Arnaud Friedmann

 

Copyright Samuel Cordier

 

(France)

 

 

 

 

 

D’encre et d’argile

 

Voilà, c’est parti.

Les moments avant sont passés trop vite. J’avais prévu de réfléchir à ce qui allait se passer, anticiper l’impact de la rencontre. Mais quelque chose résistait, peut-être l’idée qu’elle serait là, même si je savais qu’elle ne serait pas là, elle ne pouvait pas être là, elle n’aurait pas fait ça.

Ou si ?

Bon, elle n’est pas là.

Je suis entré dans le bar, tout à l’heure, il n’y avait que Daniele, et le responsable, en train de discuter près de l’angle opposé à la porte. Il était de dos, je l’ai reconnu tout de suite. Ça m’a fait mal ventre, j’ai avancé dans la salle, le responsable m’a salué, Daniele s’est retourné. On a été face à face, pour la première fois depuis Rome, l’été dernier.

A ça au moins, j’aurais pu réfléchir : comment on allait se saluer. Signe de tête ? Poignée de main ? Evitement ? On s’est serré la main, parce que quand deux personnes se rencontrent dans un bar, elles se donnent la main, c’est tout, ça a duré le temps d’un contact de politesse, pas le temps de penser que pendant une seconde nos deux paumes ont été en contact, nos deux paumes qui ont chacune caressé le corps d’Hélène, la mienne qui ne la caressera plus, et la sienne, peut-être, qui ce matin encore était posée sur sa joue dans l’aéroport de Fiumicino.

Après, on a préparé la salle, des types que je ne connaissais pas sont venus nous aider. On a grimpé sur des escabeaux pour relier l’ordinateur et la caméra aux projecteurs placés à  l’opposé de l’endroit où Daniele et moi serions installés, on formait une chaine, une chaine à laquelle il participait au même titre que moi, je n’avais pu me défendre d’une sensation d’amitié retrouvée, comme un souffle remonté de nos jeunesses.

Il n’y a pas eu d’instant où nous avons pu nous retrouver seul les deux, ou même côte à côte. Je l’avais à la fois espéré et redouté, mais il a été très vite 19h30 et nous nous sommes installés, lui derrière son bloc d’argile, moi derrière l’écran ; moins de deux mètres nous séparaient. Il a commencé à sculpter la terre, je me suis mis à écrire, presque malgré moi, exactement comme nous avions convenu de le faire il y a un an.

Je n’avais pas non plus réfléchi à ce que j’allais écrire, je faisais confiance à l’inspiration qui est toujours venue quand j’ai retenu un texte plusieurs mois, et ce texte là je l’avais retenu, il avait muri à l’intérieur de moi et il allait prendre forme, se révéler à son auteur comme aux soixante personnes présentes, c’était ça la nouveauté, ceux qui assistaient, à ça qu’il aurait fallu penser pour anticiper ce que leur présence aurait pu avoir de bloquant. Mes doigts se sont installés au-dessus du clavier et j’ai tapé, Voilà, c’est parti, parce que voilà, c’était parti, et les phrases ensuite se sont enchaînées, c’est ce que j’avais prévu, c’est ce que nous avions prévu Daniele et moi quand nous avions évoqué le projet à Rome, Hélène battait des mains, c’était une si belle idée.

Est-ce qu’ils ont fait l’amour avant qu’il prenne l’avion ? L’idée qu’ils l’aient fait me donne un coup au ventre, interrompt dans mon élan. Ce serait tourné contre moi s’ils l’avaient fait, elle n’aurait pas pu ne pas penser à moi, au fait qu’on allait se retrouver, Daniele et moi, dans un espace clos, pour deux heures, à nous affronter à coups de doigts sur l’argile ou le clavier.

Je lève les yeux sur lui, pour la première fois depuis que la performance a commencé. Je ne parviens pas à le regarder lui, je ne vois que ses mains sur l’argile, je pense au corps d’Hélène, je pourrais me lever et lui balancer mon poing dans la gueule, c’est ça que je devrais faire, les types et les femmes qui bouffent et boivent et nous regardent en auraient pour leur argent, ils raconteraient l’épisode en rentrant chez eux, au petit-déjeuner, chéri, pas devant les enfants.

C’est ça que je devais faire, lui  casser la gueule. Ou me lever, et partir. La performance n’a pas encore vraiment commencé, ça ne ressemble à rien ce qu’il arrache au bloc d’argile, il y a moins de mille mots sur ma page, la soirée n’a pas de réalité. Je pourrais partir. Je dois partir, le laisser avancer seul, lui laisser l’admiration des femmes pour les mouvements de ses mains sur le bloc de terre. Ses mains me fascinent quand il sculpte, pas toi ?, m’avait demandé Hélène dans l’avion du retour, il y a tout juste un an. Elle avait tourné la tête vers le hublot, on voyait les pics blancs des Alpes en dessous de nous, l’index d’Hélène dessinait des courbes sur la surface translucide qui me donnaient l’impression qu’elle caressait les montagnes, et son visage, quand il sculpte, on le reconnaît pas vraiment, il a l’air comme habité, ce n’était déjà plus à moi qu’elle s’adressait.

