Amram El Maleh, Armand Lemal, Jauk Armal

 

 

 

 

JAUK

AUTEUR COMPOSITEUR INTERPRÈTE

Choréo musicien

 

(Maroc)

 

Jauk Elmaleh, le Gnaoui blanc

 

 

 

 

 

 

Anita & Roland Rutili rendent Honneur à

 

 

 

JAUK

Pores et traits d’artiste

 

 

 

D’Amram El Maleh

à Bab El Oued quartier Mellah

un gnaoui blanc chemine.

Sous des semelles un serpent de lumière

captive les musiques.

 

Le bédouin de la balle

au bord des rivières,

tel le chant des gazelles

se rue et ruisselle

en cavalcades sonores.

 

Musicien de ciel en terre,

frappeur du destin

l’Armand martelle

membrane et germe

en terres plurielles les larmes safran.

 

Jauk Armal, armé de son âme

ouvre et timballe

le bal de l’art,

ici et là, coupe les rues

en ballades gitanes.

 

Lemal mandarin

darbouque, djembéise

congasse,

et rêve en jazzy

ses mots et mesures.

 

Pêle-mêle folies, jambes verbales

souffles, syncopes, rythmes sibyllins,

l’arabe errant

au sein de la comédie humaine

orne le lieu et le temps.

 

Copyright : Anita Rutili

 

 

 

 

Amram El Maleh

Armand Lemal

 

 

 

L’onde qui nous traverse nous métamorphose. Perdu dans le métal, le bronze, le cuivre, la peau, l’eau, la terre, le bois, mille sonorités fusent en gerbes de feu. Ses mains, ses doigts, son corps rebondissent sur les formes.

La vibration s’abandonne dans le désordre de l’harmonie. De nulle part, de partout et d’ailleurs, il butine ses insolites, instruments de saltimbanque braconnés, à la foire fouille des musiques des peuples, l’élégante timbale et la rocailleuse guimbarde se réconcilient sous les pupilles du sorcier.

Elle s’infiltre, ondule dans le souk des sons. Fornique avec la musique, legs ancestral du temps, la voix  d’Amram El Maleh arpège en berbère.

 

 

 

 

 

 
Héritage vocal précieux, le timbre aigu de la mélodie diapasonne la tonalité, régente la fête. Enchanteur, le Merlin de la vibration transpose la musique en lumière, pour le ravissement des yeux, du corps, de l’oreille.

Musique, otage de la ligne, de la note  et la partition, abandonne l’espace à l’imaginaire, à l’improvisation.

Néophyte, virtuose, trouvent matière à confabuler, pour extraire du poêlon, du pot de terre, de la casserole, le phrasé musical, le rythme de la danse, la transe.

Il marque l’histoire à coups de batte, le droit, le courbe, le sinueux, le verbal,

S’entrelacent dans la parole universelle de paix et d’amour

LA MUSIQUE.

 

Copyright: Roland Rutili

 

 

 

 

 
Jauk est né au Maroc, le 10-06-1944, à Casablanca au cœur du Mellah.

 

 

Jauk – Concert Spectacle (Archives FOL 1996-VHS)

 

 

 

 

Il se trouve confronté dès le premier âge à des réalités culturelles multiples sur le plan social et familial.  Née de père judéo berbère et d’une mère judéo arabe, il devient orphelin à l’âge de 3 ans et fut élevé ensuite dans la culture occidentale judéo-chrétienne et républicaine par son père putatif, haut fonctionnaire de la compagnie d’électrification du Maroc. Le foyer et la conjoncture des années 40 et 60 à Casablanca furent le berceau de sa culture de son éducation dans les classes bourgeoises et populaires à la fois. Il acquiert la double nationalité Franco-marocaine, et entretient une très haute estime pour son père adoptif. Armé de sa curiosité sans faille et de son raisonnement anthropologique il découvre le monde à travers le son, les bruits, les vibrations, et recherchera à en démontrer les mécanismes corporelles associés intuitivement pour la danse et l’expression corporelle par l’enseignement et la science.

 

Parallèlement à ses études scolaires en 1960, il commence une première activité musicale classique par l’harmonica en évoluant de la musique occidentale académique aux mélodies et rythmes Afro-orientaux. Il débute seul à la batterie de Jazz et entre au conservatoire brièvement d’où il ressort avec les rudiments du solfège, mais las d’une certaine académie d’apprentissage et d’un dogmatisme.

 

 

 

 

 

 

Après avoir signé en 1962 avec un label indépendant et enregistré leur premier 45T, son groupe « les jaguars » a joué l’avant-première du show de Johnny Hallyday aux arènes de Casablanca cette même année, en juin. Vedette au « Village » et autres clubs de la corniche casablancaise, et tous les étés en Espagne à Marbella, le groupe enchaîne les saisons plusieurs années avec les reprises de rock et les prémisses d’une fusion afro européenne. Premier passage télévisé dans « Télé club » sur la RTM, en 1966. Le groupe se dissout un an plus tard, en 1967.

