Clément Labail

 

 

(France-Allemagne)

 

 

 

"Revolution is an integral part of many impostures and confortable lies"

 

 

Camarades.

 

 

C, une étudiante, partage sa tablette de chocolat. Jean-Jacques (JJ). Émile (E).

 

 

JJ. – Les temps sont durs.

 

E. – C’est la misère.

 

C. – Le libéralisme…

 

JJ. – Saleté de gouvernement, saleté, je vous jure…

 

E. – M’en parle pas.

 

JJ. – Ils cassent tout. Foutent tout en l’air.

 

E. – Il faut que ça cesse.

 

C. – Misère, comme tu dis.

 

JJ. – Et tous des vendus. Tous les mêmes.

 

E. – Il faut que ça cesse… On est pressurés, pressurés à longueur de temps, au volant, au boulot, dans les transports, en général, en famille – la pression !

 

JJ. – On est tous sous pression, parce qu’à la base, il y a une pression é-co-no-mique.

 

C. – Je suis d’accord. Il y a du vrai, dans ce que tu avances.

 

JJ. – Tout est là.

 

E (rapide et très violent) . – Cette putain de pression qui nous fait péter les plombs on va la faire péter à la dynamite s’il le faut ! Ça va gicler nom de Dieu ! Je commencerai par faire sauter la tête de cet enculé de recteur de…!

 

JJ. – Du calme…

 

E (id.) . – Dix fois dix fois j’ai demandé qu’on réexamine mon dossier de réinscription en droit étant donné mon état de santé suite à ma putain de rechute…!

 

JJ. – Du calme, Émile !

 

E (après un temps) . – Je ne pouvais pas les passer, ces examens, oui ou merde ?… J’avais la pression, oui ou merde ?… Tu es d’accord, oui ou…?

 

JJ. – Oui !… Mais du calme.

 

E. – C’est toi qui me dis ça. Il fallait te voir au forum, hier soir…

 

JJ. – Hein ?

 

E. – Sacré Jean-Jacques… Toujours le premier à allumer le feu, et toujours le premier à l’éteindre…

 

JJ. – Toujours premier.

 

E (à C) . – Il a raison… Je vais me calmer… Pourtant c’est dur. – Qu’est-ce que t’as ? Tu n’es pas d’accord qu’on est sous pression ? Pourquoi tu me regardes avec cet air d’oiseau effaré ?

 

C. – Rien. Je suis d’accord… Dix demandes de réinscription ?

 

JJ. – Que ça cesse.

 

E. – Dix, voire onze, je ne sais plus…

 

JJ. – Que ça cesse…

 

E. – Oui, ça va cesser.

 

C. – Cesser – carrément, vous voulez dire ? (Temps.) Vous avez une idée, pour changer les choses ?

 

E. – Non. Mais on va agir.

 

C. – C’est-à-dire ?

 

JJ. – Faire la révolution.

 

C. – Carrément ?

 

E. – Et pourquoi pas ?

 

JJ. – Descendre dans la rue, et… gueuler un bon coup ? (JJ et E rigolent.) Tous ensemble, tous ensemble, – hey, hey !

 

E (reprenant son sérieux) . – Faire péter le système.

 

JJ. – Casser du poulet.

 

E. – Ceux-là…

 

JJ. – De plus en plus nombreux.

 

C. – C’est vrai. Dramatique. Une société de poulets. Bientôt la population va être divisée en deux. Je vous le dis. Ou en trois. Un tiers dans l’administration et dans la finance, un tiers en prison, et un tiers de poulets et de surveillants de prisons. Les flics se surveilleront entre eux. Il n’y aura plus que ça.

 

E. – Et des profs.

 

C. – Ouais.

 

JJ. – Ça me donne la nausée.

 

C (aux deux autres) . – Et les fous ?

 

JJ. – En prison.