Qu’est-ce qu’il lui dirait, à elle, quand il rentrerait à Rome ? Que je me suis enfui ? Est-ce que ça lui causerait des remords, une insomnie, la morsure d’une culpabilité ? Est-ce qu’elle tournerait la tête vers la fenêtre pour contempler les pentes du Janicule et l’Apennin, au loin, en passant un doigt sur la vitre ? Ou est-ce qu’elle hausserait juste les épaules parce que ça me ressemble tellement, de fuir, de ne pas affronter. Elle le trouverait plus solide que moi, plus digne d’être avec elle, elle n’aurait pas besoin de regarder ailleurs.

Je ne sais pas ce qu’il sculpte. C’était notre accord. L’idée avait émergé dans une trattoria du Trastevere, il y a tout juste un an, peut-être exactement un an, peut-être que c’était le 13 février 2014. Ça changerait quoi ? C’est Hélène qui avait eu l’idée, vous devriez créer un truc tous les deux, une sorte d’œuvre en direct, sous les yeux du public. On avait bu, l’idée s’était développée toute seule, une performance en direct, ça nous plaisait, et elle battait des mains. A mon retour en France, j’avais contacté le responsable du bar qui venait de s’ouvrir en bas de chez nous, il avait dit oui tout de suite, c’était allé vite, en juin tout était terminé, la performance inscrite dans le cadre d’un festival, plus possible de reculer.

Notre chance, à l’époque je considérais ça comme une chance, était d’avoir rencontré dans le bar, le jour où j’évoquais le sujet avec le responsable, les animateurs d’une association qui voulaient promouvoir la lecture, les rencontres, toutes ces choses que je fuyais d’habitude et que pour une fois j’avais acceptées, parce que ça me plaisait de créer avec mon meilleur ami, parce que le projet faisait briller les yeux d’Hélène et battre ses mains. Ce qui faisait briller les yeux d’Hélène et battre ses mains, en juin, suffisait à me faire adhérer à n’importe quel projet.

Donc, en juin, il n’était plus possible de reculer, d’ailleurs en juin, il n’y avait aucune raison de reculer. Se profilait à l’horizon d’un semestre une soirée qui réunirait mon meilleur ami et celle qui partageait ma vie depuis sept ans, ça semblait suffisamment loin pour n’être pas réel et suffisamment proche pour laisser croire que rien ne changerait, d’ici là, pas plus la possibilité pour les hebdomadaires satiriques de paraître chaque semaine dans l’indifférence générale que la stabilité de notre couple.

Voilà. Je suis encore là. Je ne me suis pas sauvé, je n’ai pas tabassé Daniele. J’ai frappé les touches des sept doigts que j’utilise pour taper, je me suis interrompu pour lever les yeux à gauche comme je le fais quand j’écris chez moi, j’ai dessiné dans l’air le mouvement d’une phrase que je cherchais à attraper et qui ne me cédait pas. Je n’ai pas pensé à ce que pouvait penser le public. Je suis à deux mètres de Daniele et j’écris, il y a ces fils absurdes qui pendent autour de nous, les images superposées de nos deux créations, dans mon dos, et un brouhaha qui me fatigue plus que le silence de mon appartement, ou que les bruits du train dont j’ai appris à faire abstraction. Je me fais violence pour lever les yeux sur le travail de Daniele, c’est ça le projet, que mes mots répondent à ses gestes, aux formes qu’il arrache à la matière, pas que j’écrive seul dans mon coin sans oser regarder dans sa direction. Je me fais violence et  j’affronte ses mains sur l’argile, juste ses mains, ses mains dont Hélène a dit il y a un an qu’elles la fascinaient.

Putain, il sculpte un couple !

Il parle à deux personnes dont je ne vois que les silhouettes, j’entends dans sa voix qu’il sourit, j’entends sa voix comme un écho de la soirée d’il y a un an au Trastevere, les cliquetis des verres autour sont les mêmes, des bribes de mots indistincts, des gens contents d’être là.

Il modèle la forme d’un crâne, un crâne d’homme au-dessus d’un autre crâne. Des femmes m’interrompent, ça me libère du spectacle de Daniele, elles pointent du doigt une faute de frappe, ou de grammaire, elles paraissent outrées que j’ai pu me tromper ainsi. Maintenant elles sont partie, je lève les yeux sur Daniele et ses doigts sont sur la tête d’Hélène.

Putain, non pas Hélène. Ce n’est pas Hélène. C’est juste un putain de bloc d’argile qui ne ressemble à rien, de la matière grise et sale, ce n’est pas elle, ce n’est pas lui. Non. Il n’aurait pas osé faire ça.

Et si elle le lui avait demandé ?

