Danuta Mucha

 

 

(Pologne)

 

 

 

***

Deux ailes

Parfaites

Déployées dans l’air

Pleines de prières

Du signe des temps

Du signe des fenêtres

Du signe de la chaleur

Marquent le temps

 

 

 

***

D’un mot léger

D’un doux brouillard

Je vais danser

Telle une goutte de rosée

Et je jetterai les mots

Au vent

Pour qu’il les juge

Ou bien délave

 

Et puis dans le silence

Sur la clairière des rêves

Comme venue de nulle part

Une fable apparaîtra

Pour danser le mal

Dans tes vagues

Et puis

Pour rire

Joyeusement

 

 

 

***

Tu n’es pas le seul

A qui les mots

Annoncent la chaleur

Des jours d’automne

Couverts des couleurs

Tu n’es pas le seul

Moi aussi

Je sens la même chose

Par-dessus le cercle

Des moments ensoleillés

 

Et si pourtant

Voler au soleil

Un peu de ce chaud

Gala des rêves

Et en cadence

Mettre le feu

Aux ailes du vent

Alors comment

Te sentirais-tu?

 

 

 

***

Je ne sais pas

S’il vaut la peine

Je ne sais pas

S’il est utile

Coucher le soleil

Au bord du ciel

Et puis clairement

Instituer en soi-même

S’il vaut la peine

Ou peut-être non –

Être un soleil

 

Et si avec

Un souffle du vent

Faire disjoindre

Un peu le ciel

Et prendre en main

Un ange de ciel

Ça vaut la peine

Ou bien il faut

A l’aide du vent

Empoigner

Une miette du ciel

 

 

 

***

Avec les bras d’un doux sommeil

D’inattention des vagues blanches

Je t’apporte aux ailes du vent

le don du sort – les souffles des mauves

 

Dehors le vent caresse déjà

Les doux moments d’un blanc brouillard

Le visage montre l’autre visage

Pour disparaître quelque-part

 

 

 

***

Voilée d’une robe de rosée

Je fais un petit demi-tour

Je rassois difficilement mes esprits

Soudain la mémoire m’appelle

 

J’apporte comme un océan

La paix dans les yeux de la chaude rosée

Les vieux moments d’anciennes passions

Les mots dans le lointain jasmin

 

Dans le calme des peupliers

Le vent double un cadre muet

Sur le bord d’une pente rocheuse

S’installe le silence terrestre

 

 

 

***

Je vais crier

Deux feux du vent

Dans les visages

Qui autrefois

Etaient les miens

Et sur ce vent

Se reposait le cri

Je suspendrai les doigts

De doux désir

Et puis

Avec le vent

De nues paroles

Je les transmettrai

En papillons

Pour pouvoir

Encore une fois

Donner la main

Aux vents

Pour que le vent

M’éclaire

De leurs rayons

 

 

 

*** 

Dansent les mers en furie

Vols silencieux… soupirs de papillons

Les mers furent des océans

En prière privées de voix

 

Le ciel cache des secrets

Mais au fond des soupirs de papillons

Le vent s’installa – les gouttes de la mer

Le feu monte au ciel

 

Sur les ailes de papillons

La mémoire apporte le souvenir

Le vent monte comme l’araignée

– une toile de douces paroles

 

 

 

***

Mes lettres n’arrivent pas jusqu’au ciel

Pardonne-moi mes aveux enflammés

Lors de nos soirées et matins silencieux

Et aussi les mots que je t’ai dits

 

Je porte sur mon cou mon amour pour toi

Estime-le de ton cœur et pardonne

Et aussi les mots que je t’ai dits

Il est rare de destiner les lettres au ciel

 

D’un clair brin d’espoir

Des oublis sortis de la brume

Ou de souffrance

Je compose ma lettre au ciel

Je me plains

Mais tu peux toujours ne pas l’accepter

 

 

 

***

D’après les vagues

De doux regards

Des notes des rêves

D’une action vive

Ou en cerises

Deux mots cachés

Rêvaient du vent

Qui joue qui pense

Par ses idées

 

Et rien que ça

Rien contre le vent

Avec ardeur avec élan

Je marchais seule

Parmi les champs

Le vent soufflait

Et je voulais

Crier rêver

 

Je traversais

Les vagues de regards

Je marchais seule

Sur les pentes nues

D’un grand silence

Tu m’appelais

Je suis venue

En action vive

Ou en cerises

 

 

 

***

A la petite Oleńka Wnuk

Un petit rayon de soleil

Caressé par le vent

Rosâtre éblouissant

Et sur le coussinet

Une petite poignée

Blottie dans les boucles

Dort doucement

 

 

 

Traduit du polonais par Marian Kielian

 

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