Franck Cana

 

Franck Cana

 

(Congo-France)

 

 

 

a lu pour vous :

 

« MIXTURE » de NKUL BETI (Cameroun)

 

Livre Mixture (1)

 

UN LIVRE QUI NOUS INVITE A LA REFLEXION ET A PRENDRE PARTI.

 

Si le poète Russe Alexandre Radichtchev avait affirmé : « Je vais où il me plait d’aller,  j’écoute ce qui m’agrée, je proclame ce que je pense », le Camerounais Nkul Beti a également choisi la poésie pour exprimer sa pensée avec beaucoup de liberté. Son recueil de poèmes « Mixture » rend hommage, dénonce, défend, incite le lecteur à réfléchir et à adopter un point de vue.

 

L’auteur aimerait une autre réalité que celle qui fonde son quotidien : « La vie de chez nous est un labyrinthe aux chemins fielleux et épineux, le mal a tué le bien, la panade, la famine, la guerre, le trépas, règnent en grands seigneurs, les gouvernants n’ont plus de foi, la vertu est morte. » Le poète, n’ayant pas la mémoire courte, porte un regard implacable sur la traite négrière qui a dépouillé l’Afrique demeurée asservie avec ses hommes et ses matières premières.

 

Diplômé en Lettres Modernes Françaises, né en 1993 à N’gaoundéré au Cameroun, Nkul Beti signe un excellent recueil dans lequel il a réussi à créer des images fortes. Les textes font appel aux sentiments du lecteur. Sa joie de vivre est assimilable à la peau flétrie d’un chien : « Personne ne fait attention au clebs que je suis. » La douleur est tellement présente que le mot « larme » est celui qui est le plus cité dans cet ouvrage.

 

Le bonheur, même passager, ensoleille par endroit cette fascinante poésie. Il y a l’amour maternel, les sept belles années passées au séminaire Sainte-Thérèse de Mvolyé, les sentiments envers l’âme sœur, même si sa rencontre avec la belle Dominique « restera un soldat inconnu »Le vin ne peut nettoyer les tracassins,  toutefois la liberté et la paix sont au rendez-vous de la « pauvre perdrix » Afrique.

 

Nous pouvons affirmer que cette poésie engagée développe des thèmes comme la liberté, l’exploitation de l’homme par l’homme, la foi, l’amour, la vertu et le vice plus que jamais d’actualité. Âgé de 21 ans, Nkul Beti, de son vrai nom Baltazar Atangana Noah, a pris le parti de l’humanité et d’une équité outragée avec sa plume et de brillante manière, ce qui est tout à son honneur.

 

 

 « Mixture » de Nkul Beti, poésie, éditions Edilivre. 32 pages. 8,50 euros.

 

Source : Magazine Mito revista cultural n°26 d’octobre 2015.

 

 

 

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« L’ANTHOLOGIE DES 60 ANS DE LA LITTERATURE CONGOLAISE (1953-2013) »

 

ANTHOLOGIE DES 60 ANS DE LA LITTERATURE CONGOLAISE

 

« Anthologie des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013) : Noces de diamant » est un ouvrage écrit par vingt-six auteurs originaires du Congo, sur le thème de l’Union, sous la direction d’Aimé Eyengué, écrivain et commissaire du salon du livre de Brazzaville. C’est la célébration d’une littérature qui rend hommage à Jean Malonga, premier écrivain Congolais.

 

Car, il est de bon aloi de vouloir transmettre le goût de l’histoire et de la culture à toutes les générations d’un pays pour que les peuples et les nations se souviennent toujours de tous les grands hommes et femmes qui ont fait l’Histoire. Il s’agit d’un livre unique en son genre, du fait qu’il donne à lire quasiment tous les genres littéraires dans un seul et même recueil : nouvelles, mini-romans, poèmes, contes, théâtre, slam…

 

ANTHOLOGIE DES 60 ANS DE LA LITTERATURE CONGOLAISE2

 

Et pour tout dire, les rédacteurs voudraient voir des Maisons de la culture et du livre érigées partout, dans tous les pays, comme des ponts culturels, à l’instar de celui illustré par cette anthologie, pour que vive la littérature et la culture pour tous.

 

Franck  CANA

 

ANTHOLOGIE DES 60 ANS DE LA LITTERATURE CONGOLAISE3

 

Anthologie des 60 ans de la littérature congolaise, noces de diamant (1953-2013) : Noces de diamant, ouvrage collectif, éditions l’Harmattan 2015. 228 pages, prix 22,50 euros.

 

Source : Mito revista cultural n°26 d’octobre 2015.

