une assistante au nom de Jenni? Tout le monde se serait payé sa tête. Surtout la presse.

 

LE MINISTRE: Oui, la presse se paye la tête de tout le monde. Je les envie parfois, les journalistes. Ils sont si gaillards, si insouciants. Gais comme des… Comme des cochons.

 

JENNI: Des agneaux.

 

LE MINISTRE: Mais non, c’est des cochons.

 

JENNI: Des agneaux.

 

LE MINISTRE: Des cochons! Pourquoi se disputer?

 

JENNI: Vous avez raison! C’est des porcs tout court. Ils seraient capables de se payer votre tête de vous rien que parce que vous avez une secrétaire qui s’appelle Jenni. Ou parce que vous aurez oublié de fermer votre braguette. Ou que vous vous coiffez, aux fêtes, d’une petite culotte, comme d’un bonnet, pour faire le pitre.

 

LE MINISTRE: Qui ça, moi? Est-ce que j’ai jamais oublié de fermer ma braguette?

 

JENNI: Je vous en prie!

 

LE MINISTRE: Est-ce que je me suis jamais … jamais coiffé d’une petite…

 

JENNI: … culotte.

 

LE MINISTRE: C’est ça. Comme d’un bonnet?

 

JENNI: Non, jamais. Jamais, monsieur le ministre. Ou, du moins, je ne vous ai jamais vu. Si je vous avais vu…

 

LE MINISTRE: Comment oses-tu dire pareilles énormités?

 

JENNI: Vous faites fausse route. Je n’ai jamais dit que vous l’auriez fait. J’ai dit que la presse serait la première à se jeter sur vous, si vous le faisiez. Finalement, c’est des choses sans importance. Mais ils en seraient bien capables.

 

LE MINISTRE: Ah bon, c’est donc ça que tu voulais dire… Je vois… Oui, ils sont capables de tout. Ma chère Jenni… Pardon, Vénéra.

 

JENNI: Otilia, s’il vous plaît. Vénéra, ça fait plus plantureux. Je n’en suis pas encore là.

 

LE MINISTRE: Chère Otilia, il me faut quand même remarquer que vous avez toutes les chances de vous faire appeler Vénéra. Vénus…Moi, j’aime les Vénus un peu plus… Mais où en étions-nous?

 

JENNI: Aux journalistes. Qui sont des …

 

LE MINISTRE: Des cochons. Il ne faut pas les laisser fouiner dans la cour de notre ministère. Tu vas y faire attention.

 

JENNI: C’est au service de presse d’y faire attention.

 

LE MINISTRE: Bien sûr… Mais là, c’est toujours des journalistes. Et le cochon, ça ne change jamais… Tu devrais t’en occuper toi-même, je serais plus tranquille. Tout ceci me fatigue. Et cette journée tellement morose!

 

JENNI: C’est la Journée de l’Europe.

 

LE MINISTRE: C’est vrai. Quel dommage! L’Europe aurait mérité une journée plus belle.

Mais la Journée de l’Afrique, c’est quand?

 

JENNI: Je vais me renseigner et vous le dire.

 

LE MINISTRE: Fais vite. Vite! Je veux en être informé à temps. Je voudrais faire un discours.

 

JENNI: Ces journées-là, ce n’est pas pour faire de discours. C’est pour poser des gerbes.

 

LE MINISTRE: Des gerbes? Encore?

JENI: Sans doute. Il faut poser des gerbes au cimetière des héros africains tombés au champ d’honneur pour notre indépendance.

 

LE MINISTRE: C’est bizarre. Et moi qui pensais que ce sont nos héros qui sont tombés pour l’indépendance de l’Afrique.

 

JENNI: Vous disiez tout à l’heure que c’est du pareil au même.

 

LE MINISTRE: Tu as raison. De toute façon, j’en ai marre de toutes ces cérémonies.

 

JENNI: Vous n’auriez pas dû accepter le poste de ministre.

 

LE MINISTRE: Trop tard. Je le suis, un point c’est tout. Lorsque j’étais enfant, ma pauvre mère me disait: «Va mener les chevaux à la pâture, Siméon, oublie ces livres, tu ne seras jamais ministre».

 

JENNI: Mais quelle bonne surprise! Vous vous appelez donc Siméon?

 

LE MINISTRE: Pas du tout. Mais c’est le nom que me donnait ma mère. Elle devait aimer ce nom idiot. Curieux, non? Elle ne savait ni lire ni écrire, et pourtant elle me faisait tout le temps des lectures. Elle avait une voix bien chaude, bien tendre, ma mère.

 

JENNI: Mais elle lisait comment?

 

LE MINISTRE: Ça, je ne peux pas le savoir. Elle avait peut-être appris les contes par cœur et elle les récitait tout simplement, le livre sous les yeux. Elle avait des mains si belles, si blanches. J’ai du mal à comprendre comment elle a pu étrangler mon père.

 

JENNI: Votre père?

 

LE MINISTRE: Oui.

 

JENNI: Son bonhomme?

 

LE MINISTRE: C’est ça!

 

JENNI: La vache!

 

LE MINISTRE: «La vache!», voilà! Pas seulement lui, mais aussi ma grand-mère. La mère de mon père. Sa belle-mère, si tu veux.

 

JENNI: Elle l’a fait, pour de bon? Votre mère?

 

LE MINISTRE: C’est clair et net. Tu n’en savais rien? C’est drôle. Tous les journaux en ont parlé, après ma nomination au poste de ministre. La campagne de presse, qui a pris un an et demi, a lancé des choses abominables. Il m’arrivait parfois de dégueuler pendant des heures et des heures, après avoir lu ces trucs-là. Des heures et des heures, sans blague! Pour des articles, c’étaient des articles! Il y avait du viscéral là-dedans! On a dit de ma mère qu’elle aurait violé un vacher.

 

JENNI: Est-ce que c’est vrai?

 


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