 

C. – C’est ça, en fait… On y va tout droit…

 

JJ. – Mais je sens comme un grand courant révolutionnaire… On va finir par gagner. On va fritter les poulets, braquer les banques, violer les bourgeoises, et tout reprendre – tout ce qui nous pend sous le nez à longueur de temps… Les gens en ont marre, de tout ça. Du fric pour le fric…

 

E. – Du flic pour le flic…

 

JJ. – De la concurrence. Les gens sont prêts à faire tout exploser… J’ dis oui.

 

C. – Pour… tout exploser ?

 

JJ. – Oui.

 

C. – Carrément ?

 

E (explose) . – Putain de régime totalitaire de gouvernement de fachos de droite de gauche au centre tous les mêmes pourris !…

 

C. – Faut pas exagérer.

 

JJ. – Qu’est-ce qu’il y a d’exagéré là-dedans ? On ne peut pas être plus clair.

 

C. – Régime totalitaire, c’est peut-être pousser un peu le…

 

JJ. – Tu veux attendre que ça se passe ?

 

C. – Non, mais…

 

E. – Mais quoi ? Il a raison. Le fric pour le fric, le libéralisme, le profit et la police, ça suffit. Le temps est venu de passer à autre chose. Et on va y passer. Il a raison. C’est sûr. Les gens n’en peuvent plus.

 

C. – Une révolution ?

 

JJ. – S’il le faut. – Merde. – Merde à la bêtise. Il faut taper dessus.

 

E (immédiatement) . – À COUPS DE HACHE !

 

C (après un temps bref) . – Dans le sang ?

 

JJ. – S’il le faut…

 

C. – Rappelez-vous quand même…

 

E. – Quoi ?

 

C. – Les cocos…

 

JJ. – Qu’est-ce que tu as contre les cocos ?

 

C. – Il ont tué, en Russie, et ailleurs, en Europe, les plus révolutionnaires des révolutionnaires. Les plus brillants éléments de la révolution.

 

JJ. – Ce n’était pas les cocos. C’était Staline. Et nous, nous ne sommes pas des cocos. Nous sommes des révolutionnaires.

 

E. – Tout à fait.

 

C. – Il n’empêche qu’à l’origine…

 

JJ. – À l’origine il y a Marx. Point.

 

E. – Et Staline a trahi l’idéal de Marx.

 

JJ. – Voilà.

 

C. – Ce n’est pas si simple. Si tu veux parler de l’origine, déjà il faut remonter à…

 

JJ. – À quoi ? Rousseau, je sais. Bon. Staline a trahi. C’est connu. Et alors ? – On va s’en remettre, un jour ?

 

C. – Je sais. Mais ça se discute. Les moyens…

 

JJ. – Quels moyens ?

 

E. – Oui. Quels moyens ?

 

C. – Pour arriver aux fins. Peut-on les justifier ?

 

E. – Ah, tu nous les casses… Tu es de quel bord, toi, d’abord ?

 

C. – De votre bord.

 

JJ (suspicieux) . – Sois plus précis (sic) .

 

C. – Je suis… je suis d’accord. À bord. À fond. (Tout sourire.) Révolution… À fond.

 

E. – Super précis (sic) .

 

C. – Vous êtes furieux… Les cocos, la révolution, je veux bien, mais pensez à…

 

JJ (l’interrompt) . – Toujours à poser des questions, à chercher la petite bête. Tu ne vois pas que c’est la misère ? Tu ne vois pas qu’on est épuisé, que tout le monde n’en peut plus ?

 

E. – Le système, tu piges ? Il nous fait une tête comme ça, le système.

 

C. – Faut pas exagérer. C’est moins la misère qu’en Inde, par exemple.

 

JJ. – C’est une raison ?

 

E. – On s’en fout, de l’Inde. (S’en foutant complètement.) Enfin, je veux dire… on ne s’en fout pas. Mais c’est ici, qu’on vit. – Et ici, rien ne va plus. Vivant ici, c’est ici qu’il nous faut agir, parce qu’ici, c’est la mouise, la corruption, la merde, la grosse merde, tu vois ? (Se bouche les narines.) ET ÇA COCOTTE UN MAAAAAXXX !