 

 

 

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ROMAN :

 

« LES MAQUISARDS » D’HEMLEY BOUM

 

HEMLEY BOUM

 

CONSACRE LA BRAVE LUTTE INACHEVEE DES CAMEROUNAIS POUR LEUR INDEPENDANCE.

 

HEMLEY BOUM2

 

Guerroyer ou faire la guerre, tout le monde le sait, a été l’une des plus vieilles activités humaines dans ce monde. Thomas Hobbes (1651) a écrit « l’homme est un loup pour l’homme ». Les raisons de la guerre sont multiples, celles d’asservir un peuple afin de l’exploiter et de piller ses ressources naturelles sont les raisons les plus courantes. Un peuple dominé cherchera inexorablement à sortir d’un système colonialiste par la résistance.

 

La France a massacré au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, des centaines de milliers de personnes afin de continuer à faire main basse sur les richesses du pays. Peu de livres en font état, pourtant ce pan de l’histoire ne doit pas être occulté. Le roman, « Les maquisards » comble heureusement ce vide en rappelant cette période sombre à partir de 1948. Pour les Camerounais dont le leader était Ruben Um Nyobé, dit Mpodol, « l’indépendance doit être totale et immédiate ».

 

Ce livre s’inscrit dans une perspective historique et nous entraine au cœur d’une lutte pour l’indépendance de l’UPC (Union des Populations du Cameroun) qui a lieu pour l’essentiel à l’intérieur de la forêt, plus précisément dans la région de la tribu Bassa. Cette tribu jouera un rôle important dans la libéralisation du joug colonial. Le leader charismatique Mpodol mènera le combat entouré principalement par Amos Mangulé, Muulé, Kundé, Esta et Likak, mais ils seront contraints à la clandestinité. Ce très riche roman dépasse de loin certains livres d’Histoire à la vérité incomplète, il évoque : crimes contre l’humanité, trahisons, amour, amitié, pardon, religion, coutumes Bassa, viols et animisme…

 

Cet ouvrage rappelle cette lutte sanguinaire et la portée historique de ces évènements, mais il se construit aussi autour d’une saga familiale. Négligée par Alexandre Nyemb, son mari, Thérèse part s’installer en ménage à Pouma chez Joseph Ndoumbè, un infirmier résidant dans la même contrée que son époux. Deux ans plus tard, Alexandre Nyemb vient récupérer son épouse chez son rival qui n’opposera aucune violence. Peu de temps après, Thérèse accouche de Muulé, en réalité l’enfant de l’infirmier, toutefois Alexandre affirmera publiquement qu’il est le plus fier des pères de Pouma.

 

Au Cameroun, une parole donnée est toujours tenue même dans les larmes. Muulé doit s’engager par obligation dans les guerres de la France et s’éloigne donc de Likak après une nuit d’amour, « Likak est toute son espérance. » Malheureusement, elle avait été promise à quelqu’un d’autre dès sa naissance et cette promesse doit être respectée. Les personnages attachants et les sujets abordés dans ce livre lui apportent une intensité profonde et en font un chef-d’œuvre. C’est une invitation à découvrir une période sombre de l’Histoire du Cameroun, marquée par le colonialisme français et par la volonté du peuple de s’en affranchir. Ce roman fera les délices des amateurs et interpellera les spécialistes.

 

Franck  CANA

 

« Les maquisards » d’Hemley Boum, roman, éditions La Cheminante, 384 pages, 22 euros.

 

 

 

 

 
 
 

 

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Écrivain, journaliste français, Éditeur

Président du Cercle des Écrivains et Artistes des Afriques (CE2A). 

Auteur des ouvrages :

« L’aube de l’odyssée » (essai), éditions La Bruyère, Paris,

« Opération restore hope » (roman), éditions La Bruyère,

« Mission accomplie », biographie, éditions Cécile Langlois, Paris

« Dieu est bon », biographie, éditions Cécile Langlois, 

« Anthologie des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013) : Noces de diamant », ouvrage collectif, éditions l’Harmattan, Paris,

« Pour un monde meilleur : Liberté, Egalité, Fraternité », ouvrage collectif, Ella éditions / publié en France et au Canada,

« République Démocratique du Congo 2016 : Vital Kamerhe est recommandable », politique, co-auteur Joseph Tshiatumba, éditions Cana, Paris,

« Sortir pour Entrer », témoignage, éditions Cana, Paris.

« Dans trois jours », théâtre, co-auteur Jorus Mabiala, à paraître prochainement aux éditions Cana.

« Auteur de plusieurs publications dans la presse internationale.

 

Contact : franckeditionscana@gmail.com

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