C’est toujours elle qui a eu les idées, les lumineuses et les perverses, elle qui, en juillet, a décidé de rester à Rome quelques jours, parce qu’elle voulait revoir l’exposition au MACRO. Je devais rentrer en France, un dossier urgent, elle le savait, elle avait tout prévu. Elle n’est pas rentrée. Elle a tout géré depuis l’Italie, la rupture conventionnelle avec son employeur, la résiliation de notre bail, elle n’a plus remis les pieds à Strasbourg et elle s’est installée chez lui, sur les hauteurs du Janicule, en réorganisant de fond en comble son quotidien de célibataire.

Elle a toujours été celle qui manipulait les fils des vies des autres. C’est ce qui m’avait plus, quand je l’avais rencontrée, sa capacité à nous inventer une existence dans laquelle il suffisait de se laisser ranger. A plus de mille kilomètres, c’est encore elle qui dicte nos attitudes, comme si les câbles des vidéoprojecteurs qui pendent au-dessus de nos têtes étaient les fils par lesquels elle nous manipule comme des pantins  à sa merci. C’est peut-être pour cette seule scène qu’elle m’a quitté, pour jouir de ce pouvoir sur notre couple amical. Pendant qu’on élaborait le projet dans le Trastevere, elle se projetait dans un avenir où nous ne serions plus ensemble, où elle attendrait seule dans l’appartement de Daniele son retour pour qu’il lui raconte son chef d’œuvre, la ruine de nos jeunesses dont elle avait toujours souffert d’avoir été exclue, sa toute-puissance sur nos existences.

Il y a quatre personnes qui s’approchent de moi, s’approchent jusqu’à frôler mes bras, l’écran de l’ordinateur, l’espace incertain où se construisent mes phrases, j’ai envie de leur gueuler de reculer, de ne pas m’envahir, mais j’ai accepté le principe de leur interaction, j’ai accepté la présence de Daniele, j’ai accepté le départ d’Hélène, je ne proteste pas, le les laisse m’encercler, me jeter des mots en pâture qu’ils exigent que j’intègre à mon textes, des situations qui m’éloigne de là où j’étais en train d’aller. Ils sont comme Hélène, ils bouffent ma vie, me débordent, s’interpellent entre eux, ils font de moi leur marionnette, obligent mes mains à obéir à leurs pensées, à les traduire en paragraphes avant même qu’ils ne les aient formulées, et comme face à Hélène je ne proteste pas, je les laisse faire.

Pour leur échapper un peu, je lève les yeux sur l’œuvre de Daniele. C’est son cul, incontestablement son cul, le cul d’Hélène, sous mes yeux. De la paume il en ajuste le galbe et c’est incontestablement son cul, celui que je fixais chaque été à la page, malgré les années de vie commune, avec cet appétit jamais rassasié, le cul d’Hélène sous mes yeux, par quelle perversité masochiste ai-je accepté cette performance.

Ils ont eu raison de m’abandonner à mon sort, de refaire leur vie sans moi à Rome, jamais ils n’auraient  accepté ce que je subis.

En juillet, avant de prendre l’avion, elle avait débarrassé tous ses placards. Je n’avais  remarqué ni le volume anormal de ses valises, ni le vide de nos étagères, je ne me concentrais pas sur ce qui m’entourait, elle me le reprochait mais je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire, ça me suffisait d’être avec elle, d’écrire et de la laisser planifier mes rencontres littéraires, mes participations aux salons, nos voyages. Les dates auxquelles  nous retrouvions mon meilleur ami à Rome. Je ne pouvais pas lui offrir ce qu’elle voulait, mais lui, le peut-il ? Lui qui de tous les gens que j’ai connus est celui qui me ressemble le plus, mon jumeau inversé comme dans ce bar où nous créons la même œuvre en miroir ?

La position des bras. La position des bras d’Hélène autour du cou de Daniele. C’est comme ça qu’elle s’accrochait à mon cou quand on s’embrassait sur les hauteurs du Janicule, Daniele nous attendait chez lui en préparant le repas, ça faisait partie du plaisir de nos bouches mélangés de savoir qu’on le retrouverait chez lui pour manger des linguine à la sauge, sa spécialité, qu’on trinquerait à notre trio sublimé par les toits de Rome depuis la fenêtre de sa cuisine.

Les bras d’Hélène. Je les sens sur mes épaules, dans l’exact entrelacs que Daniele vient de figer dans l’argile, je voudrais les chasser de mon corps, j’en ressens le poids obscène contre ma nuque, et son souffle qui s’infiltre sous mon pull-over beige. Il a recréé ça, la sensation et la densité, je ne peux me défendre d’une admiration sidérée pour sa manière de sculpter, tout en parlant à des gens, sans me regarder, comme si c’était naturel de faire jaillir Hélène entre nous, de restituer ses bras dans l’espace de la pièce.

Il a exagéré le volume de son cul, à moins qu’elle n’ait grossi en six mois, qu’elle n’ait payé le prix d’un semestre de linguines à la sauge. Il l’a fait pour le plaisir sadique de revenir dessus, d’offrir au public le geste hypnotique par lequel il la modèle, l’affine, la redéfinit selon ses propres critères.