 

C. – Je ne vous suis pas.

 

JJ (méprisant) . – Eh ben va en Inde, si tu ne nous suis pas.

 

C. – Je ne comprends pas que vous parliez de cocos, de sang, que vous parliez ainsi de coups de hache ou de je ne sais quoi à notre époque avec toutes les libertés dont nous jouissons, les libertés d’action qui sont possibles, les progrès qui ne cessent d’être faits dans tant de domaines, je ne comprends pas que…

 

E (l’interrompant) . – Mais putain la ferme. – Ta gueule. – T’es soûlant (sic). – Si tu comprends pas, ta gueule, et suis le mouvement.

 

JJ. – Ou retourne au couvent.

 

E. – C’est ça. Va te faire mettre.

 

JJ. – Va te faire moine ! (Ils rient. Temps.) … Femmelette.

 

C. – Qu’est-ce que ça veut dire ?… Les gars… On est venu ici pour manger un morceau, passer un bon moment. Qu’est-ce que…

 

E. – T’as pas entendu ? Tais-toi, si tu ne veux rien comprendre… Je vais être clair : maintenant, c’est partisan, ou pas partisan. (JJ et E se regardent, acquiesçant à cette formule de E, qui reprend.) On n’a pas besoin des petites bourgeoises compromises de ton espèce avec leurs questions à la noix pour faire entendre nos idées et casser ce système de merde qui nous fout dedans. Compris, ça ?

 

C. – Je vous laisse.

 

JJ. – C’est ça. Lâche-nous. Va lire tes bouquins d’Histoire à la con.

 

E. – Nous, on est dans le présent. On agit.

 

JJ. – Pigé ?

 

C. – Les gars, vous êtes sévères… J’étais contente de passer un moment avec vous. Je ne pensais pas que…

 

E. – On n’est pas des rigolotes. C’est tout.

 

JJ (regard menaçant, il fixe C, tranquillement) . – Et puis – j’aime pas le chocolat.

 

C (s’en va) . – Mes amitiés à Staline.

 

JJ. – LAISSE STALINE TRANQUILLE !… – Ça n’a rien à voir.

 

C. – Camarades, je vous salue.

 

JJ. – Eh, ne te fous pas de nous…

 

C. – Vu la tournure que prend la conversation, je n’oserais pas.

 

 

C sort.

 

Un temps.

 

 

JJ. – Prise de tête… Elle est complètement à côté de la plaque, cette nana.

 

E. – Étudiante en histoire.

 

JJ. – Je le sentais. Une déviationniste.

 

 

Un temps. Ils ouvrent deux canettes de coca-cola.

 

 

E. – À nous deux, l’Europe.

 

JJ. – À nous deux.

 

 

Ils trinquent, boivent, et consultent leurs messageries téléphoniques .

 

 

 

"Creation is an integral part of each createur."

 

 

Flying to the sun

 

Interview.

 

B, le musicien, porte des lunettes de soleil (derrière les verres on aperçoit des cotons).

 

A. – Man, j’ai une première question à te poser. Comment as-tu fait pour en arriver là ?

 

B. – J’ai beaucoup glandé.

 

A. – Fun. Mais encore ?

 

B. – J’ai fait la fête.

 

A. – Super.

 

B. – Bu, fumé, et cætera…

 

A. – Cool.

 

B. – Et puis j’ai pensé. Énormément. J’ai médité sur le pourquoi du comment du pourquoi, comment il se fait que, il ne se fait pas que, et que moi je suis là, et voilà, j’ai fait mon truc. Et c’est cool.

