Gérard Beaulieu

 

 

(France)

 

 

 

 

 

 

Prétendre aborder ici Gérard Beaulieu est presque une gageure, tant l’artiste est multiple et varié, sans cesse il remet son œuvre en question, l’élague, repart à zéro où presque, toujours en quête d’une autre expression, d’une autre écriture, d’un autre espace de création.

 

 

 

 

 

 

Ici j’éviterai volontairement le cursus artistique de Gérard Beaulieu qui exposa dans les plus importantes galeries, qui partagea les cimaises avec les plus grands noms du monde de l’art, et qu’il est capable de passer de l’abstraction, de l’art-optique au classicisme le plus significatif pouvant rappeler la renaissance, tout en faisant un petit détour vers le symbolisme mythique voire parfois mystique.

 

 

 

 

 

 

Gérard Beaulieu est à l’origine designer, mais il ne lâcha jamais ni le crayon, ni le pinceau.

Oui il appartient à cette rare catégorie d’artistes, surtout aujourd’hui, aux possibilités graphiques multidimensionnelles.

 

 

 

 

 

 

Artiste discret, talentueux, il n’en a pas moins fait pour autant un parcours international, mais jamais il ne s’écarta d’une règle immuable et incontournable, celle de la rigueur du dessin, base fondamentale de toute œuvre picturale ou même sculpturale.

 

 

 

 

 

 

Le dessin est le squelette, la structure, le support de toute création graphiques.

 

 

 

 

 

 

Gérard Beaulieu est capable de tout peindre, par défi il est même capable de reproduire les grands maîtres. Mais ce n’est qu’un jeu provocateur et virtuose, mieux vaut aujourd’hui tourner notre regard vers cette belle série symbolique aux variations féminines.

 

 

 

 

 

 

Dans cette remarquable série, aux plus parfaites lignes esthétiques, aux subtiles compositions, aux rapports équilibrés, tant dans le graphisme que le chromatisme. Une note singulière se détache toute imprégnée de dualité, d’ombre et de lumière, de positif et de négatif, d’ambiance aux tons rompus.

 

 

 

 

 

 

Au passage, je vous invite à constater le remarquable rapport des volumes, de certaines relations entre les sculptures de Jacklin Bille et les sujets de Gérard Beaulieu. Je n’en rappellerai que deux, la Vénus déjà citée et Double-obscur, dont le mouvement de la chute des reins est similaire, ou Prémices et l’Instant du songe, où le rêve semble réunir les deux personnages et je peux vous dire que ni l’un, ni l’autre ne se sont concertés.

 

 

 

 

 

 

Gérard Beaulieu nous oblige pour peu que nous soyons attentifs et observateurs de son œuvre, à nous interroger sur le mystère suggéré, la symbolique féminine, le dédoublement, le jeu de la vie et de son inséparable  acolyte l’amour, l’énigme du rêve et les lois du hasard qui en fait n’existe pas, mais révèle plus précisément un phénomène de convergence, par cette touche délicate et parfumée.

 

Pour l’artiste, la femme ou plus précisément sa symbolique demeure toujours un insondable et inépuisable mystère, une sorte de quête vers l’absolu, l’inaccessible, tout est sujet à interrogation, tout peut nous orienter vers les sentiers de la poésie et les voies de la philosophie.

 

Avec Gérard Beaulieu nous sommes toujours dans le suggéré, le signifié, nous évoluons dans la part du mystérieux, de l’intangible, nous sommes déposés sur l’échiquier de la vie, placés devant la fragilité éphémère de la beauté.

 

Le tout situé dans le dédoublement des thèmes choisis et des déclinaisons chromatiques.

Gérard Beaulieu nous transporte de l’autre côté du miroir, où en fait le visible n’est peut-être qu’un trompe l’œil, qu’une illusion. Peut-être que la réalité et le message de l’œuvre se situent au second plan dans des espaces occultés, au revers du visible.

 

L’imaginaire nous transporte, le rêve souligne les courbes du corps, l’image se poétise.

Les visages apparaissent sur un grand miroir et soudain nous effleurons l’éternel.

 

La ligne s’imprime sur le silence et le mystère des sphères !

 

 

 

 

 

 

Gérard Beaulieu, artiste aux multiples orientations

 

 

Indéniablement, le destin jalonne le chemin de vie de signes imperceptibles ! Cependant, le créateur  s’interroge, tout en n’en nourrissant son œuvre. De ce fait il s’avère fort peu probable que nous parvenions à la cerner ? Mais l’intérêt de l’artiste ne réside-t-il pas en ses espaces secrets, là où il peut le mieux s’identifier !

