Claire Lesbros

 

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Photo : Perceval Sanchez

 

 

MELUSINE

 

 

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         Je sais seulement dire “ech gin” sans en avoir vraiment compris la signification. Je me le chante dans la tête, j’écoute le son que les mots produisent, pour ne pas l’oublier. Il y a bien un jour où je saurai l’utiliser.

         Ils sont tous partis je ne sais où, je ne sais pas non plus quand ils reviendront mais je me tiens prête pour leur retour. Depuis ce matin j’arpente les quatre étages en ramassant tout ce qui traîne sur le sol, restes incongrus de leur passage. Je regroupe, j’empile intelligemment, c’est vingt ou quarante marches de gagnées. Il faut se surcharger avec astuce, la technique s’élabore doucement,  un peu plus performante chaque jour. Je m’active lentement et silencieusement pour ne pas trop m’énerver. Quelques jurons surgissent de temps en temps, ça s’échappe par la soupape, mais je me surveille, j’ai peur d’être surprise en flagrant délit de méchanceté. C’est arrivé un jour,  quelqu’un est entré pendant que je pestais, alors je me suis mise à chanter d’un petit air dégagé. Je me demande parfois s’ils ne cachent pas des engins pour m’écouter ou m’observer, mais je me reprends, ils ont bien autre chose à faire. Ce doit être ce foutu silence qui me fait dire des choses pareilles. Ce soir j’irai parler. On est samedi, demain il y aura le coup de téléphone et puis Ech muss mei Sam bitzen. J’ai appris par cœur ce que je dois dire ici. Avant je  ne parlais pas d’ourlet, je m’adapte aux échappatoires. Il y a les Mélusines à Fëschschwanz, et celles à queue de serpent, qu’importe, ce sont toujours des écailles, il y a toujours le moment de la poussée. 

         La maison est bien située dans le village. Je n’ai pas vraiment le souci de m’en rendre compte. Nous sommes paraît-il privilégiés de vivre ici. Je veux bien les croire, mais il y a la question des absences, et leur façon de parler toujours des ailleurs, il faudra que je me renseigne.

         Pour l’instant c’est la chaudière qui m’attend. Elle risque de lâcher à tout moment. Il faut surveiller la pression toutes les deux heures. Je m’accroche le compte-minutes de la cuisine autour du cou, sans chercher l’esthétisme. C’est une poire en plastique, toute verte un peu délavée. Je l’ai attachée par la queue avec un morceau de ficelle. Les deux heures sont si vite passées, c’est plus sûr. La nuit le chauffage fonctionne au ralenti, ça permet de dormir un peu. Je descends à la cave, jamais les mains vides, le linge sale des trois patronnes embaluchonné dans un drap, le tout jeté sur l’épaule. La descente est périlleuse, le gros paquet accroche tout sur son passage. Je traverse les cinq caves et j’arrive à la lingerie, enfin, ce qu’ils appellent la lingerie. Une pièce encombrée, toute noire et poussiéreuse,  fenêtres murées, pas d’air, juste l’odeur du mazout et d’une vieille humidité. Le grand bac en ciment a pu leur faire croire que c’était le lieu pour laver le linge, mais ils n’ont jamais dû s’appesantir sur ces questions, elles sont sans importance et de toutes façons les trois vieilles sœurs sont impotentes depuis bien longtemps. Je dépose ma charge,  contrôle le cadran pour la pression, redonne deux heures au compte-minutes, et retourne les chaussettes à l’endroit pour les enfourner dans la machine, vu le nombre, je vis sans doute avec des mille pattes.

         La corvée terminée, avant de remonter, je passe encore voir du côté de la porte du garage. En ramassant le courrier, l’autre jour j’ai vu que le béton du sol se fendillait bizarrement. J’espère que ce n’est rien de grave. Il faudra que je le signale au Gérant. J’ai déjà assez du mur du jardin qu’il faut consolider tous les jours, la terre pousse les pierres, sans doute parce que la maison est construite dans un trou creusé dans la colline. C’est d’ailleurs dommage  pour la vision, les fenêtres donnent toutes sur de hautes parois de terre pleines de mauvaises herbes. Je me demande si ça ne joue pas sur mon moral. De temps en temps je monte au grenier, et je m’installe sous la lucarne. On ne voit rien d’autre que le ciel, je lève la tête et je regarde passer quelques nuages, c’est une couleur plus légère, et ça change de la lumière électrique.

         Le sol est craquelé sur quelques centimètres comme une petite étoile maladroitement dessinée, en son centre une pousse brune et lisse soulève le béton. A son retour il faudra que le Gérant avise.

