David Amram

 

 

(USA)

 

 
David Amram (né le 17 Novembre  1930 à Philadelphie) est un compositeur, musicien et auteur américain. Il pratique le jazz, l’ethnique, la musique folklorique, ainsi que différents styles musicaux. Durant sa vaste expérience de compositeur et d’interprète, il a collaboré avec : Willie Nelson, Charles Mingus, Leonard Bernstein, Bob Dylan, Allen Ginsberg, Jack Kerouac Langston Hughes, Dizzy Gillespie, Dustin Hoffman, Thelonious Monk, Odetta, Elia Kazan, Arthur Miller, Lionel Hampton, EG Marshall, Tito Puente, Pete Seeger, Johnny Deep, Ron Whitehead, Frank Messina  etc.

Il a été  compositeur-en-résidence à l’Orchestre Philharmonique de New York,  de 1966 à 1967.
 

La vie

Peu avant son septième anniversaire, David Amram et sa famille s’installent dans une ferme dans le Comté de Mâles, en Pennsylvanie. À l’âge de sept ans, David Amram prend ses premières leçons de piano, puis apprend  à jouer de la trompette. En 1948,  il passe une année au Conservatoire de musique d’Oberlin et obtient une licence en histoire européenne à l’Université de George Washington,  en 1952. Pendant ces années, Amram  joue du klaxon français à Symphonie National  (réserve).

Amram passe deux ans (entre 1952-1954) dans l’Armée des Etats-Unis, basée en Europe, et fait partie de la Septième Symphonie de l’Armée. En Europe, il  postule pour une candidature de musicien à Paris, il l’obtient et il y va vivre pendant un an. David Amram se consacre à la composition, et il  joue avec le groupe de Lionel Hampton et d’autres groupes de jazz.

David Amram revient aux Etats-Unis en 1955, et il travaille à l’École de musique de Manhattan.

Il  a composé plus de 100 œuvres pour orchestre et musique de chambre, il est l’auteur de nombreuses pièces à Broadway, ainsi que de musiques de film, comme : Splendor in the Grass  et The Manchurian Candidate ; il a également composé  deux opéras, dont l’opéra révolutionnaire Holocauste  Le dernier ingrédient  et la musique du documentaire Pull My Daisy  raconté par le romancier Jack Kerouac.

Il est aussi  l’auteur de trois livres, Vibrations, une autobiographie,   Offbeat: Collaborating With Kerouac , un mémoire, et Upbeat: Nine Lives of a Musical Cat,  publié en 2007 par Paradigm Publishers.

 

 

David Amram – Brazilian Memories

 

 
Il joue du cor français, il est un pionnier du jazz, un pianiste virtuose, il joue aussi de la flûte traversière et de nombreux sifflets. Bon percussionniste,  David Amram maîtrise une dizaine d’instruments folkloriques provenant de 25 pays.

Notre musicien pratique une activité culturelle inventive, il a cet immense  talent  de performeur et d’improvisateur.

Une de ses œuvres les plus récentes  c’est  Les géants de la Nuit,  un concerto pour flûte dédié à  Charlie Parker, Jack Kerouac et Dizzy Gillespie, trois artistes américains amis. Il a travaillé aussi avec l’auteur Frank McCourt sur une nouvelle interprétation de  la messe : Missa Manhattan. Ses deux plus récentes œuvres orchestrales sont Variations symphoniques sur un morceau de Woody Guthrie, travail commandé  par la Fondation Guthrie, œuvres créés  le 29 septembre 2007, trois chansons et un concerto pour piano et orchestre composées en janvier 2009.

Aujourd’hui, malgré son âge, le musicien et le compositeur  David Amram continue à écrire et à jouer, tout en parcourant le monde et en restant  un grand chef d’orchestre, un soliste, un chercheur invité, et un excellent narrateur en cinq langues.

 

 

 

 

PRESSE  (tri):


« David Amram … est un catalyseur musical et un bon chef de file, sur le même  plan  que Leonard Bernstein, Pete Seeger et Dizzy Gillespie …»

Minneapolis Star Tribune


« C’est un compositeur d’une envergure majeure, un chef d’orchestre prestigieux, un musicien de jazz éminent et brillant. »

Newhouse Papers

 

 

 

 

INTERVIEW avec DAVID AMRAM

 

 

MOTTO :

Je n’ai aucune animosité à l’égard des escrocs incompétents qui ont gouverné l’industrie de la musique avec la même rapacité  que les producteurs de charbon ont exploité les mines à ciel ouvert.