Est-ce qu’il l’enlaidit pour atténuer mes regrets ? Pour me persuader qu’elle n’était pas pour nous ? Il y a dans sa manière d’enlacer quelque chose d’étouffant. Elle s’appuie, elle écrase. Elle ôte le souffle. C’est ça que la statue atteste à la face du monde, de cette oppression que Daniele se libère en sculptant. Tout à coup, j’ai l’envie de me lever et de fendre le couple qu’il représente, de briser l’étreinte, d’arracher les bras d’Hélène du cou de l’homme.

Il se recule, le mâle d’argile, il cherche à s’échapper de son double de glaise. Sa position n’a rien de naturel, d’accueillant. Il ne sert pas d’appui, il se dérobe, l’épaule droite cède, la main au bout du bras renonce. Si c’était ça que Daniele était venu m’annoncer ? Ça qu’il était venu représenter sous mes yeux, l’échec de leur histoire, son pardon, ses remords ?

A côté du couple, il a déposé de drôles de brindilles, des racines peut-être ? Est-ce qu’il va les utiliser ? Elles ont la forme d’une main infinie, qui n’attend que l’instant où il aura fini de câliner la cambrure du cul d’Hélène pour s’enrouler autour d’elle, la faire devenir orme, chêne, souche plantée dans le jardin d’un autre qui ne me reviendra plus. C’est ça qu’il sculpte, bien sûr, et pas un quelconque échec qui ne relève que de mes fantasmes. Il entoure Hélène d’écorces et de caresses, il la fige, l’enracine, me l’interdit à jamais.

Je vais me lever, et lui casser la gueule. Ce que j’aurais dû faire depuis le début. Ecraser cette masse d’argile qui me provoque, qui m’humilie. Qui traduit l’essence de la soirée alors que mes mots ergotent autour d’un ressentiment égotique. La seule chose à faire. Avoir attendu que l’œuvre qu’il a créée soit presque terminée pour la ruiner sous ses yeux et sous ceux du public.

Je la regarde, la statue, une dernière fois, avant de la détruire.

Comment ai-je pu ne pas le remarquer plus tôt ? C’est elle et moi qu’il a représentés. Hélène et moi. Le mouvement de recul, c’est le mien, combien de fois ne me l’a-t-elle pas reproché, chaque fois qu’on s’embrasse tu donnes l’impression de vouloir te retirer ?

Je le regarde, lui, nos regards se croisent pour la première fois depuis juillet 2014, dans le hall de Fiumicino. Il a un geste de la main pour désigner le couple qu’il vient d’achever, pour m’offrir ce souvenir de notre histoire passée. Il secoue la tête et je comprends qu’il n’est plus avec elle, leur histoire n’a pas dépassé l’été. Hélène a quitté Rome, elle se trouve dans une autre ville, chez un type dont elle a réorganisé la penderie, classé les slips et les chaussettes par chromatisme décroissant.

Daniele me sourit. Je lui fais signe de remonter les jambes de son pantalon, il hésite, il se demande quelle mouche me pique encore. J’essaie de mettre sur mon visage une expression amicale, alors il cède, il a toujours cédé à mes demandes depuis l’enfance.

Ses chaussettes sont dépareillées.

C’est sûr, il n’est plus avec elle.

 

 

 

 

Le projet du céramiste

 

Ce soir-là, Jean-Jacques m’avait dit :

  • Tu comprends, il faudrait créer qui chose qui rende compte de tout ça.

Il avait eu un geste vague qui contractait le ‘tout ça’. Pendant le repas, on avait parlé art, céramique, qualité des vins, comme à l’accoutumée, aussi  je ne voyais pas à quoi il faisait allusion ; pour rester dans la continuité de notre relation, j’avais fait semblant d’être d’accord, d’entrer en empathie.

  • Tu comprends ?

Comme il répétait sa question, j’avais réitéré mon acquiescement, même si je ne devinais toujours pas ce dont il tenait à rendre compte.

  • J’ai pensé à la terre. Tu penses que c’est bien, la terre ? Un globe ?

Oui, la terre, un globe, c’était bien. J’étais un peu saoul, mentir n’était pas si grave.

  • Ça me rassure, ce que tu me dis. Alors c’est d’accord, je vais préparer en rapport avec la terre. Merci.

Monique apportait le dessert, une tarte à la rhubarbe meringuée. J’anticipais qu’après, il y aurait la poire distillée par le voisin, je me sentais à ma place. Si sans comprendre les motivations de Jean-Jacques, j’avais permis de les renforcer, de l’encourager pour un nouveau projet, c’était déjà ça. Il peinait à trouver des sujets, dernièrement, s’en était ouvert à moi.

Je n’avais rien ajouté, et on avait parlé d’autre chose. Jusqu’à l’arrivée de l’alcool de poire sur la table, je m’étais senti indigne de son merci, puis c’était passé.

***

Une semaine plus tard, quand je m’étais présenté chez lui, la porte était ouverte, comme d’habitude. J’étais entré après avoir sonné trois fois, sans réponse. Personne dans le salon. J’avais appelé, puis je m’étais rendu directement à l’atelier.

