Any Mendieta

 

 

ANY MENDIETA met en scène

 

dans le cadre du projet  FAIT DIVERS, une

JEUX d’écriture théâtrale

 

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RIEN VU RIEN ENTENDU

 

EXTRAITS DU SPECTACLE

 

 

Les enfants ont sûrement été oubliés…

 

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Lu, Délit, Rape, Saccage, les autres. Alors, ils s’organisent, en dehors de toute écoute, attention, reconnaissance de leurs existences. Seuls acteurs de leur quotidien, ils le construisent dans l’instant, soumis à l’exigence de leurs besoins, de leurs émotions, de leurs errances. Jim lui, ça, ne peut même plus, n’a plus que les étoiles de ses yeux comprimés à qui parler. Le monde semble bien lointain, indifférent, n’a rien vu, rien entendu… mais les murs, eux, ont des oreilles et même ils voient tout…

 

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«…La violence mise en scène par des enfants au cœur des cités… Le pari est original et ambitieux. Il prend à contre-pied la façon impersonnelle qu’ont la plupart des médias de «vendre» du fait divers afin d’alimenter les réflexes sécuritaires. Comme si le regard des enfants était là pour rappeler que derrière cette surenchère d’articles et d’images stéréotypés, il y a des gens, des vies, des drames… qu’on aurait pu éviter…»

     Emmanuelle STANGE, L’HERAULT DU JOUR , 2004

 

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                                                                Extrait 1

Ici, tout alentour. Des voix invisibles. Voix de murs. Voix d’immeuble. Murs murs.

Qu’est-ce qu’on entend des bruits ici et là à travers ?

Craquements peut-être.

Portes qui grincent.

À cette heure ?

Qui sait quelqu’un retenu ailleurs rentrant sur la pointe des pieds ?

Quelqu’un impossible fermer l’œil allant errer à travers les couloirs les étages.

Gémissements aussi quelque chose comme le bruit des rêves.

 

Cauchemars.

 

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Choses qui reviennent en surface.

Rêves de bien éveillé.

Cauchemars les yeux ouverts.

 

                                                                       Extrait 2

 

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Picpus : Tu dis quoi ?

Allumette : Je dis rien.

Picpus : J’ai bien cru.

Allumette : Non non. Je dis rien. Plus rien.

Picpus : C’est vrai. Depuis longtemps silencieux. Bouche cousue ou quoi ?

Allumette : Plus rien à dire peut-être.

Picpus : Jamais vu ça, rien à dire. Impossible. Les journées, toutes les journées, forcement quelque chose à dire, à raconter.

Allumette : Plus rien envie de dire alors.

Picpus : Autre chose ça. Drôle de chose. Fermé le robinet.

Allumette : Quelque chose oui dans la gorge coincé.

Picpus : A moi quand même, tu peux bien dire.

Allumette : Pas ta faute. Rien à voir. Pas du tout toi la cause de quoi.

 

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Picpus : A moi tu peux bien dire même à tâtons même télégramme ou bribes. J’éteins la lumière si tu veux.

 

 

                                                                         Extrait 3

 

Foirfouille : Plus tôt, hein, c’est mieux. Nuit pas finie.

Mob : D’abord faut zieuter, voir si la bande à Rape traîne pas et puis zou !

Foirfouille : Pas idée, remontée de cave et hop, direct, cage d’esc.

Mob : Comme ça, sans vérifier.

Foirfouille : Tas de moments occupée ailleurs la bande à Rape.

Lu : Brûlure de poubelle.

Mob : Brûlure de bagnole.

Lu : Rodéo de poubelle.

Foirfouille : Rodéo de bagnole.

Mob : Et puis cave.

Foirfouille : Tourniquet dans les caves.

Lu : Parlez pas d’ça.

Mob : Trop terrible.

Foirfouille : Dégueulasse.

Lu : Parlez pas d’ça.

  

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                                                           Extrait 4

 

Je tends la main.

Déjà le mur.

J’essaye de ce côté. Le mur aussi. Et là encore.

Derrière ma tête le mur.

C’est étroit, c’est chez moi.

Des bouteilles. Des boîtes et des cartons. Des tuyaux avec de l’eau qui circule. Quelqu’un parfois au-dessus.

À faire couler l’eau.

 

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Quelqu’un lui ou elle. À faire couler l’eau.

Toc toc je suis en dessous, toc toc je vous entends je vous écoute et vous faites comme si de rien.

 

Parfois cela s’ouvre à ma gauche et quelque chose glisse vers moi. Boire et manger.

Toujours dans le noir. Nuit sans doute. Je ne connais que le noir.

Je suis le noir.

 

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