Dominique Sorrente

 

 

 

(France)

 

 

LETTRE A UN VIEUX POÈTE

 

 

 

 

À Hans Freibach

 

Mon cher Hans,

Vous ne me demandez plus si vos poèmes sont bons. Au fond, peut-être ne me l’avez-vous jamais demandé. Pourtant votre silence me travaille, et j’aimerais vous accompagner un peu plus dans ce temps où je sens le vent passer sur votre tête dégarnie, comme s’il entendait remettre les compteurs à zéro.

 

Quel sentiment vous anime à constater que vous n’avez pas été entendu, comme vous l’espériez assurément en vos jeunes années ?  Vous vous dites sans doute que vos lecteurs, vos auditeurs sont un « happy few »,  de rares et précieux « quelques-uns » ; en dépit de quoi, on ne peut s’empêcher d’être saisi par un certain  vertige en comparant cette expérience personnelle  au vacarme assourdissant de la logosphère ambiante. Il me semble que la fréquentation des  secteurs livres des grandes surfaces est le meilleur argument qu’on puisse trouver pour initier l’écrivain au silence et à la vacuité. Votre attitude de retrait, acceptée plus que désirée, vous a appris  assez tôt que la parole du poète ne trouverait pas si facilement l’étagère où poser sa tête…

 

Et pourtant, vous avez cheminé dans ce travail que vous avez conçu, sans toujours en comprendre le dessein. Avec la jubilation  qui naît à la tombée des mots, la lassitude qui parfois vous emportait dans ses détours sans fin, vous  avez appelé nécessité, la tâche de nommer ce labeur une « œuvre », sans vous draper. Oh non pas, ce vaisseau bien armé qui se dicte à lui-même ses règlements intérieurs et communique aux autres, à chaque occasion, la destinée de ses vues ! Une œuvre, vêtue d’une forme improbable, toujours en mouvement, vivant de cette instabilité, s’y perdant parfois, mais poursuivant l’énoncé des sillages. C’est bien cela que vous avez instruit durant toutes ces années, le plus souvent tenues à l’obscur.

 

Le monde littéraire, le « milieu » comme on dit parfois, n’était guère votre tasse de thé. Vous ne vous êtes jamais senti de ce parti, de cette coterie, de ce clan ; cela n’a pas été sans douleur parfois, puisque l’époque ne supporte guère l’esprit de non- appartenance qui appartient aux solitaires. Ce n’est pas que vous ayez refusé de vivre dans la compagnie des autres, de vos amis artistes ou écrivains. Tout le contraire ; dès votre adolescence, vous rêviez de cette belle utopie des mots dressés comme une tente. Mais le « milieu » suppose d’autres stratégies qui vous lassèrent au fur et à mesure que les années passaient. Avec le temps, je vous ai vu de plus en plus avouer le désir de « ne pas calculer » , lâcher des gestes sans retenue, offrir des lettres qui n’attendaient aucun retour, visiter de votre poésie des lieux non défrichés…A chaque fois, vous preniez un malin plaisir à vous exposer comme on vise à retrouver la mobilité des ailes perdues de l’oiseau.

 

Je devine ce que cette attitude, que certains jugent « suicidaire », a dû occasionner pour vous d’abandon, de regret peut-être, de djihad intérieur, sait-on jamais… Accepter que les états de médiocrité pavanent, que la ferveur et l’incandescence d’une expérience restent murées ne va pas sans férocité. Je me souviens de la formule qu’un jour, vous m’aviez lancée à l’adresse de ce « milieu » : le monde de la poésie (au moins en France ), quand il n’est pas une métaphore de la guerre, ressemble, à s’y méprendre, à une « paix armée ». La formule m’avait fait sourire sur le moment. J’imaginais certains écrivains éthérés, visages peints au bouchon,  costumés en treillis et casque…Je comprends mieux à présent ce que cette observation  déchiffrait, au moment où une nouvelle génération est tentée de déferler avec les armes des nouvelles pratiques du marketing, du management, du lobbying, autant de techniques du monde des entreprises qui sont devenues un lieu commun des relations professionnelles ; et celles-là gagnant tout le terrain de la vie ordinaire, se faisant passer pour la norme tacite de toute vie en société. Le si discret charme du crime parfait, en somme !