 

Gérard Beaulieu ne cesse de nous étonner. Artiste aux multiples orientations, d’un talent presque insolent, aux plus éclectiques expressions et n’ayant plus rien à démontrer, il n’hésite pas à se lancer des défis.

 

Aujourd’hui libéré d’une carrière de designer, seul dans son atelier, un peu hors du temps, au-delà du rythme lancinant des aiguilles et des intrigues, il ne peint plus que pour l’unique plaisir de retrouver une qualité créative, de perpétuer et de préserver, la noblesse du beau métier, du savoir-faire, sorte de clin d’œil provocateur ou complice aux maîtres anciens qui furent toujours les références fondamentales à l’élaboration de son œuvre, je pense ici aux maîtres flamands comme, Hans Memling, Jan van Eyck, allemands comme, Lucas Cranach, Hans Holbein, italiens comme, Michel Ange, Leonard de Vinci, Botticelli, Pontorno etc.

Ainsi les dernières œuvres que nous propose Gérard Beaulieu, se veulent être une sorte de « retour » vers une certaine tradition, le regard de la modernité en plus, porteur du désir  de restituer un hommage aux anciens, en mettant en situation des portraits ou scènes intimistes.

Au-delà d’une irréprochable technique, la symbolique s’impose comme un jeu voilé, un poème délicat, un dialogue ésotérique entre le peintre et son sujet.

 

Nous évoluons dans les vibrations d’un espace feutré, subtil, fragile aussi qui nous laisse cette impression de vouloir aller cueillir des éclats de cristal ou des fleurs de sel.

Gérard Beaulieu nous plonge au cœur d’une sorte de dualité, de dédoublement d’image, d’effet miroir où le mystère de la femme transcende l’âme.

 

Confrontés aux jeux et méandres du destin nous voici projetés face à l’interrogation astrale. A la relecture des signes du zodiaque, au passage de la réalité au songe, à effleurer les parfums de la silencieuse poétique de la destinée déposée sur le damier noir et blanc de l’échiquier.

Par ces mystères d’alcôve, la femme détiendrait-elle le monde entre les doigts, déciderait-elle du devenir de l’homme ? Telle est son énigme grimée, son dialogue avec l’âme sur la toile de l’astral, son embarquement pour la «  terra incognita. »

 

J’oserai soulever la question, faudrait-il décrypter dans ces icônes féminisées quelques clés prémonitoires ? Les énigmes du destin !

 

 

 

 

 

 

Qu’importe, où risque de nous conduire ces méandres graphiques aux arcanes pigmentés.

Etre artiste pour Gérard Beaulieu, c’est déjà revendiquer son besoin d’authenticité, sa soif d’amour universel, c’est   respecter toutes les parcelles de vie et oser encore croire en l’homme.

 

 

 

 

C’est porter son regard et tendre tout entier vers un possible devenir plus lumineux avec cette notion de beauté devenant une nécessité naturelle.

 

 

 

Michel Bénard, critique d’art

 

 

 

 

 

 

 

 

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Artiste peintre, sculpteur, lithographe, designer, Gérard Beaulieu est né à Reims en 1944.
Après avoir reçu une formation scientifique supérieure, il étudie le design – il est diplômé de l’école nationale supérieure des arts appliqués – spécialité qu’il exercera pendant une vingtaine d’années avant de créer une académie de peinture. Gérard BEAULIEU, artiste peintre, s’est intéressé très jeune à la peinture. Il peint ses premiers tableaux dès l’âge de 12 ans.

Passionné par l’art et l’histoire de l’art, il a conçu son travail comme une recherche permanente,  travaillant un style puis un autre, allant du figuratif à l’abstrait – à travers des séries de 100 à 200 toiles – exploitant au maximum les possibilités de ses trouvailles. Cette diversité ne nuit pas à son oeuvre, à la fois étonnamment variée, constamment en référence à l’histoire de l’art, et en même temps d’une grande unité d’esprit.

Dans sa dernière période, il fait une synthèse de toutes ses expériences passées, liant le figuratif à l’abstrait, la rigueur à la poésie, dans un style inimitable, lui permettant de couvrir tout le champ d’expression de la peinture.

 

Site de l’artiste : http://g.beaulieu.free.fr/

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