(DA)

 

 

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Photographer: Jeremy Hogan

 

 
RD : – Le Monde peut changer la vie d’un artiste. Est-ce que l’Artiste peut changer le Monde ?

DA : – Un artiste peut faire du bon travail chaque jour, il peut et il doit traiter les autres avec respect, il se doit de rester sur une trajectoire ascendante, et surtout il se doit de rester créatif. Le monde a existé bien avant l’arrivée des humains, et il restera encore quand nous nous serons anéantis ou que nous serons migrés vers une autre planète. Nous ne pouvons pas pour changer cela, mais nous POUVONS être responsables de nos propres actions!

 

 

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RD : – La musique ouvre les portes, elle pénètre partout et ne laisse personne insensible, elle suscite  l’amour et purifie la mort. Que ne peut-elle plus faire de nos jours ?

 

DA : – Je n’ai aucune idée ce qu’elle NE PEUT PAS faire et je ne veux pas le savoir. Qui s’en soucie? Ma tâche à moi en tant que compositeur-chef d’orchestre/multi-instrumentiste, est d’apporter  une petite contribution pendant que  je suis encore de ce monde et que je profite de tous les biens que j’ai reçus.

 

 

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RD : – Chants lyriques et civilisations, musiques et générations. Que peuvent encore nous apprendre la musique et sa poésie implicite ?

 

DA : – Nous sommes TOUS créatifs, CHACUN de nous a une chanson à l’intérieur, une histoire et une sorte de tambour ancestral qui reflètent le meilleur de nos cœurs. Partageons cette musique intérieure.

 

RD : – Être artiste, c’est avoir une âme perpétuellement jeune ?

 

DA : – Je crois que toutes les âmes sont VIEILLES et quand vous vous rendez compte que vous avez la chance d’avoir une vieille âme, ça vous garde perpétuellement jeune.

 

RD : – Quels seraient les avantages d’un artiste non-conventionnel ? Et les désavantages ?

 

DA : – La camelote non-conventionnelle et branchée à l’avant-garde  d’aujourd’hui finit en général dans le site d’enfouissement de demain.

Les artistes (et tous les autres) doivent apprendre à être assez courageux pour raconter LEUR histoire, chanter LEUR chant et peindre LEUR tableau.

Ce qui est conventionnel dans certaines cultures est extraterrestre pour d’autres.

Mais les principes universels de base de l’esprit humain transcendent la mode, la géographie, le sexe, la race et la finance. Homer, Dostoïevski, Rembrandt, Om Kalsoum (une grande chanteuse égyptienne) Lao Tse, Chano Pozo, Brahms, Stravinsky, Bartók, Margaret Atwood, George Gershwin, Kerouac et Carson McCullers ne sont qu’une infime partie de ceux qui ont été considérés comme des fous par certains et démodés par d’autres, pendant leur vie. Heureusement pour le monde, cela ne les a pas empêchés d’être créatifs.

 

 

 

 
RD :- Paroles de souffrance ou de joie, les rythmes et les rimes du monde rendent les plumes et les voix célèbres. Qu’est-ce qui vous inspire dans votre travail d’auteur ?

 

DA : – Chaque conversation que j’ai eu le privilège d’entendre, chaque note de musique que j’ai entendue, chaque coucher de soleil que j’ai vu et chaque personne que j’ai connue m’inspire…

À partir des expériences riches et précieuses qui viennent d’une vie ouverte, chaque jour est une expérience d’apprentissage à travers d’autres… Je me rappelle de tous ces moments comme, par exemple, la carte, le système GPS, une histoire, un livre ou une entrevue enregistrée spontanément…

Kurt Vonnegut m’a dit juste avant de mourir : « Écrivez comme vous parlez. »

 

 

 

 

RD : – De Mozart à Marylin Manson, d’Orphée à Kerouac, les messages de nos musiciens/chanteurs/poètes préférés influencent nos vies. Quel artiste vous a fait du bien dans votre vie ?

