Costis Triandaphyllou

 

 

(Grèce)

 

 

 
d é m o l i s s e u r
 

 

I

 

sur le macadam

dents serrées

hurlent dans la grande avenue

les patrouilles de l’aube

qui refuse d’être tué ?

scande notre voix déployée

l’un doté de voyance

escalade les statues

seul Dieu sait d’où peut venir le mal

ouvrant la voie de l’asile sacré

un précipice mon ami

a soudain des ailes

on passe

glissent les clés

Thersite triomphe

reste

court le cheval assoiffé

le chien à la gueule cassée

qu’il est beau

le silence renaît

si les bateaux pourris s’envolent à nouveau

il dégueule

coups de marteaux

ancres sur le rivage

plombs sur les oiseaux

vomissures

rouille amère

je filtre dialectiquement

glissent les clés

tout juste abattu

court le cheval assoiffé

 

mais qu’est-ce que c’est que ça !

Marx n’a pas écrit ça

 

sable

tempête de sable

 

et à part ça quelle nouvelle !

 

 

Traduction : Martine Bertrand et Elisabeth Mellis

 

 

 

 

II

 

des gouttes de sang coulent

les pièces futiles roulent

s’enfoncent dans la bouche

de qui veut les prendre

presque mort

gâchis

grilles dégoulinantes

dégringolent au grand air

gradins    graduations le jour durant

gravitent

craintivement

 

il attend

toujours dehors

cadenassé

court                           coule goutte à goutte

la publicité

se déroule

des souvenirs ?

il soudoie le temps                 va-et-vient

saccage                       courage           le premier au but

souffles

galeries

garrottées

grille grillagée

 

s’allume le jeu

claquent les drapeaux

on s’empoigne

jeu de mains à la nage

graves résolutions

je m’enflamme

 

rougissant

et le fameux air

sympathique               puis pause

 

le poignard

aigle plein de fierté

lance le cri                  le feu

le sang coule

les pièces futiles roulent

cassent les dents

armées

saletés

 

s’embrasent

 

 

Traduction : Martine Bertrand

 

 

Videopoème de Costis et M.Sandorineos

 

 

 

III

 

tout en ouvrant

glisse   tombe la poignée

rebondit avec fracas

présentez armes !

dehors on joue

il se rue avec force

se prend la tête

admire

mate en perspective

fenêtres

celles d’à côté

se donnent la main

c’est pas comme ça qu’on joue !

le collent au mur

se débat

lui bandent les yeux               présentez

 

laissent entrouvert

l’étreinte se relâche

à qui ouvrir

son cœur trop lourd

il joue              cérébral

la prairie hennit

met fin au vacarme

la poignée tombe

signe l’accord

le jeu s’arrête

 

 

c’est annulé

 

 

Athènes, 1972.

 

 

Traduction : Martine Bertrand et Elisabeth Mellis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

BIO

 

Costis  Triandaphyllou,  Athènes, 1950.

 

Artiste visuel et poète • Etudes à Athènes et à  Paris  • En 1969 premiers collages et sa première exposition de sculpture. Parmi autres, il a fondé deux revues littéraires. Son premier livre de poésie a été publié à Athènes  en février 1974  • Depuis 1970 il collabore régulièrement avec beaucoup de revues littéraires et d’ arts plastiques.

 

Site personnel : www.costis.eu

 

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