Comme je m’y attendais, Jean-Jacques s’y trouvait, sans doute depuis le milieu de la nuit. Il se tenait dos à la porte, ne m’avait pas entendu entrer. Sa silhouette penchée sur la table de travail masquait ce qu’il était en train de faire ; il y avait dans ses gestes une intensité que je ne lui connaissais plus, que je n’avais peut-être jamais autant ressentie, même aux premières années où j’avais commencé à être son élève. J’avais envie de m’approcher de lui sans qu’il s’en rende compte. Quelque chose me disait qu’il travaillait à ce projet dont malgré moi j’avais été l’instigateur.

Il avait tressé avec du grillage une sorte de boule, qu’il emplissait de glaise, et dont dépassaient cinq banches de fil de fer nu en étoile. De là où j’étais situé, j’avais plus l’impression qu’il modelait un crâne qu’un globe terrestre, une sorte d’alien dont auraient émergé des antennes. J’avais fait un pas en avant ; maintenant, ce qu’il me semblait percevoir, c’étaient des mains de coiffeur affairées à la confection d’une perruque. Le contraste entre la tension perceptible dans les gestes de Jean-Jacques et les images futiles qui me traversaient l’esprit avait quelque chose de comique, et d’un peu dérangeant en même temps.

  • Jean-Jacques ?

Il avait sursauté, laissé échapper un morceau de glaise sur la table. Je m’en étais voulu de l’avoir interrompu pour lui dire qu’il me faisait penser à un coiffeur, ou que j’avais envie de rire, d’être ailleurs que dans son atelier. A table, par exemple, avec Monique et lui. Le salon, quand je l’avais traversé, diffusait un parfum de viande en sauce qui m’avait mis l’estomac en émoi.

  • Tu vois, je m’y suis mis. Est-ce qu’on devine où je veux aller ?

J’avais fixé la sculpture avec intensité.

  • Oui, oui, on voit très bien.

Son sourire confiant m’avait fait culpabiliser.

  • Les antennes ! C’est une bonne idée, non, les antennes ?
  • Oui Jean-Jacques, c’est une très bonne idée.

Il s’était remis à sa table, avait serré la sphère contre lui, repris son mouvement appliqué de remplissage. Il voyait donc un globe pourvu d’antennes, quelque chose qui avait un sens profond, là où moi je ne devinais qu’une tête d’extra-terrestre qui me donnait envie de m’esclaffer.

Ce devait être la première fois qu’on ne se comprenait pas. Je ne savais pas s’il fallait que je le lui avoue, si c’était malhonnête de rester là avec mes idées légères en tête, alors que lui semblait prendre son travail tellement au sérieux.

  • Les antennes, tu as eu l’idée quand ?

J’espérais qu’il allait m’en dire plus, mais il s’était contenté de deux mots plein de triomphe.

  • Cette nuit !

Ça ne m’avançait guère. Jusque-là, toutes nos relations avaient été basées sur la confiance qu’on s’accordait. Je ne pouvais pas demeurer à côté de lui avec cette fausseté qui venait de se glisser entre nous.

  • Tu veux exprimer quoi, au juste, avec cette sphère ?

Il m’avait lancé un regard amusé, comme si je venais de lancer une bonne blague, une de celles qu’on partageait avant, en fin de repas ou après un travail réussi dans l’atelier, quand on se comprenait d’instinct. Il avait trempé ses mains dans l’eau pour façonner un nouveau morceau de glaise, sans me répondre.

Aucun bruit ne provenait de l’atelier, à part les vibrations d’une mouche prise dans une toile d’araignée. J’avais  remarqué, sur un coin de la table, une sorte d’échelle en fil de fer, sous laquelle étaient couchées deux silhouettes façonnées dans la même matière, qui levaient une jambe comme pour un french cancan. J’étais complètement à côté.

  • Je vais faire un tour, je reviens.

Il ne m’avait pas retenu.

***

Dehors, il commençait à bruiner. La terre du jardin rendait un son mou sous mes pas, collait à mes chaussures. Je pensais aux mains de Jean-Jacques engluées dans la glaise, au sentiment d’enlisement qui écrasait nos vies depuis quelques semaines. On ne pouvait plus écouter les informations sans se sentir empoissé dans des sables mouvants, et nos situations personnelles n’étaient guère plus enjouées. Il était temps que l’année finisse.

L’air glacé de décembre m’avait remis les idées en place. Je n’avais pas le droit d’ajouter une confusion intime aux désordres du monde. Il me fallait rentrer dans l’atelier de Jean-Jacques, lui avouer que depuis le début je ne comprenais rien à son projet de sculpture. Il prendrait quelques secondes pour me l’expliquer, tout rentrerait dans l’ordre.

Une fois à l’intérieur, ces évidences s’étaient évanouies. Jean-Jacques avait enrobé les antennes de glaise, on devinait clairement qu’il avait voulu modeler un arbre, mais pourquoi ? Dans la sphère, il creusait de petits cratères, avec une application qui le rendait touchant. A part vouloir y déceler des bigoudis, on ne pouvait plus penser à une coiffure.

  • C’est un arbre ?