 

A. – T’es heureux ?

 

B. – Heureux. Super pomme d’happy. Ouais. Après tout ce time, je suis heureux d’en être arrivé là.

 

A. – Ta musique, d’où elle te vient ?

 

B. – You know… la musique elle vient du cœur. Comme dit Keith Richards, quand tu l’as dans le sang, tu l’as dans le sang. Moi, le problème étant que je n’ai pas de cœur – tu sais que j’ai un pacemaker…

 

A. – Yeah…

 

B. – … et que mon sang est pourrave, tu vois ce que je veux dire…

 

A. – Yeah, man, yeah…

 

B. – Ben ma musique, j’ai conclu qu’elle était ailleurs.

 

A. – Wonderfull.

 

B. – Entre autres, dans les airs. Je fais des airs de ce que je sens dans les airs.

 

A. – Des airs de ce que tu sens dans les airs… Heu… man, entre nous, tu crois pas que tu devrais l’écrire, ça ?

 

B. – T’as raison. (Il sort un carnet et l’écrit.)

 

A. – Good. Revenons à ce titre qui fait des ravages. Comment t’es venue l’idée de ce fucking killer de single – j’ai nommé : « Flying to the sun » ?

 

B. – En regardant le soleil, intensément, pendant toute une journée – de soleil.

 

A. – Okay. Et après, tu t’es mis à composer – direct ?

 

B. – Non. D’abord, j’ai bu un thé.

 

A. – Okay.

 

B. – Ensuite on s’est empalés avec ma meuf – enfin, ma meuf – Jeff…

 

A. – Qui a fait les arrangements.

 

B. – Exactement.

 

A. – Et après ?

 

B. – Après on s’est fait du boudin noir, avec des oignons.

 

A. – Cool. Et… et la compo a commencé le soir, puis toute la nuit ?

 

B. – Non. Tu vas être surpris. Ensuite j’ai fait la vaisselle, et c’est en faisant la vaisselle, que ce rythme obsédant m’est venu, et qu’en voyant vaguement les reflets de la lampe de la cuisine sur les casseroles et les assiettes – vaguement, parce qu’après une journée de soleil dans les yeux, sans lunettes de soleil, tu ne vois plus grand-chose – j’ai eu l’idée du titre, qui s’est imposé immédiatement.

 

A. – « Flying to the sun ». Magnifique. Mais la compo, la compo a eu lieu quand ?

 

B. – Oui, la nuit qui a suivi. On a ouvert tous les micros. On a mis cinq guitares en surpuissance, que ça sature à fond, on a gueulé ce qu’il y avait dans les airs ce soir-là, dans l’atmosphère, quelques mouches, les salopes, qui venaient nous coller à la gueule avec deux trois moustiques à l’endroit du micro – et là, j’ai pensé à Miles… un musicien qui ne fait pas d’erreur n’est pas un bon musicien ; alors j’ai dit à Jeff, enfin je lui ai gueulé, parce qu’on enregistrait, je lui ai gueulé  (il gueule) : « JEFF, ON FAIT AVEC LES MOUCHES ! » – Et on a fait avec – au point que je suis allé chercher, tu sais, ce genre de ruban plein de colle qui les attire, dans laquelle elles viennent se foutre comme des connes, – j’ai foutu un ruban devant un micro, pour que ça sonne vrai, avec des vrais bruits de mouches en plus des miens qui dominent, évidemment, ce qui m’a permis en prime de sniffer la colle, – et on a mis tout ce qu’on avait dans la chanson, de l’atmosphère de ce soir-là… ce soir d’été, qui reste gravé pour le monde entier, man.

 

A. – Mais pour ce que soit aussi épuré, à la fin, vous avez dû retiré des trucs.

 

B. – On a tout retiré. On n’a gardé que le souffle final, qu’on a démultiplié et mixé avec l’ordi sur trois minutes.

 

A. – C’est donc ça… C’est ton souffle.

 

B. – C’est mon souffle. Avec des bribes restantes de mouches agonisantes.

 

A. – Il n’y a même pas le souffle de Jeff, pas une gratte, rien ?

 

B. – Rien. On n’a gardé que le mien. J’étais plus à fond que lui. Les rubans à mouche, ça le débecte. Il a piqué une crise. Il a dû se faire un trip à la mode de Caen pour supporter.

