Habits à lire

 

Les Éditions Transignum

 présentent

 

Habits à lire

  

(performance text – ile)

 

Le projet Habits à lire part de l’idée qu’il faut inciter le public à la consommation poétique quotidienne ; de faire sortir la poésie du carcan que représente le livre et de stimuler le public à lire.

 

Il y a des robes, des T-shirts, des tabliers, des kimonos et des ponchos qui sont tous réalisés dans un esprit artistique, comme des objets uniques, et qui sont à même de mettre en relief des écrits lyriques. Ces habits à lire seront au centre d’un défilé de mots et d’une exposition.

 

On a d’un côté le prêt-à-porter « text-île » et, de l’autre, la haute couture ou la haute culture. En outre, le texte se mêle avec le textile d’une façon organique : il s’agit à la fois d’in-scription et de de-scription. Le concept d’effet  linguistique passe par la pratique des effets qu’implique l’art plastique.

 

La manière ductile d’être que possède le trait artistique/poétique mène à la pro-duction, à la re-pro-duction, à l’in-duction, à l’ab-duction, à la dé-duction, à la con-duction, à la ré-duction, qui ne sont, en dernier lieu, qu’une forme de sé-duction !

 

Dans le cadre de ce projet, cela conduit à une spatialisation : une dissémination, une dé-limitation. Une fois morcelé, le texte se disperse sur des lanières de papier ou de cuir, non pas pour qu’il sombre dans la décomposition. Quant au mot, il peut, lui aussi, acquérir une nouvelle disposition, tout en gardant son sens : une marque, une marche, une marge…  Il ne se dissipe dans l’espace que pour mieux se recomposer.

 

 

 Wanda MIHULEAC, plasticienne, directrice des éditions TRANSIGNUM, Paris

  www.transignum.com

  

  

Jeanine Baude & Plaige en promenade

 

 

 

Dans le pli des robes

 

Une rivière ou un chancellement

court si proche des herbes que

miroir et bouche glissent une

parole luisante de tout le

sel de la mer, de salive,

et d’or enfoui dans les plis

du velours

 

La main au lin ténu file

entre les eaux de la fontaine

éclabousse et reprend

le point d’azur

la robe se répand

et sur la crête des ifs

sèche

 

Dans son rythme binaire

du haut vers le bas    surplombe

les anneaux que les femmes

portent à leurs oreilles

tresse ondulante et

marche indolente

cheville en feu

 

Les mains sous les robes dessinent

la plage où succomber

La peau qui leur ressemble

se couche dans la rivière

écouvillonne le sable

où crépitent les cuisses

sous l’onguent du tissu

 

———————–

 

Robes comme corps encerclés, paroi de verre sur la peau. Silex où le regard s’abreuve et se dissout dans les méandres d’un fleuve, dans l’oasis d’une aube qui se cherche : mains sur les courbes.

 

Plongée, apnée du songe. Et dévêtir le sombre, la nuit, le velours. Du soyeux vêtement ne retenir que le toucher. L’embrasure.

 

Se laisser glisser avec lui sur le sol. Pépites et soleil rompus, liquides, s’écoulent dans le bruissement de l’étoffe.

 

Jeanine Baude 

 

 

Robe I. Echarri & Fernando Arrabal – Espace Landowski. Paris

 

 

 

Sari. M. Emdadian. D.Blum

 

  

  

 

Vero van der Esch. Liliane Giraudou

 

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