George Wallace

 

 

 

(USA)

 

 

George Wallace est un fervent de la scène newyorkaise de poésie et de performances lyriques, il dirige un atelier de lecture, exposé et poésie, il fait des tournées à travers les ETATS UNIS et l’Europe. Georege Wallace fut le premier poète lauréat du département de Suffolk et de Writer in Residence, au lieu de naissance de Walt Whitman, à West Hills NY. Il est l’auteur de 24 livres de poésie publiés en USA, GB, Italie et Grèce, et professeur d’anglais à l’Université Pace, de Manhattan.

George a fait des apparences en public : Woody Guthrie Festival (Okemah OK); Mabel Dodge Luhan House (Taos NM); Church of Beethoven (Albuquerque NM); Beyond Baroque (Los Angeles Ca); the John Steinbeck Center (Salinas Ca); Beat Museum (San Francisco Ca); et Lowell Celebrates Kerouac Festival (Lowell Ma). GB: Robert Burns Centre (Dumfries, Scotland); the Dylan Thomas Centre (Swansea, Wales); Citizen 32 Fuel Bar (Manchester UK); John Ruskin’s Brantwood (Cumbria UK). OTHER About Art (Athens Gr); Shakespeare & Co (Paris Fr).

 

 

 

 

 

 

RD: – George Wallace, vous êtes un écrivain de taille internationale, avec un sacré passé de poète et performeur! Très actif, très créatif dans le monde des poètes et des artistes américains, dites-nous, je vous en prie, d’où vient votre amour pour la poésie?

Qui vous a fait découvrir la poésie?

 

 

 

 

GW: – Je suis comme tout le monde! J’ai découvert la poésie avec les trippes. Musique, poésie, l’étincelle brûlante de création pulsant autour et à travers nous. Appelez-le comme vous voulez, elle souligne et traverse rapidement tout ce que nous voyons, entendons, sentons, touchons, goûtons dans le monde. C’est mon passé secret, c’est le passé secret de nous tous et nous la découvrons tous dans le ventre et possède cette vision. Mais vivre dans un monde où la vision sacrée est obscurcie. ‘Notre naissance est seulement sommeil et oubli’ – Wordsworth a bien entendu. Beaucoup d’entre nous l’oublient parce que le cerveau conscient jette une couverture sur notre première vision. Moi, j’ai eu de la chance, je n’ai pas oublié cela.

 

RD: – Pourquoi ?

 

GW: – Je pense que c’était à cause de ma soeur aînée et de son maudit piano. La première fois je l’ai entendue jouer d’une main et claquer une mélodie maladroite de l’autre, je me suis rappelé la ‘musique des sphères’ que j’ai rencontrée la première fois, comme tout le monde, dans les trippes et réalisé à ce moment que si l’on bricole les choses – un piano, une cascade de mots, des images, des idées ou des boutons dans un pot – vous pouvez être un créateur de cette musique vous-même. D’autres gens peuvent penser ce qu’ils veulent. Pour moi, rien d’autre que je pourrais faire dans ce monde est mieux que ça. C’est une malédiction!

 

RD: – Puisque Levure littéraire consacre cette nouvelle édition à l’Enfant, je voudrais parler avec vous sur l’enfant Georges. Comment George Wallace a vécu en tant qu’enfant? Comment votre enfance a-t-elle influencé par la suite vos écrits? Si c’est vraiment le cas…

 

GW: – Nous portons tous nos fantômes en nous. Et quels fantômes plus obsédants et forts ou profonds que ceux sortant pour nous habiter dans notre enfance. Les miens ce sont des salauds magnifiques! Destitués, transmués, ressuscités ou crus, ils me terrifient et m’enchantent. Je n’ose pas les nommer par nom, de peur qu’ils aillent me défaire. Quand même par mon procès créatif je danse avec eux. C’est une étreinte délicieuse mortelle par laquelle je les tiens et ils me tiennent. J’aspire de les séduire comme ils m’ont subjugué et m’ont séduit.

 

RD: – Pensez vous que l’auteur de poésie est enraciné dans son enfance? Un grand poète français, poète-philosophe Yves Bonnefoy, nommé pour le Prix Nobel pour Littérature avec qui j’ai eu une interview, il m’a dit que toute sa vie il est resté un enfant sensitif. Qu’est ce que vous en dites?