 

Mais vous, oui justement, vous avez voulu prendre en défaut ce lieu de simulacre sans doute parce que vous ne le connaissiez que trop. Prendre en défaut, sans concevoir ce que pourrait être une victoire, par trop lointaine, impossible même à imaginer à cette heure, avec vos armes pauvres, dans un combat inégal qui me fait penser à cet instant au faiseur de château de sable devant la marée montante. Je ne sais comment entendre aujourd’hui encore cette part d’innocence, ce jeu d’enfant qui  animait vos démarches de tous bords. L’esprit des beaux- perdants, peut- être. Vous saviez ce qu’il fallait faire pour « réussir » selon le code commun, et vous agissiez pour que la vie ne se passe jamais d’une façon si triviale. Etiez-vous alors un adepte de la stratégie de l’échec, un de ces drôles pathétiques qui amusent tant la galerie parce qu’ils mettent en œuvre tous les moyens pour ne pas aboutir ? C’eût été trop facile pour le jugement des profanes. Le poète, toujours à côté de la plaque, le doux rêveur que les manipulateurs froids posent en potiche japonaise sur un bord de cheminée, pas si loin en hiérarchie d’ indignité de l’idiot du village, une forme de « fada » comme on dit en Provence, en somme un visité des fées…

 

La réponse est ailleurs. Pour vous, il ne s’agira jamais de réussir ou d’échouer, à l’aune de telles mesures. La concentration que vous mettez dans l’ouvrage d’un poème, dans le déplacement d’un mot, la bascule d’une phrase est le cœur même de votre engagement. Elle vous met en tension, hors des limites du temps ordinaire. Voir surgir une alliance imprévue de mots de votre cerveau n’a jamais cessé de vous étonner comme l’énigme de toute naissance. Le temps de la publication, celui de la diffusion ou celui de la rencontre avec le public ne furent jamais que les accompagnateurs aléatoires de cette première effervescence. Pour vous, réussir a toujours été cet acte de faire advenir ou d’accueillir un peu de sens, comme un morceau de chance,  à travers le langage.

 

Parfois, en vous regardant vous taire aujourd’hui, face au tourbillon du monde, je me dis qu’une définition du poète pourrait bien être celle-ci : l’arbre qui cache le silence de la forêt.

 

Cet arbre-là n’est pas un semeur d’illusions, un faire- valoir pour le monde des instantanés. Il est seul pour contenir et le doute et la peur ; seul encore pour imaginer l’espoir, faire qu’un chemin possible se donne au monde.

 

Les deux mots de résistance et de fondation vous habitaient en toute circonstance et vous habitent encore aujourd’hui. Non pas, simples vocables pour tirer les marrons du feu ou se payer une bonne conscience à prix coûtant. Plutôt deux mots, comme deux puits. Si exigeants qu’on n’en finit pas de les éprouver, en toute circonstance. De la résistance, vous en avez senti partout, et bien au-delà des discours trop lacunaires sur le système économique. Il serait présomptueux de penser que les dangers actuels sont plus cruels que ceux que vous avez traversés aux temps délirants du vingtième siècle. Mais je les crois bien plus invisibles que ceux qui furent en d’autres jours de votre existence. La résistance qui vous travaille a pu changer d’horizon ; elle n’a jamais arraché son visage premier. Celui qui consiste d’abord à observer avec l’œil du plus fort discernement comment remuent les mondes, celui du très lointain et le plus proche immédiat, le récit de l’autre et le labyrinthe intime. Quant à l’esprit de fondation, il  ne vous a guère quitté que lorsque des temps de jachère s’improvisaient en vous. Je crois bien que vous avez aimé passionnément inventer des fondations, fussent-elles éphémères, surtout si vous les éprouviez ainsi.

 

La mise en œuvre, me semble-t-il,  ne vous a jamais autant intéressé que l’ardeur des commencements. Et vous m’avez appris que résistance et fondation vivaient sur la même île, cette pierre d’utopie qui nourrit le langage comme la vie.

