Constantin Severin

 

 

 L’écrivain et le peintre Constantin Severin

 

(Roumanie) nous fait connaissance avec Doina RUŞTI, jeune

 

auteure de talent, traduite et publiée dans plusieurs langues & pays

 

 européens.

 

 

Doina RUŞTI et lhyperréalisme magique

 

 

 

PENSEES AMICALES

 

 

 

C’est Maria Tacu, une excellente écrivaine, malheureusement disparue prématurément, qui m’a parlé pour la première fois de la prosatrice Doina Ruşti.

 

 

 

 

A l’époque je travaillais à mon premier roman, La bien-aimée d’Esto. Après avoir rendu le manuscrit à la Maison d’édition Curtea Veche  de Bucarest, je me suis mis à lire Zogru. Il m’a suffit de parcourir seulement quelques pages pour me rendre compte, avec toute ma convinction, que je tenais entre mes mains un roman de niveau international. Une écriture fluide et captivante, expressive et enigmatique,  qui mariait d’une manière ingenieuse l’hyperréalisme au fantastique, une sorte d’hyperréalisme magique, écriture apparentée à la grande littérature latino-américaine, pensais-je en savourant un vrai moment d’intensité avec cette lecture inoubliable.

 

 

 

 

Je ne connaissais pas l’auteure, mais je n’ai pas réussi à m’empêcher de lui transmettre par courrier électronique un message pour lui laisser mes impressions sur ce livre unique. Je me souviens combien j’ai regretté de ne pas avoir lu son roman Zogru avant de rendre mon manuscrit à l’éditeur, car le syntagme récurrent  « l’âme du tango » aurait pu être présent dans mon livre d’une manière bien plus large et plus profonde, ayant comme modèle ce mystérieux être collectif imaginé par l’auteure, Zogru, «le pouls inconnu de l’histoire», celui qui donne le titre d’un chef-d’œuvre de la littérature roumaine et bien plus que cela.

 

 

 

 

J’ai lu ensuite avec le même plaisir Le fantôme du moulin, roman complexe, avec une structure polyphonique, et je me suis réjoui de voir que Doina Rusti est devenue petit à petit un nom d’envergure en Roumanie et en Europe, recevant des prix et étant traduite en plusieurs langues. Chaque fois qu’on me demande, qu’il s’agisse de quelqu’un du pays ou de l’étranger, quels sont les auteurs roumains que je préfère, je commence toujours ma liste avec Doina Rusti. Je ne crois pas encore qu’on peut  s’appeler amis, on ne s’est jamais rencontré en tête-à-tête ; je n’ai pas encore le courage de penser que l’amitié virtuelle peut avoir parfois, peut-être dans les plus secrets moments de solitude, la même saveur que la vraie amitié, mais le fait que, malgré tout,  nous communiquons de temps en temps, que nous nous envoyons des signes, et surtout le fait que nous exprimons de l’intérêt l’un envers l’autre, cela veut dire que je me sens en quelque sorte un peu plus proche de Doina, surtout mentalement et spirituellement.

 

 

 

 

Dans ma longue vie, j’ai connu personnellement de nombreux écrivains roumains et étrangers, certains d’entre eux peut-être aussi importants que Doina Rusti, quelques-uns devenus même  les personnages de mon roman, La bien-aimée d’Esto ; mais quand notre amie, l’écrivaine Rodica Draghincescu, m’a demandé de faire un choix par rapport aux écrivains et artistes que je proposerais pour Levure littéraire, le premier nom auquel j’ai pensé sans aucune hésitation fut celui de Doina Rusti. C’est le pari auquel je crois, car son nom est et restera pour moi le plus grand nom de la littérature roumaine d’aujourd’hui, même si les histoires littéraires récemment parues ont d’autres préférences. Je suis convaincu que, une fois découverte par un grand agent littéraire de l’Ouest, elle pourra recevoir à l’avenir des prix internationaux parmi les  plus importants. 

 

  

                                                                          

mars 2011

 

Traduction en français : Ioana MANOLI

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