         Je ne me fais pas d’illusions. Le Gérant n’avise jamais, il soupire, c’est tout. C’est déjà pas mal, ça me donne l’impression qu’il compatit et qu’il serait plutôt attentif à mes avis. Je crois qu’il ne peut rien changer à cet état des choses, on ne peut pas gérer l’inconscience des trois Patronnes et les perpétuelles absences de la Propriétaire. Mais parfois, je me demande si je ne le fatigue pas un peu à lui mettre sous le nez tous ces dysfonctionnements. Impuissance, lassitude, agacement, exaspération, les soupirs peuvent être traduits de différentes manières, il me faudrait un manuel du soupir. Dommage, dans la maison, c’est la seule personne avec laquelle je pourrais discuter, s’il savait faire autre chose que soupirer. A moins que je n’apprenne à soupirer comme lui. En attendant je répète Ech muss mei Sam bitzen, et je garde de côté la petite mélodie du ech gin.

         Les trois vieilles Soeurs elles, sont inabordables, tout entière chacune à tenter de résoudre son problème. Je n’ai pas bien compris de quoi il s’agit. Elles traînent sur leur fauteuil roulant. Je ne pose pas de questions, je les entends parfois marmonner des bribes de passé. Il faut les conduire, les assister, les seconder à chaque instant. Ce serait facilement réalisable s’il n’y avait pas leur caractère. Elles sont suffisantes. C’est délicat dans leur situation.

         Entre les soupirs et les grincements des fauteuils, ça ne fait pas beaucoup de vocabulaire. Ce soir j’irai par-ler. C’est samedi. 

         Encore une coulée de boue. Cette fois-ci c’est allé jusque dans la cuisine. Je vais nettoyer à grande eau. Un jour la colline entrera dans la maison. Il faudrait refaire le mur, sans doute l’étayer, je regarderai dans les manuels. Aujourd’hui je crois qu’il y aura besoin d’au moins deux ou trois remontages de poire verte pour arriver à bout du travail dans la pièce, mei Sam attendra. Ce sera juste une simple petite remise en état, parce qu’il faudrait venir avec des outils plus conséquents pour redresser les placards qui tombent, les portes qui coincent, racler la graisse durcie sur les murs avant de lessiver. Si j’avais le temps je repeindrais, parce que le vert sombre, je crois, absorbe la lumière, et la fenêtre contre la paroi de terre ne donne pas de quoi distinguer tout à fait. Ils auraient mieux fait de ne pas faire de fenêtre du tout, cela m’aurait évité d’avoir à les astiquer. J’ai beau essayer d’espérer dans ce vert, je m’assombris, c’est tout.

         J’appréhende toujours d’ouvrir la porte de cette pièce.  Les trois Patronnes aiment cuisiner. Dans leur fauteuil elles ne sont pas très habiles, elles n’ont pas la force de refermer ni placards ni tiroirs, tout ce qui tombe au sol y reste désespérément, paquets de spaghettis, bouteilles, oignons, ouvre-bouteilles, pelures, torchons… Elles attrapent les casseroles comme elles peuvent, les piles tombent et sont à rempiler. Je crois aussi que leur vue baisse, lorsqu’elles visent la poubelle ou l’assiette du chat, c’est devenu très approximatif. Il faut du temps pour retirer la farine parsemée dans les tiroirs, redresser les tiges du batteur sur lesquelles elles ont roulé, décoller les coquilles d’oeuf des murs. J’attaque la superficie mais Je suis bien obligée d’en laisser, ça ne me ressemble  pas, mais je fais avec… Demain il y aura le coup de téléphone, j’espère que ce problème de déclaration va se résoudre. Aujourd’hui c’est samedi, je vais parler.

         Je m’active depuis un moment, le Gérant me regarde faire en soupirant. Je ne sais pas s’il soupire de me voir faire ou s’il soupire de voir ce qu’il me reste à faire. J’aimerais qu’il me laisse tranquille, qu’il retourne à ses gérances et que je laisse les béances. Je dois descendre, mei Sam attendra, c’est samedi, je sens quelque chose pousser en moi. Je ne sais pas si je suis ici depuis assez longtemps pour qu’il y ait métamorphose de la métamorphose. Une chose semble sûre, ce sont les écailles. Des boursouflures de nageoires vont peut-être apparaître.

         Il faut que je parle, que j’évacue les serpents entortillés dans le fond de mon ventre, que je les crache, les accouche, les éjecte, les vomisse. Que je les regarde se dresser, libres. Que je les entende éructer. Que je les sente s’ériger. Et qu’ils aient une gueule de Fësch, de poisson ou de crocodile ça m’est bien égal.

         Je vois bien l’absurdité de la situation, mais je laisse faire, une partie de moi docile, réceptive, attentive à l’autre, ordonnante, dominante et jouissante.