 

Vous nous dites à présent que vous êtes un vieux poète. Vous reconnaissez cela, aux dates de biographie que l’on vous commande d’indiquer dans les anthologies ou les revues. Il vous arrive aussi de renoncer à des lectures publiques et de laisser la place à d’autres. Quant à votre langage, il avance aussi mystérieux qu’il fut, parfois plus dépouillé, il est comme une rivière en ses saisons, et la vieillesse n’y est pour rien. Vous nous dites que vous êtes un vieux poète, parce que le grand âge s’est avoué dans votre corps et que les miroirs du temps passé insistent dans la belle armoire vitrée. Et en disant cela, il me semble que tout ce papier noirci, loin de vous servir de preuve, procure en vous une forme d’ étrange pesanteur. Un jour, il n’y a pas si longtemps, vous évoquiez Thomas d’Aquin qui après avoir rédigé la Somme contre les gentils et finissant d’entreprendre la Somme théologique aurait avoué à son secrétaire : « Videtur mihi ut palea. » ( Tout cela m’apparaît comme de la paille ).

L’apprenti auteur,  pressé aujourd’hui de « réussir » à la vitesse de l’immédiat,  aura vite conclu. Si écrire de la sorte  n’aboutit qu’à toucher de la paille, il me faut urgemment soit travailler à autre chose, soit écrire en changeant d’intention. Comprendra-t-il, celui-là, que cette parole vient comme au bout du monde nommer l’heure ultime d’une vie d’homme au regard de l’invisible ? La paille obtenue ici est la mendiante nécessaire à chaque œuvre. Elle lui confère sa dignité de pauvre héritière. Vous avez écrit sous cette lumière, de poème à poème. La paille qui vous a accompagné vous a aidé à renouveler votre incessant regard sur le monde, et sa fuite, et son retour.

 

Etre poète de tout temps n’a jamais été une sinécure. Trivialité ! Quel commerce nouer avec ce vocable toujours trop  embarrassant ? Costumé en matière diaphane, lancé en dérision, peuplé d’extravagances, à chacun son couplet… Vous vous êtes dit poète très tôt, avec une innocence et une passion, butins de votre adolescence, qui ne transigeaient pas. Si le geste était resté d’adolescence, on aurait rangé volontiers cette foucade dans l’ordinaire d’une existence humaine. Mais passé cet âge, la poésie continuait son travail en vous. Et il fallut se poser la question : ou l’éternelle adolescence a bâti en vous sa demeure, ou la poésie a choisi d’emprunter d’autres visages pour border votre route. Il se pourrait bien que la réponse, selon les moments,  ait croisé ces deux attitudes. Et c’est ainsi que le poème s’est fait ressource, devenant à votre bouche le plus commun des immortels.

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Que peut donc faire un vieux poète ? Compter les livres qu’il n’a pas écrits ; ranger les décorations qu’il a oublié de recevoir ; remercier les lecteurs dont les lettres forment un tas appréciable en poste restante… Je me souviens d’un autre vieux poète, je devrais dire d’un « très vieux poète », comparé à vous. Il avait fait ses classes à l’école des « Fantaisistes » et ses premiers écrits avaient été publiés dans la revue du Divan. Il avoisinait les 100 ans. Joe Bousquet, qui habitait à quelques kilomètres de sa maison,  était un gamin pour lui…Avec un ami, nous lui avions rendu visite près de Lézignan. Son œuvre, à l’heure de la sieste, dormait sagement sur une étagère de la bibliothèque. Les propos du  poète « fantaisiste » étaient un peu amers. Nous faisions partie des rares curieux à lui avoir rendu visite. Le très vieux poète avait été fantaisiste ; il s’apprêtait à quitter ce monde. Et cela n’empêchait apparemment pas la terre de poursuivre sa ronde.

