Anita Rutili

 

 

 

(France)

 

 

Ne plus marcotter, Marie Jeanne !

ou

Les dangers de la lettre

 

 

Plus d’espace, plus d’air, vite, 

Une seule idée en tête :

Quitter en courant le marigot.

Sacrilège.

Quitter son état de paysanne,

Tranquille marcotte désenchantée.

Apprendre à respirer en marge

de la raison, des peines et humiliations.

S’extirper du mariage.

 

Mari déserté, écoute-moi.

Je suis la douleur éclairée

              Silence à la voix révélée

                             Résignation refoulée

 

En courant je me relève, oiseaux marcheurs encore

Tel un oiseau vibrant  sous la rosée,

capable de grimper aux arbres,

tenir en équilibre,

sans balancier  sauter sur un pied,

d’une branche à l’autre,

mine de rien, sans effort

et tout à coup, après un vacarme,

discours interminable de sons monocordes

à même de disparaître.

 

Marémotrice

 

Je m’agenouille

mardi

sur la margelle d’une terre de campagne,

affleurant les marguerites encanaillées,

aux abords d’une mare.

 

Dans sa chaleur, de mes désirs enfouis,

je fertilise les marécages.

Je danse, virevolte en harmonie.

 

Bouger son corps se montrer

et à distance honorable des cultes mariaux

Offrir aux djinns sa margoulette.

 

L’existence n’est pas si monotone

Transpirer, oser transpirer, pour le plaisir

et pour que çà sente bon la marée.

 

Et regarder les gens,

Leurs rires, articulations,

Équilibre dans les déséquilibres,

Désarticulations, chuchotements de pas marginaux,

Chuintements de sabots.

La piste est vaste, la plaine est mouvante,

La vie débordante.

 

Adieu tous les maréchaux,

Maréchal des logis, maréchal – ferrant,

Tous les margoulins et mareyeurs.

Et toute la maréchaussée.

 

Adieu même à toi Margraviat,

La Mariée abandonne son marengo beurre

à la calcination de la margarine !

Marginalisme à revoir.

Hors de ma vue les marieurs !

 

Le bourgeon n’est pas loin qui fleurira.

 

Ma prière porte loin et résonne lascive.

 

M’affiner dans un lit à baldaquin,

Tête aérienne sur des coussins de mohair.

 

Bien à l’abri dans le moelleux

d’un vrac de draps de soie,

seule,

seule,

au rythme d’un cycle nouveau,

longuement, marginalisée

Seule

Humer  en étoiles  les  embruns de marijuana

M’aventurer à la marelle,

Seule

Et, dangereusement…

 

Marrons-nous. Jouons à la arelle !

(Les dangers de la lettre M. SUITE)

 

Dans ton logis    Madame Marie-Jeanne

Affairé, le maréchal  t’a flairée…

Dis donc, tu sentais bon la marée…

Marijuana, tes effluves  damnent.

 

Mareyeur  démarcheur

De la maréchaussée en marge

Sur la margelle il te charge

Malheur ! C’est un marieur.

 

Marginal  appointé

Margoulette  en bataille

Il n’y a plus rien qui vaille

Il veut te marier.

 

Viendra mariage mardi

Tout près des marécages

Avec ou sans ambages,

Ton  margoulin de mari.

 

 

Mari -got  tu as dit…

De marguerite en marengo

Margarine  en gros lot

Et ta marre  a tari.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Anita Rutili est professeur d’Education physique. Elle adore la musique, la danse et la poésie.

Devise : Si le devenir de l´enfant est une de mes préoccupations, la situation de la femme dans cette société d´homme, loin d´être réglée, en est une autre. Je danse et chorégraphie, pratique l´écriture, un art qui sommeillait en moi et s´harmonise aux deux autres.

Dans mes textes les mots dansent et s´animent avec autant d´aisance que les corps. (Anita Rutili)

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