 

A. – Vraiment ?

 

B. – Il ne supporte pas les mouches. C’est phobique. On n’a gardé que mon souffle… Ah SI !… Si, quand même, le souffle de Jeff au moment où il tripe, où il décompresse. Celui-là est sur le single, rajouté à la fin.

 

A. – Cet incroyable « Rhaaaa », insolite et sauvage, qui vient en conclusion ?

 

B. – Ouais. Ce putain de « Rhaaaa », c’est le « Rha » de Jeff.

 

A. – C’est une conclusion magnifique. On est dans une machine, une mécanique infernale, et puis soudain, ça devient tellement humain, incarné, enfin incarné désincarné, brut, c’est une fin géniale…

 

B. – La syrose sur le bateau. C’est Jeff après son shot because les mouches. Pour le reste, il n’avait pas regardé le soleil toute la journée. Il écoutait du jazz dans le salon en… well. Il n’était pas à fond.

 

A. – Bien sûr. Juste le souffle. Ton souffle.

 

B. – Et le rythme. Le rythme du souffle. Épuré.

 

A. – Pour un résultat étonnant.

 

B. – C’est vrai. On a fait… mouche.

 

A (il, ou elle rit, rejoint(e) par B) . – (En Anglais 🙂 Excellent !… Mais, blague à part, tu t’attendais à faire numéro un dans les charts ?

 

B. – Tu sais… Quand tu es frappé par une inspiration pareille, quand l’intensité est si grande que tu peux te permettre de tout supprimer, ne garder que ce qu’on a gardé, tu ne t’étonnes plus de rien.

 

A. – C’est grand. Tu nous en joues un extrait ?

 

B (inquiet) . – Live ?

 

A. – Yeah !

 

B. – Là, maintenant ? Mais sans les arrangements, alors…

 

A. – Yeah, yeah…

 

B. – Okay…

 

B se lève, va se poster derrière le micro, et commence à respirer douloureusement dedans, en rythme, avec des « Bzzz »…

 

Des mouches surgissent et volent partout autour de lui et dans tout le théâtre.

 

 

 

 

 

 

 
 

 

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Biographie

 

Clément Labail a commencé le théâtre autour de Rouen, au lycée des Bruyères, et au Théâtre Maxime Gorki. Il y joua notamment Dario Fo, Catherine Anne, et fut dirigé par Jacques Kraemer dans « Les Cobayes ». Il poursuivit sa formation au Conservatoire de Normandie, dans différents stages, à l’université Paris III, Sorbonne Nouvelle, puis au Théâtre du Lucernaire, avant de créer le Théâtre Au fil des nuages avec Christina Gumz.

Clément écrit principalement pour le théâtre et de la poésie. Les textes publiés sont disponibles ici.

 

Il enseigne également le théâtre à des enfants, adultes et adolescents.

 

www.clementlabail.com

 

 

Comédien de formation, de métier, Clément écrit pour le théâtre, et de la poésie. Il a également mis en scène plusieurs de ses spectacles. Avec Christina Gumz ils ont fondé le Théâtre Au fil des nuages, ensemble franco-allemand.

 

Par ailleurs, fort d’une longue expérience auprès de jeunes et d’adultes de tous horizons en centres d’animation en France, en maisons de retraite, en Volkshochschulen en Allemagne, et au cours de nombreux stages, Clément donne des cours de théâtre. Il entraîne aussi des professionnels de la voix à se perfectionner et prendre confiance dans la pratique orale de la langue française (accompagnement personnalisé).

 

En tant que comédien, il travaille également pour le cinéma, la télévision, dans les domaines de la voix (doublage, voice over), et du jeu.

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