 

   Quelques livres sur une tablette, des archives de manuscrits, un casier ou plusieurs pour la correspondance, des photos : voilà donc la mémoire visible du vieux poète que vous êtes aujourd’hui. Le fétichisme des poètes accroche souvent des objets à sa panoplie, des écrits dessinés en cartes postales. Cela les aide à vivre dans leur élément. A défaut de poser sur le mur de leur chambre des posters de grandes stars de la poésie que personne ne reconnaîtrait, l’opération n’est pas si dérisoire. J’imagine la vitrine où sont recueillis des instants de votre écriture. Une hirondelle curieuse pourrait s’arrêter un instant et dire : est-ce ainsi que les hommes vivent ? Puis elle repartirait, ayant croisé la face apparente du travail qui vous a tenu lieu de vie.

 

   Combien d’heures ainsi passées à cette curieuse manie : former le contour des lettres, l’une après l’autre, jusqu’à ce que ligne s’en suive ? Il faut l’avouer : le poète que vous êtes n’a jamais bien compris l’austère question du travail. Ce mot où chacun accole volontiers sa charge de malédictions, de bravoures ou de routines lui est souvent apparu dans un costume hors mesure. Le poète  vit de cette activité incessante qui se déploie dans un temps différent du temps social, ce qui suscite, au mieux,  de l’incompréhension. Car il sait aussi, quand il le faut,  ériger la paresse en flambeau. Sainte Paresse, protégez-nous de la phrase obligée…En d’autres heures, rien ne pouvait vous arrêter de vous aveugler sur la page jusqu’à tard dans la nuit. Un poète comme vous peut tout aussi bien laisser passer les trains que s’attarder au bureau après la fermeture des portes. Il ne compte pas son travail en plan de charges horaires et ne croit pas à l’idéologie scolaire des objectifs.  Il reçoit le réel, tente des rejoindre des longueurs d’onde, livre un refrain, se tait. Et même quand il s’endort, il se souvient de la formule que Saint – Pol Roux l’admirable avait accrochée sur la porte de sa chambre de nuit, pour qu’on ne dérange pas ses rêves : « Silence, le poète travaille. » En voilà un, évidemment rétif à l’encadrement des contrôleurs de tous poils :     le travail de l’inconscient…Je ne lui connais qu’un rival sérieux, le travail de la femme enceinte.

 

     Dans votre vie de poète, iI en est du rythme des années comme du temps    journalier. Lorsque l’heure de la retraite a sonné pour vous, dans ce qui fut votre métier alimentaire, aucun discours, aucune médaille pour service rendu à la nation des pages. Vous avez franchi le trottoir tout simplement. Et d’ailleurs, vous n’avez rien demandé que la faveur de poursuivre vos explorations quotidiennes. Le plus beau cadeau sera toujours pour vous qu’un nouveau paragraphe se libère comme par enchantement sous votre main.

 

            Hugo von Hofmannstahl imaginait ainsi  la condition du poète : caché sous l’escalier, écoutant les autres parler de lui comme d’un disparu ou d’un mort, mais ne pouvant se faire reconnaître sous l’escalier de sa propre maison. Peut-être certains poètes contemporains prennent-ils à présent l’ascenseur (j’y suis encore étrangement réfractaire)  ; pourtant la situation n’a guère changé  apparemment. Le poète garde jalousement sa place précaire dans la cité d’aujourd’hui. A la marge de la marge, il se trouvera toujours un tabouret de fortune. Et s’il cherche à modifier la donne, parler à partir du centre par exemple, il entendra vite les tenants de l’ordre ambiant remettre les pendules à l’heure. C’est bien connu, tout bon poète est un indien mort ! Hors du rang, le poète  pourrait bien être montré du doigt, s’il ne rusait avec la lune…  Vous, cher Hans,  vous avez appris à reconnaître leur désir suspect. Vous n’avez jamais réclamé tant de faux idéaux. Ce qui vous attire est de continuer à scruter l’énigmatique mouvement du réel. Au début du siècle où vous avez vécu, Apollinaire écrivait «  Profondeurs de la conscience, on vous explorera demain ». Nous savons tous que les choses ne sont pas si différentes aujourd’hui, mais plus fascinantes encore. Les vertiges de la raison ont débordé tant de champs de l’esprit, de la théorie de l’univers chiffonné au seuil de l’infinitésimal, que l’homme de science est devenu modeste. Un exemple, pour le poète. Vous avez été curieux de tout cela, car rien de ces indices du monde ne vous laissa  indifférent.