 

DA : – Je ne peux pas commenter le travail de Marilyn Manson, sauf pour dire qu’il a un concepteur d’éclairage brillant, mais pour ce qui est de Mozart, Orphée et Kerouac, tous les trois continuent à enrichir nos vies tous les jours et ils continuent à établir des normes qui nous stimulent pour travailler davantage .

Le grand film « Orphée noir » a été l’extension de l’ancien mythe des milliers d’années après, et tout comme Mozart et Kerouac, il reste, selon le titre de la chanson de Bob Dylan, …  Forever Young  [jeune à jamais].

 

RD : – Quelle serait la plus belle période de votre parcours ?

 

DA : – Ce moment même quand je vous écris. La chanson classique de Charlie Parker « NOW’s the Time » était le mantra de l’époque où Kerouac et moi collaborions. Il est encore et sera toujours le bon, le seul moment. Et j’ai toujours encouragé les jeunes gens à oublier la « carrière ». Je leur dis : « Ne pensez pas à bâtir une carrière. Bâtissez une VIE ! »

 

 

Photographer: Jeremy Hogan

 

 
RD : – Artiste ou auteur ? Y aurait-il une différence ?

 

DA : – J’ai toujours pensé qu’un auteur était un artiste, et que tout art est autobiographique. S’ils ne sont pas les mêmes …. , vive la différence!

 

RD : – Être  rebelle ou le paraître ? Il y aurait-il de bons conseils pour devenir un artiste/auteur incontournable ?

 

DA : – Ne vous souciez pas d’essayer de paraître, de ressembler  à un(e) rebelle. Ou même de prendre la peine d’essayer d’en être un(e). Soyez simplement vous-même, et puis apportez- y quelques améliorations.

Et prenez une douche et mettez des chaussettes de la même couleur, si possible, avant d’assister aux événements publics…

Quand Kerouac et beaucoup d’entre nous avons été redécouverts 50 ans plus tard, j’ai refusé de me conformer  à ce personnage de la génération  « beat », qu’on voulait me voir endosser, totalement défoncé, marmonnant, pleurnichant, et agissant comme un sociopathe œuvrant à la destruction du monde tel que nous le connaissons.

Cette approche  infantile de notre époque, par des gens qui auraient pu/dû réfléchir m’était une telle corvée que je mettais pour y faire face un costume et une cravate… Juste pour me venger… J’ai toujours été et je suis encore aujourd’hui exceptionnellement poli et respectueux envers les personnes les plus conservatrices que je rencontre.

Je me suis rendu compte que c’est le contraire de ce qu’on attendait de moi, mais que cela me plaise ou non, je représente tous les grands artistes visuels, musiciens, auteurs, compositeurs, poètes et visionnaires qui ont bâti durant les années 1950, une époque importante.

Et les artistes de cette époque-là, dont la plupart sont morts et ne peuvent plus parler en leur nom, sont désormais rangés dans la catégorie  « Beat »…,  une expression fourre-tout qui est une façon de nous écarter tous.

Donc, ne pas répondre au cliché d’être  l’un des derniers survivants « Beatniks » est mon propre acte de RÉBELLION contre le stéréotype qui met tous les artistes dans la même poubelle de la société, où nous sommes catalogués comme faisant partie d’un « mouvement » inexistant qui nous a définis comme des « losers » sans valeur!

 

 

 

 
RD : – Pardon, David Amram…

 

DA : – Ah, je ne suis pas en rébellion contre la société en général, puisque je n’ai jamais eu l’illusion que la société devait QUOI QUE CE SOIT à quiconque, surtout à ceux d’entre nous qui avons la chance d’être à même de survivre en faisant ce que nous aimons faire.

Je suis en rébellion contre ce stéréotype de l’artiste en tant que victime perpétuelle, personnalité infantile dont la valeur est équivalente à celle d’un éléphant ou d’un clown invité pour animer les choses d’une fête.

 

RD : – Je comprends mieux…

 

DA : – Je pense que nous valons tous plus que cela. Je pense qu’il n’est même pas juste de mettre les éléphants ou les clowns dans une telle situation.