         Je descends l’escalier de la cave sans bruit, je n’ai plus la même démarche, je la sens silencieuse et déterminée. A la fois le regard extérieur sur mes pas, à la fois la perception des émotions les plus profondes, les plus crues.

         Je me glisse dans un coin sombre et sordide. Dissolution dans un paysage d’ordures, allongée sur le sol, au milieu des déchets c’est plus facile. Je pleure, je vide, la peau ne transmet plus , ne dit rien. L’enveloppe est déchirée, j’attrape l’autre moi. Et les phrases commencent à surgir, elles pestent, elles empestent, elles dégueulent. Elles suintent, elles pleurent elles aussi, elles surgissent toutes raides devant moi, elles sont laides et elles sont belles, elles sont ma queue, le bout du moi, le reste peut s’écrouler. Elles sont ce que je ne veux pas, elles sont ce que l’on ne m’a pas donné, elles sont le contraire de ce que je devrais être, elles sont là, qui sortent de moi, et me font aimer l’autre moi, elles giclent leur indécence. Je m’enroule dans les vieux rideaux et dors quelques heures, trop fatiguée, je n’aime pas cet endroit.

         Tirée de mon sommeil du fond de mon amas de rideaux, je sens le regard du Gérant. Ses yeux sont muets. A-t-il vu les serpents? Il soupire et repart. Son soupir se disperse dans l’atmosphère de la cave. Il fait froid, les rideaux sont humides, le sol est dur. Je dois être valide de bonne heure demain. J’ai oublié de compter les portes fermées à clef au premier étage, je ne saurai pas combien préparer de petits déjeuners. Il faut que je dorme je suis épuisée, je vais finir la nuit dans mon lit. Je partage la couche du chien. Il n’est pas méchant mais il grogne tout le temps. On finit par s’y habituer, à la longue je sais même décrypter les sons qu’il émet. Il n’a pas de nom, mais je l’appelle l’Amant puisqu’il dort avec moi. Il étale tout son poids sur le matelas, si bien que je lutte pour ne pas rouler sur lui.

         Les bols sont vides. Il n’y a pas eu trop de dégâts ce matin, ça tombe bien, j’ai beaucoup à faire. Je commence par la chaudière. L’aiguille n’a pas bougé depuis hier, c’est bon signe. Elle tiendra peut-être un peu plus longtemps qu’on avait supposé. Les chaussettes sont sèches, mais elles sont toutes dépareillées. Il faudra que je fouille la maison, derrière les radiateurs, sous les tapis et dans les profondeurs des fauteuils pour trouver les jumelles. Je pourrais peut-être dresser l’Amant pour m’aider, les chiens sont habiles avec les odeurs. Je passe prendre le courrier, la pousse a grandi de plusieurs centimètres. Elle s’allonge sans soulever davantage le béton. Le trou qu’elle a fait lui suffit. Je ne sais pas à quoi ça va ressembler. Pour l’instant, c’est une tige végétale toute drue, toute lisse, d’une quinzaine de centimètres. Il faut la couper, parce qu’elle est devant la porte. Si elle épaissit nous ne pourrons plus ouvrir un des battants. Tout à l’heure je reviendrai avec un sécateur. Je dois remonter pour entendre la sonnerie du téléphone.

         Il aurait fallu qu’ils me déclarent dès le départ, cela aurait évité bon nombre de coups de fil. Toutes ces recherches pour un stupide oubli. Aucune trace nulle part, la Standardiste fait ce qu’elle peut, me tient régulièrement informée de ses travaux. Elle décortique les rubriques naissance dans les quotidiens. On a situé l’époque, mais il faudrait cibler le lieu. A mon avis je ne suis pas d’ici, il faut chercher plus loin, analyser la taille, les gènes, la gène réciproque quand mon sang chauffe un peu, sans doute voir plus au sud. Enfin, tout porte à croire que je suis encore là pour un moment. Heureusement dans cette maison je n’ai pas besoin de prouver mon identité, ils ne s’occupent pas de ce détail, je suis utile c’est tout ce qui importe.

         J’entends la clef dans la serrure, c’est la visite d’inspection. La Propriétaire passe son doigt sur les parois de l’escalier pour sentir s’il est suffisamment ciré. Je n’aime pas cette corvée. Il faut s’encorder et descendre en rappel les quatre étages. Je ne suis pas très à l’aise dans cette position. Les brosses accrochées à la plante de mes pieds sont un peu trop lourdes et j’ai toujours peur d’un accident. J’ai l’impression d’être une araignée pendue au plafond, mais je ne tisse pas de toiles, je les retire. La Propriétaire est satisfaite du travail, elle poursuit sa visite. J’ai toujours peur lorsqu’elle s’engage dans les marches, elle est si raide. J’aimerais la porter pour lui éviter cette acrobatie, mais je n’ose pas lui proposer. Elle est toute droite, à part la tête qui penche d’un côté.  Elle est sans doute bloquée, ça lui donne malgré tout un petit air bienveillant.