 

Mais vous savez aussi que sur une scène, tentée par les  spécialités exténuées,  le poète singulier vit sur une route traversière, curieux de tous les univers et en quête d’unité, rappelant dans l’instable les permanences de l’esprit. Votre solitude est encore à ce prix : un retrait qui accueille le fleuve Diversité dont parlait Segalen, un retrait capable de renouer de la présence avec tout l’invisible qui nous relie. Tant de mondes à croiser dans l’entrelacs subtil d’un  moment qui se donne ici et là, en même temps. Il est sur le trottoir de la rue quotidienne, dans les plaintes des guerres et des enfermements, au toucher d’une fleur,  au cri du coq familier de ce matin ou sur le versant inconnaissable d’une planète qui va, elle aussi, son histoire. Et cette ubiquité nous fascine, autant qu’elle nous trouble.

 

Je vous verrai toujours comme un passeur, celui qui donne chance à la rencontre, sans savoir quand elle se produira.

 

A présent, le vieux poète que vous êtes a regagné sa colline. Il ne se  demande pas si la poésie continuera après qu’il  aura disparu. Il ressemble à cet acacia porté par les jours heureux qui a toujours su recueillir les messages du front pour que l’épreuve soit mêlée au plaisir, si intimement qu’ils se séparent comme ils font l’amour, d’un même tenant. Le vieux poète a le goût de l’écorce amère qui se souvient ; il s’en remet à l’imagination du matin pour faire rire ses branches.

 

Mon cher Hans, ce que vous avez écrit ne pourra pas vous être ôté.

Votre vie de poète fut une suite de stèles, une nébuleuse de poussières de mots, le récit de bouteilles jetées à la mer, au jour le jour, si endurant et fidèle que la mer s’y logeait tout entière volontiers.

 

D’autres trouveront dérisoire ce parcours. Libre à eux de vouloir quantifier leurs avoirs comme on compterait les respirations d’un ventre aimé. D’autant que cela risque de faire lourd d’emporter toutes ces pièces à conviction au paradis…

 

Le témoin que transmet  un vieux poète est plus léger. Il est fait de couleurs d’oiseaux, d’attentes amoureuses, de soleils déplacés dans les draps, de phrases sur les murs d’une prison oubliée, d’un œil en sentinelle posé  à la lisière des nuits. Si un jour vous vous arrêtez, d’autres prendront la relève pour dire avec leurs mots tout ce qui revendique l’honneur de « ne servir à rien » et qu’il  nous importe tant, pour cela même, de nommer.

 

Mon cher Hans, je penserai encore souvent à vous et vous retrouverai, peut-être à votre insu. Il suffira d’un livre ouvert, derrière le marque – page ou caché derrière un signet. Quelques mots, touchés à la hâte qu’un jour, deux amoureux cueilleront pour réchauffer leur légende. Et vous les protègerez, sans même 

qu’ils le sachent, en faisant ressurgir les sensations englouties.

 

 

 

Une première version de ce texte a été présentée dans la revue littéraire Les Cahiers bleus, n°21, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

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Né en 1953 à Nevers, Dominique Sorrente vit le plus souvent à Marseille. Il alterne textes « ad alta voce » et traces sur pages comme autant de respirations au jour le jour dans le langage. Il a publié une vingtaine d’ouvrages, notamment chez Cheyne, récompensés par plusieurs Prix (Guy Levis Mano, Artaud, Bérimont).

 

En 2009 est parue son anthologie  personnelle « Pays sous les continents, un itinéraire poétique 1978-2008 » chez MLD qui vient de recevoir le prix Georges Perros. En 2012 est paru « C’est bien ici la terre », préfacé par Jean-Marie Pelt, chez MLD (www.editions-mld.com).