Encore une fois, il n’avait pas daigné me répondre ; je m’étais senti stupide, comme cela m’arrivait en société lorsque j’énonçais une phrase sans intérêt. Jusque-là, jamais je n’avais éprouvé cette sensation en sa présence. Depuis qu’il avait été mon professeur, quinze ans plus tôt, il avait toujours su tirer le meilleur de moi, dompter mes emballements, me faire sentir sûr de moi. Dès notre premier échange, la compréhension entre nous avait été immédiate. C’était absurde qu’un projet de sculpture vienne tout remettre en cause, absurde d’accorder une importance démesurée à un évènement aussi insignifiant. Comme l’avait dit Jean-Jacques la semaine précédente, en me raccompagnant après la prune, l’époque imposait qu’on se mobilisât. Je n’avais pas le droit de perdre mon temps à des ratiocinations sans intérêt.

  • Jean-Jacques, je ne comprends pas ce que tu fais.

C’était dit. Ma voix avait sonné dans l’atelier, lancé ces mots qui nous sauveraient. Tout de suite après les avoir prononcés, j’avais éprouvé un sentiment d’apaisement immédiat, la promesse d’une concorde. Le nœud  rouge du tablier de Jean-Jacques lui dessinait deux petites cornes dans le cou, dansant au rythme des mouvements que ses mains imposaient à la sculpture, dont je ne percevais que les branches de l’arbre ; elles surgissaient par intermittence de la manche droite de son pull.

  • Jean-Jacques ?

J’avais élevé la voix, mais il réagissait pas. L’avais-je vexé ? Il me l’aurait dit, ce n’était pas son genre de créer des complications, d’imposer des silences qui généraient de la gêne.

  • Jean-Jacques !

Cette fois j’avais presque crié. N’eut-été le mouvement de ses mains qui caressaient l’argile, j’aurais pu le croire mort.

Un rêve. Bien sûr, j’évoluais dans un rêve. Seuls les rêves offraient ces situations où les sens nous trompaient, où la réalité se modifiait sans raison. Jamais Jean-Jacques ne serait resté sourd à mes interjections. A moins que le projet auquel il travaillait n’ait requis son attention au point d’annuler tout le reste, y compris son plus fidèle élève.

Ce n’était pas un rêve.

Gêné par un reflet du soleil à travers la verrière du toit, je m’étais déplacé jusqu’à me retrouver en face de Jean-Jacques. Il avait levé les yeux sur moi, m’avait souri. Il savait donc que j’étais là, il percevait mes mouvements. Sans aucun doute il avait entendu ma question, et mes appels. Pourquoi n’y avait-il pas donné suite ? La réponse devait se trouver dans ce qu’il était en train de modeler.

Je m’étais concentré sur la sculpture. Le temps avait dû passer sans que je m’en aperçoive, elle était beaucoup plus avancée que je ne l’aurais cru. L’arbre s’était paré de feuilles, et il n’y avait plus d’ambiguïté possible sur ce qu’était la sphère. Mais je ne comprenais toujours pas où Jean-Jacques voulait en venir.

En reculant de quelques pas, j’avais senti sous mes pas crisser un papier. Je l’avais ramassé, et sur une page de carnet à spirale, j’avais lu :

‘Terre creuse et stérile,

Poussières grises et froides,

L’arbre courageux surmonte ses peurs.’

(Magali).

Je ne connaissais pas de Magali dans la vie de Jean-Jacques. Le mystère s’épaississait, mais peut-être le mystère n’était-il que dans mon imagination. Peut-être étais-je seulement peiné de ne plus comprendre Jean-Jacques, de buter sur la signification de ce qu’il réalisait, et qui m’échappait. Lui, comme à son habitude, ne me donnait pas d’explications, me laissait cheminer à mon rythme et comprendre par moi-même. C’était ce type de relation qui avait cimenté notre relation, pourtant jusqu’à ce jour jamais je n’avais vécu ses enseignements comme pénibles. D’où venait que tout était aujourd’hui pesant, poisseux, pénible ?

Il m’avait fallu quitter une nouvelle fois l’atelier. Dehors, le soleil s’estompait sur l’herbe mouillée du jardin, n’apportait aucune consolation au jour qui finissait. Je m’étais assis sur le banc de bois où je m’étais si souvent réchauffé aux conseils de Jean-Jacques, d’où j’avais laissé filer mon regard jusqu’au fond de la vallée. Les lattes humides m’avaient procuré une sensation désagréable, mais je ne m’étais ni levé, ni essuyé. J’avais attendu que le jour finisse, et j’étais rentré dans l’atelier.

Il n’y avait qu’une ampoule allumée au-dessus de la table. Il m’était difficile de comprendre comment Jean-Jacques faisait pour travailler dans une telle obscurité. L’œuvre avait considérablement progressé, encore une fois la sensation d’évoluer dans un rêve m’avait traversé, il n’était pas possible qu’en une durée si brève il ait autant avancé. Ou alors, la béance qui s’était ouverte entre nous avait aussi affecté notre rapport au temps.

