Gaëtan Sortet & Khalid EL Morabethi

 

 

(Belgique)

 

 

(Maroc)

 

 

 

La tornade

 

Je vois le soleil dans mon cadavre

 

Je suis un loup-garou impatient

 

Je ne peux pas dormir

 

Je vénère des clowns magnifiques et puissants

 

Je suis au milieu

 

Des papillons transparents m’entourent et me rassurent

 

Ils écoutent quand il pleut

 

La terre gronde

 

Ils essaient de faire des gestes

 

Ils ressemblent à des lutins maladroits et distraits

 

Ils renversent les poubelles

 

Et des coccinelles lumineuses en surgissent

 

J’ouvre la bouche et je bois

 

 

 

 

 

 

Pays inconnu

 

Je répète ce que je prononce

 

Deux fois. Deux fois.

 

Le son au milieu existe

 

Et je sens le souffle de Dieu sur mon visage

 

Le silence, on ne peut pas l’attendre mourir

 

Tu sais mon Amour, je suis un chien

 

Je ne peux pas me coucher sur la route

 

J’ai d’autres ambitions

 

Je pense

 

Et je crois que tu es celle

 

 

 

Résurrection

 

J’habite la caisse

 

La nuit du solstice d’été approche

 

Il y a une plante

 

Elle transforme l’air en or

 

Il y a une plante dans ma gorge

 

Je crois que c’est un ombilic de Vénus

 

J’ai la tête très pleine mais noire, j’ai la gorge noire

 

Mais j’ai la foi

 

Tant pis si je tombe

 

La pluie tombe aussi et on ne lui en veut pas

 

Ce n’est pas grave

 

Car l’âme aussi est vagabonde

 

J’ai vécu trop longtemps, ce n’est pas grave

 

La nuit du solstice d’été approche

 

Je trouve que je respire bien, mes poumons sont noirs mais je respire

 

 

 

Le serpent et la fleur

 

L’animal ne traverse pas

 

Semer des graines

 

Dans une armoire, il a attaqué quelqu’un

 

Sous le soleil, explique-moi la vie

 

Dans une armoire, il a mangé son cœur, l’animal

 

Remplace demain par aujourd’hui

 

Mettre le démon dans le système musculaire

 

La brume, toujours la brume mais je sais que le soleil brille

 

Dans le système respiratoire

 

Il y a cette lumière au bout du tunnel

 

Sur la tombe. L’animal appelle

 

Et les graines deviennent lieu sacré

 

Un serpent

 

Une fleur nue

 

Dans la bouche

 

Dans la lueur-fuite fantastique

 

 

 

Maintenant ou jamais

 

C’est dans un cimetière  qu’on boit de la bière

 

Et la bergère parle-triche tête à l’envers

 

Et ça pourrait être drôle la ruine

 

Et tout pourrait brûler-saigner

 

L’enfant est beau et la pluie

 

Rejoint la terre, rejoint la mer, rejoint mon âme

 

Dans la bouteille, c’est drôle l’existence, dans le cimetière

 

C’est drôle la mort-renaissance

 

Oui dans la tête, y a un rideau

 

Oui, je suis un troubadour, et alors ?

 

Oui je respire

 

Oui, je m’éveille

 

Je respire par les yeux

 

Et j’interroge la pluie

 

C’est

 

Maintenant ou jamais

 

 

 

Ami, laisse dire

 

On ne respire pas toujours

 

Dans le journal, un fantôme s’est échappé

 

On ne mange pas toujours, on pense

 

Et le roi-pirate se prélasse

 

Omelette au fromage et la race

 

Et le philosophe se réjouit

 

Ça vient du ventre du cerveau et quand on dit oui

 

Le singe loyal et la fourmi dansent

 

Ça vient du corps

 

Ca appelle la luxure

 

Peut-être

 

Ami, laisse dire

 

 

 

Oncle

 

Mon oncle dans le coffre

 

Attend un saltimbanque barbu

 

Je montre le corps

 

Je lance un poème en l’air

 

Mon oncle est blanc

 

Le saltimbanque est neige en feu

 

Je fais une photo

 

Entre chien et loup ou heure dorée ?

 

On l’appelle le tigre

 

Il est rêve et espoir

 

 

 

Libre maintenant 

 

Des œufs dans mon ventre

 

Une icône colorée dans une sépulture

 

Quand on l’a ouverte on s’est rendu compte qu’il y avait un homme mort

 

Et sous la lumière, une licorne déjantée galopait dans la prairie

 

Des fleurs Lourdes

 

Une truite terrible

 

Un ombre à coté

 

Un gryphon majestueux

 

à côté de la maison

 

Je libère mon enfant intérieur, va, joue au jeu de la vie

 

Le fantôme est libre maintenant

 

 

 

 Le paradis

 

Une jeune fille superbe retrouve un moine aux abords d’un fleuve

 

Elle dit bonjours

 

Elle caresse une luciole

 

Et rentre dans sa tête

 

Le moine est timide et il siffle fiévreusement

 

Elle habitera sa tête

 

Elle habitera aussi la cabane dans les arbres

 

Elle s’habituera

 

Et le moine brûlera sa robe de moine

 

Elle s’habituera a traverser le feu dans sa tête

 

Et le moine sera heureux

 

Il n’y aura aucun problème

 

Ce sera le paradis.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gaëtan Sortet

 

Né le 15 janvier 1974 à Namur, Belgique.

 

Artiste pluridisciplinaire dont la base de travail est l’image (photo, vidéo, peinture) et le langage.

 

Entré dans la poésie par le biais d’un ha ï ku du maître japonais Bashô.

 

Vieil étang
Une grenouille plonge
Bruit de l’eau

 

Au gré de rencontres diverses dans le milieu de la poé sie belge (Jacques Izoard, Ben Ar ès, David Besschops), il s’est mis à écrire des textes à la mani ère automatique et des aphorismes.

 

Travaille au sein du groupe poé tico-musical Tartart : www.tartart.eu

 

Site personnel :
www.gaetansortet-art.be

 

 

 

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Khalid EL Morabethi

BIO

vit, étudie, cultive son jardin au Maroc à Oujda,   écrit des textes, des sortes d’exercices. 

Son premier recueil  ( E.X.E.R.C.I.C.E.S ) publié par ( les éditions angineux ).

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