 

Il est, par ailleurs, le fondateur du Scriptorium

 

(www.scriptorium-marseille.fr)

 

qui, depuis 1999, propose des formes originales de poésie partagée (caravane, transcontinentale, jumelages, poésie chorus…), ce dont témoigne le livre collectif Portrait de groupe en poésie (BoD, 2010). En 1999, une exposition-rétrospective lui a été consacrée à la Fondation Saint-John Perse.

 

REVUE DE PRESSE concernant l’œuvre de DOMINIQUE SORRENTE

 

EXTRAITS           

 

« …Fin 2009 est parue aux éditions MLD une anthologie de l’œuvre poétique de Dominique Sorrente, Pays sous les continents, rassemblant des morceaux choisis d’une vingtaine de recueils parus entre 1978 et 2008. Trente ans d’ « itinéraire poétique » dont la tonalité varie souvent, subtilement, non pas selon une simple maturité dans la maîtrise de la forme, mais selon les humeurs géographes du poète.

 

Poésie de concrétion dans ses premières années d’écriture (1978), dans l’abandon savant des liaisons et articles pour quêter une langue proche d’une gangue où le silence se fait passe-droit, elle devient, au fil des recueils et des trente années d’écriture, exploratrice, scansion scandée, lyrique, voire épique, tantôt rieuse en diable, encline au plaisir verbal aussi, dans le noble sens du mot Verbe qui toujours trouve à s’incarner… »

 

Florence Noël, Dominique Sorrente ou la constance de la justesse, DiptYque 2009

 

*

 

« Mandala des Jours, un peu à la manière des mosaïques inscrites dans La combe obscure plus de vingt ans auparavant, emmène son lecteur dans un curieux dédale, nourri de fragments d’histoire personnelle auxquels sont greffés, dans des scènes attenantes, des éléments empruntés à la société.

Les pages se laissent appréhender sans lien apparent, dans un va-et-vient entre les eaux intérieures du poète et le monde… »

 

Valérie Brantôme, Une année Sorrente, carnets d’une lectrice, Publie.net, septembre 2009

 

 

« …Le mystère du livre tient sans doute dans ce moment précis où la vie procède à son renversement. Face à l’inéluctable qui est la disparition du désir, « un jour vient où Qo interroge l’amour que vous portez en vous ». Voilà peut être l’annonce faite au poète qui le sauvera dans sa chute verticale. Ainsi, l’insomnie récapitule-t-elle l’intuition d’un cycle profond de l’existence où se croisent et se répondent mélancolie, rédemption, ascension.

 

Francis Cann,

Dominique Sorrente, poète de la coïncidence, à propos du Petit livre de Qo (Cheyne 2001), website Chantiers.org 2001

 

*

 

« …Une  vingtaine de publications, dont sept livres sortis des presses de Cheyne Editeur, jalonnent le parcours du poète, entamé très tôt – voici une trentaine d’années, sous les auspices de la revue Sud qui faisait paraître avec Citadelles et mers, couplé à Manière noire de Michel Orcel, le neuvième titre de sa collection poétique. La voix de Dominique  Sorrente s’est élevée depuis calmement (malgré le tourment existentiel !), à intervalles  réguliers que permet de remplir une écriture constante, quotidienne : ses carnets, ses cahiers, remplis de notations – anecdotes, formules, réflexions fusantes – révèleront un jour « l’envers » ou les coulisses d’une  création conduite avec lucidité, détermination, patience… »

 

André Ughetto, Les droits du quotidien rétablis dans l’étrange, revue Souffles, 2007

 

 

« …Un principe d’espérance  foncièrement actif, qui relance sans cesse le mouvement intérieur, se retrouve dans toute l’œuvre de Sorrente, lié à la présence des autres, mis en vie avec bienveillance et dans une fraternité entière. Les femmes en particulier y sont porteuses d’espoir, dans un univers en marche. Mais le penchant du poète, dans ses visions d’un versant béni, n’est pas que pour lui. Car il ouvre constamment sur un nous solidaire de l’humain. Et sa quête, pour sonner juste, doit être vécue avec les autres. Se révèle ainsi une parenté revendiquée avec Thomas More, dont le vœu réformiste de l’île d’Utopia était basé sur un sens communautaire, en termes de révolution spirituelle et d’un même principe d’espérance… »