 

 

 

 

GW: – Comme les autres types de gens, il y a des poètes enracinés dans leur enfance. Certainement! Nous avons des poètes sensitifs et pusillanimes. Des poètes brutes et médusés et pleurards. Des poètes qui vous ignorent et les autres qui pépient comme des grillons lorsque vous entrez dans la chambre. Les poètes qui peuvent vous séduire, et les autres qui vous éblouissent avec un sourire, ou voler votre déjeuner. Étaient-ils comme ça lorsqu’ils étaient des enfants? Probablement! Est-ce qu’ils ont grandi depuis? Je me doute!
D’autres encore ce sont des émergentes créatures, et refusent de voir leurs origines comme un point final d’un piège, mais comme une plateforme pour ce qu’ils peuvent devenir.

Je suis comme eux, je pense. La manière dans laquelle je l’imagine, pourquoi vous confiner pour ‘rester’ ce que vous étiez lorsque enfant si vous pouvez dévouer votre vie pour découvrir des nouvelles profondeurs et dimensions? Yves Bonnefoy a ses raisons pour dire il est ‘resté’ une certaine chose. J’ai mes raisons pour penser autrement.

 

RD: – Bien sûr …

 

GW: – Les racines ce sont des racines, les semences ce sont des semences. Ils ne sont pas la plante entière. Ils ne sont même pas la fleur ou le fruit de la plante, au moins pas d’habitude. Ok navets, pommes de terre. Mais je ne suis pas non plus le genre de roi des racines. Je veux jeter mes feuilles et branches dans l’air et vers le soleil!

Laissez Yves Bonnefoy être ce qu’il doit être. Je veux être une des semences d’Antoine de St Exupéry languissant le soleil. Laissez le cheval d’Yves Bonnefoy être fixé par la gravité à la terre terrestre de son enfance. Je veux chevaucher comme Andres Breton, imaginer un cheval galopant à travers une tomate, ou voler en état d’apesanteur à travers le ciel.

 

RD: – George Wallace, votre nom est associé au surréalisme en Amérique mais il a aussi une forte résonance avec la littérature européenne surréaliste. Qu’est-ce que vous en penser du surréalisme? Pourquoi est-il encore branché?

 

 

 

 

GW: – Il y a eu des mouvements au début du 20ème siècle et pendant la moitié du siècle poésie – futurisme, cubisme, dada, et surréalisme en particulier – qui ont été explorés effectivement en Europe, aussi en Amérique Latin. Pas beaucoup dans les EUA, où le modernisme académique de Pound & Eliot jette une ombre énorme sur les choses. Mon exposition aux activités dans ces domaines est ce que les Européens et sud-américains ont fait, généralement en traduction. Bien sûr dans les EUA il y avait EE Cummings et certains travaux par William Carlos Williams, et ensuite par le Beat movement et l’Avante-Garde, comme Charles Henri Ford et Philip Lamantia. Le petit livre de Ferlinghetti de traductions de poèmes de Jacques Prévert était extrêmement important pour moi.

 

RD: – Pourquoi est-il encore branché?

 

GW: – Parce qu’il est encore amusant! Le Comité du Prix Nobel le pense, évidemment, ils viennent de choisir Tomas Transtromer en 2011. En ce qui nous concerne, en Amérique, je pense que nous avons encore beaucoup de choses à couvrir pour voir ce que nous pouvons faire pour explorer les possibilités de ces mouvements dans le contexte national.

 

RD- Quels sont vos références dans la littérature? Vos professeurs, vos modèles littéraires?

 

 

 

 

GW: – Les transcendentalistes américains (Whitman, Emerson, Thoreau), Muckrakers & Populistes (Sandburg, Reed, Kalar), Beat BopProsodists & New York School (Kerouac, Ginsburg, O’Hara, Clausen), Cubistes & Surréalistes européens & sud américains (Cendrars, Max Jacob, Apollinaire, Breton, Soupault, Sachtouris, Elytis, Huidobro, Neruda) et une foule d’interprètes des mots parlés sur la scène de poésie currente.

 

RD: – Comment écrivez-vous? Avec prévenance? Après une réflexion mature? Vos écritures ce sont un jet direct? Automatiquement, une dictée de l’inconscient?