Musicien de Jazz, à 18ans (1962) il est pris par une « tempête intellectuelle » est découvre par l’expérience les trois phénomènes rythmiques fondamentaux, les trois tempéraments ou trois misaines (en arabe), appelés aussi les trois chorées universelles, Choreus (mot latin du grec).
Animé d’un besoin musical particulier, il est amené à des observations et écoutes de rythmes de l’Ahouach berbère et de ses dérivés. Il commence un véritable travail de regroupement et d’articulations musicales, pour finalement réussir à reproduire seul à la batterie, un rythme de groupe, le DAKKA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1968, il s’installe à Paris et embrasse le Free Jazz.

 

Orfèvre de la percussion en générale il entreprend sa révolution culturelle marocaine  à contre-courant des tendances et jette sa passerelle entre le Maroc et la France. Pour célébrer la musique et porter la voix, le Jauk d’Armand Lemal sortait les tambours, Saxophones, contrebasse et djembe dans la rue, imbibant les corps des quartiers de mélopées de marocaine, d’un ailleurs familier. Il en résulte des concerts spectacles, performances, mises en scène, festivals, tournées, et créations diverses.

 

A partir de 1969, il conçoit la formation d’un groupe, le « 6/8 ensemble », puis « Confluence » et « Clivage » dans les années 70 pour quelques enregistrements expérimentaux, live et studio, distribué en France.

 

C’était l’époque au Maroc des Nass El Ghiwane, Jil Jilala, les pionniers de la scène artistique exportée et produite en France apportant leurs facettes du Margrheb dans le répertoire moderne marocain et parisien avec le caméléon Jauk Armal, son nom de scène dans le Jazz et la chanson.

 

1970, il commence en France une action d’animation et de diffusion musicales dans les écoles de banlieues parisiennes, impulsé du changement dans les esprits. Rapidement sa méthode apporte des résultats de cohésion des progrès individuels et collectifs.

 

 

 

 

 

 

Indifféremment, il travaille pour des ballets et concerts « Jazz contemporain, africains », des stages de danses et « d’atelier rythme ». Il entreprend des cycles d’animation dans les écoles et s’occupe de la formation musicale d’enseignants et d’animateurs pour les enfants. Il sillonne la France avec ses ateliers dans les maisons des jeunes en province, se rapprochant peu à peu de l’enseignement de la danse.
En 1975, il persiste et progresse dans ses recherches par la pratique de la Choréo* rythme et danse, avec Abdelslam Michel Raji comme jeune danseur, qu’il formera jusqu’en 1985. Compagnons de danse et compatriotes marocains leur duo créatif dépasser les barrières d’identité culturelle pour nouer un autre dialogue, la Choreo*(corps et son en mouvement) .

 

Jauk avec ses succès novateurs, contre vents et marrées, eu comme témoins de grands artistes et journalistes de l’époque et de nombreuses radios françaises ont suivis sa progression médiatique (en cours d’acquisition pour le site!).

 

 

 

 

 

 

Éducateur, animateur, formateur et enseignant exigeant, il est nommé président de l’association « Danse en Sorbonne » et il y enseigna sa choréo (Sorbonne Paris IV).

En 1980, reconnu et honoré par l’académie universitaire il reçoit la distinction « Arts Science et Lettres »  en tant que compositeur, et professeur de musique.

 

Pour ne citer qu’elle, C.Carlson fait appel à lui pour le Groupe de Recherche de l’Opéra de Paris (GROP) pour prodiguer son savoir choréique où il distingue la métrique de la rythmique, comme a été distingué l’orale de l’écrit dans le langage verbale.

 

 

Dans sa démarche de travail en choreologie, Armand Lemal rejoint la quête d’anthropologues comme Marcel Jousse, et quelques universitaires musicologues et choréologues en rapport avec l’héritage de l’antiquité grecque sans pour autant qu’il est jamais encore publié. Après douze années le premier cursus danse en Université à la Sorbonne s’achève pour la faculté. De nombreux lauréats investissent alors le secteur privé des écoles et des instituts de danse.

 

Il a introduit ces découvertes en musicologie et en choréologie naissante avec des néologismes associés au terme choréo*, le tout accompagné d’une méthode polyvalente très efficace sur le plan sensorimoteur qui fera de lui un maître reconnu par ses pairs; naturellement copié et approfondie ensuite.

 

Près de 700 élèves ont suivi son enseignement en Université et des dizaines de milliers d’écoliers lors de stages à travers la France.

En 1994, à 50ans, il reçoit une dispense du diplôme universitaire en danse.

 

Début 80, il enregistre en France ses premiers morceaux de Jazz marocains et ses chansons franco-marocaines qu’il avait écrites plus jeune et invente le « Dakka Rock « , un genre qui n’avait pas son pareil, une fusion inédite. Le journaliste marocain feu Larbi Essakali l’avait surnommé alors « le Gnaoui blanc ».

Mais Armal, ou Jauk Armal se réservait encore des surprises.