 

Laurence Verrey, Dominique Sorrente et la revue Sud : sur les traces d’utopie, Université de Toulon et du  Var,  2002

 

*

 

« …Procédant du simple au complexe, d’une image presque anodine à une comparaison plus insolite, le poète, par touches brèves et précises, par un cheminement qui ne l’écarte jamais de ses repères familiers, avance d’un palier à un autre – d’un objet déjà manié qui le frappe à nouveau à sa signification qu’il cherche encore, et débouche tout naturellement sur une zone obscure, environnante, qu’il faut éclairer –, ou sur  le trouble qui l’oppresse et l’angoisse et qui, pour conclure, le font se reprendre, ici en formulant un conseil éthique ou là encore dans une tenace aspiration vers l’innocence, vers le mieux en qui la plupart des conflits se résolvent… »

 

Deborah Heissler, Paysages et lieux de Dominique Sorrente, revue Nunc, automne 2011

 

 

« Parce qu’elle ne se donne aucune frontière, cette approche poétique est à la fois follement ambitieuse et en même temps, étonnamment familière. Dans son travail d’incessants allers – retours entre         l’extérieur  et le sujet, elle vise à instruire chacun de ses lecteurs sur lui-même. Lire Dominique Sorrente, c’est activer en toute circonstance un kaléidoscope sur le monde secret qui nous environne, au dehors et au-dedans de nous. »

 

Daria Nuganeva, Brèves n°27, Riga

 

*

 

« …Il y a avec le fleuve comme  à la fois un dédoublement et une sorte de ramassement du mouvement sur lui-même. Et c’est avec ce mouvement que Dominique Sorrente emporte la voix, dans sa manière d’interrompre les vers, au milieu de leur continuité, lorsque la voix s’arrête dans un faux arrêt au bout de la ligne, et continue dans un départ qui n’est pas un commencement. Le dédoublement et le ramassement du mouvement sur lui-même s’imposent comme une équivalence. Non pas comme s’il y avait une respiration du mouvement, mais qu’au contraire, le mouvement restait figé dans son mouvement même… »

 

Marilène VIGROUX, Dominique Sorrente, Le poème comme geste troubadour, étude sur C’est bien ici la terre, MLD 2012

 

 

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                                                          PRINCIPALES ÉTUDES CRITIQUES

 

VIGROUX Marilène, Le poème comme geste troubadour, étude sur « C’est bien ici la terre »,

à paraître aux éditions l’Harmattan, printemps 2014

 

HEISSLER Déborah, Paysages et lieux de Dominique Sorrente, revue Nunc, automne 2011

 

Dossier de la revue DÉCHARGES réuni par Claude Vercey- Dominique Sorrente, poète de la coïncidence, mars 2011

 

PAOLI Angèle, Dominique Sorrente et le portrait de groupe en poésie, site Terre de femmes, juin 2010

 

THOMAS Bruno, Le pays aux voix multiples de Dominique Sorrente, Les cahiers du sens 2009

 

BRANTÔME Valérie, Une année Sorrente, carnets d’une lectrice, Publie.net, septembre 2009

 

ROUZET Nicolas/SORRENTE Dominique Entretien des commencements, Lieux d’être, octobre 2008

 

TIXIER Jean-Max, Dominique Sorrente en son Mandala, Poésie 1, 2008

 

UGHETTO André, Les droits du quotidien rétablis dans l’étrange, revue Souffles 2007

 

FREIXE Alain, sur Mandala des Jours, Poésie première, 2007

 

VERREY Laurence, Dominique Sorrente et la revue Sud : sur les traces d’utopie, Université de Toulon et du  Var,  2002

 

BARNAUD Jean-Marie,  Légèreté de Dominique Sorrente, website Remue.net, 2002

 

CANN Francis, Dominique Sorrente, poète de la coïncidence, website Chantiers.org 2001

 

RAYGOT Marie- Christiane et CHAMBON Sophie, Entretien avec Dominique Sorrente, revue Filigranes, 2000

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