Trois silhouettes sur la pointe des pieds soutenaient à bout de bras le globe, dont la partie basse était évidée. Les branches de l’arbre s’étaient ornées de roses. L’échelle, posée à même le sol, grimpait jusqu’au pied du tronc ; les deux silhouettes qui tout à l’heure étaient couchées, un genou levé, y grimpaient en hissant à bout de bras des seaux, à la manière des porteurs d’eau d’antan.

Indéniablement, la sculpture exprimait quelque chose, mais je demeurais exclu de sa compréhension. C’était moi qui avais perdu quelque chose, quelque chose qui dépassait ma relation à Jean-Jacques, m’empêchait de continuer à profiter du spectacle de la vallée.

  • Jean-Jacques ?
  • Oui ?

Il s’était interrompu, avait levé les yeux sur moi. Il y avait dans son regard la même attente confiante que les quinze années précédentes, mais je ne m’en sentais plus digne, le sortilège ne fonctionnait plus. Je m’étais vu fondre en larmes, lui demander pardon, ou de l’aide, mais j’étais parvenu à me contrôler.

  • Tu as bientôt fini ?

Il avait souri, pris sa gouge dans la main pour ciseler un visage dans une boule de terre qui avait la taille d’une bille.

  • C’est qui, Magali ?
  • Magali ?

Il n’y avait pas d’ironie dans sa voix, mais il ne pouvait pas ignorer la présence du haiku sur la page abandonnée sur le sol de son atelier. Personne d’autre que lui ou moi n’y entrait. En temps normal, j’aurais insisté : ‘Magali, la personne qui a signé ce texte’, et je lui aurais tendu le papier dont la présence faisait crisser ma poche tandis que je reculais vers la porte. Aujourd’hui, je ne le pouvais pas. Je m’étais assis, je l’avais regardé  de loin terminer son travail.

  • Tu entends ? La mouche s’est tue, elle a agonisé plusieurs minutes après ton départ. L’araignée doit être en train de se régaler.

Ses paroles m’avaient fait frissonner, comme si elles avaient sous-entendu une menace, une mise en garde.

  • Pourquoi tu me dis ça ?
  • Parce que tu as prêté l’oreille à son agonie tout à l’heure, non ? Je t’ai vu regarder dans la direction du plafond. Moi aussi j’ai cherché d’où venait le bruit, mais ce doit être dans un recoin inaccessible. De toute façon, il faut bien que les araignées se nourrissent, non ?

Il souriait toujours. Je me moquais des mouches, des araignées, desquelles méritaient de survivre ou non.

J’avais eu comme une illumination.

  • Ça a un rapport avec ce que tu fais ?

Pour la seconde fois de notre histoire commune, son regard m’avait condamné. Avait chassé l’intimité qui s’était tissée entre nous depuis ma première leçon.

Sa dénégation s’était parée d’une intonation sèche que je ne lui avais jamais connue. Il s’était remis à son travail. Dans sa manière de m’asseoir, j’avais deviné qu’il me congédiait ; je n’avais plus ma place auprès de lui, dans son atelier. Je n’étais plus digne d’être son élève.

Une colère me prenait. Tout ça à cause d’une sphère, d’une échelle et de cinq silhouettes en fil de fer ? N’aurait-il pas été plus simple, plus charitable, de répondre à mes questions ? De m’indiquer le sens de son travail, et qu’on en finisse ?

  • Je ne comprends pas ce que tu fais.

Il avait haussé les épaules. Peut-être ne supportait-il plus que je reste à ses côtés, que je ressasse mes interrogations. Les terreurs de l’enfance remontaient. Il n’avait pas le droit de m’infliger ça.

Je n’étais pas certain d’avoir bien entendu. Pas certain qu’il eut prononcé ce mot. Peut-être avais-je tellement espéré une réaction que je me l’étais inventée. Comme je n’avais pas mieux à faire, j’avais regardé.

Formellement, la sculpture était belle. Des proportions de la terre et de l’arbre, pour déséquilibrées qu’elles soient, émanait une cohérence indiscutable. L’axe de l’échelle guidait le regard de bas en haut, à la manière des œuvres antiques. Je n’aurais pas été surpris qu’on y puisse trouver une déclinaison du nombre d’or.

Jean-Jacques m’avait toujours mis en garde contre ce qu’il appelait : mon penchant pour l’esthétique. Toute son éducation avait consisté à faire émerger de mes travaux le sens au détriment du beau. Sans moi, tu serais devenu un artiste décoratif. C’était sa boutade favorite.

  • Voilà.

Il s’était frotté les mains en me regardant. Rien, dans ses yeux, n’indiquait qu’il ait pu, ne serait-ce qu’un instant, me retirer sa confiance. Vouloir me répudier.

Cette fois, il l’avait dit, distinctement.

Il avait glissé une bougie sous le globe. La lumière avait jailli des cratères, du cœur de chaque fleur. La terre prenait feu, des hommes se précipitaient pour éteindre l’incendie.

  • Il y a le feu, tu ne crois pas ?