Les artistes ne sont pas censés être traités (et ils ne devraient certainement pas se comporter) comme des évadés d’une institution psychiatrique à qui leurs hôtes fournissent un refuge et qui en échange, divertissent les gens qui s’ennuient en agissant comme des imbéciles.

Cette version européenne du 19e siècle de l’artiste (par opposition à un monde passé où l’ l’artiste a contribué  à l’enrichissement de la culture) a eu pour résultat de garder à la fois l’estime de soi et les salaires de la plupart des artistes au plus bas niveau.

Hollywood n’a pas amélioré la situation avec la flopée de films représentant des artistes comme des inadaptés désespérés, impuissants et sans valeur ; après s’être vautrés  dans les décombres de leur vie, ils justifient leur existence en mourant.

On n’a jamais fait un biopic sur Bach, qui avait 20 enfants et a écrit une quantité de grande musique telle qu’on n’a jamais vue avant ou depuis. Il ne correspondait pas au rôle du compositeur fou.

Maintenant que nous avons la téléréalité, les artistes de tous genres ont plus d’espace pour respirer, parce que des débiles réels peuvent remplir des rôles qui nous étaient autrefois réservés, et quand ils se démodent, on peut avec élégance les déposer dans les énormes sites d’enfouissement qui parsèment la campagne de notre chère planète.

Les œuvres de tous les vrais artistes, comme les peintures rupestres de Lascaux vieilles de 20 000 ans, sont FAITES POUR DURER!

 

 

David Amram adds music to Lawrence Ferlinghetti’s Pictures of the Gone World.

 

 
RD : – Quelles seraient vos dernières découvertes en matière de culture poétique et culture musicale ?

 

DA : – Que l’Internet nous a TOUS graciés en tant que prisonniers dans ce que j’appelle « Le Pénitencier du Mauvais Goût ».

Maintenant pour la première fois de l’histoire, nous avons un choix !

Nous pouvons rester à l’intérieur du Pénitencier et continuer à consommer l’avalanche des eaux grasses déversées sur nous par des adultes irresponsables qui n’ont jamais appris à chanter ou à danser, qui sont convaincus que « C’est ça que les enfants veulent ». (Un mantra que j’entends depuis 60 ans…)

Comme le canari dans la mine de charbon, l’industrie du disque annonce la disparition de l’industrie du divertissement mondialisée TOUTE ENTIÈRE qui a incarcéré à leur insu plusieurs générations dans le Pénitencier du Mauvais Goût.

Grâce aux bienfaits de l’Internet, la jeune génération d’aujourd’hui a un CHOIX !

Avec YouTube et le téléchargement, nous pouvons VOIR aussi bien qu’ENTENDRE certains des plus beaux exemples des trésors culturels du monde entier, interprétés par les maîtres reconnus de ces cultures.

 

 

 

 
RD : – Oui, cette disponibilité…

 

DA : – Cette disponibilité est extrêmement troublante pour ceux qui ont manipulé avec succès les goûts et les habitudes d’achat des 50 dernières années.

La panique dans les débris de l’industrie de musique monolithique est compréhensible, parce que les mauvais gestionnaires de cette chose précieuse que nous appelons la musique font tous, lentement mais sûrement, faillite… MAIS … JE NE SUIS PAS, NI AUCUN D’ENTRE VOUS, de ceux qui créent n’importe quel type d’art.

Je n’ai aucune animosité à l’égard des escrocs incompétents qui ont gouverné l’industrie de la musique avec la même rapacité  que les producteurs de charbon ont exploité des mines à ciel ouvert. Ils étaient déficients culturellement, sinon ils auraient fait un meilleur travail.

Avant qu’ils se soient rendu compte qu’ils avaient tué la poule… Hélas, elle avait cessé de pondre des œufs d’or.

Mais ils n’ont pas tué la musique …. ils ont juste mis fin à LEURS années de mauvaise gestion.

Comme Woody Guthrie disait… : « So long, it’s been good to know ya » [Au revoir, content de vous avoir connus] !