         Pendant la vérification de ses stocks à la cave, j’en profite pour contrôler la chaudière et jeter un oeil à la petite pousse. Ce n’est plus une petite pousse, mais une grande et belle tige de trente centimètres. Il faut que je revienne avec le sécateur, mais le temps manque toujours, c’est comme pour mei Sam.

         La baignoire est dégoûtante et nécessite un bon brossage à l’eau de Javel, les gants de toilette jetés par terre sont à regrouper et faire bouillir, les serviettes à suspendre, tous les flacons sont à redresser et reboucher avant qu’ils ne finissent de se déverser. Les  Patronnes ont pris un grand bain parce qu’elles reçoivent ce soir. L’argenterie et les cristaux seront de sortie, le Gérant m’a passé le mot d’ordre avec un grand soupir. Ech muss mei Sam bitzen, mais je n’aurai jamais le temps.

         La table est dressée, tout est fin prêt, les Patronnes n’ont plus besoin de mes services. Elles se sont enfermées dans la salle à manger avec leurs invités. Je peux enfin m’éclipser à la cave. Rien à signaler du côté de la chaudière, mais je reste figée de stupéfaction, le sécateur à la main, devant ce que j’appelais la brindille. Un magnifique arbuste s’épanouit devant la porte du garage. Il s’allonge pour cueillir la lumière de la fenêtre. Sa vitesse de croissance est phénoménale. Les racines ont soulevé le sol de béton, qui craque sur plus d’un mètre de circonférence. Le tronc solide et les belles branches narguent mon ridicule sécateur, et malgré tous mes efforts l’écorce est à peine entamée. Il faut prévenir le Gérant, qu’il me trouve une hache, je crois qu’il y a urgence.

         Il est peut-être dans la salle à manger. C’est fermé. Avant de frapper j’ose un œil par le trou de la serrure et j’aperçois trois fauteuils roulants délaissés. Les Patronnes et la Propriétaire dansent, le Gérant discute élégamment.

         Je ne sais plus quoi penser. Il ne me vient qu’un terrible haussement d’épaules, si fort et si magistral qu’il s’amplifie dans tout mon corps. Les vibrations me secouent, ce n’est pas samedi, mais les écailles sont de retour. La froideur monte doucement, de la plante des pieds jusqu’à la taille. Je sais que je n’ai que le temps de descendre.

         J’évite la cave aux rideaux, elle est trop petite cette fois-ci. La cave rose est pleine de livres et de vieux journaux, l’Amant y est couché, il aime la chaleur du papier. La cave aux stocks déborde, impossible d’y pénétrer, la cave à la chaudière ne me dit rien, je l’ai trop vue, et je risque d’être tentée de contrôler encore. La lingerie sent trop mauvais, il me reste à me réfugier sous l’arbuste.

         C’est un arbre. Ses branches se courbent contre le plafond. Je m’enroule autour du tronc.

         La froideur est là, pleine de pertinence, plus de mots, plus de phrases, ça n’est pas nécessaire. Je ne pense plus, je sens, je n’évacue plus, je capte. La peau a perdu toute sa chaleur, elle est lisse malgré les écailles et les boursouflures des nageoires naissantes, très douce et glissante. Elle se chevauche, se noue se dénoue. La taille est magistrale.

         Je ne sais pas depuis quand je suis là. Le Gérant est passé, il a soupiré et laissé tristement tomber une corde à côté de moi. Je ne comprends pas pourquoi. Il est reparti. Le froid devient vraiment envahissant. La chaudière a sans doute explosé faute du manque de surveillance. Les branches de l’arbre ont traversé la fenêtre. Il n’y a plus de verre sur les montants, les débris jonchent le sol. L’air frais pénètre le sous-sol.

         La corde est accrochée sur une bonne branche bien solide. Je crois comprendre. J’attrape le bout qui pend, fais ployer la branche, teste la résistance et l’élasticité, ramasse mes forces, tire de tout mon poids, et noue lentement. Je grimpe sur la branche, en espérant ne pas rater mon coup. Avec le sécateur je tranche d’un geste sec.

         La petite mélodie refait surface, plus besoin de traduction. Le bond est magnifique, la fenêtre est très juste, mais je suis passée, l’interminable queue suit derrière. Je vole, ECH GIN.     

 

 

 

 

 

 

 

 

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Française née en 1956 à Rieux dans l’Oise. Vit actuellement à Plappeville près de Metz. Étudie à Paris le dessin à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts et la danse à la Schola Cantorum. Chorégraphe – Professeur de danse contemporaine – Illustratrice – Photographe – Réalisatrice de vidéos-danse.

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