Non, je ne le croyais pas. Pour moi, c’était la lumière qu’il fallait sauvegarder, la chaleur qui méritait d’être entretenue dans les brasiers des volcans. J’avais été pris d’une envie furieuse d’arracher l’échelle, d’empêcher à tout prix les porteurs d’eau d’atteindre leur cible.

  • Heureusement, les pompiers sont là.

Il souriait, et je ne le comprenais plus. Son œuvre me parlait, mais elle me signifiait le contraire de ce que mon maître y voyait. Tout à coup, je ne ressentais plus de colère, ni d’abandon.

  • Peut-être qu’ils feraient mieux de laisser le feu brûler, non ?

Jean-Jacques m’avait fixé, longuement. Comme au premier jour de notre rencontre, dans son atelier, quand j’étais venu lui demander d’être son élève. Ce jour-là, son observation avait duré plusieurs minutes, avant qu’il ne dise : d’accord. Puis sans transition il m’avait indiqué un bloc d’argile, et je m’étais mis au travail.

Cette fois, il m’avait semblé que son regard s’était attardé plus longtemps encore sur moi. Une durée indicible.

Puis il m’avait dit :

  • Peut-être.

Et j’avais compris que je ne reviendrais plus dans l’atelier, que je ne m’assiérais plus sur le banc qui surplombait la vallée, qu’il n’y aurait plus de repas partagés avec Monique et lui. Il n’était pas besoin entre nous d’embrassades, d’adieux. J’étais allé jusqu’à la porte, je savais qu’il me suivait du regard, qu’il avait confiance en moi.

Juste avant de franchir la porte, je m’étais retourné vers lui, et je lui avais demandé :

  • Tu crois vraiment qu’il faut qu’ils éteignent l’incendie ?

Il avait haussé les épaules.

  • Ils n’y arriveront pas. Mais c’est bien qu’ils essaient, non ?

Quand j’avais répondu non, j’étais déjà dehors, engagé sur le chemin qui menait au fond de la vallée. Jean-Jacques ne m’avait sans doute pas entendu.

Mais ça n’avait plus d’importance.

 

 

 

 

 

 

Performance ‘D’encre et d’argile’

avec Arnaud FRIEDMANN, écrivain, et Daniele MALANTRUCCO, céramiste.

Vendredi 13 février, 19h30 – 22h, La popartiserie, 3 rue de l’ail, 67 000 Strasbourg

 

Un céramiste face à un bloc d’argile brut.

Un écrivain devant l’écran vierge de son ordinateur.

Un thème : l’amour.

 

A départ, les quatre mains sont immobiles.

 

Puis le céramiste se prépare, plonge les mains dans la terre. Les doigts de l’écrivain en réponse

s’animent, des mots apparaissent sur l’ordinateur, sur les écrans disposés dans la salle.

 

Le public assiste à l’émergence d’une forme, et d’un texte. Il s’approche, commente, suggère interagit. Chacun peut proposer un mot, un thème, un concept, que les artistes intègrent à leur travail. La création s’effectue en direct, avec ses accélérations, ratures, échecs, enthousiasmes… La sculpture et l’écrit se répondent, se commentent, obéissent aux contraintes du temps et du lieu, et aux injonctions des participants.

 

 

Pour consulter la vidéo de la performance : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bio- bibliographie

 

Arnaud Friedmann, né le 17 juillet 1973, à Besançon.

Site personnel : www.arnaud-friedmann.fr

 

Romans et nouvelles :

 

La vie secrète du fonctionnaire, nouvelles,  éditions Jean-Claude Lattès, septembre 2016

Le Tennis est un sport romantique,  roman, éditions Jean-Claude Lattès, août 2013

Grâce à Gabriel, roman, éditions de la Boucle, 2012

Jeanne en Juillet, roman, éditions de la Boucle, 2010

Le Fils de l’Idole, roman, éditions de la Martinière, 2005

La Mélodie Préférée, roman, éditions Gunten, 2004

Le Chemin au bord de la mer, roman, éditions Gunten, 2003

 

 

Publications et récompenses
Prix Louis Pergaud en décembre 2016 pour La vie secrète du fonctionnaire

Prix France Bleu du Livre Franc-Comtois en septembre 2012 pour Grâce à Gabriel

Prix de la Ville de Lunéville en novembre 2012 pour Grâce à Gabriel

Prix de la Ville de Lunéville en décembre 2011 pour Jeanne en Juillet

 

Contribution à « Frontière d’Empire, Du Nord à l’Est : soldats coloniaux et immigrations des Suds », La Découverte (2008, Achac) : Les rapatriés d’Asie du Sud Est.

Contribution à ‘A l’heure de Moscou, des nouvelles du transsibérien’ : publication d’une nouvelle, L’insomniaque, éditions du Samovar, mars 2016

Publication de nouvelles, dans la revue de l’ALAC (Association Littéraire des Auteurs Comtois) : L’effacement (2015), La Quintana (2013), La Piste d’Envol (2011)

Publication d’un article sur l’immigration cambodgienne dans le Doubs dans la revue « Images de Franche-Comté » en 2002

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