 

 

 

 

 

 

En 1983 il crée un Opéra Dakka, inauguré en première mondiale au festival du printemps de Bourges, et fit une tournée avec sa troupe jusqu’au Maroc en 1988.

 

En 1986 il est répertorié parmi les 100 meilleurs percussionnistes au monde par la prestigieuse maison PAISTE,  il est récompensé de ses efforts, le travail de sa passion.

 

Continuant à prodiguer ses ateliers vers le privés pour les grands comités d’entreprises, mais attaché aux chansons et et à la scène, il produit pour son « Jauk » un spectacle son et lumière pyrotechnique à Ouarzazate en 1992.

 

 

 

Revenu au Maroc pour de plus longs séjours, il a insufflé aux jeunes artistes de l’audace, de l’originalité, et  de la confiance en eux. Témoin privilégié et rare artiste acteur de la scène franco marocaine depuis sa conception, il partage ses émotions, ses sensations, son sentiment… en rythmes sur tout objet sonore, dans la pensée Jazz.

 

En 1996 il revient pour un Concert spectacle à la FOL de Casablanca, puis il ira s’installer à Marseille pour poursuivre son rêve sur la rive méditerranéenne. Invité à de nombreuses conférences sur l’expression des cultures du Maghreb et de la Méditerranée, il accompagne la naissance de la culture Euro-méditerranéenne à travers ses échanges dans l’enseignement du rythme, et de part son statut d’artiste, auteur compositeur interprète, « terroriste culturel » et « piratophage ».

 

En 1998, il intègre la première édition du dictionnaire biographie Who’s Who in Morocco.

 

 

Cet artiste tout terrain, à la fois poète et scientifique ne cessera dans les années 90 et 2000 de s’exprimer avec force en France et au Maroc pour la paix en méditerranée, la culture de ses cultures. Il contribua à l’apparition de la nouvelle scène musicale de Casablanca par ses apartés Jazz et ses textes explicites et nostalgiques chantés en darija, français et espagnol.

Eduqué dans la laïcité qui a permis de le révéler, surpassant le communautarisme, et le lourd héritage du passé, il a beaucoup donné à la jeunesse sur son chemin et ses battu contre le racisme en France à travers la musique, comme il continue de le faire aujourd’hui dans sa quête pour défendre son identité plurielle.

 

 

 

 

 

 

En juin 1999, à la Fédération des Oeuvres Laïque de Casablanca, il est dans le comité qui formera le premier tremplin du Boulvard (EAC boulvart). Depuis plus d’une génération, il percute dans toutes les oreilles et les corps pour partager ses improvisations.

 

Il croise le grand jazzman Majid Bekkas, les frères Soussi, ses amis et la relève marocaine du Jazz et de l’improvisation lors des sessions du Pietri qu’il inaugura en 2007, et célébra avec eux en avril 2012 les 5 ans de cette scène prestigieuse, saluant la vision du propriétaire de l’endroit Mr Driss Ben Abdellah.

 

En 2008, Jauk Elmaleh (Armal) fait un passage remarqué au Festival du Chellah de Rabat, le plus grand festival européen de jazz au Maroc, dans le trio de Flavio Boltrot.  Deux années plus tard, il répond présent à l’appel du collectif de la Terre avec 12 grands artistes marocains représentant l’affirmation de l’identité marocaine plurielle, pour composer et enregistrer une chanson intituléeAKKAL en l’hommage à la Terre.

Présent au Souk associatif depuis 2009, pendant le Tremplin du boulevard, il est militant pour le projet de réhabilitation des abattoirs de Casablanca en friche culturelle active, lieu de formation et de création de spectacles.

 

Bientôt 70 ans, avec ses cinquante ans de carrière polymorphe, Armand fêtera son anniversaire avec celui de Jauk et du Jazz marocain qu’il incarne et représente. Son action sur la scène artistique interpelle tous ceux qui ont croisés son chemin, et ça continue.

 

http://www.jaukelmaleh.com/#Parcours.B

http://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Lemal

 

 

 

 

 

 

 

 

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Anita Rutili – Bio

 

(France)

 
Anita Rutili est professeur d’Éducation physique. Elle adore la musique, la danse, et la poésie.

 

 

Devise : Si le devenir de l´enfant est une de mes préoccupations, la situation de la femme dans cette société d´homme, loin d´être réglée, en est une autre. Je danse et chorégraphie, pratique l´écriture, un art qui sommeillait en moi et s´harmonise aux deux autres.

 

Dans mes textes les mots dansent et s´animent avec autant d´aisance que les corps. (Anita Rutili)

 

 

 

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BIO

 

 

Roland Rutili (France) est un autodidacte et un adepte de l’écologie avant tout. Il ne comprend pas le monde d’aujourd’hui. Surtout son fonctionnement robotique. Il tient des conférences publiques sur où et comment sur-vivre naturellement dans un monde agressif et nocif… Il milite, également, pour comment aimer et protéger les cultures et les langues de la Terre. C’est pour cela qu’il écrit souvent des textes qui s’inspirent des énergies interplanétaires…

 

 

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