 

 

 

 

GW: – Richard Hugo a une bonne explication de ce que je fais dans ‘Triggering Town. Je suis un poète qui découvre ce qu’il va écrire dans le procès d’écriture. L’énergie de quelques mots ou une phrase suggère une direction à suivre pour moi – leur son & rythme, l’aspect de leur sens, et je m’ouvre à un champ si large de possibilités exploratoires pour DÉCOUVRIR ce que je vais écrire. J’essaie également de finir un poème dans une seule réunion – utilisant des mots comme matériel ‘vif’ pour créer un produit qui est essentiellement complet avant de sécher. Pensez aquarelle ou gouache. Pensez fresque. Les deux aspects de mon procès tendent de conduire à travail qui retient l’enthousiasme de la première découverte.

 

RD: – Pour vous?

 

GW: – Pour moi n’importe comment!

 

RD: -Quels sont les récompenses que votre écriture vous emporte?

 

GW: – La plus grande récompense est celle-ci – tous les jours je me réveille et je suis une poète. Je suis un artiste. J’ai une série nouvelle d’heures de réveil pour transformer mes rêves et sentiments en créations artistiques. Donc pour moi tous les jours lorsque je me réveille j’ai gagné au jeu de la vie. Est-ce qu’il y a quelque chose mieux que ça? Je pense que non.

 

RD:- Qu’est-ce que vous avez en commun avec les surréalistes européens? Qu’est-ce que vous distingue d’eux?

 

GW: – Le surréalisme est une doctrine pour moi. C’est un instrument. Un d’une multitude dans un arsenal d’instruments que j’utilise dans mon métier. Je suis un mec simple, simple et intuitif et orienté vers les résultats. Je ne suis pas intéressé de manifestes ou définitions. Je ne veux qu’un instrument qui est bon pour ma main.

 

 

 

 

RD: – Qu’est-ce que vous révolte dans ce monde?

 

GW: – Le changement est dans la nature des choses dans ce monde, y compris la révolution. Je ne suis que partie de ça, ce n’est pas grande chose. Autant que je me révolte, c’est une chose joyeuse. Je crois à la grâce inhérente dans toutes les choses, que nous appelons tous ‘des fleurs de soleil belles à l’intérieur,’ comme Ginsburg dit en Sunflower Sutra. Je pense que les gens brouillent les choses dans ce monde, et lorsqu’ils gâtent les choses c’est seulement quelque chose qui doit être pris, nettoyé, et collé de nouveau. La corruption arrive non parce que les gens sont corrompus, mais parce qu’ils sont imparfaits par nature. Lorsque je vois la corruption dans les gens je dis quelque chose. C’est ça de la révolte?

 

RD: – Que-ce que c’est alors?

 

GW: – Intervenir et nettoyer si nous pouvons. C’est ça de la révolte? Je ne pense pas. J’essaie seulement d’aider et nous amener à la place suivante, nous espérons dans une place supérieure. Oui, je peux être un poète de témoin. Oui, je peux être un poète de conscience. Mais je ne pense pas que je suis un poète furieux. Ginsburg dit ‘Nous ne sommes pas notre peau de suie,’ et je pense ça. Vous pouvez m’appeler un idiot, mais si je vois de la suie, je vais le dire.

 

RD: – Votre imagination est-elle alimentée de la réalité? Or c’est de la pure fantaisie, dans la révolte?

 

GW: – Je ne pense pas que la fantaisie est une révolte contre la réalité plus que je pense que l’amour émotionnel est une révolte contre l’amour intellectuel. Et en ce qui concerne ma poésie, je ne fais pas de différence entre les niveaux de réalité de stages de perceptions différentes. Je veux dire si je conduis sur l’autoroute mon idée de réalité utile est assez étroit. Mais lorsque j’écris des poèmes? Rêves, imagination, fantaisie, inconscient – ce sont des réalités parfaitement bons pour moi. Également les mémoires, les observations, les passions, les urgences de base, les impulses sociales et les expériences conscientes. Égaux en valeur, tous bons comme matériel pour le procès créatif.

 

RD: – Que-ce qu’un poète surréaliste rêve pendant la nuit?

 

GW: – Qu’il est réveillé et qu’il est un poète surréaliste.

 

 

 

 

RD: – Et pendant le jour?

 

GW: – Qu’il n’est pas vraiment réveillé.

 

 

 

 

www.poetrybay.com

 

 

 

 

Plus d’informations :

whitmanandbeyond.wordpress.com

 

 

 

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Journaliste: Rodica Draghincescu

www.draghincescu.com

Traduction de l’anglais: ZENOVIA POPA (Bucarest, Roumanie)

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