Comme le Titanic, toute l’industrie du divertissement est en train de couler, en raison de la même mauvaise gestion qui a scellé le sort du Titanic. Et NOUS, nous  nous sommes sauvés dans les canots de sauvetage, en allant à nos spectacles respectifs, avec énergie, enthousiasme   et talent …  et donc nous N’ALLONS PAS DISPARAÎTRE !

Il faut persévérer et comme disait Thelonious Monk dans sa chanson géniale … « Straight No Chaser » [whisky sec sans bière après]

Et évidemment, le titre Zen de Miles, pour sa chanson classique de 1959, « So What? » [Et alors ?] …. nous suggère la manière dont il voyait, il sentait  l’adversité constante et les injustices dont tout le monde était victime au quotidien comme l’étaient les arts et les artistes…

Aujourd’hui les artistes doués sont plus nombreux que jamais dans mon métier, et sachez qu’il y a un public tout nouveau pour chacun de nous.

 

 

David Amram performs Splendor in the Grass at the Montreal Jazz Festival featuring Vic Juris on the guitar.

 

 
RD : – David, qu’est-ce que vous détestez dans le milieu des artistes ?

 

DA : – Je ne déteste rien dans les arts. Il s’agit toujours d’une communauté, il s’agit de faire de l’art toujours quelque chose de sublime, cette « Chose » dont J’AIME faire partie !

J’essaie d’encourager l’amour de la communauté  où que je sois, en jouant dans une station de métro à New York, à un feu de camp à Kerrville au Texas, dans une synagogue à Tel Aviv, dans une mosquée à Abou Dhabi, lors d’un concert de jazz improvisé à la Nouvelle Orléans, un concert symphonique de ma musique à San Jose en Californie, un festival folk à Owen Sound, Canada, ou tout en jouant dans le concert Farm Aid avec Willie Nelson à Seattle, Washington, en travaillant sur scène avec Dizzy Gillespie et Los Papines à La Havane à Cuba, avec Candido à l’Apollo Theater à Harlem, en assistant à un festival de cinéma à Reykjavik en Islande, en participant à une « seisiún » traditionnelle celtique à Cork en Irlande, en jouant avec un groupe de gospel à Shreveport en Louisiane, en créant une performance au festival annuel Lowell Celebrates Kerouac à Lowell, Massachusetts, à Descarga à San Juan, Puerto Rico, ou en dirigeant l’orchestre pour mon opéra: « 12th Night » à Boston.

L’important c’est L’AMOUR, LA COMMUNAUTÉ, le fait de nourrir l’esprit des arts ! L’important c’est ce monde d’artistes, ces gens qui passent leur vie à enrichir la nôtre.

 

RD : – Et la haine ?

 

DA : – La haine est non-productive, et elle est devenue un emploi à temps plein dans une industrie en décroissance.

Comme le disait si bien Liam Clancy à un groupe d’entre nous à la White Horse Tavern, il y a près de 60 ans, chaque fois qu’un collègue artiste commençait  à dire du mal des autres… (des années plus tard, Bob Dylan m’a rappelé qu’il a entendu la même chose de Clancy.) : il faut dire : « S’il vous plaît » ! Liam disait toujours ce « S’il vous plaît ! » avec bonne grâce à quiconque qui fulminait contre quelqu’un.

« On n’est jamais obligé à demeurer dans ce monde concurrentiel des philistins.

Il faut simplement se rappeler que… Aucune peur, aucune envie, aucune méchanceté. »

 

 

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RD : – Musique, cinéma, théâtre et poésie. Jazz, performances musicales et invocations lyriques. Vous avez créé des merveilles sur ce terrain magique, en travaillant pour et avec des gens merveilleux, tels Jacq Kerouac, Leonard Bernstein, Dizzy Gillespie, Langston Hughes, Dustin Hoffman, Sir James Galway, Willie Nelson, Elia Kazan, Arthur Miller, Steve Martin, Johnny Depp, Pete Seeger, Tito Puente, etc. Vous avez composé de la musique pour le théâtre et le cinéma américain, vos créations de musicien et de poète sont célèbres dans le monde entier… Quelle serait la plus belle légende qui vous lie à tout cela… ? Et la plus incroyable?

 

DA : – J’ai eu la chance de travailler avec d’autres Artistes, pour ensuite retourner chez moi et essayer de faire briller ce qu’ils ont su partager avec le monde, pour voir si je pouvais y contribuer moi-même.

 

RD : –  Être artiste ou musicien est un vrai métier qui ne s’improvise pas, c’est beaucoup de travail, de projections, de répétitions et d’engagements personnels. À quoi travaillez-vous en ce moment ?

 

DA : – Quand je ne me cache pas pour composer de nouveaux morceaux, ou pour travailler à mon quatrième livre, j’assiste à toutes sortes de festivals de jazz, festivals de musique folk, musiques du monde, création orale et musique classique, je participe à différentes des résidences dans les universités, des projections du film David Amram: The First 80 Years. Je fais des lectures publiques (de mes propres livres) et participe à toute une série d’autres événements à Tulsa ; Jackson, Mississippi; Austin, Texas; Okemah, Oklahoma; Karlsruhe, Allemagne; Liban; Rome; Italie; Portsmouth, New Hampshire; Lowell, Massachusetts; São Paulo, Brésil; Moab, Utah; San Francisco; Denver et la plus grande banlieue de Denver… la ville de New York !!

De plus, je vais assister à trois premières  pièces de concert classiques que je compose actuellement, je vais être chef d’orchestre invité par plusieurs orchestres qui se forment et dont  on m’a demandé d’être directeur musical et chef d’orchestre. Et j’écris la musique pour un merveilleux nouveau long métrage « Isn’t it Delicious? »

 

RD : – Vous avez reçu un prix, récemment…

 

DA : – Le mois dernier, on m’a donné le prix Jay McShann pour l’ensemble de mes réalisations et j’ai a été admis au temple de la renommée du jazz Oklahoma et ensuite je suis allé au festival de film Paso Robles où on m’a donné le premier prix Bruce Ricker pour l’ensemble de mes réalisations, et puis je suis revenu à New York et j’ai été récompensé par… une contravention de stationnement !

 

RD : –  « Je chante, j’existe, je résiste »…  Êtes-vous un créateur engagé ?

 

DA : – J’essaie toujours. J’ai dit à mes trois enfants, Alana, Adira et Adam, que je vais continuer sur cette voie pendant encore neuf ans, et à ce moment-là, lorsque j’aurai  90 ans, si j’arrive jusqu’à là … je m’inscrirai à une école dentaire!

 

 

The World of David Amram, 1968

 

 
RD : – Comment trouvez-vous l’Europe du moment ? Et l’Amérique?

 

Da : – Je suis à peine de retour de Bari en Italie et je m’en vais à Karlsruhe, en Allemagne, le mois prochain. Puisque je parle français, allemand, italien, espagnol, et un peu portugais et d’autres langues, je me sens toujours chez moi en Europe, et j’adore être là.

Et les jeunes artistes que je rencontre sont extraordinaires !

Les revues comme celle que vous créez nous rassemblent tous !

L’Amérique est en train de vivre des changements de croissance majeure. Elle sort de l’adolescence et elle découvre, après 400 ans, la sagesse des premiers Américains indigènes, les Américains autochtones que nous appelons les Indiens d’Amérique… Nous  qui sommes arrivés par bateau au cours des 400 dernières années nous sommes en train d’apprendre à vivre ensemble et en harmonie.

 

RD : – Une pensée pour 2012. Quel message aimeriez-vous transmettre à tous ceux qui vous lisent, regardent et écoutent ?

 

Da : – Sachez que je leur suis reconnaissant et que j’espère que ce que j’ai fait et ce que je suis en train de faire incitera les autres à faire preuve de créativité. J’espère qu’ils vont suivre leurs cœurs, et qu’ils vont partager les bienfaits qu’ils ont reçus durant  leur vie, avec d’autres gens. Echanger, partager ! Et peu importe la difficulté, prenez du PLAISIR en le faisant.

 

RD : – Merci, David Amram pour cette belle discussion…

 

 

David Amram 28 jan. 2012

Toujours sur cette route sans fin.

www.davidamram.com

http://david-amram.blogspot.fr/

 

 

 

 

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Traduction : Howard Scott (Montréal)

Relecture: RD & ROLANDE SCHARF

 

Reporter : Rodica Draghincescu

www.draghincescu.com

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